Scanner, IRM cérébraux
Question
Bonjour, Comment puis je faire faire des mesures par l'ANFR puisqu'après plusieurs tentatives d'inscription sur leur site, je ne peux dépasser la première étape? J'ai tous les élément en main et le diagnostic de l'ancienneté de ma tumeur cérébrale cancéreuse non opérable coïncide exactement avec la mise en fonction d'antennes dirigées très précisément vers ma chambre?
Réponse
Bonjour,
Vous rencontrez des difficultés pour faire effectuer une demande de mesure de champ électromagnétique à votre domicile. Vous souhaitez en effet faire reconnaître votre tumeur cérébrale cancéreuse comme conséquence de l’installation d’une antenne, supposons-nous.
Nous vous remercions de l’intérêt que vous portez à notre service mais nous vous rappelons que Questions-santé est un service documentaire animé par des documentalistes qui fournit gratuitement des réponses personnalisées à toute demande d’information dans le domaine de la santé.
Tout d’abord, sachez que le site Cartoradio de l’Agence Nationale des Fréquences donne les possibilités suivantes :
Retrouvez l'emplacement des sites radioélectriques.
Consultez les mesures d'exposition aux ondes sur tout le territoire français.
Consultez les cartes de simulation de l'exposition aux ondes.
https://www.cartoradio.fr/#/cartographie/mesures
Pour faire effectuer une mesure à votre domicile, l’Agence Nationale des Fréquences propose effectivement sur son site la Formulation d'une demande
https://mesures.anfr.fr/#/formulaire_demande
Le site economie.gouv.fr du Ministère de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté Industrielle, énergétique et numérique indique la marche à suivre dans le dossier Ondes électromagnétiques : mesurez votre exposition
Écrit le 09/03/2026
Antenne de télévision, téléphone mobile, appareils électroménagers… Les champs et ondes électromagnétiques sont présents dans notre environnement au quotidien. En tant que particulier, vous pouvez faire mesurer les niveaux d'ondes auxquels vous êtes exposé. Comment effectuer votre demande ? On vous donne la marche à suivre.
[…]
Comment demander la mesure des ondes électromagnétiques ?
Pour faire réaliser une mesure, vous devez remplir un formulaire sur le site mesures.anfr.fr. Différents renseignements sont exigés, comme vos coordonnées ou le lieu de la mesure.
Cette démarche est entièrement gratuite pour le demandeur.
Le formulaire doit impérativement être signé par un organisme habilité : collectivités locales, agences régionales de santé ou encore certaines associations agréées.
Vous devez ensuite transmettre votre demande à l’ANFR, qui mobilise un laboratoire accrédité et indépendant pour réaliser la mesure.
Le magazine Que Choisir donne plus de précisions sur les organismes habilités dans l’article Faire mesurer son exposition
Depuis le 1er janvier 2014, chaque particulier peut demander à ce que soient mesurées les ondes électromagnétiques auxquelles il est exposé.
La procédure
Dans un premier temps, téléchargez le formulaire Cerfa n° 15003 « Demande de mesure d’exposition aux champs électromagnétiques » sur le site Internet Service-public.fr (taper 15003 dans le moteur de recherche). Après l’avoir imprimé et rempli, transmettez-le à votre collectivité locale (mairie, intercommunalité, département, région), votre préfecture, votre agence régionale de santé ou à l’une des associations agréées par les ministères de la Santé ou de l’Environnement, qui le signera et le transmettra à l’Agence nationale des fréquences (ANFR). Cette dernière dépêchera un laboratoire indépendant pour effectuer les mesures. Financée par les opérateurs via une taxe qu’ils paient, cette procédure est gratuite pour le demandeur.
https://www.quechoisir.org/conseils-champs-electromagnetiques-faire-mesurer-son-exposition-n53277/
Nous pouvons vous proposer des informations générales au sujet des antennes relais et leur éventuel effet sur la santé.
