Questions-santé 2021 - août

Covid et 3e dose vaccin

Question

Ma question porterait sur les vaccins anti-covid. On entend dire qu'il va falloir procéder à une troisième dose de vaccination (pour ceux qui ont eu un vaccin à ARN messager). Soit. Personne ne semble s'accorder totalement dans quel délai cette troisième dose doit être injectée. Soit. Peut-on penser que le vaccin est efficace plus longtemps chez certaines personnes que chez d'autres ? Développement individuel de la question précédente (et ma vraie question ici): y a t il un moyen de savoir (un certain test ? Avec les tests PCR faits à intervalles réguliers ? Les tests antigéniques ? Autre chose ?) si j'arrive au bout de l'efficacité du vaccin dans mon corps ? Où en est la recherche sur le sujet ?


Réponse

Bonjour,

Vous vous interrogez sur le vaccin contre la Covid-19. Vous souhaitez savoir s’il reste efficace plus longtemps chez certaines personnes et si des tests PCR ou antigéniques peuvent évaluer l’efficacité de ce vaccin dans la durée.

Plusieurs raisons sont évoquées pour préconiser une 3e dose de vaccin contre la Covid-19.

D’une part, il semble que ce soit une efficacité moindre chez certains malades, notamment les immunodéprimés, qui pousse à faire une 3e injection de vaccin. La Direction générale de la santé dans son avis en date du 18 juin 2021, reprenait les préconisations du Conseil d’Orientation de la Stratégie Vaccinale du 6 avril 2021 pour les personnes immuno-déprimées :

l’injection d’une troisième dose de vaccin est nécessaire pour les personnes immunodéprimées. Les DGS-Urgents 43 et 52 rappellent les modalités précises de ces schémas vaccinaux.
De nouvelles données confirment la nécessité d’administrer une troisième dose également aux personnes atteintes de leucémie lymphoïde chronique (LLC) et aux personnes atteintes de certains types de lymphomes traités par anti-CD20. Ainsi, peuvent bénéficier d’une troisième dose de vaccin, les personnes:
- ayant reçu une transplantation d’organe ou de cellules souches hématopoïétiques ;
-sous chimiothérapie lymphopéniante ;
- traitées par des médicaments immunosuppresseurs forts, comme les antimétabolites (cellcept, myfortic, mycophénolate mofétil, imurel, azathioprine) et les AntiCD20 (rituximab : Mabthera, Rixathon, Truxima);
- dialysées chroniques après avis de leur médecin traitant qui décidera de la nécessité des examens adaptés ;
- atteintes de leucémie lymphoïde chronique ou de certains types de lymphomes traités par anti-CD20;
- au cas par cas, les personnes sous immunosuppresseurs ne relevant pas des catégories susmentionnées ou porteuses d’un déficit immunitaire primitif.

https://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/dgs-urgent_61_precisions_campagne_vaccinale.pdf

D’autre part, les vaccins actuels ne répondent pas de la même façon aux différents variants et notamment au variant delta. C’est pourquoi une 3e dose est préconisée pour les personnes les plus fragiles : les plus de 65 ans, les personnes ayant des comorbidités à risque de formes graves de Covid-19.  Le 24 août, on pouvait lire le communiqué de presse suivant émanant de la HAS : Covid-19 : la HAS précise les populations éligibles à une dose de rappel de vaccin :

