Après des bas et des hauts, Axel n’a jamais été aussi proche de l’Eau ! Quel chemin mène à elle ? s’interrogent les aviasœurs en battant des ailes. Axel et les deux chouettes se préparent à traverser une tempête…
L’Eau
- Écriture et illustration : Antoine Laporte
- Composition musicale et sound design : Bart Bell
- Voix : Charlotte Rousseau, David Bento
- Suivi de production : Anne-Sophie Rincel
- Écriture web : Gaëlle Courty
- Accessibilité web : Stéphanie Giacchi
- Développement web : Wilfried Jumelle
Axel ne veut pas changer - Chapitre 9 : L’Eau
Histoire
[Musique dynamique] [Son de vents] [Battements d’ailes]
Axel était si impatient qu’il remuait constamment. Asma, la chouette qui le transportait, en avait plus qu’assez. Elle s’exclama :
« Dis donc l’abricot, t’arrêtes de gigoter sur mon dos ?
— Désolé, répondit Axel, mais j’ai tellement hâte d’arriver ! L’Eau que j’ai tant cherchée, bientôt, je la rencontrerai ! »
La chouette soupira. « Ça ne sert à rien de frétiller comme ça. On n’arrivera pas plus rapidement. Cependant, pou-ouh-r t’occuper, tu peux nous aider : dis-nous quelle route emprunter.
— Une route ? demanda Axel, surpris. Je ne savais pas qu’il y en avait ici. Où ça ? Je vois des nuages, je vois le ciel, je vois la terre, en bas. Mais des routes, non, aucune à l’horizon. »
Esmé, qui planait à côté, expliqua :
« Voler, tu sais, c’est un peu comme nager. Souvent, on se laisse porter par les courants, les courants d’air, des chemins de vent, si tu préfères.
— De vent ! répondit Axel. Mais le vent, c’est transparent.
— Ces chemins ne se regardent pas, expliqua Asma. Ils se sentent, avec les ailes, les plumes et, dans ton cas, les doigts. Tends tes pattes face au vent. Tu sens ses mouvements ?
— Oui ! cria Axel, je les sens ! Entre mes doigts, ça fait comme des rubans.
— Parfait, dit Esmé. Dans ce cas, c’est à toi de jou.. ou.. ouer. Trouve quel chemin emprunter. On compte sur toi, petit coyote, ne te trompe pas ! »
Axel se concentra, il tendit ses pattes devant lui et sentit un petit picotement froid, sur l’un de ses doigts.
Il s’exclama :
La tempête est par là !
Les sœurs suivirent la direction qu’il indiquait et, après quelques minutes, en effet, ils arrivèrent devant un immense nuage bleuté.
Tu es prêt ? demanda Esmé. Ce nuage est plein d'éclairs. On peut encore faire machine arrière.
Non ! Répondit l’axolotl. J’ai mis tant d’efforts à venir jusqu’ici. Allons-y !
[Musique menaçante] [Bruits de vent, tempête, grondement de tonnerre]
Ils volèrent alors vers le cœur du nuage, jusqu’à ce que Axel se tienne devant l’Eau ou plutôt, jusqu'à ce que l'Eau soit tout autour de lui. Dans l’air, dans la pluie. Dans une tempête aux vents si puissants que les aviasœurs volaient difficilement.
Asma s’écria :
« Parle à l’Eau ! Dépêche-toi ! Dis-lui de se calmer ! Si tu ne le fais pas, on va être emportés ! »
Mais Axel était si effrayé qu’il se contenta de murmurer :
« Madame l’Eau, vous m’entendez ? J’aimerais que vous m’aidiez… »
Esmé cria : « Elle ne t’entendra pas si tu murmures comme ça ! »
Alors l’axolotl cria, très fort cette fois :
« MADAME L’EAU, ÇA SUFFIT ! ARRÊTEZ DE SOUFFLER ! JE DOIS VOUS PARLER ! »
L’Eau, enfin, les remarqua. Elle s’exclama :
« De la visite en plein ouragan ? Ça n’est pas courant. Qu’est-ce que vous faites là ? Axel… c’est bien toi ? »
L’axolotl répondit, surpris :
« On s’est déjà rencontrés ? »
L’Eau sourit et soudainement, il n’y eut plus de vent, plus de pluie, plus de grondement.
[Musique calme, chants d’oiseaux]
« Est-ce qu’on s’est rencontrés ? reprit l’Eau, pas tout à fait. Mais dans les brumes, dans les pluies, dans toutes les gouttes que tu as traversées, dans tous les courants que tu as empruntés, je t’ai observé. Et Axel, tu m’as beaucoup impressionnée.
