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Archéologie & Paléontologie

Nouvelle mission sur Tromelin, l’île des esclaves oubliés

À la recherche des vestiges d’un drame survenu au XVIIIe siècle, une douzaine d’archéologues fouille à nouveau l’île minuscule de Tromelin, à 500 km au nord-est de Madagascar.

L'île de Tromelin se dresse à sept mètres au-dessus du niveau de la mer. © CC JC Hanon

En 1761, l’Utile, un navire de la Compagnie des Indes orientales transportant 160 esclaves, s’échoue sur les récifs de l’île de Sable. Au cours du naufrage, plus de cent esclaves enfermés dans les cales périssent noyés. Les survivants, 122 hommes d’équipage et 88 esclaves, hommes, femmes et enfants, parviennent à atteindre le rivage à la nage. L’îlot est désertique : cerné par une barrière de corail et une mer démontée, battu par les vents, dépourvu d’eau douce, il n’est peuplé que d’oiseaux et de quelques rares arbustes. Après avoir récupéré les restes du navire et de son équipement, les rescapés s’attellent à la construction d’une embarcation. Deux mois plus tard, l’esquif est prêt et les hommes d’équipage prennent la mer en promettant aux esclaves, qu’ils abandonnent faute de place, de revenir rapidement les chercher. Une promesse qui ne sera honorée que quinze ans plus tard lorsque le chevalier de Tromelin, dont l’île porte aujourd’hui le nom, débarque le 29 novembre 1776 et recueille huit survivants : sept femmes et un bébé.

Trois campagnes de fouilles terrestres et sous-marines ont été menées en 2006, 2008 et 2010 sur l’île. Codirigée par le Groupe de recherche en archéologie navale et l’Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives), la nouvelle campagne a débuté fin août et doit durer 45 jours. Son but est de poursuivre l’étude des conditions de survie matérielle, psychologique et sociale des naufragés : approfondir la fouille des habitats construits par les esclaves, rechercher leurs sépultures, étudier les restes alimentaires, pour déterminer avec précision les ressources dont ils disposaient.

Les archéologues de cette quatrième mission tiennent un journal en ligne de leurs découvertes, à consulter ici : Tromelin 2013.

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