Dans ce podcast tout en poésie, les enfants suivent les aventures d’Axel, un jeune axolotl qui a très peur de se métamorphoser ! Au fil des chapitres, ils se familiarisent avec les transformations que subissent certains êtres vivants et l’environnement. Une histoire pour aborder en douceur les questionnements et inquiétudes face au changement.
Bande annonce
Il était une fois Axel, jeune axolotl vivant avec les siens. Une nuit, une terrible tempête vient bouleverser son quotidien. Il risque de devoir se métamorphoser et subir ainsi de gros changements ! Il panique, s’enfuit et, chemin faisant, rencontre des personnages étonnants…
[Musique]
La Cité des sciences et de l’industrie présente…
« Il arrive parfois des choses effrayantes. C’est comme ça que débute cette histoire, par du bruit, du tonnerre et du noir. Cette histoire débute par une tempête. »
[Coup de tonnerre]
Suivez l’histoire d’Axel, un petit axolotl qui, à la suite d’une terrible tempête, doit se métamorphoser. Mais Axel a très peur de changer !
Alors le petit axolotl part à la recherche d’une solution pour empêcher sa transformation.
« Moi c’est Pô, le roi des crapauds. »
« Plus jamais ! Ces mots-là ensemble, c’est la première fois qu’Axel les entendait. »
« Axel était peureux, mais curieux. Si l’eau allait quelque part, il voulait le voir. »
« Le changement, ce n’est pas juste avoir l’air différent. »
Les aventures d’Axel sont l’occasion d’apprendre plein de choses sur les métamorphoses et transformations du vivant.
Des changements qui, parfois, résonnent avec ceux que connaissent les enfants…
« Nos bords, ronds ou pointus, sont le reflet de ce qu’on a vécu. »
« Ça m’a pris des mois pour me métamorphoser. »
« Pour nous, les salamandres tachetées, grandir et la métamorphose, c’est la même chose. »
Axel ne veut pas changer, un podcast Cité des sciences et de l’industrie, disponible gratuitement sur toutes vos plateformes préférées - à partir de 6 ans.
Tous les chapitres
La tempête (Chap. 1)
Axel ne veut pas changer - Chapitre 1 : La tempête
Liste des intervenants
- David Bento (introduction)
- Charlotte Rousseau (narration)
Introduction
[Musique douce et joyeuse]
Bienvenue et merci de suivre les aventures d’Axel, l’axolotl qui ne voulait pas changer. D’ailleurs, avant de commencer, est-ce que tu sais ce que c’est, un axolotl ?
Je vais t’expliquer et, si tu le sais déjà, pardonne-moi. Tout le monde n’est pas rusé comme toi.
Un axolotl est un amphibien, comme les crapauds et les grenouilles qu’on trouve dans les jardins. Ils sont bruns, blanc ou gris et tous ont de jolies branchies.
Moi, je les trouve très mignons mais pas seulement. Ils sont aussi très intéressants car, dans certains cas, ils peuvent se métamorphoser.
C’est cette histoire qu’on va te raconter. Attention ! Ça va commencer.
Histoire
Il arrive parfois des choses effrayantes. Des événements qui font battre le cœur très fort, qui donnent envie de se cacher quelque part.
Ça peut arriver quand on se trouve dehors et dans le noir, quand un bruit soudain nous fait sursauter, quand on entend l'orage gronder, ou bien toutes ces choses à la fois.
C’est comme ça que débute cette histoire, par du bruit, du tonnerre et du noir. Cette histoire débute par une tempête [bruit de tonnerre], une tempête terrible qui soufflait, soufflait sans s’arrêter. Une tempête horrible qui ne voulait pas s’en aller. Tous les animaux du lac, en dessous, tremblaient.
[Musique angoissante] [Bruits d’orage]
Les poissons et les grenouilles, bien sûr, mais aussi les axolotls, ces drôles de créatures. Malines, également, car pour se protéger du courant, les axolotls s’étaient réfugiés... sous des rochers.
Parmi eux, il y avait Axel. Il n’était pas très vieux, ton âge à peu près.
De tous les axolotls du lac, Axel était le plus gentil, le plus petit, mais le plus peureux aussi. Alors, durant la tempête, Axel avait fermé les yeux.
Ainsi, même s’il entendait le tonnerre gronder, Axel se répétait : « Si je ferme les yeux, c’est comme si je dormais. C’est un cauchemar, mais je me réveillerai. »
Après un temps qui sembla infini, la tempête s'arrêta, en effet. [Silence progressif] Autour d’Axel, il n’y avait plus aucun bruit, comme si rien ne s’était produit.
[Musique redémarre progressivement]
Mais alors que les jours passaient, que le calme était revenu, Axel remarqua que quelque chose avait changé. Les axolotls restaient contrariés.
Est-ce qu’ils craignaient une nouvelle tempête ? Mais non ! Le ciel, au-dessus du lac, était bleu. Est-ce que le courant avait emporté l’un d’eux ? Axel les compta : 8, 16, 23… ils étaient tous là. Il avait beau chercher ce qui clochait, Axel ne trouvait pas.
Il décida alors d’en parler à l’axolotl la plus attentive. Celle qui l'écoutait toujours, pendant qu’elle cueillait des fleurs, sur la rive. Celle aux plus belles branchies : Alba, l’axolotl fleurie.
[Musique avec le thème d’Alba]
Conclusion
Axel ne veut pas changer : un conte Cité des sciences et de l'industrie, réalisé en lien avec l’exposition Métamorphoses
- Écriture : Antoine Laporte
- Musique : Barthélémy Belleudy
- Voix : Charlotte Rousseau, David Bento
- Suivi de production : Anne-Sophie Rincel
Vous aimez les aventures d’Axel, retrouvez plus d’histoires et d’expériences sur le site de la Cité des sciences et de l’industrie.
À bientôt !
Alba, l’axolotl fleurie (Chap. 2)
Axel ne veut pas changer - Chapitre 2 : Alba, l’axolotl fleurie
Liste des intervenants
- David Bento (introduction)
- Charlotte Rousseau (narration)
Histoire
[Musique sensible et douce avec le thème d’Alba]
Alba était si grande qu’Axel tenait tout entier dans sa paume. C’est là qu’il s’installa, entre ses longs doigts, et déclara : « Quelque chose a changé, Alba, je l’ai remarqué. »
La grande axolotl n’était pas surprise. À maintes occasions, elle avait observé qu’Axel faisait très attention à ce qui l’entourait. Elle répondit : « Tu as raison, Axel, nous sommes tous très inquiets car, tu as dû le sentir, le lac est cassé. »
Cassé ? Axel ne comprenait pas. Il réfléchit, à haute voix : « Un lac, c’est de l’eau et l’eau coule. Quand il fait très chaud, elle s’évapore, mais de l’eau cassée, je n’en ai jamais entendu parler. »
La grande axolotl rigola. « Mais non, Axel, ce n’est pas l’eau qui est cassée, répondit-elle. Ce sont les digues, ces grands murs de pierre autour du lac, qui sont abîmées. Les pluies et les vents de la tempête les ont brisées. Ça a des conséquences, tu sais.
Axel demanda :
— Il y a de moins en moins d’eau dans le lac ?
— C’est vrai, répondit Alba, l’eau du lac s'échappe par les trous dans cette digue et coule plus bas, dans la vallée. On ne sait pas comment l’arrêter. »
Alba semblait soucieuse, soudainement, même ses jolies fleurs penchaient tristement. Axel demanda : « Qu’est-ce qui t'inquiète, Alba ?
