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Pleins feux sur le Soleil

Une éruption exceptionnelle, le 14 juillet 2000, a souligné l'intensité actuelle de l'activité solaire. Et le spectacle n'est pas fini...

C’est une explosion colossale difficilement imaginable...“, s’enthousiasme Serge Koutchmy, astronome à l’observatoire de Paris. Le matin du 14 juillet, à 10h24 en Temps Universel, en train de travailler dans un observatoire américain, le Sacramento Peak Observatory, il se trouve aux premières loges pour assister à ce spectacle extraordinaire : soudainement, en plein centre du disque solaire, un puissant jet de matière s’élève de la surface du Soleil. Pendant trente minutes, une éruption solaire se déploie dans l’espace sur des dizaines de millions de kilomètres.

Le satellite européen Soho a saisi les premières minutes de l’éruption avant d’être aveuglé par la pluie de particules. © ESA/Soho

C’est un flot de particules très énergétiques, composé d’électrons, de photons et de noyaux lourds, se déplaçant à la vitesse de la lumière, qui sont violemment éjectés de notre étoile, avec des rayonnements très durs, rayons X et ultraviolets.

Ce puissant courant vient frapper la Terre, une quinzaine de minutes après l’explosion, créant un vent solaire intense qui endommage au passage un satellite de communication.

Pendant deux jours, des masses considérables de matière continuent à s’échapper de cette même région de l’astre solaire. A plus de 1500 km/s, elles déclenchent des orages magnétiques violents dans les hautes couches de l’atmosphère terrestre et, en suivant les lignes de forces magnétiques qui entourent la Terre, elles pénètrent l’atmosphère par les pôles Nord et Sud.

Le 15 juillet, les aurores boréales descendent jusqu’à la latitude de Nice ! Le 16 juillet, des curieux qui assistent à une éclipse de Lune au-dessus du Pacifique peuvent admirer en même temps les chatoiements des particules ionisées dans le ciel.

L’éruption du 14 juillet a été la plus violente depuis 1989 et, les 11 et 12 septembre, d’autres éruptions presque aussi fortes ont été enregistrées... L’année s’annonce passionnante pour les spécialistes du Soleil, une année peut-être mouvementée pour la planète Terre.



Les trois images ci-contre (orange, bleu et vert), saisies par Serge Koutchmy, ont été enregistrées quelques heures après l’éruption. Celle-ci est issue d’une région magnétique très mouvementée: on y distingue nettement les taches sombres - ces endroits où la température est plus basse que celle environnante (3000°C environ contre 6000°C) - et les traînées claires des micro et mini-éruptions (filaments). L’analyse de la lumière par différentes longueurs d’onde permet d’observer le même phénomène à des profondeurs variables.

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