- L'Arcep, l'Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse, propose le dossier Antennes relais, téléphones mobiles, WiFi, santé et réglementation dans lequel sont données des réponses aux questions suivantes :
Le comité d’experts spécialisés (CES) de l’ANSES (Agence Nationale de Sécurité Sanitaire) conclut, dans son rapport d’octobre 2009, de façon générale sur les effets sanitaires : « L’actualisation de cette expertise collective a reposé sur l’analyse d’un très grand nombre d’études, dont la majorité a été publiée au cours des cinq dernières années. La validité de ces études a été analysée et n’est pas toujours acquise. Les données issues de la recherche expérimentale disponibles n’indiquent pas d’effets sanitaires à court terme ni à long terme de l’exposition aux radiofréquences. Les données épidémiologiques n’indiquent pas non plus d’effets à court terme de l’exposition aux radiofréquences. Des interrogations demeurent pour les effets à long terme, même si aucun mécanisme biologique analysé ne plaide actuellement en faveur de cette hypothèse. »
6. Comment ont été définies au plan national les valeurs limites d’exposition aux champs électromagnétiques ?
7. Le fait d’être proche ou loin d’une antenne relais a-t-il une conséquence significative sur l’exposition aux champs électromagnétiques ?
Le paramètre significatif pour évaluer en un endroit donné l’exposition du public est le niveau du champ mesuré à cet endroit. Ce niveau est notamment fonction de la puissance d’émission et de la distance. Ainsi, une antenne proche, mais émettant une faible puissance, pourra créer un champ plus faible que celui d’une autre antenne éloignée mais émettant une plus forte puissance.
Concernant la téléphonie mobile, la circulaire du 16 octobre 2001 relative à l’implantation des antennes relais de radiotéléphonie mentionne un périmètre de sécurité autour d’une antenne (typiquement 3 mètres en face et 0,5 mètre à l’arrière pour une antenne GSM 900 MHz, selon l’annexe 1 de la circulaire). Ce périmètre, à l’intérieur duquel l’exposition dépasserait les valeurs limites autorisées, est matérialisé sur les sites afin d’éviter que personne, en dehors des professionnels amenés à travailler à proximité d’une antenne et informés des précautions nécessaires à prendre, ne s’approche à une distance inférieure de l’antenne.
Par ailleurs, le décret n°2002-775 du 3 mai 2002 relatif aux valeurs limites d’exposition du public aux champs électromagnétiques émis par les équipements utilisés dans les réseaux de télécommunication ou par les installations radioélectriques prévoit que les opérateurs mobiles décrivent les « actions engagées pour assurer qu’au sein des établissements scolaires, crèches ou établissements de soins qui sont situés dans un rayon de 100 m de l’équipement ou de l’installation, l’exposition du public aux champs électromagnétiques émis par l’équipement ou l’installation est aussi faible que possible, tout en préservant la qualité du service rendu ». Cette disposition a pour but de prendre en compte la crainte du public vis-à-vis des antennes relais de téléphonie mobile ; elle n’est, en aucun cas, à confondre avec un périmètre de sécurité.
8. La conformité à la réglementation applicable aux antennes et à la protection de la santé fait-elle l’objet de contrôles et par qui ?
9. Comment être informé de la proximité d’une antenne relais de téléphonie mobile ?
10. Comment connaître le niveau du champ rayonné par un site radioélectrique ?Les résultats des mesures de champ, pour les stations déjà mesurées, sont disponibles dans la base de données Cartoradio en ligne sur le site de l’ANFR.
Les opérateurs mobiles proposent dans une démarche volontaire le financement de certaines mesures de champs électromagnétiques tel qu’indiqué au paragraphe 4.2.1. du guide des relations entre opérateurs et communes (GROC) intitulé « organisation des mesures et des estimations »
L’article L.1333-21 du code de la santé publique permet au préfet de prescrire en tant que de besoin, la réalisation de mesures des champs électromagnétiques, en vue de contrôler le respect des valeurs limites fixées, en application du 12º de l’article L. 32 du code des postes et des communications électroniques.
En outre, l’article 42 de la loi n°2009-967 du 3 août 2009 de programmation relative à la mise en œuvre du Grenelle de l’environnement (dit Grenelle 1), a prévu la mise en place d’un nouveau dispositif de surveillance de l’exposition aux ondes électromagnétiques mené par des organismes indépendants accrédités, financé par un fonds indépendant alimenté par la contribution des opérateurs de réseau émettant des ondes électromagnétiques. Ce dispositif devrait être mis en œuvre prochainement.
Voir aussi le portail radiofréquences-santé-environnement sur « comment connaître les résultats des mesures ? ».
