Questions-santé 2021 - juillet

Infiltration et ostéoporose

Question

Fait infiltration tu.t8 et tu.t9 pour ostéoporose sévère avec 2 fractures, 4 infiltrations. Améliorations possibles. Infiltration t7et t9 bilatérale, quel bénéfice en attendre.


Réponse

Bonjour,

Traité pour une ostéoporose ayant occasionné 2 fractures, vous avez eu plusieurs infiltrations au niveau des vertèbres T8 et T9 et vous nous demandez quel bénéfice attendre dans le cas d’une infiltration au niveau des vertèbres T7 et T9.

Nous vous remercions de votre confiance mais Questions-santé est un service documentaire animé par des documentalistes, qui ne peut vous donner d’avis médical.
En revanche, nous pouvons vous donner des informations générales sur la base des recherches documentaires que nous avons réalisées.

Le CHU de Toulouse consacre un dossier à l’ostéoporose dont voici quelques extraits :

Efficacité des traitements
Les traitements sont remarquablement efficaces : réduction des fractures vertébrales de près de 70 % pour les plus récemment commercialisés et d’administration aisée avec une perfusion par an, ou une injection sous cutanée tous les 6 mois.
Les effets secondaires graves de ces traitements sont rarissimes : 1/10.000 pour les fractures de jambe sur os « gelé », 1/30.000 pour les ostéonécroses de la mâchoire. Les effets secondaires bénins, lors des études randomisées, ne sont pas plus fréquents chez les malades traités que chez les malades sous placébo.
Les malades qui ont eu une fracture par fragilité osseuse récente doivent donc comparer le risque de nouvelle fracture : 30 % dans les deux ans qui suivent sans traitement versus un risque réduit de plus de 50% par le traitement au risque d’effets secondaires graves sous traitement de l’ordre de 1/30.000.
[…]
Les traitements médicamenteux de l’ostéoporose (Publié le 07/01/2013 ;mis à jour le 27/03/2015)
Ces traitements ont pour but d’éviter les fractures ultérieures (et non d’augmenter la densité minérale osseuse). Ils sont remarquablement efficaces à condition qu’on les prenne, que l’on respecte les précautions d’administration et que leur durée de prise doit suffisante. Ces médicaments sont bien tolérés.
Ils diminuent de plus de 50 % le risque de fracture ostéoporotique. Ceci est à mettre en parallèle avec les traitements de l’hypertension artérielle ou de l’hypercholestérolémie qui ne diminuent que de 30 % les risques d’infarctus ou d’accident vasculaire cérébral.

Un tableau présente les différents médicaments disponibles
https://www.chu-toulouse.fr/-l-osteoporose

Vous évoquez une forte ostéoporose, en complément, nous vous proposons de lire le dossier complet du site La rhumatologie pour tous de la Société française de rhumatologie, sur le traitement de l’ostéoporose : Comment se traite aujourd’hui l’ostéoporose ?
https://public.larhumatologie.fr/grandes-maladies/osteoporose/comment-se-traite-aujourdhui-losteoporose-0

Enfin, la Revue du rhumatisme vient de publier un article sur l’ostéoporose masculine présentant les Recommandations françaises de la prise en charge et du traitement de l’ostéoporose masculine / Béatrice Bouvard, Karine Briot, Erick Legrand, Hubert Blain, Véronique Breuil, Roland Chapurlat, Marc Duquenne, Pascal Guggenbuhl, Eric Lespessailles, Thierry Thomas, Bernard Cortet  - Revue du rhumatisme (vol. 88, n°3 , pages 173-182, mai 2021).
En voici un extrait, l’article en ligne n’étant disponible que pour les abonnés à Em-premium.

