Santé mentale Traitements Dépression et hormones 26 août 2025 Question Bonjour. Quel bilan sanguin ou/et urinaire puis-je proposer pour vérifier l'origine de l’état dépressif d'un jeune patient. Les hormones semblent avoir joué un grand rôle dans son état. Pour asseoir ou écarter cette origine je voudrais lui prescrire le bilan de dosages hormonaux susceptibles de provoquer l’état dépressif. Pouvez-vous svp m'envoyer le modèle des bilans existants ? Réponse Bonjour, Professionnelle de santé, vous cherchez des informations sur le dosage des hormones permettant de diagnostiquer une dépression chez un jeune patient. Nous vous remercions de l’intérêt que vous portez à notre service mais nous vous rappelons que Questions-santé est un service documentaire animé par des documentalistes. C’est pourquoi, comme indiqué sur notre portail, nous ne pouvons donner de conseils thérapeutiques ou de prescriptions. Au sujet de la définition de la dépression, nous vous proposons de consulter deux dossiers du Manuel MSD des Editions Merck : - Troubles dépressifs[…]Étiologie des troubles dépressifs[…]Les autres théories se concentrent sur les modifications des taux de neurotransmetteurs, dont la régulation anormale de neurotransmission cholinergique, catécholaminergique (adrénergique ou dopaminergique), glutamatergique et sérotoninergique (5-hydroxytryptamine) (2). Le dysfonctionnement neuroendocrinien peut être un facteur impliqué, en particulier sur 3 axes: l'axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien, hypothalamo-hypophyso-thyroïdien et hypothalamo-hypophyso-hormone de croissance.[…]https://www.msdmanuals.com/fr/professional/troubles-psychiatriques/troubles-de-l-humeur/troubles-d%C3%A9pressifs - Troubles dépressifs chez l'enfant et l'adolescentLes troubles dépressifs sont caractérisés par une tristesse ou une irritabilité suffisamment sévères ou persistantes pour perturber le fonctionnement ou entraîner une souffrance considérable. Le diagnostic repose sur les critères cliniques. Le traitement repose sur les antidépresseurs, la thérapie de soutien et la thérapie cognitivo-comportementale ou une association de ces modalités. Les troubles dépressifs chez l'enfant et l'adolescent comprennentTrouble disruptif avec dysrégulation de l'humeurTrouble dépressif majeurTrouble dépressif persistant (dysthymie)[…]L'étiologie de la dépression chez l'enfant et l'adolescent est inconnue mais est similaire à l'étiologie chez l'adulte; elle est supposée résulter d'interactions entre des facteurs de risque génétiquement déterminés et des stress environnementaux (en particulier les stress du début de la vie tels que les abus, les blessures, les catastrophes naturelles, la violence domestique, la mort d'un membre de la famille et les privations [1]).https://www.msdmanuals.com/fr/professional/p%C3%A9diatrie/troubles-psychiatriques-chez-l-enfant-et-l-adolescent/troubles-d%C3%A9pressifs-chez-l-enfant-et-l-adolescent?query=d%C3%A9pression L’Inserm, Institut national de la santé et de la recherche médicale, organisme de recherche public français entièrement dédié à la santé humaine, explique dans son dossier Dépression Mieux la comprendre pour la guérir durablementOrigine de la pathologie : des facteurs de risque ...[…]...aux facteurs neurobiologiques Les neurones communiquent entre eux grâce à des molécules nommées neurotransmetteurs. Un défaut de la neurotransmission médiée par la sérotonine, la noradrénaline et la dopamine (neurotransmission monoaminergique) a longtemps été avancé comme constituant le mécanisme fondamental à l’origine de la maladie dépressive. En réalité, il ne suffit pas à lui seul pour expliquer la maladie. Depuis, le rôle d’autres neurotransmetteurs a été identifié : la balance entre glutamate et GABA a notamment été décrite comme déterminante. En effet, celle-ci influence la sécrétion du BDNF qui est un facteur essentiel à la prolifération, la différenciation et la survie des neurones. Le déséquilibre de la balance glutamate/GABA serait à l’origine d’une altération de la neuroplasticité chez le patient déprimé, avec une incapacité par rapport aux personnes non malades à former de nouveaux neurones, notamment au niveau de l’hippocampe. Un déficit dans la régulation du système de réponse au stress chronique, dépendant de l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien, serait un mécanisme complémentaire mais étroitement associé au précédent : en effet, l’altération de la réponse au stress conduit à une sécrétion anormalement élevée de cortisol (l’hormone du stress) chez certains patients. Ce phénomène neurotoxique peut favoriser une désorganisation, voire une dégénérescence neuronale dans l’hippocampe. Or, il a été décrit que l’augmentation de la sécrétion de cortisol avait aussi un effet inhibiteur sur la production du BDNF [facteur essentiel à la prolifération, la différenciation et la survie des neurones