— Bientôt, répondit-elle, il n’y aura plus d’eau où nous vivons. Nous, les axolotls, nous pouvons vivre à l’air libre. Nous ne sommes pas des poissons. Mais ça demande quelques transformations. Nous devrons nous métamorphoser. Tu vois de quoi je veux parler ?
Axel répondit :
— Non, aucune idée...
— Ça veut dire que nous changerons beaucoup. Surtout, nous perdrons notre nageoire et nos branchies et ne pourrons plus jamais vivre dans l’eau, comme aujourd’hui. »
« Plus jamais. » Ces mots-là, ensemble, c’est la première fois qu’Axel les entendait. Soudain, son cœur se serra.
Alba, n’ayant pas remarqué qu’Axel était très inquiet, demanda : « Alors, tu es prêt ? Prêt à te métamorphoser ? »
Les autres axolotls autour reprenaient : « Oui, Axel, tu es prêt ? Prêt à te métamorphoser ? On veut savoir, Axel ! Tu vas te transformer ? »
Le jeune axolotl ne savait pas s’il était prêt. C’est un changement auquel il n’était pas préparé.
Il eut peur, d’un coup. Plus peur, même, que durant la tempête. Et s’il regrettait cette transformation ? Tous les axolotls attendaient une réaction.
Il ouvrit la bouche, mais ne sut pas quoi dire. Alors Axel… Axel préféra s’enfuir.
[Bruit de nage] [Musique d’aventure]
Axel nagea longtemps, sans s’arrêter, entre les algues et les rochers. Il nagea loin des autres axolotls, de leurs questions. Il nagea loin des décisions.
Après un long moment, cependant, il remarqua quelque chose d’étrange.
L’eau du lac, d’habitude, était très lente. Mais depuis la tempête, les choses étaient un peu différentes.
Il sentait un mouvement, un mouvement vers un avant.
L’eau s'enfuyait, Alba l’avait dit, et maintenant, il le percevait aussi.
Axel était peureux, mais curieux. Si l’eau allait quelque part, il voulait le voir.
Il se laissa porter par ce nouveau courant, jusqu’à la digue cassée, mais une fois devant, il fut très étonné.
« Quoi, s’exclama Axel, ce n’est que ça ? Ces trous dans la digue sont tout petits, plus petits que moi ! »
Alors Axel eut une idée : « Moi, le lac, je peux le réparer ! » [Bruits d’eau et musique joyeuse]
Il alla chercher toutes sortes d'objets. Des noix, des fruits et tous les cailloux qu’il pouvait porter.
Puis, il entreprit de les placer, dans chacun des petits trous qu’il voyait. Une fois son travail terminé, Axel s’exclama, soulagé :
« Le lac est réparé ! »
[Musique diminue progressivement]
Mais il s’aperçut, en faisant bien attention, en s’approchant tout près, que l’eau poursuivait son évasion, malgré tous ces objets.
Elle trouvait mille failles où se faufiler.
Axel soupira : « Ça n’a pas marché. Je l’ai retardée, mais l’eau finira par s’en aller. »
L’axolotl était déçu, un peu abattu mais, aussi, têtu.
Alors qu’il cherchait une solution, Axel entendit, au-dessus de lui, de drôle de sons. Mi-disputes, mi-chansons.
[Musique au loin, avec le thème de Pô]
Là-haut, au-dessus de l’eau, une étrange chorale se produisait.
Oubliant ses tracas, Axel s’approcha. Qui sait ? L’un de ces mélomanes, peut-être, pourrait l’aider.
Conclusion
Axel ne veut pas changer : un conte Cité des sciences et de l'industrie, réalisé en lien avec l’exposition Métamorphoses
- Écriture : Antoine Laporte
- Musique : Barthélémy Belleudy
- Voix : Charlotte Rousseau, David Bento
- Suivi de production : Anne-Sophie Rincel
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Pô, le roi des crapauds (Chap. 3)
Axel ne veut pas changer - Chapitre 3 : Pô, le roi des crapauds
Liste des intervenants
- David Bento (introduction)
- Charlotte Rousseau (narration)
Histoire
[Musique avec le thème de Pô avec des coassements] [Rythme entraînant]
Près de la berge coassaient des crapauds. L’un d’eux, très gros, plus gros que tous ceux qu’Axel avait coassé, euh… croisés dans l’eau, trônait au milieu.
De toute l’assemblée, il avait la voix la plus puissante et la plus... éraillée.
L’axolotl, impressionné, se cacha prudemment derrière un rocher.
« Eh bien ! s'exclama le gros crapaud, qui l’avait remarqué. En voilà des manières, on s’infiltre en plein concert ? »
Comme Axel n’osait toujours rien dire, il tenta de le rassurer : « T’inquiète pas gamin, je te fais marcher ! Je vais me présenter : moi c’est Pô, le roi des crapauds.
— Pourquoi le roi, c’est moi ? reprit Pô, alors qu'Axel n’avait pas dit un mot.
Parce que j’ai la voix la plus charmante, les sérénades toujours galantes, les mots les mieux choisis, les rimes prononcées (tu l’as remarqué) et si les autres en ont assez, des décibels à rétorquer. Je n’ai rien oublié ? » demanda Pô aux crapauds qui l’entouraient.
Ils répondirent : « Parce que vous êtes le plus âgé, sire…
— Ah, c’est vrai, avoua Pô, un peu gêné. Parce que j’ai plus d’expérience et de maturité ! D’ailleurs, de mémoire de crapaud (bien conservé), c’est la première fois que je vois un axolotl se lancer dans un chantier. C’est le lac, que tu essayes de réparer ? »
Oubliant sa timidité, Axel répondit : « Oui, l’eau du lac veut s’en aller. J’ai tenté de la retenir. Mais ça n’a pas fonctionné. »
[Musique triste]
L’axolotl se sentait déprimé.
« Te fais pas de mouron, va ! dit Pô. On ne peut pas tout réparer. Ce n’est pas ta faute, tu n’as rien à te reprocher. »
Les paroles du crapaud le réconfortèrent un peu.
« Quand même, dit Axel, il faut que je trouve une solution. Sinon… »
Sa gorge était serrée. Il n’arrivait plus à parler.
« Prends ton temps, gamin. Respire, conseilla le crapaud. Parfois, les choses sont dures à dire, quand on en a gros. »
Axel suivit son conseil, inspira fort, expira. Il prit son temps et, finalement, expliqua : « À cause de ces fissures, je vais devoir me métamorphoser. Ça veut dire beaucoup changer. »
Le crapaud tenta de le rassurer : « Se métamorphoser ? Ça a ses avantages, tu sais. J’en sais quelque chose. J’étais un têtard, avant ma métamorphose, tout petit ! Pas plus grand que les lucioles que tu vois ici.
Axel s’exclama :
— Je ne te crois pas !
— Je t’assure ! répondit Pô. Et je ne suis pas seulement devenu plus grand ! Il m’a poussé des pattes, à l’arrière et à l’avant. Surtout, j’ai appris le chant, pour moi c’est le plus important. Toi aussi, en te transformant, tu trouveras ta voie. Tu deviendras peut-être comédien, magicien ou bien… »
Axel le coupa : « Je ne veux pas savoir ! Ça ne m’intéresse pas, la métamorphose et toutes ces histoires. »
Le crapaud, surpris de cette réaction, demanda : « Dis-moi, est-ce que, vraiment, tu ne veux pas te métamorphoser ou bien, ton souci c’est que ça sera différent de ce que tu connais ? »
Voyant qu’Axel ne savait pas quoi dire, il ajouta : « En tout cas, si tu tiens à ce que les choses restent comme elles sont, pourquoi tu ne vas pas trouver l’Eau pour lui poser la question ? Elle est la seule à pouvoir décider de ne plus baisser.
