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CONTROVERSE : faut-il brûler l'homéopathie ?
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Les médicaments homéopathiques ne sont pas efficaces au plan scientifique, tel est le verdict d'une étude publiée dans la revue médicale The Lancet. Le débat sur l'évaluation de cette thérapeutique est relancé.
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Matthias Egger, co-auteur de l'étude et professeur à l'université de Berne
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Pour parvenir à ce résultat, les chercheurs ont analysé plus de 200 essais cliniques évaluant toutes sortes de médicaments homéopathiques, qui ciblent des pathologies diverses allant des allergies aux troubles intestinaux. Tous ces essais ont été effectués selon la méthode dite du « double aveugle contre placebo », désormais incontournable, qui exige que seule la moitié des malades testés reçoivent le médicament étudié, les autres recevant une préparation inactive, le placebo. En outre, les malades comme les expérimentateurs doivent ignorer quels sujets reçoivent quelle préparation. Un nombre équivalent d'études allopathiques, portant sur des pathologies analogues, a également été sélectionné pour servir de témoin. Les expérimentateurs ont ensuite épluché ces publications, en traquant les biais méthodologiques (mauvaise sélection de l'échantillon de patients, mauvais traitement statistique des résultats, etc.). Après en avoir éliminé près de la moitié comme étant « de faible qualité » (tout en reconnaissant que les allopathes dans leur ensemble ne font pas de meilleurs essais que les homéopathes), les chercheurs se sont aperçus que, certes, la majorité des études indiquait un effet plus important du traitement que du placebo. Mais c'étaient les protocoles à plus faible effectif (une soixantaine de patients) qui montraient les effets les plus forts (en homéopathie comme en allopathie, d'ailleurs).
Cet effet allait s'affaiblissant à mesure que l'effectif montait (1500 patients pour les plus grosses études). Mais la différence est qu'avec l'homéopathie, les essais à fort effectif avaient un effet tendant vers zéro, alors que cet effet restait bien perceptible pour les médicaments allopathiques. Ce qui prouve, selon les signataires, l'absence d'efficacité clinique des médicaments homéopathiques. « Une attitude peu scientifique » selon les partisans de l'homéopathie | |
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Dr Jeulin, présidente du syndicat des médecins homéopathes : « Le déremboursement des médicaments homéopathiques n'a pas de sens tant au niveau économique qu'au niveau de la santé. »
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Combler les failles de la médecine traditionnelle Mais en définitive, quoiqu'on pense des médicaments homéopathiques, il y a fort à parier que leur succès croissant aussi bien auprès du public que des médecins s'explique en bonne partie par les travers de la médecine moderne elle-même. Toujours plus pressée, technologique et déshumanisée, cette dernière semble souvent incapable d'appréhender le malade dans sa globalité. Or la médecine, à l'évidence, n'est pas seulement affaire de molécules. Shang et ses confrères soulignent, en conclusion de leur étude, les « puissantes alliances » qui unissent les homéopathes à leurs patients. Pour la médecine moderne, retrouver le secret de telles alliances serait peut-être plus profitable que d'obtenir le déremboursement de granules qui représentent à peine 0,5% des dépenses médicales françaises. |
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| Croyez-vous aux effets thérapeutiques de l’homéopathie ? |
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