Je cherche de l'information sur le Covid long

Quelles pistes sont envisagées pour expliquer ce Covid long ?

Dès décembre 2020, le site The Conversation dans l’article Covid-19, quand les symptômes persistent : que sait-on des formes longues de la maladie ? publiait les hypothèses émises par les médecins

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Le virus persiste-t-il ?

  • La première hypothèse, la plus évidente, est celle qui postule que, chez certains patients, le virus pourrait rester présent, en se reproduisant ou non soit au niveau des sites usuels (le rhinopharynx, le tube digestif), soit à d’autres endroits de l’organisme. Cependant, rares sont les cas où il a été formellement démontré que le virus se répliquait de façon prolongée.
    L’étude de ces quelques sujets ayant un ARN viral détectable plusieurs mois après le premier épisode a révélé que ces malades avaient plus souvent que les autres une perte d’odorat. Or, on sait que l’anosmie est liée à une atteinte de l’épithélium olfactif situé dans la région haute de l’orifice nasal, qui est la zone importante de réplication du virus.
    On peut aussi émettre l’hypothèse que le virus ait pu diffuser de cette zone vers des endroits difficilement accessibles à la recherche du virus, tels que d’autres cellules situées ailleurs dans l’organisme et portant le récepteur ACE2, qui permet l’entrée virale. Cette diffusion du virus a été montrée à la phase aiguë dans les cellules endothéliales en cas d’engelures, mais aussi dans d’autres organes dans les formes le plus sévères (cellules cardiaques, cellules digestives, rénales…).

Autres hypothèses : réinfection, réponse immunitaire inadaptée, terrain génétique particulier

  • Une seconde hypothèse est celle d’une réinfection par le SARS-CoV-2, une situation qui existe, mais semble encore exceptionnelle.
    Outre le fait que les patients que nous suivons ne semblent pas avoir été réexposés au virus, les signes qu’ils présentaient lors des épisodes prolongés différaient souvent de ceux observés lors de la phase aiguë de Covid-19. Par ailleurs, la majorité d’entre eux avaient acquis des anticorps anti-SARS-CoV-2. Certes, encore faudrait-il savoir si ceux-ci confèrent une protection : les connaissances des infections par d’autres virus nous ont appris que tous des anticorps ne sont pas nécessairement protecteurs, et quand bien même ceux-ci le seraient, il se pourrait que cette protection ne soit que transitoire.

  • Une troisième hypothèse est que certains sujets pourraient développer une réponse immune inadaptée, du fait d’un terrain génétique particulier. Chez eux, des réponses immunes excessives et inadaptées se développeraient, autrement dit leur système immunitaire s’attaquerait à leur propre organisme. Une telle situation a déjà été décrite dans certains syndromes post-infectieux, donnant lieu à des rhumatismes ou des péricardites post-infectieuses. Le fait d’avoir observé chez certaines personnes des péricardites ou des myocardites apparues tardivement doit nous inciter à explorer plus avant cette piste. Mais là encore, il s’agit d’une situation assez rare qui n’a été observée que chez 9 sujets environ de notre série.

[…]

https://theconversation.com/covid-19-quand-les-symptomes-persistent-que-sait-on-des-formes-longues-de-la-maladie-142929

Les médecins et chercheurs tentent de comprendre les mécanismes qui provoquent les divers symptômes du Covid long comme le montre ce reportage du Blob : Covid long : diagnostic en cours... (03/03/21)

Ils ont été infectés par le SARS-CoV-2 mais sont théoriquement guéris. Pourtant, ils présentent encore, des mois après, des symptômes respiratoires, cardiaques ou neurologiques. Plusieurs pistes sont explorées par les médecins et les chercheurs pour mieux prendre en charge ces patients.

https://leblob.fr/videos/covid-long-diagnostic-en-cours

Le mensuel de vulgarisation scientifique Pour la science explique qu’en plus des pistes déjà évoquées, d’autres font l’objet de recherche : Covid long : une exploration à tâtons (08/04/21)