[Musique d’aventure]
— Ça alors ! s’exclama Axel, soulagé, je n'y avais pas pensé ! Mais où la trouver ?
— Pour ça, répondit le crapaud, retourne dans le lac, va tout au fond ! Attends, je vais te donner la direction. »
Mais Axel était trop pressé et, sans même prendre le temps de remercier Pô, il s’élança dans l’eau.
[Bruit de plongeon]
Conclusion
Axel ne veut pas changer : un conte Cité des sciences et de l'industrie, réalisé en lien avec l’exposition Métamorphoses
- Écriture : Antoine Laporte
- Musique : Barthélémy Belleudy
- Voix : Charlotte Rousseau, David Bento
- Suivi de production : Anne-Sophie Rincel
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Jonas, le poisson sagace (Chap. 4)
Axel ne veut pas changer - Chapitre 4 : Jonas, le poisson sagace
Histoire
[Musique lente et mystérieuse]
Axel nagea loin, très loin. Il nagea jusqu’à perdre de vue les algues et les rochers. Il devait trouver l’Eau, pour la convaincre de ne plus baisser.
Mais l’axolotl, peu à peu, s’était perdu. Où était-il ? Autour de lui, les racines des nénuphars, comme une forêt, l’empêchaient de se repérer. Tout, tout se ressemblait.
C’est alors qu’il vit l’ombre de quelqu’un, au loin. D'abord, Axel fut soulagé, il pourrait demander son chemin !
Mais soudain, il eut peur. Et si c’était un monstre des profondeurs ?
Alors Axel nagea vite, aussi vite qu’il le pouvait. Axel nagea sans regarder où il allait.
Quand, enfin, il pensa l’avoir semé, il s’arrêta. « Je suis sauvé ! » se disait-il. Mais Axel se trompait. Car il vit surgir devant lui, lentement et sans bruit, il vit surgir l’ombre et ses grands yeux gris.
[Musique inquiétante] [Silence]
L’ombre, finalement, était un grand poisson, tout blanc. Il avait une bouche énorme, tellement énorme, se dit Axel, qu’il pourrait m’avaler tout entier.
[Bruits de bulle]
L’axolotl cria, terrifié. Mais il remarqua alors que le poisson, lui aussi, tremblait.
Ce dernier supplia : « Ne me fais pas de mal, s’il te plaît ! Je m’appelle Jonas et je ne veux pas finir mangé !
— Te manger ?! demanda Axel, surpris. Je n’ai pas tant d’appétit ! Et puis, tu m’as fait peur, toi aussi. J’ai cru que tu me poursuivais.
[Musique lente et mystérieuse]
— Mais non ! s’exclama le poisson. Quand je t’ai senti, j’ai fui ! J’étais effrayé car j’ignore ce que tu es.
— C’est la première fois que quelqu’un a peur de moi, dit Axel. Pourtant, regarde, je ne suis pas plus grand qu’une sauterelle.
— Te regarder ? Je ne peux pas, répondit Jonas. Mes yeux ne fonctionnent pas. Bah oui ! Il fait noir ici, si noir qu’il n’y a rien à voir.
— Mais alors, demanda Axel, comment trouves-tu ta nourriture et ton chemin, si tu ne vois rien ?
— À ton avis ? demanda le poisson.
Axel affirma :
— Tu entends très bien.
— C’est ça, dit le poisson, j’écoute tous les sons de l’eau, attentivement. J'en sens tous les mouvements. Ainsi je ne me perds jamais… ou plutôt… rarement.
— Tu sais toujours où aller ? s’exclama Axel. Dans ce cas, tu peux m’aider ! Je dois trouver l’Eau dans le lac, tout au fond. Pour lui poser une question.
— Une question ? Quelle question ? » demanda le curieux poisson. Axel expliqua la situation. S’il n’empêchait pas l’Eau de baisser, il devrait se métamorphoser.
Après l’avoir écouté, Jonas donna son avis.
« Je suis d’accord avec toi ! Vivre en dehors de l’Eau, moi, ça ne me plairait pas. J’ai entendu dire que le Soleil est si puissant, qu’on devient sec en un instant.
— C'est vrai ? s'étonna l’axolotl. Je n’en ai jamais entendu parler…
— Oui, oui, enfin... Je crois... répondit le poisson, qui n'avait plus l’air très sûr de son affirmation.
— De toute façon, conclut Axel, je n'ai pas besoin de décider. Je vais trouver l’Eau pour qu’elle arrête de baisser.
— Très bien, dit le poisson. Je vois que tu y tiens. Dans ce cas, monte sur mon dos. Je vais t’aider à trouver l’Eau. »
[Bruit de nage] [Musique d’aventure]
Rassuré par la présence de son nouvel ami, Axel s’en voulut d’avoir eu peur de lui. Oui, Jonas était un peu bizarre, avec ses petites nageoires, ses grands yeux blancs. Bizarre… mais pas méchant.
« Moi aussi, comme ce poisson, je suis bizarre à ma façon, se disait Axel, et à l’avenir, je ferai attention. J’attendrai d'en savoir plus avant de me faire une opinion. »
Conclusion
Axel ne veut pas changer : un conte Cité des sciences et de l'industrie, réalisé en lien avec l’exposition Métamorphoses
- Écriture : Antoine Laporte
- Musique : Barthélémy Belleudy
- Voix : Charlotte Rousseau, David Bento
- Suivi de production : Anne-Sophie Rincel
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Grannyte, la plus vieille des pierres (Chap. 5)
Axel ne veut pas changer - Chapitre 5 : Grannyte, la plus vieille des vieilles pierres
Histoire
[Sons d’eau évoquant les fonds marins]
Accompagné de Jonas, Axel atteint le fond de l’eau, en un rien de temps.
Après avoir souhaité bonne chance à son ami, le poisson repartit.
Axel était seul, maintenant, tout seul dans ces fonds inquiétants. Pour ne pas avoir peur, l’axolotl se concentra : il devait trouver l’Eau, pour qu’elle ne parte pas.
[Musique lointaine]
Mais comment ? Il tenta de l’appeler, tout simplement : « Hé oh ! Je cherche l’Eau ! Est-ce que tu es là ? Si oui, réponds-moi ! »
Mais Axel avait beau appeler, encore et encore, le fond du lac restait silencieux, malgré ses efforts.
Un peu découragé, il s’assit sur une pierre. Que faire ? C’est alors qu’il entendit, sous lui, un grognement aigri. La pierre ronchonnait sous son derrière !
[Grognement profond et lent]
« Hé là ! dit-elle, ça ne va pas de s’assoir sur moi, comme ça ? »
Axel expliqua la situation et la pierre rétorqua : « Ça n’excuse pas tes façons. »
Puis elle ajouta : « L’Eau n’est pas là. Mais si tu veux la trouver, c’est à Grannyte que tu dois parler. Cette vieille roche en a sous la caboche. »
[Musique de plus en plus distincte]
Axel la remercia et, alors qu’il allait partir, remarqua, un peu gêné : « Je ne sais pas de quoi Grannyte a l’air. Vous avez toutes la même tête, vous, les pierres.
