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Covid

Question

Mon fils de 21 ans a eu le Covid au mois d'août 2021, il vient de faire un test de sérologie le 6 janvier 2022 qui est négatif, il n’est pas vacciné. Que faire ??


Réponse

Bonjour,

Votre fils de 21 ans a eu la Covid-19 en août 2021 et ses résultats de tests sérologiques récents sont négatifs. Vous vous demandez s’il doit se faire vacciner.

Le Ministère des solidarités et de la santé donne les informations suivantes : J’ai déjà eu la Covid, dois-je me faire vacciner (1re dose) ?

Oui. Si vous avez eu la Covid, une seule dose sera suffisante pour votre vaccination initiale. Cette injection peut avoir lieu à partir de 2 mois après votre infection. […]
J’ai déjà eu la Covid, comment le prouver et ne recevoir qu’une seule dose pour compléter mon schéma vaccinal initial ?
Lors de votre rendez-vous pour votre vaccination initiale, vous pourrez présenter soit un test de dépistage positif réalisé il y a 2 mois ou plus
, soit un test sérologique (prise de sang qui recherche des anticorps) positif. Certains centres de vaccination proposent de faire un test sérologique rapide ou TROD lors du rendez-vous de première injection. Si ce test est positif, alors vous ne recevrez qu’une seule dose de vaccin. […]» Dernière mise à jour : le 05/01/2022.

https://mesconseilscovid.sante.gouv.fr/je-veux-me-faire-vacciner.html#j-ai-deja-eu-la-covid-comment-le-prouver-et-ne-recevoir-qu-une-seule-dose-pour-completer-mon-schema-vaccinal-initial

La négativité du test sérologique vous interroge. L'Inserm dans un article du 09/12/21 apporte les précisions suivantes sur la double réponse immunitaire : Troisième dose de vaccin anti-Covid, quelles sont les données ?

La réponse immunitaire ne se résume pas aux anticorps
Avant toute chose, bien que les quantités d’anticorps dans le sang constituent un marqueur important de l’immunité, il est important de rappeler que la réponse immunitaire ne se résume pas seulement à cela.
Après avoir été infecté par un virus ou après vaccination, l’organisme garde en mémoire sa rencontre avec le pathogène. Le système immunitaire peut alors reconnaitre ce dernier et l’éliminer en cas d’une nouvelle exposition, protégeant la personne contre la maladie. Cette réponse immunitaire fait intervenir différents éléments, dont les anticorps neutralisants produits lors de la première exposition au pathogène qui subsistent encore dans l’organisme, mais aussi les lymphocytes T ou encore les lymphocytes B qui coordonnent la production de nouveaux anticorps (voir encadré).
Quelques rappels sur la réponse immunitaire
L’immunité innée est une réponse immédiate qui survient chez tout individu en l’absence d’immunisation préalable. Il s’agit de la première barrière de défense vis-à-vis des agents pathogènes. Elle fait principalement intervenir des anticorps préformés (naturels) et des lymphocytes qui ne présentent pas de récepteurs spécifiques à l’antigène. 
L’immunité adaptative se met en place au bout de quelques jours après le contact avec l’agent pathogène et constitue la deuxième ligne de défense de l’organisme. Contrairement à l’immunité innée, l’immunité adaptative est spécifique d’un antigène donné.
On peut distinguer deux grandes catégories de réponse immunitaire adaptative. Les réponses dites humorales sont fondées sur la production d’anticorps par les lymphocytes B. Ces anticorps reconnaissent le pathogène et le neutralisent pour l’empêcher d’infecter les cellules cibles. Les réponses dites cellulaires sont fondées sur la reconnaissance et la destruction par les lymphocytes T des cellules infectées.
Les anticorps produits lors de l’infection ou de la vaccination diminuent au cours du temps, mais nous conservons des lymphocytes T et des lymphocyte B dits « mémoires », capables de générer de nouveaux anticorps en cas de nouveau contact avec le pathogène.
Il est cependant plus difficile d’étudier ces cellules mémoires et de s’assurer qu’elles sont bien présentes dans l’organisme. En effet, pour voir si un individu en dispose, il convient de réaliser une ponction au niveau des ganglions lymphatiques. Une procédure bien plus invasive que la prise de sang effectuée pour déterminer nos taux d’anticorps.

Une quantité réduite d’anticorps dans le sang, plusieurs mois après avoir été infecté ou vacciné, ne signifie donc pas que l’on n’est plus du tout protégé contre le virus. Les lymphocytes B et T qui restent en mémoire sont en mesure de prendre le relais.
[...]
La seconde étude a été menée en Israël sur 4 868 soignants, testés mensuellement au moyen d’un test sérologique sur une durée de six mois, afin de déterminer leur taux d’anticorps neutralisants dans le sang. L’étude montre que ce taux diminue rapidement au bout de trois mois, mais qu’il reste ensuite relativement stable jusqu’au sixième mois. Des différences notables ont cependant été identifiées entre les individus. Ainsi, les personnes âgées avaient un taux d’anticorps plus faible que les plus jeunes, et les hommes un taux plus faible que les femmes. De manière générale, les personnes immunodéprimées étaient également plus susceptibles de présenter des taux réduits d’anticorps. À noter encore une fois que la diminution des anticorps dans le sang ne signifiait pas absence d’immunité. Les auteurs de cette publication n’ont pas étudié ici les autres paramètres de la réponse immunitaire, comme les lymphocytes. […]

https://presse.inserm.fr/une-troisieme-dose-de-vaccin-anti-covid-vraiment/44003/

Enfin, la Haute autorité de santé explique : Covid-19 : quelle utilité aujourd’hui pour les tests sérologiques ? (Communiqué de presse - Mis en ligne le 23 juin 2021)

Des situations où leur utilisation n’est pas pertinente
[…]
De ce fait, les tests sérologiques ne sont pas pertinents pour les indications suivantes :

  • […]

  • Suivi de la séropositivité (tests itératifs)

La HAS souligne qu’un résultat positif à un test, quelle qu’en soit la date, suffit pour déterminer la séropositivité des individus et décider de la stratégie de vaccination. Il n’est donc pas pertinent de réaliser des tests d’anticorps répétitifs avec un objectif de suivi individuel de la réponse immunitaire ou vaccinale, quelle que soit la population, personnes immunodéprimées incluses. […]

https://www.has-sante.fr/jcms/p_3273496/fr/covid-19-quelle-utilite-aujourd-hui-pour-les-tests-serologiques

En tant que documentalistes, nous ne pouvons aller plus loin dans notre réponse et conseillons à votre fils de consulter son médecin traitant qui, connaissant ses antécédents médicaux, est la seule personne à même de l’orienter quant à la vaccination contre la Covid-19.

Nous restons bien entendu à votre disposition pour toute recherche documentaire dans le domaine de la santé.

L’Equipe des documentalistes de Questions-santé,
Le service de réponses en ligne de la Cité de la santé.

Service Questions-santé

NB : Nous vous remercions d'avoir autorisé la publication de votre question. Vous pourrez la retrouver dans les pages de la Cité de la santé  (les questions-réponses sont classées par dates)

Réponse du 11/01/22



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