[…] Malgré toutes ces avancées, cependant, une grande question demeure : celle des causes du Covid long. Les hypothèses sont nombreuses. Certaines restent assez classiques : tissus endommagés durablement, inflammation chronique, persistance du virus dans les tissus sous une forme latente et résurgence sporadique selon l’état de santé de la personne, comme avec les virus de l’herpès en cas de grippe ou de fatigue… D’autres sont plus étonnantes. Ainsi, des chercheurs comme Emily Wood, de l’université d’Otago, en Nouvelle-Zélande, et ses collègues envisagent un dysfonctionnement des mitochondries, ces compartiments de la cellule qui lui fournissent de l’énergie. Le stress cellulaire dû à de tels dysfonctionnements est associé à une fatigue similaire à celle observée chez les cas de Covid long. De son côté, Shin Jie Yong, de l’université Sunway, en Malaisie, invoque un dysfonctionnement du tronc cérébral. Ce dernier régule des fonctions aussi variées que la respiration, le rythme cardiaque et le transit intestinal, et assure le lien entre cerveau et nerfs périphériques – autant de fonctions dont les perturbations pourraient être en cause chez des personnes atteintes de Covid long.

Enfin, plusieurs équipes relèvent des similitudes avec d’autres syndromes postinfectieux tels que ceux rapportés après la maladie de Lyme ou à la suite du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS), le coronavirus apparu en 2003. Une étude menée à Hong Kong et publiée en 2009 a montré que 40 % des personnes qui avaient contracté le SRAS présentaient encore une fatigue chronique plus de trois ans après avoir été diagnostiquées.

Ces investigations n’en sont qu’à leurs débuts, mais une chose est sûre : la recherche sur le Covid long est devenue incontournable. À cet égard, le recul que l’on a sur des maladies du passé pourrait se révéler riche d’enseignements.[…]

https://www.pourlascience.fr/sr/covid-19/covid-long-une-exploration-a-tatons-21712.php

Les 1ers résultats de l’étude French Covid, étude de cohorte française promue par l’Inserm, permettent de dessiner le « profil » des personnes souffrant de Covid long. (10/05/21)

Une corrélation entre la sévérité initiale de la maladie et la persistance à long terme de symptômes semble également se dessiner. En effet, la persistance d’au moins 3 symptômes six mois après l’infection est plus fréquente chez les personnes dont la maladie Covid-19 a nécessité un séjour en réanimation par rapport à ceux qui ont été hospitalisés dans un service de médecine, et chez les patients les plus symptomatiques le jour de l’admission à l’hôpital. Les chercheurs observent aussi des différences de genre : si les hommes sont plus à risque de faire des formes graves, les femmes semblent plus à risque de souffrir de symptômes persistants dans la durée. […] 

https://presse.inserm.fr/covid-longue-60-des-patients-hospitalises-presentent-au-moins-un-symptome-apres-6-mois/42865/

Enfin, en juin 2021, le Vidal publie un article expliquant les pistes de recherche en cours : Covid long : état des lieux avec un an de recul :

[…] Plusieurs hypothèses physiopathologiques
Les mécanismes sous-tendant ces formes prolongées sont encore mal connus, mais font l'objet de nombreuses hypothèses et recherches.
La persistance de l'ARN viral au niveau rhinopharyngé, ou dans un autre site plus difficile à explorer, comme le bulbe olfactif, la muqueuse digestive ou oculaire, est l'une des hypothèses explorées.
Une réponse immunitaire inadaptée, soit trop forte, entraînant une inflammation, voire une auto-immunité, soit insuffisante, est un autre mécanisme possible.
Des facteurs génétiques ou hormonaux sont, respectivement, suggérés par la fréquence des patients ayant un terrain atopique et l'évolution des symptômes en fonction du cycle menstruel.
Les aspects psychologiques sont mis en avant par certains, mais pour les experts présents sur le plateau du Vidal Live, ils seraient plutôt une conséquence qu'une cause de ces symptômes prolongés.[…]


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