Questions-santé 2021 - septembre

La vie avec un pacemaker

Question

Bonjour, A la suite de l'implantation d'un pacemaker qu'est-ce qui change pour le patient ? Pour ses traitements, ses suivis médicaux, sa vie quotidienne.


Réponse

Bonjour,

Vous souhaitez avoir des informations sur la vie quotidienne des personnes portant un pacemaker.

Nous vous proposons tout d’abord de consulter le site de la Fédération française de cardiologie : Vivre avec un stimulateur

Le patient doit s’habituer psychologiquement et physiquement à cette trentaine de grammes supplémentaires, placés au niveau du pli de l’épaule. On déconseille évidemment, dans les premiers mois, tout mouvement violent et prolongé du bras et toute activité risquant de faire bouger le stimulateur et notamment la(les) sonde(s)
Habituellement dans les trois mois après l’implantation, un contrôle auprès du centre d’implantation ou du cardiologue est nécessaire. Au troisième mois, le médecin stimuliste procède aux réglages éventuels et définitifs du stimulateur. Ensuite, la vérification intervient tous les six à douze mois. La plupart des stimulateurs et défibrillateurs actuels peuvent être suivis à distance par télécardiologie, mais ils ne peuvent pour l’instant être programmés à distance.
Dans la vie quotidienne, certaines précautions devront être prises par les patients appareillés par ces dispositifs.

https://fedecardio.org/je-m-informe/les-troubles-du-rythme-cardiaque-les-traitements/

La Fédération française de cardiologie a également publié une brochure pour les patients : Stimulateur cardiaque ou pace maker (pm) endocavitaire.
Nous attirons tout particulièrement votre attention sur les parties suivantes :

  • Vivre avec un stimulateur

  • Après l’hospitalisation

Et sur la conclusion : 

Enfin, n’oubliez pas que votre stimulateur doit vous permettre de reprendre une vie sociale, familiale et sexuelle normale !

https://fedecardio.org/wp-content/uploads/2021/03/2020-Stimulateur-Cardiaque-Web_1.pdf

Le Département de Rythmologie de l’Institut Cardiovasculaire Paris Sud, implanté au sein des Hôpitaux Jacques Cartier à Massy et Claude Galien à Quincy-sous-Sénart propose également des informations sur les suites de la pose du pacemaker : La vie avec le stimulateur

La présence du stimulateur doit être le plus possible oubliée, tant elle a peu de conséquences dans la vie de tous les jours.
Quelles sont les précautions à prendre ? […]
A la maison […]
Les magasins, les voyages […]
Le sport […]
Au travail […]
A l’hôpital […]

https://www.rythmo.fr/pacemaker/

Enfin, nous vous proposons un article de la revue Archives des maladies du cœur et des vaisseaux : Pratique (Volume 2014, numéro 226, pages 32-36, mars 2014) : Précautions de la vie quotidienne chez les porteurs de stimulateurs et de défibrillateurs cardiaques / A. Messali , J.-Ph. Labbé, F. Extramiana, A. Leenhardt.
En voici quelques extraits, cet article étant réservé aux abonnés à la plateforme d’Elsevier-Masson, EM-premium :

Les interférences électromagnétiques
Un champ électromagnétique exogène, dès lors qu’il est capté par un DCI [dispositif cardiaque implantable], est susceptible d’entraîner une interférence et un dysfonctionnement transitoire (inhibition de la fonction de stimulation, commutation de mode sur une fausse arythmie atriale, déprogrammation beaucoup plus rare, exceptionnelle panne de boîtier, et choc électrique inapproprié en cas de défibrillateur). L’environnement empli d’« ondes » de toutes sortes dans lequel nous vivons a obligé les constructeurs à se prémunir de mieux en mieux vis-à-vis du risque d’interférences électromagnétiques liées à l’environnement. Pour preuve le développement de stimulateurs et même de défibrillateurs cardiaques (boîtiers + sondes) dits conditionnellement IRM compatibles. Ceux-ci, comme leur nom l’indique, peuvent maintenant permettre la réalisation d’une imagerie par IRM, excluant ou non l’aire thoracique, sous certaines conditions impliquant notamment un paramétrage spécifique du DCI avant et après l’examen, ainsi que le respect de certaines précautions par le radiologue et l’absence de matériel non IRM compatible précédemment mis en place.

