Questions-santé 2021 - septembre

Demande d'une information sur les seuils d'immunité des vaccins obligatoires

Question

Bonjour, Voudriez-vous svp me dire quels sont les seuils d'immunité vaccinale pour les vaccins ci-après svp ? Avec mes remerciements.


Réponse

Bonjour,

Vous souhaitez connaitre les seuils d’anticorps permettant d’affirmer qu’une personne est immunisée. Vous souhaitez connaitre ces seuils pour l’ensemble des vaccins obligatoires.

Nos recherches documentaires ne nous ont pas permis d’identifier de seuils au-delà desquels une personne est considérée comme immunisée.
Nous supposons que votre questionnement a un lien avec l’efficacité des vaccins et les moyens disponibles pour déterminer cette efficacité. Afin de vous apporter des éléments de réponse sur ce point, nous vous invitons à parcourir les articles suivants :

- Dans un article de la Fondation pour la recherche médicale, Michel Cogné chercheur et professeur d’immunologie à l’Université de Rennes, explique comment il est possible de juger de l’efficacité des vaccins :

Michel Cogné : « L’efficacité d’un vaccin est évaluée au cours de différentes phases.
La première, la phase 1, consiste à vérifier que le vaccin induit bien une réponse chez les personnes qui l’ont reçu. Elle se traduit par la production d’anticorps ou de cellules immunitaires capables de reconnaître l’antigène.
Ensuite, le but est de montrer que le vaccin protège.
C’est ce que l’on vérifie lors des essais de phase 2 puis de phase 3, dont l’objectif est d’observer la protection obtenue. Il s’agit de valider, à grande échelle, en comparant des personnes vaccinées et non vaccinées que le risque de développer la maladie est très diminué par la vaccination.
Il ne suffit donc pas qu’il y ait une réponse suite au vaccin, mais il faut aussi que cette réponse soit protectrice de la maladie
. C’est ce qui définit réellement son efficacité.

https://www.frm.org/nos-publications/actualite/efficacite-vaccin

- Un article publié sur le site Vaccination Info Service, site Web conçu sous l’égide de Santé publique France, explique les mécanismes mis en jeu lors de la vaccination et les cellules immunitaires impliquées :

La réponse anamnestique
La vaccination repose sur la mémoire immunitaire. Lors de la première inoculation d’un antigène, les cellules effectrices T apparaissent et leur nombre croît rapidement : ce sont des cellules ayant une durée de vie courte (quelques jours) dont la population est maximale au bout d’une semaine et disparaît en deux à six semaines. Elles laissent la place à des cellules T mémoires dont le nombre est maximal deux à six semaines après l’inoculation et se réduit ensuite très lentement. Elles restent généralement détectables pendant plusieurs années. Elles circulent dans l’organisme et colonisent la plupart des organes lymphoïdes, notamment le thymus.
La réponse humorale apparaît lentement (deux à plusieurs semaines). Elle est peu protectrice au début, étant principalement médiée par des IgM de faible affinité. Le nombre des cellules B mémoires est maximal au bout de dix à quinze semaines et diminue lentement : certaines sont détectées plus d’un an et demi après l’inoculation.
Les cellules B mémoires sont le support de la réponse anamnestique en anticorps. Lors d’un nouveau contact avec l’agent infectieux ou certains de ses antigènes, les cellules B sont rapidement réactivées (ainsi que les cellules T mémoires, qui participent également à la réactivation de la réponse immunitaire en anticorps). Cela permet alors un délai de réponse plus court ; les anticorps augmentent plus vite, atteignant des titres plus élevés : ce sont des IgG et des IgA de même spécificité, mais d’affinité d’emblée maximale et à haut pouvoir protecteur.
La mémoire immunitaire T intervient également pour les mycobactéries
 : elle favorise une réaction anticipée et intense (phénomène dit « allergique » de Koch) observée lors d’une seconde inoculation d’une mycobactérie. C’est le principe de l’intradermoréaction à la tuberculine, qui permet de détecter la tuberculose latente, mais qui peut être positive aussi après la vaccination par BCG. Les cellules T CD4 et CD8 mémoires donnent très rapidement naissance à des taux élevés de nouvelles cellules effectrices (cytotoxiques) et lymphocytes T helper.
Ainsi, par la vaccination, on cherche à « avertir » l’individu, à lui permettre une mise en place plus rapide de moyens de défense spécifiques (anticorps spécifiques, réactions cellulaires adaptées) afin d’éviter le développement de l’infection et de le protéger.
Avec l’âge (après 65 ans) et dans diverses situations d’immunodépression touchant l’immunité humorale (déficit immunitaire congénital, syndrome néphrotique) ou cellulaire (greffe d’organe, infection par le VIH), la réactivité aux stimulations antigéniques et notamment aux vaccins s’altère : l’immunogénicité des vaccins et l’efficacité vaccinale sont réduites.

