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LES NOUVEAU-NÉS PLEURENT
dans leur langue maternelle

En comparant les pleurs de nouveau-nés français et allemands âgés de 2 à 5 jours, des chercheurs ont découvert que leurs cris empruntent la « mélodie » de leur langue maternelle.

2 500 pleurs de nouveau-nés enregistrés...
zoom
2 500 pleurs de nouveau-nés enregistrés...

Une recherche qui fait grand bruit

Avant d'arriver aux résultats publiés ce mois de novembre 2009 dans la revue Current Biology, le quotidien de l'équipe franco-allemande spécialisée en sciences cognitives n'a pas été de tout repos.

Imaginez : une partie de l'équipe s'est installée à la maternité Port-Royal de l'hôpital Cochin à Paris pour enregistrer les pleurs de 30 nouveau-nés français, tandis que les autres analysaient les enregistrements de 30 nourrissons nés en Allemagne. Les chercheurs ont engrangé au total une moisson de 2 500 pleurs de nouveau-nés. Le jeu en valait la chandelle car, après des semaines d'une écoute attentive, des différences persistantes ont été remarquées

La mélodie française fait la différence

Avec le son !
Avec le son !

Les scientifiques pensaient, jusqu'ici, que les cris de tous les nouveau-nés commençaient haut et fort pour décroître jusqu'à la prochaine respiration et que cette « mélodie » unique était une production sonore mécanique induite par l'anatomie et la capacité pulmonaire du nourrisson.

Mais l'étude des pleurs des nouveau-nés français a apporté un net démenti à cette idée. Contrairement aux pleurs des nourrissons allemands, dont la hauteur et l'intensité suivent effectivement une courbe descendante, les pleurs français vont crescendo, n'atteignant leur apogée que dans la seconde partie de la « mélodie ».

Or, ces différences caractérisent également les deux langues. En allemand, l'accent est systématiquement placé en début de phrase alors qu'en français, il est le plus souvent positionné en fin de mots et au milieu des phrases.

Le nourrisson reproduirait ainsi la mélodie de la langue dont il a été bercé les trois derniers mois de la grossesse, moment où le fœtus devient sensible aux sons qui l'environnent.

L'expression "langue maternelle" est-elle à prendre au sens littéral, est-ce dans la langue de la mère ou dans la langue du père que pleure un enfant né, par exemple, dans une famille franco-allemande ? L'étude reste muette à ce sujet.

Paloma Bertrand


Mis en ligne le 17/11/09

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Sites internet

> Le Babylab, site de l'équipe française

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