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Seuil de la douleur

Question

Bonjour, pourquoi la perception de la douleur varie-t-elle d'un individu à un autre?

Réponse

Bonjour,

Vous recherchez des informations sur la perception de la douleur et la raison pour laquelle elle varie selon les individus. Vous mentionnez également le seuil de la douleur.

Pour commencer, le Vidal, site de référence des produits en santé, propose plusieurs articles au sujet de la douleur : 

- Douleur chez l'adulte

La douleur est à la fois une sensation universelle et un phénomène complexe, dont l’expression et la signification varient considérablement selon les individus, les pays et les cultures. Longtemps considérée par la médecine occidentale comme un simple signal d’alarme visant à protéger l’organisme, la douleur est aujourd’hui considérée comme une manifestation complexe, qui mérite, en tant que telle, toute l’attention du corps médical.

Qu’est-ce que la douleur ?

La douleur est une sensation complexe, sensorielle et émotionnelle, qui met en jeu des récepteurs présents dans tout l’organisme (la peau, les organes, les muscles, les os, etc.), des nerfs qui conduisent l’information vers la moelle épinière puis le cerveau, et des régions du cerveau où elle est analysée, évaluée et où elle provoque des réactions et des émotions. La douleur est une sensation liée à la conscience. Elle s’efface lors du sommeil ou du rêve ; elle peut être atténuée à la faveur d’états de conscience modifiés (relaxation, hypnose, par exemple).
[…]

https://www.vidal.fr/maladies/douleurs-fievres/prise-charge-douleur.html

- Dans l’article J'ai mal ou je souffre ? vous trouverez les explications suivantes :

La douleur est indissociable de l’émotion qu’elle suscite et qui lui confère son caractère désagréable. Cependant, alors que la sensibilité des fibres nerveuses chargées de transmettre la douleur varie peu d’un individu à l’autre, l’expérience douloureuse est, en revanche, extrêmement variable selon les personnes. Elle dépend de l'âge, des expériences passées, de la culture et de l'éducation, du contexte (douleur prévisible ou non, cause connue ou inconnue, capacité à contrôler l'origine de la douleur, etc.), de l'état psychique du moment (calme ou anxiété par exemple), bref d’un ensemble de données qui ne sont pas directement liées au traumatisme ou à la lésion à l’origine de la sensation douloureuse. C’est cet ensemble de données qui définit la souffrance comme la conséquence psychique de la douleur.

Les deux dimensions de la souffrance
[…]
L'importance du contexte
[…]

https://www.vidal.fr/maladies/douleurs-fievres/prise-charge-douleur/douleur-souffrance.html

- Comment mesure-t-on la douleur ?

[…]
La douleur a pour particularité de ne pas pouvoir être mesurée objectivement (comme peut l’être la température) en raison de sa part de subjectivité et de sa grande variabilité selon les individus. Néanmoins, un certain nombre d’outils ont été développés pour tenter d’en évaluer l’intensité et d’en suivre l’évolution.
Les outils permettant d’évaluer la douleur sont nombreux. Certains sont conçus pour être utilisés par le patient lui-même : ce sont les outils d'autoévaluation. Ils reposent soit sur des questionnaires, soit sur des échelles visuelles. D'autres sont destinés au personnel soignant et utilisés dans le cas de patients incapables d'évaluer eux-mêmes leur douleur. On parle alors d’hétéroévaluation à l'aide de grilles d’observation.
[…]
Les outils d’autoévaluation

Les outils les plus simples sont des échelles quantitatives, sur lesquelles le patient évalue lui-même l’intensité globale de sa douleur entre deux extrêmes : d’ « absence de douleur » jusqu’à « douleur maximale imaginable ». L’échelle numérique (EN) propose des niveaux de 0 à 10 entre ces deux extrêmes, tandis que l’échelle visuelle simple (EVA) permet de marquer une croix sur une ligne continue (l’échelle est graduée au verso, ce qui permet au personnel soignant de noter un score). Quant à l’échelle verbale simple (EVS), elle permet de choisir le qualificatif le mieux adapté parmi une liste d’adjectifs (absente, faible, modérée, intense, extrêmement intense, etc.).