— Ce n’est pas vrai ! répondit la pierre, vexée. Voilà qui devrait te le prouver : Grannyte est coquette. Elle a placé de jolies algues sur sa tête. Maintenant déguerpis ! J’en ai assez de te voir ici. »
Axel obéit et entreprit d’examiner chacune des pierres qu’il croisait.
« Est-ce qu’elle a des algues, celle-ci ? Je ne crois pas… »
« Et celle-là, là-bas ? Toujours pas… »
Après des heures passées à farfouiller, il trouva celle qu’il cherchait.
Avec ses creux et ses plis, Grannyte avait l’air d’une gentille mamie. Pour la première fois, depuis qu’il s’était sauvé, Axel n’était pas effrayé.
[Musique douce] [Sons évoquant des fonds marins]
L’axolotl soupira, soulagé.
Grannyte le remarqua et demanda : « Alors mon petit, on a des soucis ? »
Axel expliqua la situation. Il s’était lancé dans une expédition. Il devait trouver l’Eau, pour l’empêcher de baisser.
« Ah ! répondit Grannyte. L’Eau, vois-tu… » La pierre s’était interrompue. Axel attendit, longtemps, mais il avait beau patienter, la pierre ne voulait pas continuer. Il finit par demander : « Tu dors Grannyte ?
— Quoi ? répondit la pierre. Dormir, moi ? Certainement pas ! Je me reposais les yeux, c’est tout. Où en étions-nous ? »
L’axolotl rappela : « Je cherche l’Eau, Grannyte, est-ce que tu peux m’aider ?
— Oui, l’Eau, je sais ! répondit la pierre. Inutile de me le rappeler ! Mais tu vois, ça fait des siècles que je ne l’ai pas croisée.
— Des siècles ?! demanda Axel. C’est une façon de parler ?
— Oh non, répondit Grannyte. Pour toi, des siècles, c’est long. Mais pour nous, pierres et rochers, ce n’est rien du tout, des centaines d’années. Je m’en souviens très bien. La dernière fois que je l’ai vue, c’est quand le lac est apparu. »
Quand le lac est apparu ? Axel se demandait si la pierre n’était pas un peu givrée. Il s’exclama : « Mais Grannyte, un lac, ça n’apparaît pas ! C’est juste… là, quoi. »
La vieille pierre rigola. « Je comprends que, pour toi, ce soit étonnant. Mais pour moi, qui existe depuis très longtemps, ça n’a rien de surprenant. À ton avis, c’est arrivé comment ?
Axel proposa :
— Il a beaucoup plu à cet endroit.
— Les pluies l’ont gardé bien rempli, oui, répondit la pierre. Mais il est apparu quand les glaces de la montagne ont fondu.
— L’eau a coulé dans la vallée, où je me trouvais. À l’époque, j’étais bien différente, plus pointue, tranchante. »
Axel demanda : « Qu’est-ce qui s’est passé, pour que tu deviennes toute ronde et tassée ? »
Les années ayant émoussé sa susceptibilité, la pierre répondit, sans se vexer : « Nos bords, ronds ou pointus, sont le reflet de ce qu’on a vécu. L’eau m’a polie, délicatement. Lissant mes bords, patiemment. D’autres pierres, ailleurs, se creusent aux vents. Même dans ce lac, tu as dû le remarquer, pour me trouver, il n'y a pas deux pierres pour se ressembler. Toi aussi, en grandissant, tu changeras, c’est sûr. Tu seras à l’image de tes joies, de tes peines, de toutes tes aventures. C’est déjà le cas. Il n’y a pas deux axolotls comme toi. »
Axel répondit : « Je veux bien changer, un peu, avec le temps, mais me métamorphoser, c’est trop important. Tout serait bouleversé. Alors, je suis décidé. Je vais trouver l’Eau pour l’empêcher de baisser. »
[Musique]
Grannyte conclut : « On ne choisit pas toujours comment les choses se passent. Parfois, il faut y faire face, les accepter. Mais si ça te tracasse, je vais t’aider. Alors, voilà comment procéder.
Remonte à la surface. Va sur les berges colorées. Cherche les salamandres tachetées. Ces petites bêtes adorent l’humidité. L’Eau, c’est sûr, elles vont la trouver. »
Axel s’exclama : « Grannyte, tu m’as tellement aidé, je ne sais pas comment te remercier. Je n’ai rien à te donner. »
La pierre sourit gentiment : « J’ai tout ce qu’il me faut, mais si tu veux me faire un cadeau, voilà ce qui me ferait plaisir : un petit bisou, avant de partir. »
L’axolotl s’approcha et embrassa son front froid. [Son de bisou] Après quoi, il s’en alla.
La pierre, en le voyant partir, poussa un petit soupir. « Cet axolotl est gentil, se dit-elle, mais il m’a fatiguée. Il est temps d’un roupillon. Pas long. Une petite centaine d’années. »
[Grognement profond et lent]
Conclusion
Axel ne veut pas changer : un conte Cité des sciences et de l'industrie, réalisé en lien avec l’exposition Métamorphoses.
- Écriture : Antoine Laporte
- Musique : Barthélémy Belleudy
- Voix : Charlotte Rousseau, David Bento
- Suivi de production : Anne-Sophie Rincel
Vous aimez les aventures d’Axel, retrouvez plus d’histoires et d’expériences sur le site de la Cité des sciences et de l’industrie.
À bientôt !
Sally, la salamandre tachetée (Chap. 6)
Axel ne veut pas changer - Chapitre 6 : Sally, la salamandre tachetée
Histoire
[Musique rythmée et entrainante. Son d’oiseaux et de bruissement de feuilles]
En arrivant sur les berges colorées, Axel fut ébloui. Après le fond du lac et son obscurité, ses yeux devaient s’adapter. Il les ferma puis les rouvrit, petit à petit.
Alors, l’axolotl découvrit plein de nouvelles choses, autour de lui. Des plantes étranges, des fleurs étonnantes, des arbres entortillés qui semblaient danser.
C’était jaune, bleu, violet et d’autres couleurs qu’il n’avait jamais rencontrées.
Axel aurait voulu prendre le temps, le temps de regarder, de retenir et de nommer toutes ces nouveautés.
Mais l’axolotl était pressé. Il devait trouver l’Eau pour l’empêcher de baisser. Pour ça, pas le choix ! Il devait parler à une salamandre tachetée. C’est ce que Grannyte lui avait conseillé.
Seulement, il y avait un souci. Tout avait des taches, autour de lui ! Les fleurs, les arbres, les rochers. Même le Soleil, en passant au travers des feuilles, s’y mettait.
S’il devait examiner chaque tache qu’il voyait, Axel en aurait pour une éternité ! Alors, il décida d’appeler : « Il y a quelqu’uuuuun ?!
— Quelqu’un ? Oui, répondit une voix. Une voix pleine de joie. Quelqu’un, mais pas n’importe qui ! Je m’appelle Sally. Dis-moi, pourquoi tu cries comme ça ?
— Je cherche une salamandre tachetée, répondit Axel. Est-ce que tu en connais ?
— Si j’en connais ? J’en suis une, tête de prune ! Mais si tu veux me parler, il va falloir me trouver. Je te propose un cache-cache. Un cache-cache… parmi les taches. »
Un cache-cache ? Axel n’avait pas le temps de jouer ! Mais s’il voulait parler à la salamandre tachetée, il n'avait pas le choix.
Il se mit à la chercher, guidé par le petit rire qu’il entendait parfois.
Mais Sally était maline. Dès qu’il s’approchait, la salamandre s’enfuyait !
Comment l’attraper ? Axel eu une idée.
