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Darknet, la face cachée du web

Un dossier de Science actualités

Entre illégalité et espace de libertés

Souvent associé à des activités illégales, le darknet est aussi un espace de protection et de défense des libertés pour certaines populations.

Le darknet est souvent présenté comme l’arrière-cour clandestine de l’Internet, regorgeant d’activités illicites en tout genre (piratage informatique, commerce de drogues, d’armes, de faux papiers, de codes bancaires volés, terrorisme, pédopornographie…). Mais si cet aspect est bien réel, il n’est que partiel. Né dès les années 1960 en même temps qu’Internet, à l’initiative des militaires américains (créateurs d’Arpanet, l’ancêtre d’Internet), le darknet devait initialement répondre au besoin de disposer d’un réseau lié à Internet mais distinct, afin d’assurer la confidentialité des échanges. De fait, grâce à l’anonymat qu’ils procurent, les différents réseaux du darknet sont utilisés par les personnes à la recherche de discrétion : trafiquants, mais aussi journalistes d’investigation, dissidents, réfugiés politiques, lanceurs d’alerte… Bref, des personnes a priori bien intentionnées, mais désireuses d’éviter la censure, la répression et de conserver leur liberté d’opinion et d’expression. Deux exemples : le darknet a été un outil majeur de l’organisation des manifestations populaires lors des révolutions arabes en 2011 ; et il est actuellement utilisé en Chine pour contourner la censure imposée par le gouvernement sur l’usage d’Internet. En 2013, l’association Reporters sans frontières a publié un « kit de survie numérique » sur son site dédié à la lutte contre la censure (wefightcensorship.org). Ce kit propose « des outils pratiques, des conseils et des éléments techniques pour apprendre aux net-citoyens à contourner la censure et sécuriser leurs communications et leurs données ».

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