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MATIÈRE NOIRE : une première carte de l'Univers invisible
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Cartographier ce qui échappe à nos sens, c'est ce que vient de faire une équipe internationale en dressant pour la première fois une carte en trois dimensions de la matière invisible de l'Univers. Si cette matière noire devient du même coup un peu plus saisissable, son existence reste à prouver.
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Saisir l'insaisissable... « La matière noire n'est pas semblable à celle que l'on connaît, rappelle Jean Paul Kneib, astronome au laboratoire d'astrophysique de Marseille et membre du programme COSMOS. Les modèles prédisent qu'elle n'est pas constituée de neutrons et de protons, mais de particules encore inconnues n'émettant aucune radiation électromagnétique. » Bref, n'étant visible dans aucune longueur d'onde (visible, infrarouge, rayons X…), la matière noire ne peut théoriquement être détectée par aucun instrument. Le programme Cosmos L'objectif du programme COSMOS (Cosmological Evolution Survey) était ainsi d'étudier un vaste champ de galaxies afin de mesurer leurs plus infimes déformations et d'en déduire l'éventuelle présence de matière noire. Grâce au télescope spatial Hubble, quelque 575 images (soit 1000 heures de prises de vues) d'une région du ciel grande comme neuf fois la surface de la Lune ont pu être réalisées. « Seul le télescope spatial – qui n'est pas gêné par notre atmosphère – était en mesure de détailler aussi précisément la forme des galaxies, note Jean-Paul Kneib. Et lui seul pouvait couvrir un champ aussi vaste. » Pour accéder à la troisième dimension, les données de Hubble ont dû être complétées par d'autres observations au sol (Subaru, VLT, CFHT) ou dans l'espace (XMM-Newton). En particulier, les distances des dizaines de milliers de galaxies du champ COSMOS ont pu être estimées en mesurant leur « redshift », c'est-à-dire le décalage de leur spectre dans le rouge qui est proportionnel à leur éloignement. La carte obtenue permet non seulement d'apprécier la répartition de la matière noire dans l'espace, mais aussi son évolution sur plus de 3 milliards d'années. Initialement organisée en filaments, la matière noire semble s'aggréger avec le temps autour des gros amas de galaxies. « C'est un scénario conforme à ce que prédisent les modèles, mais c'est toujours réconfortant de pouvoir le constater par des données observationnelles », se réjouit Jean-Paul Kneib. Une preuve de l’existence de la matière noire ? Reste que l'existence même de la matière noire demeure une hypothèse. Certes, elle rassemble une grande majorité de la communauté scientifique parce qu'elle permet de résoudre de manière simple et élégante de nombreux problèmes cosmologiques, mais les particules qui pourraient la constituer n'ont toujours pas pu être identifiées, et ce, malgré des programmes de recherche de plus en plus poussés. Certains se sont d'ailleurs lancés dans l'étude de théories alternatives faisant abstraction de la matière noire. La théorie Mond, par exemple, essaie d'expliquer les anomalies observées en modifiant légèrement la loi de la gravitation définie par Newton. |
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| Selon vous, envoyer des sondes aux confins de l’Univers, c’est… |
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