Il se cacha lui aussi et quand la salamandre, intriguée, se montra il cria :
Trouvée !
Sally sursauta, éclata de rire et s'exclama :
« Bien joué, tête de poney ! Et merci, j’avais besoin d’un ami… Les autres salamandres ne veulent jamais jouer. Elles disent : « On est très occupées. » Mais moi, je pense que jouer, c’est la meilleure façon de s’occuper. Pas vrai ? D’ailleurs, tu veux recommencer ? »
Axel, qui avait compris ce qui motivait Sally, répondit : « J’ai une idée. Le premier qui trouve l’Eau a gagné. Tu penses que tu peux y arriver ? »
Sally s'exclama : « Trop facile, ça ! J’ai déjà gagné. Nous, les salamandres, on adore l’humidité. Alors trouver l’Eau, c’est vraiment pas compliqué. En ce moment, elle est dans un nuage, un nuage très grand, je le sens.
— Un nuage ? s'étonna Axel. Dans le ciel ? »
Sally rigola. « Bah oui, tête de souris. T’as déjà vu un nuage sur le sol, toi ? »
Mais Axel n’avait pas envie de plaisanter. Il demanda, inquiet : « Comment je vais parler à l’Eau, si elle se trouve là-haut ? »
Voyant l’inquiétude de son ami, Sally répondit : « T’en fais pas, tête de pois. L’Eau redescendra, quand il pleuvra. Mais je ne sais pas quand. Pourquoi c’est si urgent ? »
Axel expliqua : si le lac continuait de baisser, il devrait se métamorphoser. Et seule l’Eau pouvait l’empêcher.
« L’empêcher ? répondit Sally, étonnée. Mais c’est normal de se métamorphoser !
— Tu crois ? demanda Axel.
— Oh oui ! répondit Sally. Pour nous, les salamandres tachetées, grandir et la métamorphose, c’est la même chose. »
[Musique calme et émouvante]
Axel répondit : « Chez les axolotls, c’est différent. On vit sans se métamorphoser, généralement. Pour se transformer, il faut un grand bouleversement. Alors c’est difficile, tu comprends ? »
Sally s’excusa : « Pardon, je ne savais pas. Mais même si c’est perturbant, tu seras content. Quand tu te verras différent, la première fois, tu ne le regretteras pas ! »
Curieux, Axel demanda : « Ça s’est passé comment, pour toi ?
— Une fois sortie de l’eau, j’ai pu m’y regarder, expliqua Sally. Alors, j’ai été très étonnée. Sur mon dos, ma tête, mes pattes, des motifs étaient apparus. Dorés, comme si des flammes m’entouraient. Mais aussi, ma peau s’était assombrie. J’avais l’air d’un feu, d’un feu brûlant dans la nuit.
— C’est si joli » murmura Axel, et Sally répondit : « Oh oui ! Changer, c’est la meilleure chose qui puisse arriver ! »
Axel soupira.
[Silence]
« Je ne sais pas. Toi, tu veux tout tenter, tout essayer. Tu vois toujours le bon côté. Mais moi, je ne suis pas comme toi. J’ai peur que changer, ça ne me plaise pas. Alors, je préfère que ça n’arrive pas. »
Sally ne dit rien, pendant longtemps. Puis, elle lança finalement : « C’est décidé : je vais t’aider ! Je ne peux pas voler jusqu’à l’Eau, là-haut, mais je connais quelqu’un qui peut t’y emmener. Deux sœurs très chouettes : les aviasœurs.
[Musique d’aventure]
— C’est vrai ? s’exclama Axel, ces aviasœurs peuvent m’aider ?
— Oui, répondit Sally. Elles vivent près d’ici, dans la forêt. Dans un grand arbre, à son sommet.
— Dans la forêt ?! répondit Axel, inquiet. Mais je ne peux pas rester longtemps sans me baigner ! »
La salamandre le rassura : « Je sais, tête de nez, c’est pour ça que je vais t’accompagner. Je te l’ai dit, je peux sentir l’humidité. Je trouverai des flaques où tu pourras barboter. »
Axel répondit : « Merci beaucoup, Sally ! » Et la salamandre sourit.
« C’est à ça que servent les amis. Même si tu es différent de moi, même si je ne te comprends pas, je t’aide et te soutiens.
Alors viens. On a de la route à faire, des histoires à se raconter et plein, plein de jeux à inventer. »
Conclusion
Axel ne veut pas changer : un conte Cité des sciences et de l'industrie, réalisé en lien avec l’exposition Métamorphoses.
- Écriture : Antoine Laporte
- Musique : Barthélémy Belleudy
- Voix : Charlotte Rousseau, David Bento
- Suivi de production : Anne-Sophie Rincel
Vous aimez les aventures d’Axel, retrouvez plus d’histoires et d’expériences sur le site de la Cité des sciences et de l’industrie.
À bientôt !
Antoine, la cétoine (Chap. 7)
Axel ne veut pas changer - Chapitre 7 : Antoine, la cétoine
Histoire
[Musique enjouée avec sons d’oiseaux et d’insectes]
Axel et Sally s’amusaient beaucoup, en marchant dans la forêt. Ils se cachaient, grimpaient. Ils observaient les vers tout mous, cachés sous les cailloux.
Surtout, ils se baignaient, dans les flaques que Sally trouvait. Alors, ils pataugeaient, s’éclaboussaient, et riaient tellement que les animaux de la forêt, dérangés, partaient en râlant.
Oui, Axel s’amusait mais pourtant, quelque chose le dérangeait…
Plus ils s’enfonçaient dans la forêt, plus ils rapetissaient !
« Sally, dit-il, je crois qu’on devient tout petits, aussi petits que des fourmis ! »
La salamandre rigola. « Mais non, tête de lion ! Ce n’est pas nous qui sommes plus petits, c’est la nature qui grossit ! Ici, tout est plus grand. Les insectes, les fleurs et les arbres, évidemment.
D’ailleurs, on est arrivés. Lève le nez. »
« Cet arbre est mille fois plus grand que moi ! Je ne pourrai jamais grimper jusqu’au sommet ! »
La salamandre répondit : « Tout seul, c’est vrai. Quelqu’un devra t’aider. Pourquoi pas lui, là-bas ? Il a l’air sympa ! »
Non loin de là, en effet, sur une haute fleur, un insecte brillait.
Axel hésita mais Sally, en bonne amie, l’encouragea : « Allez ! Il ne va pas te manger ! »
L’axolotl n’en était pas certain. Mais il était déjà allé si loin ! Il ne pouvait pas s’arrêter en si bon chemin.
Alors, il serra son amie dans ses bras, lui dit au revoir et, s’accrochant à la fleur, grimpa.
[Musique avec le thème d’Antoine démarre] [Musique enjouée et entraînante avec des cuivres]
En arrivant au sommet de la fleur, sur ses pétales, Axel était essoufflé. Il n’était pas habitué à grimper.
L’insecte, qu’il était venu rencontrer, demanda : « Qu’est-ce que tu viens faire là ? Tu es un fan, c’est ça ? Un fan d’Antoine la cétoine ?
— Un fan ? Comment ça ? s’étonna Axel, qui retrouvait sa voix.
— Je sais ! répondit Antoine. Tu veux admirer mes reflets. Ou bien mes yeux ? Ils sont beaux, n’est-ce pas ? Ça tombe bien, j’en ai des tas.
— Non ! dit Axel, j’ai besoin d’aide.
— De l’aide ? demanda l’insecte, étonné.
