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Y. Pourquoi une personne vaccinée peut-elle encore transmettre le virus ?

La vaccination contre le SARS-CoV-2 débouche sur la synthèse durable d’anticorps neutralisant le virus. Mais le mode d’administration pour prévenir cette infection respiratoire – une piqûre dans un muscle de l’épaule – présente un inconvénient. Malgré la vaccination, les voies aériennes supérieures (bouche, nez, larynx) interceptent mal le virus au moment de son entrée.

Suite à une infection naturelle par le SARS-CoV-2, plusieurs catégories d’anticorps (ou immunoglobulines, ou Ig) sont détectables (A), que l’on ait été malade ou pas. Les anticorps sont des molécules produites par certaines cellules de l’immunité et qui préviennent une nouvelle infection.

Après une vaccination par injection intramusculaire, l’une de ces catégories est absente, celle des IgA. Quand ils sont présents, ces anticorps éliminent le virus dès son entrée dans les voies aériennes. Les IgA se trouvent, en effet, à la surface des membranes qui tapissent l’intérieur du nez, de la bouche et du larynx. Mais leur synthèse nécessite la rencontre de certaines cellules immunitaires de ces membranes avec le virus, ce qui n’a pas lieu avec une injection intradermique dans l’épaule.

En revanche la piqûre déclenche bien, et pour une longue durée, la synthèse d’autres anticorps, les IgG (B). Ceux-là sont présents dans le sang et dans la lymphe. Certains passent à l’intérieur des alvéoles pulmonaires et protègent les poumons. Ils évitent cet emballement de l’inflammation, typique du SARS-CoV-2, à l’origine des cas graves. En abaissant la charge virale de l’organisme, ils diminuent aussi notablement les risques de transmission. Ainsi, une personne vaccinée et infectée est à la fois immunisée(1) et, à un degré moindre qu’une personne non vaccinée toutefois, contagieuse.

L’administration d’un vaccin sous forme de spray dans le nez pourrait régler le problème (C). Cette technique vise à stimuler les cellules immunitaires des muqueuses respiratoires en leur présentant la protéine S. Plusieurs types de vaccins nasaux sont à l’étude. Ils emploient des virus atténués, des virus vecteurs portant la protéine S ou la seule protéine S. Ils ne s’appuient pas sur la technologie de l’ARN messager.

(1) 92 % de protection contre les formes graves de la maladie, sept jours au moins après la troisième injection.

Synthèse des anticorps dans l’arbre respiratoire. 

  1. Après une infection naturelle, des anticorps s’installent dans la totalité des voies respiratoires.
  2. Après une vaccination intramusculaire, ils sont présents uniquement dans les poumons. 
  3. La vaccination par pulvérisation nasale déclenche leur synthèse surtout dans les voies respiratoires supérieures. 

informations mises à jour le 13/01/2022