Questions-santé 2021 - juillet

Allo-immunisation foeto-maternelle

Question

Est-ce qu'une mère de rhésus négatif qui fait un bébé de rhésus positif peut allaiter son bébé après l'accouchement avant l'injection du sérum Anti-D ?


Réponse

Bonjour,

Vous vous demandez si une maman de rhésus négatif n’ayant pas reçu de sérum anti-D, peut allaiter son bébé de rhésus positif sans risque.

Le Campus numérique de l’Université numérique francophone des sciences de la Santé et du Sport vous explique quelles sont les contre-indications à l’allaitement (UE Puériculture, néonatalogie, pédiatrie) :

Les contre-indications médicales sont rares :

  • Galactosémie congénitale du nourrisson (déficit en galactose 1 phosphate uridyl transférase qui est une enzyme nécessaire au métabolisme du galactose (composé du lait))

  • Séropositivité HIV en occident sauf si pasteurisation (dans le Tiers Monde, le rapport risque-bénéfice reste favorable à l'allaitement maternel),

Les contre-indications relatives sont : tuberculose évolutive, psychose, prise de médicaments toxiques (antithyroïdiens de synthèse en particulier).
En revanche, des seins petits, des mamelons ombiliqués, des antécédents de chirurgie mammaire, ne sont pas des contre-indications.
En fait, la principale contre-indication est le non désir d'allaiter qu'il faut savoir respecter : un biberon donné avec amour vaut mieux qu'un sein donné avec réticence ; il en va de la relation mère-enfant.
Une autre contre-indication est le cancer du sein en cours de traitement. À distance du traitement, l’avis du cancérologue est indispensable avant d’entreprendre l’allaitement. Il est de toute façon indispensable avant d’entreprendre une grossesse.
Les contre-indications temporaires sont : la consommation par la mère d’un aliment dont le goût déplaît au bébé qui refuse alors de téter, la prise maternelle de toxiques (alcool, cannabis…). L’infection d’un sein par engorgement (lymphangite ou abcès) n’exclut pas l’allaitement, mais il faut le vider avec un tire-lait ; le lait contaminé est jeté.
Attention, beaucoup de médicaments passent dans le lait, la mère doit toujours demander conseil au médecin ou la sage-femme avant d’y exposer son enfant.

http://campus.cerimes.fr/maieutique/UE-puericulture/allaitement/site/html/3.html

Afin de mieux comprendre le mécanisme de l’allo-immunisation, nous vous proposons de parcourir le site Périnat France (association de médecins autour de la périnatalité) : L'incompatibilité rhésus entre père et mère :

Quel est le mécanisme de l'immunisation foeto-matenelle ?
Supposons qu'une femme de rhésus négatif soit enceinte d'un homme de rhésus positif. Il est possible que l'enfant dont elle est porteuse soit de rhésus positif. Nous allons supposer qu'elle a deux grossesses successives, et que les deux enfants sont de rhésus positif.
- Première grossesse :
aucun problème. Les circulations sanguines de la mère et de l'enfant sont séparées par une membrane, le placenta, qui est tout à fait étanche. La mère tolère sa grossesse sans problème, et l'enfant naît tout à fait sain.
Le jour du premier accouchement, le placenta se rompt, et des globules de l'enfant vont passer dans la circulation sanguine de la mère. Ces globules sont différents de ceux de la mère, puisqu'ils sont porteurs de la molécule rhésus, contrairement à ceux de la maman. Dans le sang de la maman, on trouve des globules blancs, dont la mission est de détruire tout ce qui est étranger. Les globules blancs de la mère vont identifier les globules rouges de l'enfant, noter à leur surface la présence de la molécule rhésus, et donc considérer qu'il s'agit d'une cellule étrangère, à détruire. Ils vont fabriquer pour cela une arme puissante, un anticorps anti-rhésus, ou "agglutinine irrégulière". Cela n'a aucune importance pour l'instant, puisque de toutes façons le premier enfant est déjà né, et donc à l'abri de ces anticorps.
Une deuxième grossesse survient et l'enfant est à nouveau de rhésus positif. C'est là que le problème se pose. En effet, le placenta est étanche, et ne laisse pas passer les globules. En revanche, les anticorps sont des molécules assez petites, et elles arrivent à traverser le placenta. Les anticorps anti-rhésus (dont la mère est porteuse depuis le premier accouchement) vont donc traverser le placenta et aller détruire, dans la circulation sanguine du second enfant, les globules rouges de l'enfant. Celui-ci naîtra donc avec un grave manque de globules rouges (on parle "d'anémie hémolytique du nouveau-né"). 
- Quelle est la prévention ?
La prévention de cette affection est très simple. Le jour du chaque accouchement, après la délivrance, on pratique chez la mère une injection de sérum anti Rhésus (ou anti D). C'est à dire qu'on injecte dans la circulation de la mère une forte dose d'anticorps anti rhésus : ceux-ci vont détruire immédiatement les quelques globules de l'enfant qui sont passés dans la circulation maternelle. Les globules blancs de la mère n'auront pas le temps de les identifier, et ne pourront pas se mettre à fabriquer leurs propres anticorps. Quant aux anticorps injectés, ils disparaîtront en trois semaines environ de la circulation maternelle. A la grossesse suivante, il n'y aura donc pas d'anticorps anti rhésus (agglutinine irrégulière) dans le sang de la mère.

Jusqu'à présent nous avons parlé de grossesses suivies d'accouchements. Mais une grossesse ne se termine pas nécessairement par un accouchement: elle peut se terminer par une fausse couche, ou par une interruption volontaire de grossesse. Bien évidemment, le risque d'immunisation maternelle est exactement le même, et une injection de sérum anti D doit être pratiquée chez la mère après chaque fausse couche et chaque IVG.
[…]

https://www.perinat-france.org/en/node/288

Nous espérons que ces informations vous seront utiles et nous nous tenons à votre disposition pour toute nouvelle recherche documentaire dans le domaine de la santé.

L’Equipe des documentalistes de Questions-santé,
Le service de réponses en ligne de la Cité de la santé.

Service Questions-santé

NB : Nous vous remercions d'avoir autorisé la publication de votre question. Vous pourrez la retrouver dans les pages de la Cité de la santé  (les questions-réponses sont classées par dates)



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