— Je dois monter dans le grand arbre, expliqua Axel, jusqu’au sommet. Mais je ne peux pas grimper si haut. Est-ce que tu peux m’y emmener, sur ton dos ?
— Tu m’as pris pour un taxi ? s’exclama Antoine, surpris. Je suis occupé. Occupé à m’admirer. Tu devras te débrouiller. »
[Arrêt progressif du thème musical d’Antoine] [Musique triste]
L’axolotl était découragé. Venir ici n’avait servi à rien. Il devait rebrousser chemin.
En voyant l’axolotl si malheureux, Antoine s’en voulut un peu. Il s’excusa. « J’ai été maladroit. Parfois, je me laisse emporter. Je dévale ma cote de popularité. Alors, je vais t’écouter. Pourquoi veux-tu aller jusqu’au sommet ? »
Axel raconta : le lac qui baissait et l’obligeait à changer. L’eau, tout là-haut, qu’il voulait trouver et les aviasœurs, dans le grand arbre, qui pourraient l’aider.
[Musique calme]
« Cette histoire est bien compliquée, remarqua Antoine. Mais j’ai tout compris, car je suis un génie. Tout, sauf une chose : pourquoi tu refuses la métamorphose ? »
Axel répondit : « Tout allait bien, jusque-là. Alors, je ne comprends pas. Je ne comprends pas pourquoi tout devrait changer, soudainement. C’est trop perturbant.
— Soudainement ? Pas forcément, répondit Antoine. Moi, j’ai mis du temps, pour me transformer.
Axel proposa :
— Plusieurs semaines ?
— Beaucoup plus ! dit Antoine. Ça m’a pris des mois, pour me métamorphoser.
— Des mois ! s’exclama Axel. Les insectes mettent tant de temps à changer ! Je l’ignorais…
— Ça dépend, répondit Antoine. Les libellules, les abeilles, les mites se transforment très vite. Mais moi, ça s’est produit beaucoup plus lentement. »
Axel affirma : « C’est parce que tu avais peur, comme moi.
— Pas du tout ! répondit Antoine. J’étais jaloux. J’enviais, j’enviais ceux qui pouvaient voler. Alors chaque soir, en m’endormant, je me répétais : « Demain, tu seras différent. » Mais quand le jour se levait, je n’avais pas changé. À peu de choses près.
— Qu'est-ce que tu as fait, pour accélérer ? demanda Axel, intrigué.
— Ce que j’ai fait ? réfléchit Antoine. Rien. Ou plutôt, j’ai compris. J’ai compris qu’aller vite, ce n’est pas mieux qu’aller lentement. Prendre son temps, ça permet d’apprécier tous les changements, autour et en dedans. De les observer, de les mesurer. Le temps permet de comprendre, pour résumer.
Alors, tu veux bien te métamorphoser, si c’est au rythme qui te plaît ? »
Axel répondit : « Ce n’est pas un problème de temps, c’est un problème de changement. J’aime qui je suis, ma vie comme elle est. Même si ça prend des années, je ne veux pas changer. »
La cétoine s’exclama : « Tu as une sacrée personnalité. Une vraie célébrité ! Ça me plaît. Alors, je vais t’aider. Monte sur ma carapace. Prends place. On va décoller. Direction le grand arbre et son sommet. »
[Musique d’aventure rythmée. Bruit d’insecte qui volte]
Conclusion
Axel ne veut pas changer : un conte Cité des sciences et de l'industrie, réalisé en lien avec l’exposition Métamorphoses.
- Écriture : Antoine Laporte
- Musique : Barthélémy Belleudy
- Voix : Charlotte Rousseau, David Bento
- Suivi de production : Anne-Sophie Rincel
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À bientôt !
Les aviasœurs (Chap. 8)
Axel ne veut pas changer - Chapitre 8 : Les aviasœurs, deux sœurs très chouettes
Histoire
[Musique d’aventure]
En direction du grand arbre, de son sommet, Antoine virevoltait. Il voulait impressionner son passager.
Il réalisait des figures élaborées : des vrilles, des chandelles, des piquets et sur sa carapace, Axel tremblait.
[Son de bruissement d’ailes]
Pour son premier vol, l’axolotl aurait préféré une course… un peu moins folle.
Quand ils arrivèrent, enfin, au sommet du grand arbre, Axel fut soulagé. Cette ascension l’avait secoué !
Il dit au revoir à Antoine et s’assit, pour reprendre ses esprits.
[Silence]
Pas longtemps. Juste quelques instants. Car l’axolotl était pressé. Il devait demander aux aviasœurs de l’aider !
Elles seules pouvaient l’emmener là-haut, dans le ciel, jusqu’à l’Eau.
Mais comment les trouver ?
[Musique intrigante]
Il se mit à chercher. Pour ça, il escalada, sauta, glissa. Mais l’axolotl avait beau fouiller dans chaque recoin, il ne trouvait rien.
« Est-ce qu’elles se sont cachées ?, se demandait Axel. Ou bien, elles sont parties en vacances. Ça ne serait pas de chance… Sans elles, je ne pourrai jamais aller dans le ciel. »
Alors que l’axolotl allait abandonner, il entendit, soudainement, un petit bruit charmant. Un hululement ! Ces petits « ouh ouh » que font les chouettes et les hiboux.
Axel se dirigea vers ce son, très doux, et après quelque temps, il aperçut, juste devant, il aperçut les sœurs et leur drôle de cou.
[Musique avec le thème des aviasoeurs] [Musique joyeuse]
En le voyant approcher, les aviasœurs se mirent au garde à vous. L’une d’elles tordit son long cou et s’exclama :
« Ouh ouh là ! Qui va là ? »
L’axolotl se présenta : « Je m’appelle Axel et je suis désolé de vous déranger.
— Nous déranger ? Pas du tout-ouh !» répondit l’une des sœurs. Puis elle ajouta : « Je m’appelle Asma. »
L’autre, en s’approchant, déclara : « Moi, c’est Esmé. Nous sommes heureuses de te rencontrer. Mais dis-nous… Qu’est-ce que tu es ? »
Axel allait répondre, mais Asma l’interrompit :
« Non, laisse-nous deviner ! Voyons… Un scarabée ?
— Mais enfin, Asma, dit Esmé. Tu as déjà vu un scarabée comme ça, toi ? C’est une grappe de raisin, c’est certain. »
Axel était surpris. C’est la première fois qu’on le prenait pour un fruit.
Asma répondit : « Ma pauvre Esmé, tu t’es plantée ! Un fruit, ça ne sait pas grimper !
— Ce n’est pas faux, reconnut Esmé. Dans ce cas… un abricot ?
— Un asticot ? reprit Asma, qui avait mal compris. C’est vrai qu’il est tout-ouh blanc et tout-ouh petit. Je me demande s’il est bon et juteux, lui aussi.
— Un aBRIcot, répéta Esmé. T’es complètement bouchée ! Mais j’aime bien ton idée de le manger. »
Axel eut peur, soudain, peur de finir en quatre heures.
« Attendez ! cria l’axolotl, paniqué. Je ne suis ni un asticot, ni un fruit, ni un scarabée ! On ne peut pas me manger ! Je suis un axolotl.
— Une marmotte ? demanda Asma.
— Un coyote ! corrigea Esmé. »
Axel se demandait si les sœurs n’étaient pas toquées. Il répéta, lentement cette fois : « Un A-XO-LO-TL !
— C’est quoi ? dit Asma.
— Jamais entendu parler, dit Esmé.
— Ça ne m’étonne pas, répondit Axel. Je vis beaucoup plus bas, dans un lac, loin d’ici.
