Questions-santé 2020 - juillet

Santé

Question

J'ai eu un traumatisme crânien sévère suite à un accident routier il y a de cela dix mois. Jusqu'à ce jour je suis dans l'incapacité totale de relater les circonstances de cet accident, même pas une séquence. Est-ce normal ? Ou alors comment expliquer cela?


Réponse

Bonjour,

Vous avez eu un traumatisme crânien important lors d’un accident dont vous ne vous souvenez toujours pas des circonstances 10 mois après. Vous souhaitez savoir si cela est normal.

A titre d’information générale, nous vous proposons de consulter les dossiers de sites d’associations de patients et de proches de patients :

- Union nationale des associations de familles de traumatisés crâniens et cérébro-lésés : Mieux comprendre le Traumatisme Crânien et les Lésions Cérébrales

Le traumatisme crânien correspond à une lésion cérébrale d'origine traumatique. On y associe aussi les autres lésions cérébrales acquises (accidents vasculaires cérébraux, ruptures d'anévrysmes, anoxies cérébrales, tumeurs ...).
[…] 
Les principales séquelles :
Pour les traumatismes crâniens légers
, les séquelles les plus fréquentes sont le syndrome post-commotionnel associant céphalées, sensations vertigineuses, fatigue et des difficultés cognitives et émotionnelles. Ces troubles guérissent dans 90% des cas en moins de 3 à 6 mois, 10% gardent des séquelles plus ou moins importantes. Mais ces traumatismes peuvent aussi être compliqués par le retentissement psychologique de l'accident (en particulier par l'état de stress post-traumatique caractérisé par des souvenirs envahissants et répétés de l'accident ou de ses suites).
Pour les traumatismes crâniens modérés à sévères, les séquelles peuvent être plus importantes :
    - Séquelles sensorielles : troubles visuels (vue double ou diplopie, atteinte d'un nerf optique ou du champ visuel), perte du goût, de l'odorat, du toucher.
    - Séquelles physiques : il peut exister à des degrés divers des troubles de la motricité (hémiplégie, voire tétraplégie dans les cas les plus sévères), de  la  coordination et de l'équilibre (syndrome cérébelleux), ou des troubles orthopédiques, dans les cas les plus sévères peuvent persister des troubles vésico-sphinctériens ou de la déglutition (risque de fausse route). Des crises d'épilepsie peuvent survenir au décours, parfois relativement tardivement.
    - Déficits endocriniens, par lésion de l'hypophyse, pouvant majorer certains troubles, en particulier la fatigue ou les troubles sexuels.
    - Séquelles cognitives : elles constituent la principale difficulté à la reconnaissance d'un handicap, elles sont la source de ce que l'on appelle communément le "handicap invisible": il s'agit d'une combinaison de différents troubles associant une lenteur mentale, des troubles de l'attention, de la concentration, une difficulté à faire plusieurs choses à la fois, des troubles de la mémoire surtout antérograde, c'est à dire altérant les capacités d'apprentissage de nouvelles informations, et enfin des troubles des fonctions exécutives (difficultés de gestion de tâches nouvelles ou inhabituelles, de planification, d'organisation, d'inhibition, de raisonnement, de jugement).
      - Enfin il peut exister des modifications du caractère et du comportement sous forme soit d'une perte des initiatives et d'une apathie, soit au contraire d'une désinhibition, et de difficultés du contrôle du comportement pouvant mener à des actes socialement inadaptés (violence, agressivité, conduites addictives,....).
    - Il s'y associe souvent une anosognosie, c'est à dire que les personnes ne sont pas clairement conscientes de leurs troubles. Tous ces troubles ne sont jamais isolés et interagissent pour donner des séquelles invalidantes car ils touchent aux fonctions supérieures (fonctions cognitives).
[…]

http://www.traumacranien.org/index.php?option=com_content&view=article&id=58&Itemid=77

- Association française des paralysés de France (APF) :Traumatisme crânien (TC) graves

Que sont les traumatismes crâniens graves ?
Les séquelles de traumatismes crâniens graves font suite à des accidents ayant entraîné un choc sévère au niveau de la tête et du crâne, caractérisé notamment par la survenue d’un coma. Ces traumatismes graves touchent souvent des sujets jeunes (plus souvent masculins). Les accidents de la voie publique en restent la première cause. L’évaluation définitive des séquelles après la phase de récupération nécessite de longs mois pour les troubles moteurs, voire plusieurs années pour les troubles neuropsychologiques. Certains blessés ne sortent jamais complètement du coma (états végétatifs ou pauci-relationnels).
Les séquelles de TC graves sont souvent multiples :
• motrices : un quart des blessés conserveront toute leur vie une telle atteinte, souvent une hémiplégie (paralysie d’un seul côté du corps). Des troubles de la coordination des mouvements ou de l’équilibre sont également possibles, ainsi que des atteintes de la commande du mouvement des yeux ;
• une épilepsie ou, plus rarement, des troubles sensoriels (audition, vue, odorat) ;
• mais l’essentiel des séquelles est constitué par des troubles cognitifs (neuropsychologiques) : atteinte du langage, de l’attention, de la mémoire, de l’orientation dans le temps et l’espace, de la perception (ex. : le sujet voit mais ne reconnaît pas ce qu’il voit), des fonctions exécutives (difficulté à planifier ou concevoir des actions, à avoir des projets et à les mener à terme), des comportements perturbateurs... Ces comportements perturbateurs et leurs manifestations proviennent de lésions du cerveau touchant le contrôle des émotions, de l’angoisse, des inhibitions sociales. Ils sont parfois spectaculaires : agressivité verbale ou physique, fugue, colère ou réaction brusque pour une frustration mineure, comportement impudique désinhibé, humeur instable, immaturité affective… et peuvent notamment survenir quand le sujet est placé dans une situation inconnue et déstabilisante (hors de ses repères habituels).
[…]

http://www.moteurline.apf.asso.fr/spip.php?rubrique104

En tant que documentalistes, nous ne pouvons aller plus loin dans notre réponse et vous invitons à interroger votre médecin, qui connaissant vos antécédents médicaux, sera plus à même de vous apporter des éléments de réponse adaptés à votre situation.

Nous restons bien entendu à votre disposition pour toute recherche documentaire dans le domaine de la santé.

L’Equipe des documentalistes de Questions-santé,
Le service de réponses en ligne de la Cité de la santé.
Service Question-santé

NB : Nous vous remercions d'avoir autorisé la publication de votre question. Vous pourrez la retrouver dans les pages de la Cité de la santé  (les questions-réponses sont classées par dates)



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