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Médaille Fields 2006 : entretien avec le mathématicien Wendelin Werner

Le 22 août 2006, à Madrid, le mathématicien français Wendelin Werner a reçu la prestigieuse médaille Fields, l'équivalent du Nobel dans le domaine des mathématiques. Un prix qui salue ses contributions « au développement de l'évolution statistique de Loewner, la géométrie du mouvement brownien à deux dimensions et la théorie conforme des champs ».

Quatre lauréats, un probabiliste...

Pour son édition 2006, la Médaille Fields a été décernée à quatre mathématiciens : le Russe Grigori Perelman (40 ans), le Français Wendelin Werner (38 ans), l'Australien Terence Tao (31 ans) et le Russe Andréi Okounkov (37 ans). En l'absence de Perelman, énigmatique personnage connu pour avoir résolu la Conjecture de Poincaré, les trois autres lauréats se sont vus remettre leur prix par le roi Juan Carlos d'Espagne lors de l'ouverture, à Madrid, du 25° congrès international des mathématiques.

Né en Allemagne en 1968 et naturalisé français à l'âge de 9 ans, Wendelin Werner est professeur à Paris-Sud ainsi qu'à l'Ecole Normale Supérieure, dont il fut l'élève avant d'obtenir son doctorat en 1993 à l'Université Pierre et Marie Curie. Ses travaux liant la théorie des probabilités à la physique statistique pour l'examen de phénomènes aléatoires ont compté parmi les 'plus fructueux de ces derniers temps', avec une variété d'applications potentielles, notamment dans le domaine du gaz. Auteur de nombreux articles dans des revues spécialisées, le mathématicien a déjà reçu de multiples prix, dont le Prix de la Société mathématique européenne (2000), un Grand prix de l'Académie des Sciences (France, 2003) ou encore le Prix Fermat (2001).

Perelman refuse le prix

Perelman a été sélectionné pour 'ses contributions à la géométrie et son approfondissement révolutionnaire de la structure géométrique et analytique du flux de Ricci', précise le jury dans un communiqué, tout en notant ses travaux sur la conjecture de Poincaré.

C'est la perspective de recevoir ce qu'on surnomme Prix Nobel des Mathématiques qui avait conduit 'Gricha' Perelman à quitter la communauté des mathématiciens, avait-il expliqué au magazine américain New Yorker avant l'obtention de cette récompense. Ce prix est 'tout à fait sans intérêt pour moi', avait dit le mathématicien, qui vit depuis des mois en retrait du monde, sourd aux trompettes de la renommée.

Joint par l'AFP au téléphone après l'annonce des noms des lauréats 2006, Perelman a affirmé qu'il s'expliquerait ultérieurement sur son refus. 'Je ne vous dirai rien, je n'accorde pas d'interviews. Rappelez-moi dans quelques mois.'

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