— Loin d’ici ? s’étonna Asma. Alors, qu’est-ce que tu fais là ? » Et Esmé ajouta : « T’es parti à l’aventure, c’est ça ?
— L’aventure ? répondit Axel, pas vraiment. [Musique inquiétante] J'ai peur tout le temps. J’ai peur de l’obscurité, j’ai peur des éclairs, j’ai peur des araignées, j’ai peur du tonnerre. Surtout, j’ai peur de me métamorphoser. C’est pour ça que je suis parti, pour rester comme je suis.
— Tu dis que tu ne veux pas changer, dit Asma, mais c’est déjà fait. »
Axel ne comprenait pas. Il se regarda. Sa nageoire, ses branchies, tout était là.
Il affirma : « Vous vous trompez ! »
Esmé répondit : « Ouh ouh non ! »
« Tu es différent, mais en dedans. Avant, tu avais peur de tout et aujourd’hui, tu te tiens devant nous. Au cœur d’une forêt, loin de ton foyer. »
Asma ajouta :
« Le changement, ce n’est pas juste avoir l’air différent. C’est comment on se sent, comment on agit, ce qu’on pense et ce qu’on dit. Pas besoin d’être plus grand, de respirer différemment, d’avoir une nageoire en plus ou en moins, de quitter son nid et voler, au loin. Tu comprends ce que je dis ? »
Axel répondit :
« Je crois, oui. Le changement ça commence… en dedans ?
— C’est ça, répondirent les sœurs, en chœur. Nous aussi, avant même de savoir voler, nous quittions déjà notre nid… dans nos rêves, la nuit. Ainsi, la première fois qu’on s’est élancées, pour voler, nous n’étions pas effrayées. Nous l’avions déjà fait mille fois… en pensées.
— J’ai compris, dit Axel. Je suis peut-être plus courageux qu’avant, c’est vrai. Mais ce changement-là, c’est assez. Je ne veux pas me métamorphoser. Alors, vous pouvez m’aider ? Avec vos ailes, je pourrais trouver l’Eau, dans le ciel.
— Très bien, dit Esmé, on va t’aider.
— Ok, répondit Asma, allons là-bas. Mais n’oublie pas de t’accrocher, petit asticot. Ça va secouer pour trouver l’Eau. Elle est dans une tempête immense, mais je pense, courageux comme tu es, je pense que tu pou-ouh-rras le supporter. »
[Musique d’aventure]
Conclusion
Axel ne veut pas changer : un conte Cité des sciences et de l'industrie, réalisé en lien avec l’exposition Métamorphoses.
- Écriture : Antoine Laporte
- Musique : Barthélémy Belleudy
- Voix : Charlotte Rousseau, David Bento
- Suivi de production : Anne-Sophie Rincel
Vous aimez les aventures d’Axel, retrouvez plus d’histoires et d’expériences sur le site de la Cité des sciences et de l’industrie.
À bientôt !
L’Eau (Chap. 9)
Axel ne veut pas changer - Chapitre 9 : L’Eau
Histoire
[Musique dynamique] [Son de vents] [Battements d’ailes]
Axel était si impatient qu’il remuait constamment. Asma, la chouette qui le transportait, en avait plus qu’assez. Elle s’exclama :
« Dis donc l’abricot, t’arrêtes de gigoter sur mon dos ?
— Désolé, répondit Axel, mais j’ai tellement hâte d’arriver ! L’Eau que j’ai tant cherchée, bientôt, je la rencontrerai ! »
La chouette soupira. « Ça ne sert à rien de frétiller comme ça. On n’arrivera pas plus rapidement. Cependant, pou-ouh-r t’occuper, tu peux nous aider : dis-nous quelle route emprunter.
— Une route ? demanda Axel, surpris. Je ne savais pas qu’il y en avait ici. Où ça ? Je vois des nuages, je vois le ciel, je vois la terre, en bas. Mais des routes, non, aucune à l’horizon. »
Esmé, qui planait à côté, expliqua :
« Voler, tu sais, c’est un peu comme nager. Souvent, on se laisse porter par les courants, les courants d’air, des chemins de vent, si tu préfères.
— De vent ! répondit Axel. Mais le vent, c’est transparent.
— Ces chemins ne se regardent pas, expliqua Asma. Ils se sentent, avec les ailes, les plumes et, dans ton cas, les doigts. Tends tes pattes face au vent. Tu sens ses mouvements ?
— Oui ! cria Axel, je les sens ! Entre mes doigts, ça fait comme des rubans.
— Parfait, dit Esmé. Dans ce cas, c’est à toi de jou.. ou.. ouer. Trouve quel chemin emprunter. On compte sur toi, petit coyote, ne te trompe pas ! »
Axel se concentra, il tendit ses pattes devant lui et sentit un petit picotement froid, sur l’un de ses doigts.
Il s’exclama :
La tempête est par là !
Les sœurs suivirent la direction qu’il indiquait et, après quelques minutes, en effet, ils arrivèrent devant un immense nuage bleuté.
Tu es prêt ? demanda Esmé. Ce nuage est plein d'éclairs. On peut encore faire machine arrière.
Non ! Répondit l’axolotl. J’ai mis tant d’efforts à venir jusqu’ici. Allons-y !
[Musique menaçante] [Bruits de vent, tempête, grondement de tonnerre]
Ils volèrent alors vers le cœur du nuage, jusqu’à ce que Axel se tienne devant l’Eau ou plutôt, jusqu'à ce que l'Eau soit tout autour de lui. Dans l’air, dans la pluie. Dans une tempête aux vents si puissants que les aviasœurs volaient difficilement.
Asma s’écria :
« Parle à l’Eau ! Dépêche-toi ! Dis-lui de se calmer ! Si tu ne le fais pas, on va être emportés ! »
Mais Axel était si effrayé qu’il se contenta de murmurer :
« Madame l’Eau, vous m’entendez ? J’aimerais que vous m’aidiez… »
Esmé cria : « Elle ne t’entendra pas si tu murmures comme ça ! »
Alors l’axolotl cria, très fort cette fois :
« MADAME L’EAU, ÇA SUFFIT ! ARRÊTEZ DE SOUFFLER ! JE DOIS VOUS PARLER ! »
L’Eau, enfin, les remarqua. Elle s’exclama :
« De la visite en plein ouragan ? Ça n’est pas courant. Qu’est-ce que vous faites là ? Axel… c’est bien toi ? »
L’axolotl répondit, surpris :
« On s’est déjà rencontrés ? »
L’Eau sourit et soudainement, il n’y eut plus de vent, plus de pluie, plus de grondement.
[Musique calme, chants d’oiseaux]
« Est-ce qu’on s’est rencontrés ? reprit l’Eau, pas tout à fait. Mais dans les brumes, dans les pluies, dans toutes les gouttes que tu as traversées, dans tous les courants que tu as empruntés, je t’ai observé. Et Axel, tu m’as beaucoup impressionnée.
— Impressionnée ? demanda l’axolotl. Mais je n’ai pas cessé de trembler.
— Et alors ? répondit l’Eau. Même quand tu étais effrayé, tu as continué. Le courage, c’est ça. Aller de l’avant, même quand c’est effrayant. D’ailleurs, en parlant de peur… Je sais ce que tu es venu me demander, et vraiment, j’aimerais t’aider… »
L’axolotl l’interrompit :
« Vous allez rester dans le lac ? C’est ça ? Les choses ne changeront pas ?