La plupart des constructeurs prévoient un livret patient précisant à quelle distance se tenir de certains appareils susceptibles d’interférer avec un DCI. Il serait fastidieux de passer tous les appareils électriques en revue, mais on peut indiquer au patient qu’utilisé dans des conditions normales (soit à plus de 15cm du boîtier du DMI), les appareils électroménagers de cuisine, le four à micro-ondes, les téléphones sans fil, la radio, la télévision, les ordinateurs portables, jeux vidéo, lecteurs CD, séchoir à cheveux à main, rasoir et brosse à dents électriques, ventilateur, tondeuse à gazon, télécommande pour le garage… n’induisent pas d’interférence. L’utilisation d’une borne wifi à domicile est sans danger et les appareils à onde bluetooth doivent simplement être maintenus à environ 15cm de distance. Les plaques à induction doivent être situées à au moins 60cm du boîtier lorsqu’elles sont en fonctionnement. Ne sont pas recommandés : les stimulateurs musculaires transcutanés et les matelas et oreillers magnétiques. Les appareils de soudure à l’arc et les tronçonneuses sont à déconseiller, de même que tous les appareils délivrant plus de 130amps. Les portiques des grands magasins sont peu à risque mais il est néanmoins recommandé de les traverser sans s’arrêter, et de ne pas « stationner » à proximité. Dans les aéroports, il est encore conseillé de montrer un document (carnet ou carte) attestant de la présence du dispositif implantable pour faire pratiquer une fouille au corps et éviter ainsi les détecteurs de métaux (portiques et détecteurs portatifs). […]

La conduite automobile
La conduite est actuellement autorisée en France aux porteurs de stimulateurs cardiaques en l’absence de symptômes ou autre problème la contre-indiquant, et sous réserve d’un avis spécialisé, avec surveillance régulière [4] pour les permis légers et avec délivrance d’une aptitude temporaire pour les permis lourds.
[…] La conduite à titre privé avec détention d’un permis léger peut être autorisée avec certaines restrictions temporaires autour des interventions (implantation, changement de boîtier, rajout et/ou changement de sonde) et événements du suivi du défibrillateur (thérapies appropriées et inappropriées, rupture de sonde). La durée de ces restrictions a été précisée dans les recommandations européennes de 2009 sur DCI et conduite [5] (Tableau 1). […]
Sur un plan légal, tout conducteur est supposé s’assurer lui-même de son aptitude à la conduite en cas de survenue d’un handicap, d’une pathologie ou d’un traitement médical susceptible d’entraîner un risque au volant. Il doit spontanément contacter un médecin agréé ou la commission médicale des permis de conduire. Le non respect de cette obligation peut mettre en cause sa responsabilité en cas d’accident. Le médecin doit donc essayer de convaincre son patient d’effectuer cette démarche et de prévenir son assureur. En cas d’échec, il doit être capable de prouver qu’il a informé son patient de cette nécessité et de sa responsabilité pénale en cas d’accident. Il reste en revanche soumis au secret professionnel.