[…] À la lumière des dernières données disponibles, la HAS publie aujourd’hui son avis dans lequel elle préconise à ce stade une dose de rappel chez les personnes de 65 ans et plus et celles à risque de formes graves de Covid-19, à compter du début de la campagne de vaccination antigrippale prévue fin octobre.
[…]
 Une dose de rappel recommandée, à ce stade, pour les personnes de 65 ans et plus ainsi que celles qui présentent des comorbidités à risque de formes graves de Covid-19.
[…]
En effet les études récentes suggèrent une réduction de l’efficacité de tous les vaccins, en particulier contre le variant delta. Cette baisse de la protection concerne essentiellement l’infection et les formes symptomatiques. On observe également une légère baisse d’efficacité sur les formes graves qui restent globalement bien couvertes par les vaccins. La baisse ne touche pas seulement les personnes âgées et les populations à risque de formes graves, mais ces dernières demeurent les plus affectées. La HAS insiste néanmoins sur le fait que ces études observationnelles présentent des limites méthodologiques qui peuvent affecter les estimations de l’efficacité des vaccins et que la moindre efficacité suggérée par certaines études nécessite d’être confirmée par d’autres études et à plus long terme. Il est à noter que l’administration d’une dose de rappel à distance de la primovaccination n’est, à ce jour, pas encore prévue dans les autorisations de mise sur le marché conditionnelles des différents vaccins disponibles. L’avis de la HAS, rendu à la demande du Gouvernement pour permettre l’organisation et l’anticipation de la campagne de rappel, est donc conditionné à la validation de ce rappel par l’agence européenne du médicament (EMA).
[…]
En ce qui concerne les personnes primovaccinées avec le vaccin Janssen, la HAS recommande qu’une dose de rappel avec un vaccin à ARNm (Comirnaty® ou Spikevax®) leur soit proposée à partir de 4 semaines après la première injection.
[…]
Enfin, quel que soit le vaccin utilisé pour la primovaccination avec un vaccin à ARNm, la HAS estime qu’il n’y a pas d’argument suffisant, à ce jour, pour recommander préférentiellement un vaccin par rapport à l’autre pour la dose de rappel, les deux vaccins à ARNm disponibles (Comirnaty® et Spikevax®) étant tous les deux très efficaces contre les formes graves de Covid-19, y compris celles liées au variant Delta.

Simplifier le parcours vaccinal en administrant le vaccin contre la grippe et celui contre la Covid de manière concomitante. […]

https://www.has-sante.fr/jcms/p_3283153/fr/covid-19-la-has-precise-les-populations-eligibles-a-une-dose-de-rappel-de-vaccin

Concernant l’utilisation éventuelle de tests PCR ou antigéniques pour évaluer l’efficacité du vaccin dans la durée, nous vous proposons de lire un extrait de la FAQ que nous avons élaborée sur les tests : Tests de dépistage covid 19 : que peuvent-ils dire ? Que peut-on en attendre ? (Publié le 26 nov. 2020)

[…]
Que peuvent indiquer les tests ?
[…]
Seuls les tests qui détectent directement la présence de virus peuvent être utilisés pour cela. Il s'agit des tests qui détectent le génome viral (l'ARN), grâce à une réaction appelée RT-PCR (transcription inverse suivie d'amplification), ou de ceux qui détectent les antigènes du virus (ses protéines ; on parle d'antigène parce qu'ils sont mis en évidence grâce à des anticorps utilisés comme réactifs). Les deux types de test sont réalisés sur un prélèvement effectué là où du virus est susceptible de se trouver en grande quantité et où sa présence signifie un risque de transmission : il s'agit dans le cas du SARS-CoV-2 de la muqueuse située à l'arrière des fosses nasales. […]

La sensibilité (capacité du test à détecter de faibles quantités de virus) et la spécificité (sa capacité à indiquer uniquement la présence du SARS-CoV-2) sont les qualités fondamentales des tests, elles doivent être connues pour une bonne interprétation des résultats. Bien mise au point, la RT-PCR est une méthode extrêmement sensible et spécifique : le test RT-PCR effectué sur prélèvement (écouvillonnage) naso-pharyngé est donc aujourd'hui la méthode la plus fiable, celle qui sera utilisée le cas échéant lorsqu'une confirmation du résultat d'un autre test sera attendue. Elle peut toutefois rester négative dans quelques cas malgré l'infection : le prélèvement a pu être réalisé alors qu'il n'y avait pas assez de virus au niveau du nez, il a pu être mal effectué (écouvillon qui n'atteint pas la paroi postérieure du rhinopharynx), mal ou trop longtemps conservé, des produits empêchant le bon déroulement de la RT-PCR ont pu être entrainés (ils sont en principe détectés lors de la réaction). A l'inverse, la RT-PCR peut donner un résultat "faux positif", le plus souvent en cas de contamination du prélèvement par de l'ARN viral venu d'une autre réaction (là encore, des procédures très strictes limitent le risque). Sa sensibilité est telle qu'elle peut détecter des traces d'ARN viral alors qu'il ne reste plus de virus infectieux dans l'organisme. […]

https://www.mesvaccins.net/web/news/16721-tests-de-depistage-covid-19-que-peuvent-ils-dire-que-peut-on-en-attendre