BDNF pour Brain-Derived Neurotrophic Factor]. https://www.inserm.fr/dossier/depression/#origine-de-la-pathologie--des-facteurs-de-risque- Nous avons trouvé plusieurs articles de l’Encyclopédie Médico-chirurgicale Elsevier Masson, mentionnant la corrélation entre les hormones et la dépression :- F. Duval. Endocrinologie et psychiatrie. EMC - Psychiatrie 2016;13(4):1-27[…]Investigations de l'axe thyréotropeÉtudes statiques de l'axe corticotrope chez les patients psychiatriques - Dans les urinesL'hyperactivité de l'axe corticotrope dans les dépressions sévères (mélancoliques et/ou avec caractéristiques psychotiques) se traduit par une élévation du cortisol libre urinaire des 24 heures. - Dans le plasmaL'accroissement de la moyenne et du nombre de pulses de la sécrétion circadienne de cortisol est associé à la sévérité de la dépression [24], alors que les anomalies de la sécrétion d'ACTH sont plus inconstantes. Dans les dépressions légères, les niveaux de cortisol sont plutôt abaissés, de même dans les états de stress post-traumatique [25]. Chez les schizophrènes (non traités), il peut exister (inconstamment) une hypercortisolémie lors du premier épisode de décompensation psychotique [26]. - Dans la saliveLe dosage salivaire (pratiqué le matin au réveil ou Cortisol Awakening Response [CAR]) reflète la fraction libre (active) du cortisol. Cette méthode, non invasive, ne nécessite pas d'hospitalisation. Les échantillons sont recueillis après le réveil à l'aide de « salivettes », à intervalles réguliers pendant une heure ; on observe un pic entre 30 et 45 minutes et un retour aux valeurs basales à partir de la 60e minute. Néanmoins, de nombreux facteurs « confondants » influencent le CAR (âge, sexe, tabagisme, jour de la semaine [anticipation du stress au travail], qualité du sommeil, saison, etc.). Dans la dépression, le CAR est élevé de façon inconstante, et des réponses plus basses ont été trouvées dans les dépressions d'intensité légère-moyenne. Il existerait une courbe en U inversé entre le CAR et la dépression anhédonique (où les valeurs sont normales en cas d'anhédonie légère ou sévère, et augmentées en cas d'anhédonie modérée) [27]. - Dans le liquide cérébrospinalLes niveaux de CRH sont élevés chez les déprimés et diminuent après traitement antidépresseur ou sismothérapie ; ces taux remontent en cas de rechute dépressive. L'hyperactivité de l'axe HHS apparaît donc secondaire à une hyperactivité des neurones à CRH [28].[…] Investigations de l'axe somatotrope[…]Études statiques de l'axe somatotrope chez les patients psychiatriquesDépressionLa sécrétion diurne peut être augmentée, normale ou diminuée, avec ou sans atténuation du pic nocturne de GH (qui parfois peut être avancé en phase prédormitionnelle) [69, 70]. Ces résultats, qui peuvent s'expliquer par des protocoles différents mais surtout par une hétérogénéité des populations étudiées, sont à resituer dans le contexte des dysrégulations chronobiologiques (désynchronisation des rythmes) associées à la pathologie dépressive. La sécrétion nycthémérale de GH à l'adolescence pourrait avoir un statut de marqueur « prémorbide » de dépression et de comportement suicidaire à l'âge adulte : une baisse des niveaux de GH dans les 100 minutes précédant l'endormissement serait associée à une pathologie dépressive ultérieure ; une augmentation de sécrétion de GH pendant les quatre premières heures de sommeil serait prédictive d'un comportement suicidaire à l'âge adulte [71].[…]https://www.em-consulte.com/article/4213/endocrinologie-et-psychiatrie - M.A. Chalah, R. Gaillard. Antidépresseurs : aspects pharmacologiques. EMC - Psychiatrie 2025:1-16[…]Pistes de rechercheAxe de stressUne hyperactivation de l'axe corticotrope (axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien), une hypersécrétion hypothalamique du corticotropin-releasing factor (CRF), une hyperproduction hypophysaire de l'hormone adrénocorticotrope et une hypersécrétion de cortisol par la glande surrénale ont été mesurées dans le contexte de la dépression [50]. En outre, l'amélioration clinique à la suite d'un traitement antidépresseur a été associée à une normalisation de l'activité de l'axe corticotrope [51]. Ainsi, un traitement ciblant l'hyperactivité de cet axe pourrait constituer une piste thérapeutique pour la dépression. […]https://www.em-consulte.com/article/1084497/antidepresseurs-aspects-pharmacologiques Sachez que vous pouvez consulter l’intégralité de ces articles en adhérant gratuitement à la Bibliothèque des sciences et de l’industrie dont fait partie la Cité de la santé. https://www.cite-sciences.fr/fr/au-programme/lieux-ressources/bibliotheque/informations-pratiques/le-pass-bsi Accès à la base EMPremium via Mes services :https://www.cite-sciences.fr/fr/au-programme/lieux-ressources/cite-de-la-sante/chercher-de-la-documentation/bases-de-donnees#item-grid-13689 Concernant le diagnostic