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Le dossier

Que font les chercheurs ?

Dans les laboratoires du monde entier, les scientifiques explorent différentes pistes pour mettre au point une nouvelle génération d’antibiotiques.

Avant d’être des produits synthétiques fabriqués à l’échelle industrielle, la plupart des antibiotiques sont des composés naturels issus de microorganismes, présents notamment dans le sol. Or plus de 90 % des bactéries trouvées dans la nature sont inexploitables car « non-cultivables » au laboratoire. L’une des pistes de recherche est donc de mettre au point de nouvelles méthodes de cultures adaptées à ces bactéries. C’est ce qui a été fait par des chercheurs américains et allemands avec la bactérie Eleftheria terrae (Nature, janvier 2015). Une approche couronnée de succès puisqu’elle a permis aux chercheurs d’identifier une nouvelle molécule antibiotique, la teixobactine. Par ailleurs, des essais sont menés avec des peptides antimicrobiens, petites protéines aux propriétés antibiotiques produites par des animaux (grenouille, alligator, manchot…). Et des virus refont surface : les bactériophages, virus tueurs de bactéries. Utilisés en médecine humaine dès les années 1920, puis abandonnés au profit des antibiotiques, hormis en Russie et en Géorgie, les bactériophages sont de nouveaux testés dans un certain nombre de laboratoires et semblent prometteurs pour lutter contre l’antibiorésistance. En 2016, une équipe française a en effet montré que cette stratégie est efficace pour tuer des bactéries Escherichia coli résistantes à des antibiotiques. Enfin, les derniers outils biotechnologiques (comme Crispr-Cas9) font miroiter la possibilité future de manipuler le matériel génétique des bactéries afin d’éliminer les gènes de résistance.


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