[…]
https://www.arcep.fr/nos-sujets/antennes-relais-telephones-mobiles-wifi-sante-et-reglementation.html
Le Portail interministériel d’information sur les radiofréquences évoque les dangers des antennes dans le dossier Effets sur la santé, mis à jour le 06/06/2024
Effets biologiques
Etudier les effets biologiques de l’exposition aux radiofréquences, c’est par exemple étudier leurs effets potentiels sur le système nerveux, sur le développement et la reproduction, le système cardiovasculaire, le système oculaire ou étudier le développement de cancers, etc. Observer un effet biologique sur la cellule et l’ADN par exemple, n’a pas obligatoirement comme conséquence un effet néfaste sur la santé. En effet, le corps humain, qui est soumis en permanence à de multiples stimuli, dispose de mécanismes biologiques d’adaptation. C’est le cas, par exemple, lorsque l’on pratique une activité sportive qui fait monter la température de l’organisme. Celle-ci n’entraîne un risque pour la santé que si les limites d’adaptation de notre organisme sont dépassées, par exemple en cas de "coup de chaleur". Dans le cas des radiofréquences, l’augmentation de la température des tissus est un des effets biologiques observés.
https://www.radiofrequences.gouv.fr/effets-sur-la-sante-a8.html
Les informations les plus récentes sont celles de l’Anses, Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail, dans un article du 26/11/2025 : Exposition aux ondes : de nouvelles études précisent les connaissances sur le risque de cancer
L’Anses publie aujourd’hui une actualisation de son expertise sur les effets des ondes radiofréquences, centrée sur le risque de cancer. Depuis ses évaluations de 2013 et 2016, près d’un millier d’études scientifiques ont été menées, enrichissant considérablement les connaissances sur ce sujet. L’évaluation de ces nouvelles connaissances, associées aux précédentes données scientifiques, ne met pas en évidence de lien entre l’exposition aux ondes radiofréquences, principalement émises par la téléphonie mobile, et l’apparition de cancers. Face à des usages qui évoluent très vite et qui peuvent générer d’autres effets sanitaires, l’Agence maintient néanmoins ses recommandations de prudence, en particulier pour les enfants.
Pas de lien de cause à effet établi entre ondes et cancer
Depuis les précédentes expertises conduites en 2013 pour les adultes et en 2016 pour les enfants, près de mille nouvelles études investiguant la question du cancer et de son association aux ondes radiofréquences ont été publiées, dont des résultats d’études épidémiologiques de grande ampleur, comme Mobikids, et un ensemble d’études toxicologiques majeures dans le cadre du National Toxicology Program américain.
Dans ces nouvelles études, des éléments de preuve limités d’effets des ondes sur des mécanismes cellulaires et chez l’animal ont été mis en évidence. Cependant, les études épidémiologiques n’apportent pas d’éléments probants sur l’apparition de cancers chez l’humain. Ainsi, la prise en compte de l’ensemble de ces nouvelles connaissances, associées aux précédentes données scientifiques, conduit à ne pas établir de lien de cause à effet entre l’exposition aux ondes et l’apparition de cancers.
Cette conclusion repose sur les connaissances disponibles jusqu’en mai 2025 et n’exclut pas la possibilité que de futurs travaux apportent des éléments nouveaux.
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Rester vigilant face à l’évolution rapide des pratiques et des technologies
En 2025, 98 % des Français de 12 ans et plus possèdent un téléphone mobile, dont 91 % un smartphone. Les pratiques évoluent rapidement et modifient l’exposition de la population aux ondes radiofréquences. Par exemple, l'usage vocal traditionnel décline au profit de l'utilisation du haut-parleur ou d’oreillettes, réduisant ainsi l'exposition directe de la tête aux radiofréquences. Mais parallèlement, on constate un développement massif des usages d’Internet en mobilité (vidéos, réseaux sociaux, etc.), favorisé par les évolutions technologiques 4G, 5G et la densification du réseau d’antennes relais, entraîne une augmentation progressive de l'exposition aux radiofréquences dans l’environnement, notamment dans les zones urbaines densément équipées.
Ces évolutions justifient une vigilance continue et un suivi régulier des niveaux d’exposition réels des populations.
Nous vous proposons également des extraits de l’Avis de l’Anses Rapport d’expertise collective Radiofréquences et cancer d’octobre 2025 auquel fait référence l’article ci-dessus, en particulier concernant les antennes et les atteintes du cerveau :
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1. CONTEXTE ET OBJET DE LA SAISINE
1.1. Contexte scientifique général
La possibilité de l’induction de cancers par les radiofréquences est un questionnement majeur de santé publique. Concernant les mécanismes potentiellement impliqués dans ces pathologies, l’Anses notait en 2013, dans son avis relatif aux effets des radiofréquences sur la santé (Anses, 2013), qu’on ne peut pas exclure le fait que, dans certaines conditions, l’exposition aux radiofréquences puisse favoriser la formation de dommages à l’ADN, (oxydation de bases, cassures de brins). Cependant aucun effet pérenne sur la perte d’intégrité de l’ADN n’avait été mis en évidence. Ces dommages, parfois observés, semblent être rapidement réparés. Les autres données biologiques ne mettaient pas en évidence de mécanisme accréditant l’hypothèse d’un effet de cancérogénèse.