de la dépression chez l’adolescent, Ameli, site de l’Assurance Maladie, donne des éléments dans le dossier Épisode dépressif caractérisé :[…]Diagnostic et outilsChez l’adolescent, une première étape est d’évaluer le « mal-être » avec le questionnaire BITS puis de rechercher des arguments en faveur d’un état dépressif par le test ADRS. Pour l’adolescent, les critères diagnostiques sont les mêmes que ceux de l’adulte mais adaptés à la vie des adolescents (par exemple impact sur les performances scolaires plutôt que professionnelles). Pour vous aider, lire l'article « Épisode dépressif caractérisé (EDC) de l’adulte ». Un des éléments importants chez l’adolescent est l’évaluation du risque suicidaire : le suicide est la 2e cause de mortalité chez les 15-24 ans.Le risque suicidaire doit être évalué via les 3 axes suivants :Risques - Urgence - Dangerosité (RUD)Évaluation via les axes Risques, Urgence, Dangerosité (RUD)[tableau]En soins primaires, le repérage des adolescents suicidaires repose sur une écoute active et un questionnement direct du patient. L‘Ask Suicide-Screening Questions (ASQ)peut également être utilisé.Cette évaluation se fait lors d’un entretien dans un endroit calme, en toute confidentialité et en face-à-face :entretien avec l’adolescent seul ;à compléter chaque fois que possible par un recueil d’information auprès du titulaire de l’autorité parentale.Les adolescents ayant fait une tentative de suicide récente, ou présentant un haut niveau d’urgence suicidaire doivent être orientés vers les urgences pédiatriques ou adultes. Ceux qui présentent un niveau d’urgence suicidaire moyen à faible doivent être orientés vers un suivi ambulatoire (suivi psychiatrique, suivi psychologique en libéral ou en centre médico-psychologique). Il est possible en tant que professionnel de santé de contacter le 31 14 numéro national de prévention du suicide (24 h/24, 7 j/7) pour un avis spécialisé. Les réponses sont assurées par des professionnels spécifiquement formés (infirmiers ou psychologues) et le Samu en cas de risque vital. Adolescent : tableau synthétique de l’approche thérapeutique en santé mentale Télécharger ce tableau (2 pages) sous format PDF facilement imprimable en haute définition.https://www.ameli.fr/medecin/sante-prevention/sante-mentale-soins-primaires/sante-mentale-10-19-ans/episode-depressif-caracterise-adolescent A toutes fins utiles, la Haute autorité de santé propose également un dossier Manifestations dépressives à l'adolescence : repérage, diagnostic et prise en charge en soins de premier recours :Recommandation de bonne pratique - Mis en ligne le 15 déc. 2014 Les objectifs principaux de cette recommandation de bonne pratique (RBP) :repérer plus précocement la dépression de l’adolescent ;améliorer l’accompagnement du patient et de son entourage ;améliorer la prise en charge et l’orientation initiale des patients ;prévenir la crise suicidaire.[…]Diagnostic et stratégie de soinsDiagnosticConfirmation diagnostique Le diagnostic d’un EDC [épisode dépressif caractérisé] est clinique et repose sur l’association de :symptômes : troubles de l’humeur, du cours de la pensée, troubles physiques et instinctuels, cognitions négatives et idéations suicidaires ;une souffrance cliniquement significative ;un retentissement sur le fonctionnement.Les symptômes doivent durer au moins 15 jours et être au minimum au nombre de cinq, comprenant un des deux symptômes cardinaux : humeur dépressive (ou irritable) ou perte d’intérêt (ou de plaisir). Le diagnostic d’EDC est défini par la CIM-10 (cf. annexe 3) et le DSM-5 (cf. annexe 4). Il est nécessaire d’apprécier :son intensité : légère, modérée, sévère ;ses caractéristiques symptomatiques : mélancolique, atypique, anxieuse, mixte, psychotique.AEUne évaluation de l’épisode et plus globalement de la psychopathologie est recommandée pour orienter la stratégie de prise en charge, portant sur :le risque suicidaire ;le retentissement physique, psychologique et social ;les comorbidités ;l’aspect psychodynamique (fonctionnement mental) ;les facteurs de vulnérabilité et de résilience, notamment la qualité de l'environnement à travers les relations familiales et avec les pairs.[…]https://www.has-sante.fr/jcms/c_1782013/fr/manifestations-depressives-a-l-adolescence-reperage-diagnostic-et-prise-en-charge-en-soins-de-premier-recours Nous espérons que ces informations vous seront utiles et restons bien entendu à votre disposition pour toute recherche documentaire dans le domaine de la santé. L’Equipe des documentalistes de Questions-santé, Le service de réponses en ligne de la Cité de la santé.Service Questions-santéhttp://www.cite-sciences.fr/fr/au-programme/lieux-ressources/cite-de-la-sante/ Avez-vous trouvé cette réponse utile ? Oui cette réponse m'a été utile / Non cette réponse ne m'a pas été utile Avez-vous trouvé cette réponse utile ? Remplissez le formulaire de satisfaction !