Comment traiter l’ostéoporose masculine ? (Recommandations de 8 à 12)
L’objectif du traitement est de réduire le risque de fractures. La prise en charge est à la fois pharmacologique et non pharmacologique et repose sur une décision partagée entre le patient et le médecin. Le patient doit être informé sur sa maladie et les risques inhérents aux fractures ostéoporotiques, les traitements disponibles, l’intérêt de l’observance thérapeutique et du suivi de sa maladie, ainsi que l’efficacité attendue et les effets indésirables possibles des traitements. Les études thérapeutiques chez l’homme sont moins nombreuses que chez la femme, avec de plus faibles effectifs et avec le plus souvent la variation de DMO pour objectif primaire et non l’incidence des fractures. Les preuves du bénéfice anti-fracturaire des médicaments de l’ostéoporose chez l’homme ont été établies dans des populations ostéoporotiques définies par des critères densitométriques ou par l’existence d’une fracture et par des études de « bridging  ». Cette méthodologie, validée par les autorités de santé internationales dont l’agence européenne du médicament, est considérée comme suffisante pour obtenir l’indication de traitement des hommes à haut risque de fracture, à la condition que l’efficacité anti-fracturaire du médicament ait déjà été démontrée dans une population de femmes ostéoporotiques et que le risque de fracture des hommes ostéoporotiques inclus dans les études soit comparable à celui de cette population féminine (draft-guideline-evaluation-medicinal-products-treatment-primary-osteoporosis_en.pdf). C’est le cas des études portant sur l’ostéoporose masculine dans lesquelles les variations de DMO, les variations du taux des marqueurs du remodelage osseux et la diminution du risque de fracture sont superposables à celles observées dans les études thérapeutiques portant sur l’ostéoporose postménopausique (lorsque l’étude a été conçue dans cet objectif). Les études thérapeutiques sont résumées dans le Tableau 1 [35, 36, 37, 38, 39, 40, 41, 42, 43, 44, 45, 46].
Le choix de la molécule et de la voie d’administration tient compte de l’âge, des antécédents, du risque de fracture vertébrale et/ou périphérique et de la sévérité de la fracture, dans le respect des contre-indications et des conditions de remboursement.
Compte tenu du gradient de risque entre une valeur abaissée de DMO et l’augmentation du risque de fracture, les indications thérapeutiques dépendent de la valeur la plus basse du T-score au rachis lombaire et au fémur et de la sévérité de la situation clinique (présence ou non d’une fracture et type de fracture [sévère/non sévère]) (Tableau 2).
Ainsi, la réalisation d’une ostéodensitométrie est recommandée avant toute décision thérapeutique (grade

A).Recommandation 8. En présence d’une fracture sévère (vertèbre, bassin, extrémité supérieure du fémur, fémur distal, humérus proximal) par fragilité osseuse, un traitement anti-ostéoporotique est recommandé si l’un des T-score est ≤−1 (accord professionnel).
En cas de T-score lombaire et fémoral>−1, il faudra chercher une autre cause d’ostéopathie fragilisante que l’ostéoporose, à densité conservée ou augmentée. Un avis spécialisé doit être sollicité.

Recommandation 9. En présence d’une fracture non sévère (poignet, cheville notamment) par fragilité osseuse, un traitement anti-ostéoporotique est recommandé si l’un des T-score est ≤−2 (accord professionnel).

Recommandation 10. En l’absence de fracture, un traitement anti-ostéoporotique est recommandé chez les hommes avec facteurs de risque de fragilité osseuse ou de chute et si l’un des T-score est ≤−3 (accord professionnel).

