Les scientifiques pensaient, jusqu'ici, que les cris de tous les nouveau-nés commençaient haut et fort pour décroître jusqu'à la prochaine respiration et que cette « mélodie » unique était une production sonore mécanique induite par l'anatomie et la capacité pulmonaire du nourrisson.
Mais l'étude des pleurs des nouveau-nés français a apporté un net démenti à cette idée. Contrairement aux pleurs des nourrissons allemands, dont la hauteur et l'intensité suivent effectivement une courbe descendante, les pleurs français vont crescendo, n'atteignant leur apogée que dans la seconde partie de la « mélodie ».
Or, ces différences caractérisent également les deux langues. En allemand, l'accent est systématiquement placé en début de phrase alors qu'en français, il est le plus souvent positionné en fin de mots et au milieu des phrases.
Le nourrisson reproduirait ainsi la mélodie de la langue dont il a été bercé les trois derniers mois de la grossesse, moment où le fœtus devient sensible aux sons qui l'environnent.
L'expression "langue maternelle" est-elle à prendre au sens littéral, est-ce dans la langue de la mère ou dans la langue du père que pleure un enfant né, par exemple, dans une famille franco-allemande ? L'étude reste muette à ce sujet.