— Impressionnée ? demanda l’axolotl. Mais je n’ai pas cessé de trembler.
— Et alors ? répondit l’Eau. Même quand tu étais effrayé, tu as continué. Le courage, c’est ça. Aller de l’avant, même quand c’est effrayant. D’ailleurs, en parlant de peur… Je sais ce que tu es venu me demander, et vraiment, j’aimerais t’aider… »
L’axolotl l’interrompit :
« Vous allez rester dans le lac ? C’est ça ? Les choses ne changeront pas ?
— J’aimerais beaucoup, répondit l’Eau, mais, je suis désolée, je ne peux pas t’aider. Le lac continuera de se vider. »
Axel supplia :
« Madame l’Eau, s’il vous plaît ! Je suis sûr que vous pouvez m’aider ! Vous changez tout le temps, en glace, en pluie, en torrents. Et pas seulement ! Vous transformez tout ce que vous approchez : les plantes, les animaux et même les rochers. Vous pouvez tout décider ! Alors, mon lac, s’il vous plaît, laissez-le comme il est.
— Oh, Axel, ce n’est pas vrai. Je ne peux pas tout décider, dit l’Eau. Moi aussi, je dois m’adapter. À ton avis, qu’est-ce qui peut m’influencer ?
Axel proposa :
— Le temps qu’il fait.
— Le temps, c’est ça, répondit-elle. Le climat.
— S’il fait froid ou s'il fait chaud, je ne suis pas la même eau. Et tu veux savoir un secret ? Je ne suis pas toujours ravie d’être une pluie, pas toujours tentée d’être gelée. Parfois, être une brume, ça ne me plaît pas. Mais c’est comme ça.
— Comment ça, comme ça ? demanda l’axolotl. Allez trouver le temps, parlez au Chaud, parlez au Froid, pour qu’ils ne changent pas. »
Voyant l’axolotl si obstiné, l’Eau demanda :
« Dis-moi Axel, qu’as-tu appris, de tous tes nouveaux amis ? De Pô, qui a pu chanter, après s’être transformé ? De Jonas, dont toute l’espèce s’est adaptée à l’obscurité ? De Grannyte, qui s’est polie lentement, avec le temps ? De Sally, qui est si excitée par les nouvelles opportunités ? D’Antoine, qui a dû beaucoup patienter pour devenir ce qu’il est ? D’Esmé et d’Asma, qui pensent que le changement commence en soi ? »
Axel réfléchit. Il répondit :
« Oui, je me suis fait de nouveaux amis. Tellement. Tous différents. Certains pressés, d’autres patients. Certains confiants, d’autre méfiants. Mais ils ont une chose en commun. Leur transformation, ils l’ont tous vécue à leur façon.
— Je crois que tu as compris, dit l’Eau. Comme les autres axolotls du lac, tu dois te métamorphoser, c’est vrai. Mais c’est toi qui décideras, Axel, qui décideras qui tu deviendras. Prudent ou audacieux, prévoyant ou spontané. Deviens qui tu veux, au rythme qui te plaît. Et si tu n’es pas satisfait, tu pourras encore changer. Voilà le plus important des secrets : on passe sa vie à s’inventer. Est-ce que tu es rassuré ?
— Je ne sais pas, répondit Axel. J’ai besoin d’y penser, je crois. En tout cas, je vous remercie, madame l’Eau, merci de m’avoir écouté. »
Elle sourit.
« Je t’en prie, Axel. Et si jamais tu veux papoter, à nouveau, tu sais où trouver l’Eau. Dans la glace, dans la pluie, dans le lac où tu vis, tu n’as qu’à m’appeler, Axel, et je viendrai.
Maintenant, il faut vous en aller, vous avez l’air bien fatigués. Mais avant, laissez-moi vous entourer d’un petit nuage, un nuage très frais. C’est ma façon de câliner. »
En les voyant s’éloigner, l’Eau se dit : « Quelle drôle d’histoire, vraiment, cet axolotl qui a peur du changement. Cette histoire, il faudrait la raconter. »
Et voilà qui est fait.
Conclusion
Axel ne veut pas changer : un conte Cité des sciences et de l'industrie, réalisé en lien avec l’exposition Métamorphoses.
- Écriture : Antoine Laporte
- Musique : Barthélémy Belleudy
- Voix : Charlotte Rousseau, David Bento
- Suivi de production : Anne-Sophie Rincel
Vous aimez les aventures d’Axel, retrouvez plus d’histoires et d’expériences sur le site de la Cité des sciences et de l’industrie.
À bientôt !