Recommandation 11. Chez les patients ayant eu une fracture de l’extrémité supérieure du fémur par fragilité osseuse, il est recommandé d’utiliser l’acide zolédronique en première intention (accord professionnel).
Chez l’homme, l’acide zolédronique est le seul traitement à avoir démontré une réduction du risque de fracture dans un essai randomisé contrôlé [47]. Son utilisation est également à privilégier dans les situations suivantes : troubles mnésiques suggérant une mauvaise observance, troubles digestifs majeurs (gastrectomie, malabsorption), polymédication (accord professionnel).
Chez les hommes avec fracture sévère non vertébrale, fracture vertébrale unique ou fracture non sévère, les traitements suivants ont l’indication et sont remboursés en France :
• acide zolédronique 5 mg en perfusion unique annuelle ;
• risédronate 35 mg, en administration per os hebdomadaire.
Chez les hommes avec au moins deux fractures vertébrales, les traitements suivants ont l’indication, et sont remboursés en France :
• tériparatide 20μg, en injection sous cutanée quotidienne ;
• acide zolédronique 5 mg en perfusion unique annuelle ;
• risédronate 35 mg, en administration per os hebdomadaire.
Dans cette situation, le tériparatide peut être prescrit en première intention au moment du diagnostic en l’absence de contre-indication (accord professionnel). Le tériparatide est alors prescrit pour une durée de 18 mois. Il doit être suivi par une prescription de bisphosphonates per os ou iv.
En cas de contre-indication à ces traitements, telle qu’une insuffisance rénale, il est utile de demander l’avis d’un expert en pathologie osseuse.
Le dénosumab a une indication dans le traitement de l’ostéoporose chez l’homme, dans le traitement de la perte osseuse associée à un traitement anti androgénique chez les hommes atteints de cancer de la prostate et dans le traitement de l’ostéoporose induite par les glucocorticoïdes. Il n’est pas remboursé dans ces indications.
En cas de découverte d’un hypogonadisme, hors castration pour un cancer de la prostate, le patient doit être référé à un spécialiste de la pathologie endocrinienne qui évaluera après bilan adéquat la nécessité d’un traitement androgénique.
La normalisation de la testostéronémie augmente la DMO chez les hommes ayant un hypogonadisme acquis comme un adénome à prolactine [48, 49]. Chez les hommes âgés de plus de 65 ans présentant un hypogonadisme primaire (périphérique), le traitement androgénique augmente la DMO au rachis lombaire et à la hanche [50, 51]. Aucune étude n’a évalué l’effet anti-fracturaire de la substitution androgénique. Aucune étude n’a évalué les effets combinés des bisphosphonates ou du tériparatide avec une substitution androgénique. La testostérone n’est pas un traitement de l’ostéoporose masculine et ne doit pas être prescrite au titre du traitement de l’ostéoporose chez les hommes avec une testostéronémie normale ou en monothérapie chez les hommes à haut risque de fracture [52, 53].

Recommandation 12. Il est recommandé d’éliminer les facteurs de risque modifiables de fragilité osseuse, de prévenir le risque de chute, de normaliser les apports en calcium et en protéines, d’obtenir une concentration en 25(OH) vitamine D optimale et de favoriser une activité physique en charge (accord professionnel).
Cette recommandation définit le cadre global de la prise en charge d’un patient ostéoporotique combinant des mesures pharmacologiques détaillées plus haut et des mesures non pharmacologiques. Il est important de convaincre le patient de l’intérêt de sa démarche proactive dans la réalisation de ces mesures avec l’objectif d’une meilleure adhésion à l’ensemble de sa prise en charge.
Cette recommandation s’applique également chez le sujet à risque mais ne relevant pas d’un traitement pharmacologique.[…]

https://www.em-consulte.com/article/1443129/article/recommandations-francaises-de-la-prise-en-charge-e

Nous ne pouvons aller plus loin dans notre réponse et espérons que ces informations pourront enrichir le dialogue avec le médecin qui vous suit ou votre médecin traitant. Eux seuls pourront vous expliquer les bénéfices attendus, en toute connaissance de votre dossier médical.

Nous restons bien entendu à votre disposition pour toute recherche documentaire dans le domaine de la santé.

L’Equipe des documentalistes de Questions-santé,
Le service de réponses en ligne de la Cité de la santé.

Service Questions-santé

NB : Nous vous remercions d'avoir autorisé la publication de votre question. Vous pourrez la retrouver dans les pages de la Cité de la santé  (les questions-réponses sont classées par dates)



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