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Effet de la privation des produits laitiers sur la spondylarthropathie

Question

Madame, Monsieur, Existe-t-il une autre étude sur l'effet de la privation des produits laitiers sur les spondylarthropathies ? Qui peut faire ce sujet prometteur de recherche ? Cordialement,


Réponse

Bonjour,

Vous nous interrogez sur des organismes susceptibles de mener des études sur la spondylarthropathie et l’alimentation et en particulier la privation de produits laitiers.

L’Inserm est le seul établissement public de recherche français entièrement dédié à la santé humaine. Il pourrait être susceptible de mener une telle étude.
https://www.inserm.fr/

La Fondation pour la recherche médicale soutient des recherches menées dans les laboratoires des organismes publics de recherche et d’enseignement supérieur (INSERM, CNRS, INRA, CEA, Universités, grandes écoles, établissements de santé…). Certaines études sont menées sur des pathologies mais plutôt sur le mécanisme de survenue et sur les traitements potentiels.
https://www.frm.org/fondation

Quant au CNRS, il comprend plusieurs instituts de recherche dont l’Institut des sciences biologiques du CNRS qui conduit des programmes de recherche.
https://www.insb.cnrs.fr/

Nous avons effectué une recherche documentaire sur les études existant ou les articles scientifiques traitant de ce sujet et attirons votre attention sur la terminologie qui a évolué comme l’indique cet extrait d’un article de l’Inserm :

 Historiquement, ce groupe de pathologies était appelé spondylarthropathies. Son nom a été modifié pour se calquer sur la terminologie anglo-saxonne de spondyloarthritis.
Rhumatisme psoriasique, spondylarthrite ankylosante, arthrites réactionnelles… : il y a quelques années, on distinguait encore différentes présentations cliniques dans ce groupe de maladies. Cette distinction est de moins en moins utilisée, car les personnes atteintes d’une spondyloarthrite peuvent alternativement présenter l’une ou l’autre de ces formes cliniques au cours de leur vie. […]

https://www.inserm.fr/dossier/spondyloarthrites/

La Revue du rhumatisme (Volume 89, numéro 2, pages 116-127, mars 2022) propose un article : Recommandation 4 : L’éviction des produits laitiers ne devrait pas être proposée dans la prise en charge des rhumatismes inflammatoires chroniques / Claire Daien, Sébastien Czernichow, Jean-Guillaume Letarouilly, Yann Nguyen, Pauline Sanchez, Johanna Sigaux, Catherine Beauvais, Sandra Desouches, Robert Le Puillandre, Vincent Rigalleau, Pauline Rivière, Monique Romon, Luca Semerano, Raphaèle Seror, Sylvie Sfedj, Anne Tournadre, Danielle Vacher, Daniel Wendling, René-Marc Flipo, Jérémie Sellam.  -