Depuis, des études publiées simulant une exposition sur le long terme, réalisées chez l’animal, ont été beaucoup commentées.
Si le déploiement des réseaux mobiles, et en particulier l’installation des antennes relais, a modifié notre environnement électromagnétique, les simulations et observations de cette exposition mettent pour l’instant en évidence, hormis dans des zones localisées (les points atypiques)7, une augmentation relativement limitée du niveau moyen (temporellement et spatialement) de l’exposition. Le développement de l’internet mobile pourrait cependant faire augmenter significativement le niveau moyen de l’intensité des champs électromagnétiques dans l’environnement, mais aussi l’exposition aiguë des usagers dans des conditions particulières (5G). Par ailleurs, à moins d’être situé à très grande distance8 des antennes relais et tours de radio et télédiffusion, c’est-à-dire dans des lieux mal, voire non couverts par la diffusion audiovisuelle et les réseaux mobiles, l’ensemble de la population est exposé, à des degrés divers, à ces champs électromagnétiques. Cependant, la variation d'exposition dans l’environnement par rapport à ces sources « lointaines » est faible, ce qui ne facilite pas la mise en place d’études en population pour évaluer l'incidence de pathologies en fonction du niveau d'exposition.
Le cas du téléphone mobile est en revanche très particulier. C’est en effet l’objet, parmi les sources de champs électromagnétiques proches du corps dans notre environnement quotidien, qui génère l’exposition la plus intense (à la fois en intensité, en durée, et en nombre d’individus concernés). De plus, cette source de rayonnement est encore souvent portée à proximité de la tête, et donc du cerveau. L’exposition n’est pas permanente comme dans le cas des antennes-relais, mais elle est beaucoup plus élevée. L’exposition due au téléphone mobile porté à l’oreille est de l'ordre de 100 à 1 000 fois plus élevée que l’exposition environnementale, issue des sources lointaines (relais de diffusion audiovisuelle, antennes relais de téléphonie mobile, box Wi-Fi, …). Enfin, le nombre d'utilisateurs, parfois très jeunes, est extrêmement élevé, et la téléphonie mobile est aujourd’hui très largement employée. Il est donc logique que les effets potentiels de l’exposition aux rayonnements émis par les téléphones mobiles aient fait l’objet d’investigations depuis de nombreuses années et continuent à poser question.
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3. ANALYSE, CONCLUSIONS ET RECOMMANDATIONS DU GT ET DU CES
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3.2. Éléments de connaissance
3.2.1. La cancérogenèse
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3.2.1.2. Processus de cancérogenèse
Chez les adultes, le développement de tumeurs cancéreuses est un processus long qui s’étale sur plusieurs années, voire décennies. Cette durée s’explique par le grand nombre d’évènements et d’étapes successives qui caractérisent la cancérogenèse.
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3.2.2. L’évolution des expositions aux radiofréquences
Les systèmes de télécommunication ont considérablement évolué ces vingt-cinq dernières années, avec notamment l’implantation des réseaux Wi-Fi et la diffusion à très grande échelle de la téléphonie mobile.
Le Wi-Fi est une technologie de réseau sans fil dont la puissance rayonnée par les « points d’accès » est limitée à 100 mW, 200 mW et 1 W dans les bandes 2,4 GHz, 5,25 GHz et 5,6 GHz, respectivement. Avec les systèmes les plus récents utilisant plusieurs antennes de communication (MIMO16), ainsi que différents canaux et bandes de fréquences simultanément, l’évaluation de l’exposition devient très complexe.
Concernant les réseaux mobiles, l’évolution technologique est continue et se traduit par le déploiement d’une nouvelle génération tous les dix ans environ. Ainsi, la « 5G » a succédé en 2020 à la 4G, sans toutefois la supplanter. Si les opérateurs mobiles ont prévu d’arrêter l’exploitation de la 2G et de la 3G dans les prochaines années, ces technologies coexistent encore pour l’instant. Parmi les dernières évolutions les plus significatives, on peut noter, à partir de la 4G, l'introduction de la technique MIMO.