A la lecture de cet article, on comprend que les tests PCR ou antigéniques ne sont pas appropriés puisqu’ils ont pour objectif de détecter la présence de virus et non la quantité d’anticorps développés dans le corps. 

Concernant les tests sérologiques, la Haute Autorité de santé rappelle dans un communiqué du 23 juin 2021 :

qu’à ce jour, il n’existe pas encore de données permettant de définir des corrélats de protection, c’est-à-dire l’existence d’un niveau de protection par rapport à un taux d’anticorps mesuré. Par ailleurs, les résultats des tests sérologiques ne permettent pas de statuer sur une protection conférée, que ce soit sur le niveau de la protection ou sur sa durée dans le temps.

De ce fait, les tests sérologiques ne sont pas pertinents pour les indications suivantes :

  • Diagnostic initial d’un patient symptomatique présentant ou non des signes de gravité pour lequel l’examen clinique et la RT-PCR ont été réalisés lors de la première semaine après apparition des symptômes et sont concordants

  • Test des personnes-contacts d’un patient confirmé ou suspecté

  • Suivi des patients atteints de Covid-19 ; entrée ou sortie hospitalière

  • Dépistage systématique des groupes professionnels

  • Dépistage chez les patients à risque de forme grave de Covid-19

  • Obtention du pass sanitaire (ce dernier ne pouvant être obtenu sur la base d’une sérologie sans vaccination)

  • Suivi de la séropositivité (tests itératifs)

La HAS souligne qu’un résultat positif à un test, quelle qu’en soit la date, suffit pour déterminer la séropositivité des individus et décider de la stratégie de vaccination. Il n’est donc pas pertinent de réaliser des tests d’anticorps répétitifs avec un objectif de suivi individuel de la réponse immunitaire ou vaccinale, quelle que soit la population, personnes immunodéprimées incluses.

https://www.has-sante.fr/jcms/p_3273496/fr/covid-19-quelle-utilite-aujourd-hui-pour-les-tests-serologiques

Enfin, vous vous interrogez sur la durée d’efficacité du vaccin, en d’autres termes, à quel moment les anticorps produits ne seront plus efficaces.
Les laboratoires Cerballiance vous donne des informations au sujet de la durée probable d’immunité dans son blog : Quel est le taux minimal d’anticorps à avoir après une vaccination ?

Cette information n’est pas encore connue, mais fait l’objet de nombreux travaux de recherche.
Combien de temps après une vaccination, garde-t-on des anticorps avec la sérologie Covid positive ?
Cette information n’est pas complètement établie, mais des études récentes suggèrent une longévité d’au moins 8 à 10 mois des anticorps après vaccination complète contre la Covid-19.

https://www.cerballiance.fr/fr/blog/actualites/le-test-serologique-la-covid-19-cerballiance-repond-vos-questions

Nous espérons que ces éléments d’information vous permettront de mieux comprendre l’utilité d’une 3e dose pour certaines personnes ainsi que le rôle des tests PCR, antigéniques ou sérologiques.

Nous restons à votre disposition pour toute recherche documentaire dans le domaine de la santé.

L’Equipe des documentalistes de Questions-santé,
Le service de réponses en ligne de la Cité de la santé.

Service Questions-santé

NB : Nous vous remercions d'avoir autorisé la publication de votre question. Vous pourrez la retrouver dans les pages de la Cité de la santé  (les questions-réponses sont classées par dates)

Réponse du 02/09/21



Retour à la liste des questions