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SMART-1 :
une sonde européenne en orbite autour de la Lune

La sonde européenne Smart-1 est désormais en orbite autour de notre satellite. Avec un système de propulsion expérimental, la mission se voulait avant tout technologique. Malgré tout, la sonde va tenter de répondre à certaines énigmes scientifiques laissées en suspens par les précédentes missions lunaires.

Smart-1
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Smart-1

Le 27 septembre 2003, une Ariane-5 quittait sans encombre le Centre spatial guyanais de Kourou. À son bord, deux satellites de communication géostationnaires, mais aussi une petite sonde européenne baptisée Smart-1. Son objectif : la Lune. Mais Smart-1 ne se posera pas sur notre satellite. Après un périple de treize mois, l'engin vient de se placer en orbite autour de la Lune afin de réaliser des mesures scientifiques durant près d'un an.

Mission capitale pour l'Agence Spatiale Européenne (ESA), « Smart-1 est la première d'une série de petites missions de recherche sur des techniques de pointe* », explique David Southwood, directeur des programmes scientifiques de l'ESA.

Avant d'être scientifique, l'objectif de la sonde est donc essentiellement technologique. « Elle doit permettre de tester plusieurs techniques et instruments nouveaux indispensables aux futures missions interplanétaires », précise David Southwood. Smart-1 embarque en effet un système de propulsion révolutionnaire ainsi qu'une batterie d'instruments miniaturisés.

* SMART = Small Missions for Advanced Research in Technology

Un moteur révolutionnaire

La principale originalité de Smart-1 tient dans son mode de propulsion. Pour se mouvoir, la petite sonde a recours à un moteur ionique (également appelé moteur plasma), une technologie que seule la sonde américaine Deep Space 1 avait jusqu'alors expérimentée. Évaluer les performances de ce mode de propulsion constitue l'une des principales missions de Smart-1.

Le principe du moteur ionique : Le principe de moteur ionique consiste à ioniser un gaz inerte (du xénon) à l’aide d’un courant électrique. Les ions produits sont ensuite accélérés par un champ électrique et expulsés à très grande vitesse par une petite tuyère.Par réaction, la sonde se déplace.
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Le principe du moteur ionique

Avantage de cette technologie, elle est économique : à puissances égales, un moteur ionique consomme dix fois moins de combustible qu'un moteur-fusée classique à base d'ergols. Un peu de xénon, d'électricité (fournie dans le cas de Smart-1 par les panneaux solaires), et le tour est joué. La poussée est en revanche plus réduite. Mais elle peut être délivrée durant des années tandis que les moteurs-fusées, plus puissants, consomment leurs ergols en quelques minutes seulement.

En permettant d'allonger considérablement la durée des vols interplanétaires, les moteurs ioniques ouvrent ainsi la voie à l'exploration de l'espace lointain. Bepi-Colombo (la prochaine sonde européenne à destination de Mercure programmée en 2009), et Solar Orbiter (qui s'approchera au plus près du soleil) auront recours à cette technologie.

Conséquence : un parcours atypique

Au début des années 70, il ne fallait que quatre jours aux astronautes du programme Apollo pour rejoindre notre satellite. Mais en raison de la faible poussée délivrée par le moteur ionique, Smart-1 ne peut parcourir d’un seul trait les 380 000 km qui séparent la Terre de la Lune. Treize mois lui ont été nécessaires pour arriver à destination…

Le départ... : Au lieu de se rendre directement à destination, la sonde a été injectée sur une orbite elliptique autour de la Terre. Cette orbite évolue sur une spirale de plus en plus ample qui rapproche progressivement la sonde de sa cible.
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Le départ...

Au lieu d'être envoyée directement vers la Lune, la sonde est lancée sur une orbite elliptique autour de la Terre. Cette orbite évolue sur une spirale de plus en plus ample qui rapproche progressivement la sonde de sa cible.

À environ 200 000 km de la Terre, Smart-1 est finalement capturée par le champ gravitationnel de la Lune.

... l'arrivée. : À environ 200 000 km de la Terre, Smart-1 est finalement capturée par le champ gravitationnel de la Lune.
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... l'arrivée.

Un territoire scientifique à (re)découvrir

Si la mission Smart-1 se veut avant tout technologique, elle offre également l'opportunité de réaliser toute une série de travaux scientifiques.

Les instruments scientifiques de Smart-1... : Smart-1 embarque essentiellement trois instruments scientifiques :  - le  spectromètre D-CIXS  (rayons X) qui nous renseignera sur la composition du sol lunaire. Il mesurera notamment le taux de magnésium qui, selon les scientifiques, serait un témoin important du processus de formation de notre satellite,  - le  spectromètre SIR  (infra rouge) qui permettra d’analyser les roches lunaires,  - la  caméra Amie  (lumière visible) qui permettra de cartographier notre satellite avec une résolution de 30 m.
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Les instruments scientifiques de Smart-1...
Car malgré l'alunissage de six modules américains Apollo (avec équipage) et de six capsules automatiques Luna, lancées par les Soviétiques, la Lune garde encore bien des mystères : « Si les scientifiques disposent d'informations ponctuelles sur la Lune, il leur manque une vision globale », fait remarquer David Southwood.

La sonde embarque ainsi 19 kg de matériel scientifique, des spectromètres et une caméra que les ingénieurs ont dû miniaturiser à l'extrême. À partir de janvier 2005, Smart-1 doit ainsi réaliser une carte topographique de la Lune ainsi qu'une analyse minéralogique de sa surface.

Les planétologues veulent comprendre notamment comment le système Terre-Lune s'est formé, comment il a évolué. Ils veulent également cerner le rôle joué par certains phénomènes géophysiques (volcanique, tectonique, formation des cratères ou érosion) dans le modelage de la Lune. En particulier, la face cachée de la Lune et les régions polaires restent largement inexplorées.

Olivier Boulanger


Mis en ligne le 30/10/03
Mis à jour le 16/11/04

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> Le site officiel de Smart-1

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