Ces échelles simples permettent une première évaluation et le suivi de l’efficacité d’un traitement antalgique pour un malade donné. Elles ne donnent pas ou peu d’informations sur les caractéristiques de la douleur perçue, d’où l’utilisation d’outils plus précis, dits qualitatifs. Parmi ces derniers, le QDSA (Questionnaire douleur de l’hôpital Saint-Antoine) est l’un des plus utilisés en France. Il repose sur un éventail de qualificatifs, regroupés en sections, que le patient doit choisir et noter, de 0 (absent) à 4 (extrême), pour exprimer au mieux sa douleur. Ainsi, la première section propose de choisir et de noter les sensations douloureuses suivantes : battements, pulsations, élancements, en éclair, décharges électriques, coups de marteau. D’autres échelles qualitatives du même type sont en usage dans le monde. Elles permettent une approche des mécanismes en cause et une adaptation du traitement antalgique.

Les outils d’hétéroévaluation

Ils sont utilisés chaque fois que la personne souffrante a des difficultés à s’exprimer et reposent sur des observations de comportements, effectuées par le personnel soignant : expressions, attitudes, mouvements, positions, plaintes, etc. Elles sont plus particulièrement destinées aux jeunes enfants et aux personnes âgées.

Chez les personnes âgées, il existe des grilles d’observation comparables. Deux principales en usage en France sont : l’ECPA (Échelle comportementale de la douleur chez la personne âgée, utilisable quel que soit le degré de communication) et l’échelle Doloplus 2. Là encore, c’est un ensemble d’attitudes et comportements qui sont notés de 0 à 4.

D’autres approches existent enfin, notamment chez les enfants. Elles passent par le dessin et l’expression non verbale qui sont évalués par l’équipe soignante (psychologue, médecin, infirmière).
[…]

https://www.vidal.fr/maladies/douleurs-fievres/prise-charge-douleur/mesure-evaluation.html

Nous vous suggérons la lecture d’extraits du livret disponible en ligne La douleur en questions Quand les professionnels de santé vous expliquent la douleur et les traitements publié par la Société Française d’Etude et de Traitement de la Douleur (SFETD) et le Centre National de Ressources Douleur (CNRD) (2018)

Introduction (p. 7)
[…]
La douleur en questions, un ouvrage de synthèse, rédigé par une société savante et un organisme de ressources documentaires professionnel 

Pour aider les patients à mieux comprendre, à mieux affronter la douleur et surtout à participer activement à leur traitement, les professionnels de soins, réunis dans cet ouvrage sous la houlette de la SFETD (Société Française d’Étude et de Traitement de la Douleur) et du CNRD (Centre National de Ressources Douleur) ont répondu aux questions les plus fréquentes, posées par les patients. Avec ces deux cautions scientifiques, les lecteurs pourront adopter sans crainte les notions et réponses proposées, alors que de nombreux préjugés et croyances sont souvent associées à la douleur.
[…]
La douleur, ça se passe dans ma tête ? (p. 16)

Eh oui ! Car jusqu’à présent votre cerveau est dans votre tête, et c’est lui qui commande ! La douleur possède trois composantes qui sont bien cartographiées au sein de votre cerveau :
- La composante sensori-discriminative : pour savoir où j’ai mal et combien j’ai mal
- La composante affectivo-émotionnelle : pour savoir quelle émotion je rapporte à ma douleur. En effet, la douleur intense de l’accouchement sans péridurale n’a pas la même signification et la même émotion que la douleur d’une lombosciatique ; et pourtant, elles ont toutes deux une intensité importante !
- La composante cognitivo-comportementale : l’information douloureuse est rattachée à une anxiété qui va mémoriser l’événement. Je me brûle, c’est très douloureux, donc le feu est un danger et je ne mettrai plus ma main au feu.