[…]
Par ailleurs, les fonctionnalités des téléphones mobiles ont fortement évolué depuis l’apparition des premiers appareils au début des années 1990. L’usage d’internet, du visionnage de vidéos, des réseaux sociaux en mobilité s’est imposé, et les modes de communication se sont diversifiés (messages textes, vocaux, etc.).
[…]
3.3. Résultats de l’expertise
3.3.1. Évaluation du niveau de preuve par organe ou système physiologique
La quantité d’informations disponibles diffère beaucoup d’un organe ou d’un système physiologique à l’autre. On trouvera ci-dessous les localisations pour lesquelles les données étaient les plus nombreuses ou qui ont donné lieu à des lignes de preuves limitées ou conclusives (cf. rapport d’expertise, chapitre 5).
3.3.1.1. Cerveau et système nerveux central
L’ensemble des données disponibles ne permet pas de conclure à l’existence ou à l’absence d’un effet des radiofréquences sur l’apparition de tumeurs17 du cerveau et du système nerveux central. Cette conclusion repose sur les lignes de preuve suivantes.
• Épidémiologie : les données épidémiologiques ne permettent pas de conclure à un effet cancérogène ou à l’absence d’un effet cancérogène des radiofréquences sur l’apparition de tumeurs du cerveau et du système nerveux central. Quelques études cas-témoins18 suggèrent un effet sur l’apparition de gliomes dans certains sous-groupes de population les plus exposés. Cependant, leurs résultats sont peu cohérents. Par ailleurs, les études de cohorte ne montrent aucun effet. On ne peut ainsi pas conclure à l’existence ou à l’absence d’une association majeure entre l’exposition aux radiofréquences et le risque de tumeurs et de cancers du cerveau. En outre, l’évolution de l’incidence19 des tumeurs cérébrales ne soutient pas l’existence d’un effet ;
• Tumeurs chez l’animal (rongeur) : […] Considérant ces démarches discutables, et remarquant que les autres études retenues dans le corpus de publications ne rapportent pas d’induction de tumeurs cérébrales, le groupe de travail et le CES ont considéré que les éléments de preuves ne permettent pas de conclure à l’existence ou à l’absence d’un effet d’induction de cancers du cerveau chez l’animal par les radiofréquences.
• Mécanistiques : aucune donnée mécanistique de qualité (cf. 3.1.2) pour l’exposition humaine in vivo n’est disponible, et un seul article de qualité a été identifié pour les modèles humains in vitro. À l’inverse, de nombreuses données sont disponibles pour les modèles animaux. Réalisées in vivo, ces études montrent que les radiofréquences induisent un grand nombre de mécanismes liés au cancer : génotoxicité, stress oxydant, mort cellulaire, inflammation, immunosuppression, autophagie20. Ces observations ne sont cependant pas confirmées par les études in vitro, dont les résultats sont en contradiction les uns avec les autres. Les éléments de preuves disponibles sont donc limités pour conclure à l’induction de mécanismes liés au cancer du cerveau dans les lignées cellulaires humaines et sur les modèles animaux.
Un expert du groupe de travail a fait part de deux positions divergentes concernant les tumeurs cérébrales. L‘une concerne les données épidémiologiques qui, pour lui, apportent des éléments de preuves limités pour conclure à l’existence d’un effet des radiofréquences sur l’apparition de cancers du cerveau, plutôt que non conclusifs. De plus, il considère que les données mécanistiques dans les lignées cellulaires humaines et les modèles animaux suggèrent l’induction de mécanismes liés au cancer du cerveau (cf. annexe 4 du rapport d’expertise). Il ne conteste pas les lignes de preuve sur les tumeurs chez l’animal ni les mécanismes chez l’humain in vivo ou les modèles humains. Ces lignes de preuves conduisent, pour lui, au niveau de preuve global que l’effet cancérogène des radiofréquences dans le cerveau et le système nerveux central est possible chez l’humain.
Ces positions exprimées et motivées par cet expert n’ont pas conduit le groupe de travail, après en avoir débattu, à modifier sa conclusion – à savoir que les données disponibles ne permettent pas de conclure à l’existence ou à l’absence d’un effet des radiofréquences sur l’apparition de tumeurs du cerveau et du système nerveux central.