https://professionnels.vaccination-info-service.fr/Aspects-scientifiques/Principes-et-bases-immunologiques-de-la-vaccination/Principes-immunologiques-de-la-vaccination

- Un article, publié sur le site du Ministère de la santé et des services sociaux du Quebec, rappelle les facteurs qui peuvent jouer sur l’efficacité des vaccins et détaille, vaccin par vaccin, les cellules immunitaires impliquées :

Immunologie de la vaccination
Immunogénicité des vaccins
Plusieurs facteurs peuvent influencer la réponse immunitaire induite par la vaccination. La nature et l’intensité de la réponse varieront en fonction de facteurs liés au vaccin et de facteurs liés à l’hôte.

https://www.msss.gouv.qc.ca/professionnels/vaccination/piq-immunologie-de-la-vaccination/immunogenicite-des-vaccins/

Enfin, concernant la présence d’anticorps post-vaccination contre la Covid-19, la HAS rappelle :

qu’à ce jour, il n’existe pas encore de données permettant de définir des corrélats de protection, c’est-à-dire l’existence d’un niveau de protection par rapport à un taux d’anticorps mesuré. Par ailleurs, les résultats des tests sérologiques ne permettent pas de statuer sur une protection conférée, que ce soit sur le niveau de la protection ou sur sa durée dans le temps.

De ce fait, les tests sérologiques ne sont pas pertinents pour les indications suivantes :

  • Diagnostic initial d’un patient symptomatique présentant ou non des signes de gravité pour lequel l’examen clinique et la RT-PCR ont été réalisés lors de la première semaine après apparition des symptômes et sont concordants

  • Test des personnes-contacts d’un patient confirmé ou suspecté

  • Suivi des patients atteints de Covid-19 ; entrée ou sortie hospitalière

  • Dépistage systématique des groupes professionnels

  • Dépistage chez les patients à risque de forme grave de Covid-19

  • Obtention du pass sanitaire (ce dernier ne pouvant être obtenu sur la base d’une sérologie sans vaccination)

  • Suivi de la séropositivité (tests itératifs)

La HAS souligne qu’un résultat positif à un test, quelle qu’en soit la date, suffit pour déterminer la séropositivité des individus et décider de la stratégie de vaccination. Il n’est donc pas pertinent de réaliser des tests d’anticorps répétitifs avec un objectif de suivi individuel de la réponse immunitaire ou vaccinale, quelle que soit la population, personnes immunodéprimées incluses.

https://www.has-sante.fr/jcms/p_3273496/fr/covid-19-quelle-utilite-aujourd-hui-pour-les-tests-serologiques

Nous espérons que ces éléments d’information vous permettront de mieux comprendre les mécanismes mis en œuvre lors de la vaccination et restons à votre disposition pour toute recherche documentaire dans le domaine de la santé.

L’Equipe des documentalistes de Questions-santé,
Le service de réponses en ligne de la Cité de la santé.

Service Questions-santé

NB : Nous vous remercions d'avoir autorisé la publication de votre question. Vous pourrez la retrouver dans les pages de la Cité de la santé  (les questions-réponses sont classées par dates)

Réponse du 23/09/21



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