Tout se complique quand ces trois mécanismes deviennent trop performants. Si la composante sensori-discriminative est trop importante, la douleur localisée va se généraliser ou s’étendre. C’est le cas quand une fracture du poignet se complique d’une algodystrophie qui elle-même se complique d’un syndrome épaule-main ! Si la composante affectivo-émotionnelle est trop puissante, il faut penser à rechercher un retentissement anxieux ou dépressif, voire des maladies nécessitant un suivi psychiatrique et psychologique sur plusieurs mois, comme l’état de stress post-traumatique ou la dépression. Si la composante cognitivo-comportementale est trop puissante, on peut retrouver une kinésiophobie (peur du mouvement) qui conduit certaines personnes à ne plus oser faire certains mouvements et à se « sur-adapter » à leur environnement, prenant parfois des attitudes plus nocives encore, par peur de reproduire un comportement qui pourrait amener à la douleur. Le cas le plus connu est la personne qui a fait un lumbago et qui n’ose plus se baisser, ou qui s’assoit avec trop de précautions, de peur de se bloquer à nouveau
[…]

Chapitre 2 Evaluer la douleur (p. 19)
[…]

https://www.sfetd-douleur.org/wp-content/uploads/2019/08/livret-la_douleur-final-2018.pdf

Le Ministère de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées propose un dossier au sujet de la douleur, La douleur : de quoi parle-t-on ? (mise à jour 10.10.24) 

[…]
Selon la définition officielle de l’association internationale pour l’étude de la douleur (IASP), "la douleur est une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable associée à une lésion tissulaire réelle ou potentielle ou décrite dans ces termes".

Les patients sont des acteurs actifs de leur prise en charge : eux-seuls sont capables d’indiquer aux soignants ce qu’ils ressentent. Leur participation est essentielle pour évaluer l’intensité de la douleur et l’efficacité des traitements, médicamenteux ou non. Aucun examen, aucune prise de sang, aucun scanner ne permet d’objectiver la douleur : seule la parole peut être un signal pouvant faire évoluer la prise en charge.
[…]

https://sante.gouv.fr/soins-et-maladies/prises-en-charge-specialisees/douleur/article/la-douleur-de-quoi-parle-t-on

En complément, la Haute Autorité de Santé a édité en janvier 2026 la fiche pédagogique Évaluation de la prise en charge de la douleur Selon le référentiel qui explique 

[…]
Définition
Douleur
La nouvelle définition proposée et validée par le Conseil de l’IASP (International Association for the Study of Pain) est la suivante : « Une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable associée ou ressemblant à celle associée à une lésion tissulaire réelle ou potentielle ».

Elle est complétée par l'ajout de six notes clés et de l'étymologie du mot « douleur » pour un contexte encore plus précis.
La douleur est toujours une expérience personnelle qui est influencée à des degrés divers par des facteurs biologiques, psychologiques et sociaux.
La douleur et la nociception sont des phénomènes différents. La douleur ne peut être déduite uniquement de l'activité des neurones sensoriels.
• À travers leurs expériences de vie, les individus apprennent le concept de la douleur.
• Le rapport d'une personne sur une expérience de douleur doit être respecté.
• Bien que la douleur joue généralement un rôle d'adaptation, elle peut avoir des effets négatifs sur le fonctionnement et le bien-être social et psychologique.
• La description verbale n'est qu'un des nombreux comportements permettant d'exprimer la douleur ; l'incapacité à communiquer n'exclut pas la possibilité qu'un être humain éprouve de la douleur.

La douleur est donc à distinguer de la souffrance, qui est un sentiment de « mal-être ».

Les différents types de douleurs :
• La douleur aigüe […]
• La douleur chronique […]
• La douleur rebelle […]
• La douleur liée aux soins […]
• La douleur par mécanisme psychogène
[…]

https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2026-01/dir3/fiche_pedagogique_6e_cycle_douleur.pdf

Enfin, la Haute Autorité de Santé a édité en 2022 la Liste des échelles acceptées pour mesurer la douleur

https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2022-01/liste_echelles_acceptees_2022.pdf

Nous espérons que ces informations vous seront utiles et nous restons bien entendu à votre disposition pour toute recherche documentaire dans le domaine de la santé.

L’Equipe des documentalistes de Questions-santé, 
Le service de réponses en ligne de la Cité de la santé.
Service Questions-santé
http://www.cite-sciences.fr/fr/au-programme/lieux-ressources/cite-de-la-sante/

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