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Survivre sans oxygène : le secret du rat-taupe nu

Les rats-taupes nus vivent sous terre dans les régions arides d’Afrique de l’Est, mais on les trouve de plus en plus dans les laboratoires du monde entier. Et ils n’en finissent pas d’étonner les chercheurs… Dernière révélation, ces petits rongeurs glabres survivent à une absence totale d’oxygène qui emporterait n’importe quel autre mammifère.

Rats-taupes nus dans le laboratoire de biologie de Thomas Park, à l'université de l'Illinois à Chicago. © Thomas Park/UIC

Les rats-taupes nus fascinent les biologistes depuis longtemps. Ces bestioles, en effet, cumulent les records : elles vivent jusqu’à l’âge de trente ans, soit dix fois plus longtemps que les souris de même taille. Et ce, sans cancer, ni Alzheimer, ni maladie cardio-vasculaire ! 

Et ce n’est pas tout, comme le montre la dernière découverte faite à leur sujet. Les rats-taupes nus sont capables de survivre 18 minutes au manque d’oxygène ! Certes, ils perdent conscience, mais ils reprennent une vie normale une fois l’air revenu, et ce, sans aucune séquelle. C’est ce que raconte une équipe de chercheurs américains, allemands et sud-africains dans la revue Science du 21 avril 2017. 

En effet, c’est un métabolisme anaérobie – c’est-à-dire sans oxygène – qui permet d’alimenter l’organisme du rat-taupe nu en énergie, par consommation du fructose. C’est ce qu’ont observé les chercheurs : les cellules cérébrales et cardiaques de ce rongeur sont pleines de « pompes » à fructose et d’enzymes capables de le métaboliser.

Rats-taupes nus dans leur habitat naturel © Roland Gockel/MDC

Ce mécanisme exceptionnel explique sans doute que les rats-taupes nus soient capables de vivre au sein de colonies nombreuses pouvant aller jusqu’à 200 ou 300 individus. Dans de tels groupes, surtout sous terre, l’oxygène se fait rare et le dioxyde de carbone abondant – un air vicié invivable pour les autres animaux.

Les chercheurs espèrent exploiter ce mécanisme pour améliorer la prise en charge des victimes d’arrêts cardiaques ou d’AVC. L’idée serait alors de compenser le manque d’alimentation en oxygène afin de prévenir les dommages organiques, par exemple dans le cerveau.

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