— J’aimerais beaucoup, répondit l’Eau, mais, je suis désolée, je ne peux pas t’aider. Le lac continuera de se vider. »
Axel supplia :
« Madame l’Eau, s’il vous plaît ! Je suis sûr que vous pouvez m’aider ! Vous changez tout le temps, en glace, en pluie, en torrents. Et pas seulement ! Vous transformez tout ce que vous approchez : les plantes, les animaux et même les rochers. Vous pouvez tout décider ! Alors, mon lac, s’il vous plaît, laissez-le comme il est.
— Oh, Axel, ce n’est pas vrai. Je ne peux pas tout décider, dit l’Eau. Moi aussi, je dois m’adapter. À ton avis, qu’est-ce qui peut m’influencer ?
Axel proposa :
— Le temps qu’il fait.
— Le temps, c’est ça, répondit-elle. Le climat.
— S’il fait froid ou s'il fait chaud, je ne suis pas la même eau. Et tu veux savoir un secret ? Je ne suis pas toujours ravie d’être une pluie, pas toujours tentée d’être gelée. Parfois, être une brume, ça ne me plaît pas. Mais c’est comme ça.
— Comment ça, comme ça ? demanda l’axolotl. Allez trouver le temps, parlez au Chaud, parlez au Froid, pour qu’ils ne changent pas. »
Voyant l’axolotl si obstiné, l’Eau demanda :
« Dis-moi Axel, qu’as-tu appris, de tous tes nouveaux amis ? De Pô, qui a pu chanter, après s’être transformé ? De Jonas, dont toute l’espèce s’est adaptée à l’obscurité ? De Grannyte, qui s’est polie lentement, avec le temps ? De Sally, qui est si excitée par les nouvelles opportunités ? D’Antoine, qui a dû beaucoup patienter pour devenir ce qu’il est ? D’Esmé et d’Asma, qui pensent que le changement commence en soi ? »
Axel réfléchit. Il répondit :
« Oui, je me suis fait de nouveaux amis. Tellement. Tous différents. Certains pressés, d’autres patients. Certains confiants, d’autre méfiants. Mais ils ont une chose en commun. Leur transformation, ils l’ont tous vécue à leur façon.
— Je crois que tu as compris, dit l’Eau. Comme les autres axolotls du lac, tu dois te métamorphoser, c’est vrai. Mais c’est toi qui décideras, Axel, qui décideras qui tu deviendras. Prudent ou audacieux, prévoyant ou spontané. Deviens qui tu veux, au rythme qui te plaît. Et si tu n’es pas satisfait, tu pourras encore changer. Voilà le plus important des secrets : on passe sa vie à s’inventer. Est-ce que tu es rassuré ?
— Je ne sais pas, répondit Axel. J’ai besoin d’y penser, je crois. En tout cas, je vous remercie, madame l’Eau, merci de m’avoir écouté. »
Elle sourit.
« Je t’en prie, Axel. Et si jamais tu veux papoter, à nouveau, tu sais où trouver l’Eau. Dans la glace, dans la pluie, dans le lac où tu vis, tu n’as qu’à m’appeler, Axel, et je viendrai.
Maintenant, il faut vous en aller, vous avez l’air bien fatigués. Mais avant, laissez-moi vous entourer d’un petit nuage, un nuage très frais. C’est ma façon de câliner. »
En les voyant s’éloigner, l’Eau se dit : « Quelle drôle d’histoire, vraiment, cet axolotl qui a peur du changement. Cette histoire, il faudrait la raconter. »
Et voilà qui est fait.
Conclusion
Axel ne veut pas changer : un conte Cité des sciences et de l'industrie, réalisé en lien avec l’exposition Métamorphoses.
- Écriture : Antoine Laporte
- Musique : Barthélémy Belleudy
- Voix : Charlotte Rousseau, David Bento
- Suivi de production : Anne-Sophie Rincel
Vous aimez les aventures d’Axel, retrouvez plus d’histoires et d’expériences sur le site de la Cité des sciences et de l’industrie.
À bientôt !
Les rêves d’Axel (Chap. 10)
Axel ne veut pas changer - Chapitre 10 : Les rêves d’Axel
Histoire
[Musique rythmée joyeuse]
Les aviasœurs déposèrent Axel dans le lac et, après l’avoir serré dans leurs ailes, repartirent dans le ciel.
L’axolotl était pressé de retrouver Alba et tous ses amis. Inquiet aussi. Il était parti sans dire où il allait. Axel avait peur de se faire disputer.
[Son d’un plongeon]
[Musique planante, bruits de bulles d’eau]
Et quand il arriva auprès des siens, en effet, ils l’attendaient.
« Axel ! Axel ! crièrent-ils, en l’apercevant. Où étais-tu, tout ce temps ? Qu’est-ce que tu as fait, Axel ? Où étais-tu passé ? »
Le petit axolotl n’avait pas le temps de répondre qu’une nouvelle question lui était posée.
C’est alors qu’Alba s’approcha et, sans dire un mot, le prit dans ses bras.
Elle s’était inquiétée, ça se voyait. Axel aurait dû l’avertir, avant de partir.
Pour se faire pardonner, il lui fit un petit bisou, sur le nez.
La grande axolotl soupira.
« Axel, je suis désolée. Je t’ai fait peur, en te parlant de te métamorphoser. »
Le petit axolotl répondit :
« Non, Alba, c’est moi. C’est moi qui suis désolé. Tu n’as rien à te reprocher. Tout le monde doit changer. Tu n’as fait que me dire la vérité. Maintenant, je le sais. »
Alba le regarda, attentivement. Elle dit :
« Tu m’as déjà l’air un peu différent. Plus confiant.
— Oui, répondit Axel. C’est parce que je me suis fait de nouveaux amis. Ils m’ont rassuré. Et maintenant, je suis prêt.
— Prêt ? demanda Alba. Prêt à te métamorphoser ?
— Pas vraiment, répondit l’axolotl. Je suis prêt à prendre mon temps. Je suis prêt à chercher, à imaginer, à inventer qui je deviendrai. Tout ça, je le ferai à mon rythme, à ma façon. Alba, j’espère que tu comprends ma décision.
La grande axolotl sourit. « Oui, je comprends. Mais avant, avant de t’inventer, tu devrais aller te coucher. Tu m’as l’air bien fatigué. »
Axel, en effet, bâillait. Toutes ces aventures l’avaient épuisé.
Il embrassa Alba, une nouvelle fois, et alla se coucher, sous un petit rocher.
Là, juste avant de s’endormir, Axel sentit... sentit quelque chose de nouveau et beau, en lui. Un sentiment différent : il était pressé. Oui, il était pressé de découvrir qui il allait devenir.
Conclusion
Merci d’avoir suivi les aventures d’Axel, l’axolotl qui ne voulait pas changer.
Un conte Cité des sciences et de l’industrie.
Il a été écrit par Antoine Laporte et raconté par Charlotte Rousseau. Les musiques joyeuses, les musiques sombres, les musiques soyeuses ont été composées par Barth Bell, le tout coordonné par Anne-Sophie Rincel.
Quant à moi, je m’appelle David Bento.
On espère que cette histoire t’a plu et, surtout, que tu as appris des choses que tu ne savais pas. Nous, c’est le cas.
Et si tu veux continuer à découvrir, à imaginer, à inventer, la Cité des sciences et de l’industrie propose pleins d’histoires et pleins d’expériences à faire chez toi.
Alors, comme dirait Sally : souris, tête de fourmi !
On se revoit bientôt, tête d’escargot...
Fin