La vie professionnelle
En dehors des restrictions liées à la conduite, certains métiers seront contre-indiqués en raison de la pathologie cardiovasculaire du patient, de la prise de risque associée à une possible perte de connaissance (mise en danger de soi-même et d’autrui) précédant la résolution d’un trouble du rythme par un défibrillateur et déconseillés en raison de la possibilité d’altération du matériel implanté (port de charges lourdes) ou de risque d’interférence électromagnétique (proximité de transformateurs, de lignes à haute tension ou radars par exemple). Pour cette dernière circonstance, il est envisageable au cas par cas d’apprécier ce risque en mettant le patient en situation réelle sous surveillance d’une personne compétente en défibrillation munie d’un programmateur, avec un défibrillateur transitoirement inactivé mais susceptible de signaler en temps réel la perception d’interférences dommageables (chocs inappropriés) [6]. Les déplacements à l’étranger sont possibles. On peut indiquer au patient avant son voyage vers quel centre et même parfois quel praticien il peut se tourner en cas de choc par son défibrillateur.

La vie sexuelle
Il n’y a pas de contre-indication à formuler au patient porteur d’un DCI sur ce sujet. […]

La pratique sportive
Des recommandations de l’ESC ont été émises en 2006 pour encadrer la pratique sportive des patients porteurs de DCI. Le pacemaker autorise la pratique d’un sport de compétition ou de loisir engendrant une demande cardiovasculaire faible à modérée [7, 8], si toutefois la pathologie cardiovasculaire associée ne le contre-indique pas. Il est conseillé d’adapter le réglage de l’asservissement aux besoins sportifs du patient et préférable d’éviter les sports de contact pour ne pas léser le matériel. […] On peut autoriser au titre des loisirs les sports à demande cardiaque faible à modérée statique ou dynamique (tennis en double, tennis de table, volley, équitation, voile, course à pied,…), à condition là aussi de bien respecter les restrictions liées à la pathologie cardiaque sous-jacente et au caractère éventuellement arythmogène de l’exercice physique [9]. […] Certaines restrictions supplémentaires sont liées à la constitution des appareils (pacemaker et défibrillateurs) : éviter les sports de « contact » susceptibles d’endommager boîtier et partie superficielle des sondes, la plongée en dessous de 30 mètres au vu du risque de non fonctionnement (pacemakers uniquement, contre-indiquée pour les défibrillateurs), éviter les sports sollicitant beaucoup l’épaule du côté implanté (tennis et sports de raquettes, golf, natation, volley, basket, gymnastique, escalade) au regard du risque de fracture de sonde lié au cisaillement entre clavicule et première côte ou sollicitant les muscles abdominaux en cas de DCI épicardique. Le patient doit aussi être averti qu’il doit éviter toute source d’interférence électromagnétique pouvant « dérégler » transitoirement son appareil. […]

En conclusion
On peut voir que le nombre croissant des porteurs de dispositifs médicaux a incité les sociétés savantes à éditer un certain nombre de recommandations pour encadrer les actes de la vie quotidienne chez les porteurs de pacemaker et de défibrillateur, en plus des indications techniques fournies par les constructeurs sur les risques d’interférences. Ces recommandations visent à assurer la sécurité du patient et de son entourage (conduite, activité sportive, vie professionnelle). Elles incitent également à tenter de préserver le matériel implanté de dysfonctionnements amenant à des comportements inadaptés des appareils, tels que inhibitions ou des chocs inappropriés ou encore à des altérations précoces telles que les ruptures de sondes. Une bonne connaissance de ces précautions par les cardiologues traitants paraît donc nécessaire pour guider les patients dans les différents aspects de leur vie quotidienne.

https://www.em-consulte.com/article/888159/article/precautions-de-la-vie-quotidienne-chez-les-porteur

Nous espérons que ces informations vous permettront de rassurer votre proche sur les conséquences de la pose d’un pacemaker sur sa vie quotidienne.

Nous restons bien entendu à votre disposition pour toute recherche documentaire dans le domaine la santé.

L’Equipe des documentalistes de Questions-santé,
Le service de réponses en ligne de la Cité de la santé.

Service Questions-santé

NB : Nous vous remercions d'avoir autorisé la publication de votre question. Vous pourrez la retrouver dans les pages de la Cité de la santé  (les questions-réponses sont classées par dates)



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