Lien pic monoclonal et herpès type 2
Question
Bonjour, Le fait d’avoir un problème d’immunité me rend il plus fragile pour méningite virale simplex herpès type 2 ?
Réponse
Bonjour,
Vous nous indiquez la présence d’un pic monoclonal dans votre électrophorèse des protéines. Vous voulez savoir si ce résultat peut avoir une incidence sur la susceptibilité à développer une méningite virale simplex herpès type 2.
Afin d’enrichir le dialogue avec votre médecin, nous vous proposons les informations générales suivantes.
Tout d’abord, nous vous suggérons la lecture de la réponse-type que nous avons rédigée Que signifie la présence d'une immunoglobuline monoclonale ? qui cite le Larousse médical
Immunoglobuline monoclonale
Anticorps issu d'une seule lignée de cellules (clones), ce qui leur confère une homogénéité anormale.
La quantité d'immunoglobuline monoclonale est faible quand elle est bénigne, mais élevée quand elle est maligne.
Les immunoglobulines monoclonales sont mises en évidence par électrophorèse (technique permettant de séparer diverses substances en fonction de leur différence de charge électrique). Elles sont retrouvées au cours du myélome multiple, de la maladie de Waldenström, des hémopathies lymphoïdes, des maladies des chaînes lourdes, et elles contribuent à établir le diagnostic de ces affections. Elles peuvent accompagner un état infectieux (hépatite virale), ou une maladie auto-immune (lupus érythémateux disséminé) : on parle, en cette occurrence, d'immunoglobulines monoclonales bénignes.
Elles sont également présentes de façon isolée, en particulier chez le sujet âgé témoignant d'une gammapathie monoclonale d'origine indéterminée. Cette maladie sans symptôme requiert seulement une surveillance régulière car, si elle peut rester stable ou même disparaître, elle peut aussi précéder de plusieurs années l'apparition d'un myélome multiple.
https://www.larousse.fr/encyclopedie/medical/immunoglobuline_monoclonale/13819
La Haute Autorité de Santé donne des préconisations au sujet de la détection des immunoglobulines monoclonales dans la Recommandation de bonne pratique - Mis en ligne le 30 janv. 2017 Quand prescrire une électrophorèse des protéines sériques (EPS) et conduite à tenir en cas d'une immunoglobuline monoclonale
L’EPS est un examen de biologie médicale qui a pour but la séparation et l’analyse des protéines sériques.
Une EPS peut conduire à détecter une immunoglobuline monoclonale, une hypergammaglobulinémie et plus rarement une hypogammaglobulinémie. La prévalence des immunoglobulines monoclonales dans la population augmente avec l’âge et leur détection est facilitée par les techniques actuellement utilisées.
Dans quelles situations la primo-prescription d’une électrophorèse des protéines sériques est-elle justifiée pour la recherche d’une immunoglobuline monoclonale ?
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Quelle est la conduite à tenir en cas d’anomalie de l’électrophorèse des protéines sériques évoquant une immunoglobuline monoclonale ?
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Conduite à tenir par le prescripteur
La question centrale est de savoir si l’immunoglobuline monoclonale est ou non le témoin d’une hémopathie maligne (risque d’évolution vers un myélome en cas d’IgG ou d’IgA, risque principal d’évolution vers une maladie de Waldenström en cas d’IgM). Il s’agit le plus souvent d’une immunoglobuline monoclonale dite « de signification indéterminée » dont la prévalence augmente avec l’âge.
La conduite à tenir par le prescripteur est fondée sur la situation clinique du patient, le type de l’immunoglobuline monoclonale et sa concentration. Les examens biologiques de première intention comportent au minimum :
- un hémogramme ;
- une calcémie (corrigée en fonction de l’albuminémie/protidémie) si IgA ou IgG, dosage des LDH si IgM ;
- une créatininémie.
La prescription du dosage des chaînes légères libres est du domaine du spécialiste de deuxième ligne (technique non remboursée en ville car non inscrite à la nomenclature des actes de biologie médicale).
L’indication de l’imagerie n’est pas systématique. Elle doit être discutée au cas par cas.
Quand demander un avis complémentaire ?
[…]
Chez le patient ne justifiant pas d’avis complémentaire, quelle surveillance exercer ?
En cas d’Ig monoclonale asymptomatique sans signes biologiques, la surveillance de l’EPS, avec la même technique, dans le même laboratoire, de l’hémogramme, de la créatininémie, de la calcémie corrigée (si IgG ou A) ou des LDH (si IgM) doit être régulière. L’examen clinique doit être réalisé en parallèle du bilan biologique. La première surveillance est à 6 mois puis annuelle, éventuellement plus tôt en cas de signes cliniques d’appel. La répétition de la caractérisation de l’immunoglobuline monoclonale est inutile au cours du suivi.