[…]
La croyance que les produits laitiers ont des effets délétères est largement répandue dans la société et leur consommation a diminué en France ces dernières années [7]. Néanmoins, aucune étude ne soutient cette hypothèse dans les RIC [rhumatismes inflammatoires chroniques]. Les seuls éléments de la littérature proviennent à nouveau de l’étude de Kjelsen-Kragh et al., où la réintroduction des laitages après la période végétalienne n’entraîne aucune modification des paramètres articulaires [36]. À notre connaissance, aucune autre étude contrôlée chez l’homme ou chez l’animal n’a été conduite sur l’effet des laitages, ou de leur éviction, dans les RIC. Les muqueuses intestinales des patients atteints de PR n’ont pas d’hyperréactivité aux protéines de lait de vache et il n’y a pas de corrélation entre l’intolérance ressentie par le patient et la réactivité de ses muqueuses intestinales [44].
Les produits laitiers sont la principale source alimentaire de calcium. Les patients atteints de RIC sont plus à risque de développer une ostéoporose, du fait de leur maladie et de l’exposition fréquente et prolongée aux corticoïdes. Une méta-analyse récente confirme l’effet bénéfique d’une supplémentation calcique de 12 à 24 mois sur la densité minérale osseuse, et ceci particulièrement dans les pays à faible consommation alimentaire en calcium [45]. Une autre méta-analyse de cohortes rapporte un effet protecteur des consommations élevées de laitages sur le risque de fracture de hanche avec une diminution de 13 % du risque (risque relatif RR=0,87 [IC95 % 0,76–1,00]) [46]. Cette diminution du risque fracturaire était observée avec les laitages fermentés (risque relatif (RR)=0,75 [0,66–0,86] et RR=0,68 [0,61–0,77] pour les yaourts et les fromages, respectivement) mais pas avec le lait (RR=0,91 [0,74–1,12]). Ce travail a néanmoins fait l’objet de critiques notamment du fait de la grande variabilité d’une étude à l’autre des définitions des catégories de consommation, conduisant à de possibles biais de classement ainsi que sur les nombreux facteurs de confusion possibles [47]. En outre, les laitages fermentés semblent également avoir des effets bénéfiques cardiovasculaires. Ainsi, une méta-analyse récente portant sur 20 études de cohortes retrouve une diminution de 4 % des événements cardiovasculaires (accident vasculaire cérébral, infarctus du myocarde, cardiopathie ischémique et mortalité d’origine cardiovasculaire) (RR=0,96 [IC95 % 0,94-0,98] associée à la consommation de laitages fermentés ; ainsi qu’une diminution de 27 % du risque de diabète de type 2 (RR=0,73 [0,70–0,76] et de 20 % du risque de syndrome métabolique (RR=0,80 [0,74–0,87]) associée à la consommation de yaourts [48]. L’étude MESA (Multi-Ethnic Study of Atherosclerosis), qui a suivi la progression des calcifications coronaires par coro-scanner chez 5273 participants, retrouve un effet protecteur de la consommation de lait entier avec un score de calcification coronaire plus faible à l’inclusion et à une progression moindre au cours du suivi après ajustements multiples (OR=0,765 [0,60–0,98])[49]. Ainsi, le groupe de travail propose de suivre les recommandations émises pour la population générale par le PNNS qui sont un apport de 2 produits laitiers par jour pour les adultes. Il pourrait être intéressant de favoriser les laitages fermentés qui sont plus digestes et pourraient avoir des effets bénéfiques extra-articulaires plus marqués. […]

https://www.em-consulte.com/article/1502682/article/recommandations-de-la-societe-francaise-de-rhumato

Comme vous résidez en région parisienne, vous pouvez consulter cet article dans son intégralité à la Cité de la santé.
Voici les informations pratiques pour nous rejoindre :
https://www.cite-sciences.fr/fr/au-programme/lieux-ressources/bibliotheque/informations-pratiques/

L’Association France spondyloarthrites indique qu’une étude sur la spondyloarthrite et nutrition, l’étude SANUT est en cours au CHRU de Limoges.
https://www.spondy.fr/enquete-3/

En complément, nous avons interrogé Medline (base de données bibliographique multilingue produite par la National Library of Medicine (NLM™) aux Etats-Unis dans tous les domaines biomédicaux) via Pubmed :
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/
Vous pouvez interroger en français avec l’interface du CHU de Rouen avec les termes  «spondylarthropathies» et « produits laitiers »
https://crbm.chu-rouen.fr/querybuilder/

Malheureusement les résultats ne sont pas très concluants puisque l’article le plus récent est de 2011. Il semble donc qu’aucune étude n’ait été publiée sur votre sujet dans les revues scientifiques internationales depuis cette date.

Nous espérons que ces informations vous seront utiles et restons à votre disposition pour toute recherche documentaire dans le domaine de la santé.

L’Equipe des documentalistes de Questions-santé,
Le service de réponses en ligne de la Cité de la santé.
Service Questions-santé

NB : Nous vous remercions d'avoir autorisé la publication de votre question. Vous pourrez la retrouver dans les pages de la Cité de la santé  (les questions-réponses sont classées par dates)



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