[…]
3.4. Conclusion du CES
Le groupe de travail a appliqué une méthode d’évaluation du niveau de preuve adaptée à la question de la cancérogenèse à partir d’une analyse la plus exhaustive possible de la littérature. Le CES souligne que cette approche a permis de mettre en évidence que les études épidémiologiques n’apportent pas d’éléments concluants sur l’induction de cancers chez l’humain. […]
3.5. Recommandations du CES
[…]
3.5.2. Recherche
Le CES reprend les observations et recommandations du groupe de travail en matière de recherche, afin que les études futures puissent dépasser les limites rencontrées jusqu’ici et mieux prendre en considération les variétés de modes d’exposition, de technologies et de populations concernés.
[…]
Recommandations
[…]
Pour la caractérisation de l’environnement électromagnétique :
• poursuivre le développement d’appareils de mesure, de méthodes de simulation et de cartographie de l’exposition, et mieux caractériser l’exposition relative aux nouveaux signaux et aux nouveaux usages dans différents environnements ;
• quantifier l’exposition de tissus ciblés par la montée en fréquences des nouveaux signaux moins pénétrants (peau, yeux) ;
• étudier l’impact de l’augmentation du nombre d’antennes relais et le changement des caractéristiques des signaux véhiculés ;
• étudier plus précisément l’exposition aux radiofréquences des organes identifiés comme sensibles chez l’animal, tels que le cœur, le foie et les testicules.
[…]
4. CONCLUSIONS ET RECOMMANDATIONS DE L’AGENCE
Entre 2015 et 2024, selon le dernier baromètre du numérique25 publié par l’Arcep en mars 2025, la part de la population de 12 ans et plus qui utilise Internet exclusivement par le biais d’une connexion mobile est passée de 3 à 9 %, tandis que les connexions fixes diminuaient de 30 à 4 %. Ces chiffres illustrent combien les usages des réseaux mobiles, qui accompagnent la transformation numérique de la société, sont devenus majeurs, y compris lorsque des alternatives existent.
Cependant, si le nombre d’antennes relais de téléphonie mobile a dans le même temps fortement augmenté (221 619 sites émetteurs au 1er mai 202526), il est très difficile d’évaluer l’évolution de l’exposition aux champs électromagnétiques qui en résulte, individuellement et pour la population. Les sources d’ondes électromagnétiques présentes dans notre environnement (téléphonie mobile, diffusion audiovisuelle, objets connectés, etc.) constituent en effet un ensemble hétérogène, fluctuant dans le temps, utilisant de multiples fréquences, situées plus ou moins proches des personnes et délivrant des rayonnements dans une large gamme d’intensités. Cette évolution de l’environnement électromagnétique s’accompagne d’interrogations légitimes sur ses effets éventuels sur la santé. Le rôle de la recherche scientifique est fondamental pour produire des connaissances et ainsi réduire les incertitudes qui rendent particulièrement complexes les évaluations et, par conséquent, la gestion des risques. […]
L’Anses endosse l’ensemble des conclusions du groupe de travail « radiofréquences et cancer », formulées dans son rapport d’expertise, reprises par son comité d’experts spécialisé « Agents physiques et nouvelles technologies » au chapitre 3 du présent avis. Les résultats de plusieurs études épidémiologiques d’envergure ont été publiés ces dernières années, de même que de nouvelles analyses d’études plus anciennes, qui avaient notamment conduit l’Anses en 2013 à conclure à un lien « possible » entre l’exposition aux radiofréquences et un risque faible de tumeurs du cerveau. La mise à jour des données scientifiques met en évidence aujourd’hui que, prises dans leur ensemble, les études épidémiologiques n’apportent pas d’éléments concluants sur l’apparition de cancers chez l’humain. Ainsi, après combinaison des différents types de données (épidémiologiques, toxicologiques, mécanistiques), l’expertise aboutit à une conclusion formulée comme suit : « les données disponibles ne permettent pas de conclure à l’existence ou à l’absence d’un effet cancérogène de l’exposition aux radiofréquences chez l’humain ». Cette conclusion est exprimée pour chacun des organes et systèmes physiologiques analysés, ainsi que pour une approche globale corps entier.
https://www.anses.fr/system/files/AP2016-SA-0176-RA.pdf
En tant que service documentaire, nous ne pouvons aller plus loin dans notre réponse. Nous espérons que ces informations vous seront utiles et nous restons bien entendu à votre disposition pour toute recherche documentaire dans le domaine de la santé.
L’Equipe des documentalistes de Questions-santé,
Le service de réponses en ligne de la Cité de la santé.
Service Questions-santé
http://www.cite-sciences.fr/fr/au-programme/lieux-ressources/cite-de-la-sante/