Concernant le virus herpes simplex, le Manuel MSD des Editions Merck indique à propos des Infections par le virus herpes simplex (HSV)
Les Virus herpes simplex (herpesvirus humains de types 1 et 2) entraînent souvent des infections récidivantes touchant la peau, la bouche, les lèvres, les yeux et les organes génitaux. Les infections sévères fréquentes comprennent l'encéphalite, la méningite, l'herpès néonatal et, chez le patient immunodéprimé, une infection disséminée. Les infections cutanéomuqueuses entraînent l'apparition de groupes de petites vésicules douloureuses sur une base érythémateuse. Le diagnostic est clinique; on peut procéder à une confirmation par examens de laboratoire, cultures, Polymerase Chain Reaction (PCR), immunofluorescence directe ou sérologie. Le traitement est symptomatique; un traitement antiviral par acyclovir, valacyclovir ou famciclovir est utile dans les infections sévères et, s'il est débuté suffisamment tôt, dans la récidive ou la primo-infection.
Huit types d'Virus herpétiques (herpes virus) infectent les humains, dont deux sont des virus herpes simplex (HSV). Les deux types de virus herpes simplex, HSV-1 et HSV-2, peuvent être responsables d'une infection orale ou génitale. Le HSV-1 entraîne le plus souvent une gingivostomatite, un herpès labial et une kératite herpétique. Le HSV-2 entraîne habituellement des lésions génitales. (Voir Revue générale des infections à virus herpétiques.)
La transmission d'HSV résulte d'un contact étroit avec un individu qui excrète du virus. L'excrétion virale se fait à partir de lésions, mais peut être observée même lorsque les lésions ne sont pas apparentes.
Après l'infection initiale, l'HSV reste latent dans les ganglions nerveux sensitifs à partir desquels il peut périodiquement se réactiver pour déclencher des symptômes. Les éruptions herpétiques récidivantes sont déclenchées par les événements suivants
- Surexposition à la lumière du soleil
- Maladies fébriles
- Stress physique ou émotionnel
- Immunosuppression
- Stimuli inconnus
Les éruptions récidivantes sont en général moins sévères et surviennent souvent moins fréquemment avec le temps.
Maladies causées par le virus herpes simplex
Les maladies comprennent
- Infection cutanéomuqueuse (la plus fréquente), dont l'herpes génital
- Infection oculaire (dont kératite herpétique)
- Infection du système nerveux central
- Herpès néonatal
[…]
Infection du système nerveux central par le virus herpes simplex
L'encéphalite herpétique est sporadique et peut être sévère. Des convulsions précoces et multiples sont caractéristiques.
Une méningite virale peut résulter d'une infection par HSV-2. Elle est habituellement autolimitée.
[…]
Points clés
- Le HSV provoque généralement une infection muco-cutanée, mais il provoque parfois une kératite, et une infection grave du système nerveux central peut se produire chez le nouveau-né et l'adulte.
- Après l'infection initiale, l'HSV reste latent dans les ganglions nerveux sensitifs à partir desquels il peut périodiquement se réactiver pour déclencher des symptômes.
- Diagnostiquer les infections cutanéo-muqueuses cliniquement, mais effectuer une culture virale, une PCR ou une détection des antigènes si les patients sont des nouveau-nés, des sujets immunodéprimés, des femmes enceintes ou des patients qui ont une infection du système nerveux central ou une maladie grave.
- Administrer de l'acyclovir IV aux patients atteints d'infections graves.
- Pour les infections cutanéo-muqueuses, envisager l'acyclovir, le valacyclovir, ou le famciclovir par voie orale; pour l'herpès labial, une alternative est le penciclovir ou le docosanol topique.
Nous n’avons pas trouvé de lien entre pic monoclonal et infection par le HSV-2.
En tant que service documentaire, nous ne pouvons aller plus loin dans notre réponse. Nous vous conseillons d’interroger votre médecin traitant, ou le spécialiste qui vous suit, afin qu’il puisse vous répondre en toute connaissance de votre dossier médical.
Nous restons bien entendu à votre disposition pour toute recherche documentaire dans le domaine de la santé.
L’Equipe des documentalistes de Questions-santé,
Le service de réponses en ligne de la Cité de la santé.
Service Questions-santé
http://www.cite-sciences.fr/fr/au-programme/lieux-ressources/cite-de-la-sante/