Voici Axel reparti aux côtés de Sally, sa nouvelle amie. L’objectif : grimper en hauteur pour dénicher les aviasœurs. Mais atteindre seul la cime, c’est mission impossible ! Est-ce que quelqu’un serait prêt à l’y emmener ?
Antoine, la cétoine
- Écriture et illustration : Antoine Laporte
- Composition musicale et sound design : Bart Bell
- Voix : Charlotte Rousseau, David Bento
- Suivi de production : Anne-Sophie Rincel
- Écriture web : Gaëlle Courty
- Accessibilité web : Stéphanie Giacchi
- Développement web : Wilfried Jumelle
Axel ne veut pas changer - Chapitre 7 : Antoine, la cétoine
Histoire
[Musique enjouée avec sons d’oiseaux et d’insectes]
Axel et Sally s’amusaient beaucoup, en marchant dans la forêt. Ils se cachaient, grimpaient. Ils observaient les vers tout mous, cachés sous les cailloux.
Surtout, ils se baignaient, dans les flaques que Sally trouvait. Alors, ils pataugeaient, s’éclaboussaient, et riaient tellement que les animaux de la forêt, dérangés, partaient en râlant.
Oui, Axel s’amusait mais pourtant, quelque chose le dérangeait…
Plus ils s’enfonçaient dans la forêt, plus ils rapetissaient !
« Sally, dit-il, je crois qu’on devient tout petits, aussi petits que des fourmis ! »
La salamandre rigola. « Mais non, tête de lion ! Ce n’est pas nous qui sommes plus petits, c’est la nature qui grossit ! Ici, tout est plus grand. Les insectes, les fleurs et les arbres, évidemment.
D’ailleurs, on est arrivés. Lève le nez. »
« Cet arbre est mille fois plus grand que moi ! Je ne pourrai jamais grimper jusqu’au sommet ! »
La salamandre répondit : « Tout seul, c’est vrai. Quelqu’un devra t’aider. Pourquoi pas lui, là-bas ? Il a l’air sympa ! »
Non loin de là, en effet, sur une haute fleur, un insecte brillait.
Axel hésita mais Sally, en bonne amie, l’encouragea : « Allez ! Il ne va pas te manger ! »
L’axolotl n’en était pas certain. Mais il était déjà allé si loin ! Il ne pouvait pas s’arrêter en si bon chemin.
Alors, il serra son amie dans ses bras, lui dit au revoir et, s’accrochant à la fleur, grimpa.
[Musique avec le thème d’Antoine démarre] [Musique enjouée et entraînante avec des cuivres]
En arrivant au sommet de la fleur, sur ses pétales, Axel était essoufflé. Il n’était pas habitué à grimper.
L’insecte, qu’il était venu rencontrer, demanda : « Qu’est-ce que tu viens faire là ? Tu es un fan, c’est ça ? Un fan d’Antoine la cétoine ?
— Un fan ? Comment ça ? s’étonna Axel, qui retrouvait sa voix.
— Je sais ! répondit Antoine. Tu veux admirer mes reflets. Ou bien mes yeux ? Ils sont beaux, n’est-ce pas ? Ça tombe bien, j’en ai des tas.
— Non ! dit Axel, j’ai besoin d’aide.
— De l’aide ? demanda l’insecte, étonné.
— Je dois monter dans le grand arbre, expliqua Axel, jusqu’au sommet. Mais je ne peux pas grimper si haut. Est-ce que tu peux m’y emmener, sur ton dos ?
— Tu m’as pris pour un taxi ? s’exclama Antoine, surpris. Je suis occupé. Occupé à m’admirer. Tu devras te débrouiller. »
[Arrêt progressif du thème musical d’Antoine] [Musique triste]
L’axolotl était découragé. Venir ici n’avait servi à rien. Il devait rebrousser chemin.
En voyant l’axolotl si malheureux, Antoine s’en voulut un peu. Il s’excusa. « J’ai été maladroit. Parfois, je me laisse emporter. Je dévale ma cote de popularité. Alors, je vais t’écouter. Pourquoi veux-tu aller jusqu’au sommet ? »
Axel raconta : le lac qui baissait et l’obligeait à changer. L’eau, tout là-haut, qu’il voulait trouver et les aviasœurs, dans le grand arbre, qui pourraient l’aider.
[Musique calme]
« Cette histoire est bien compliquée, remarqua Antoine. Mais j’ai tout compris, car je suis un génie. Tout, sauf une chose : pourquoi tu refuses la métamorphose ? »
Axel répondit : « Tout allait bien, jusque-là. Alors, je ne comprends pas. Je ne comprends pas pourquoi tout devrait changer, soudainement. C’est trop perturbant.
— Soudainement ? Pas forcément, répondit Antoine. Moi, j’ai mis du temps, pour me transformer.
Axel proposa :
— Plusieurs semaines ?
— Beaucoup plus ! dit Antoine. Ça m’a pris des mois, pour me métamorphoser.
— Des mois ! s’exclama Axel. Les insectes mettent tant de temps à changer ! Je l’ignorais…
— Ça dépend, répondit Antoine. Les libellules, les abeilles, les mites se transforment très vite. Mais moi, ça s’est produit beaucoup plus lentement. »
Axel affirma : « C’est parce que tu avais peur, comme moi.
— Pas du tout ! répondit Antoine. J’étais jaloux. J’enviais, j’enviais ceux qui pouvaient voler. Alors chaque soir, en m’endormant, je me répétais : « Demain, tu seras différent. » Mais quand le jour se levait, je n’avais pas changé. À peu de choses près.
— Qu'est-ce que tu as fait, pour accélérer ? demanda Axel, intrigué.
— Ce que j’ai fait ? réfléchit Antoine. Rien. Ou plutôt, j’ai compris. J’ai compris qu’aller vite, ce n’est pas mieux qu’aller lentement. Prendre son temps, ça permet d’apprécier tous les changements, autour et en dedans. De les observer, de les mesurer. Le temps permet de comprendre, pour résumer.
Alors, tu veux bien te métamorphoser, si c’est au rythme qui te plaît ? »
Axel répondit : « Ce n’est pas un problème de temps, c’est un problème de changement. J’aime qui je suis, ma vie comme elle est. Même si ça prend des années, je ne veux pas changer. »
La cétoine s’exclama : « Tu as une sacrée personnalité. Une vraie célébrité ! Ça me plaît. Alors, je vais t’aider. Monte sur ma carapace. Prends place. On va décoller. Direction le grand arbre et son sommet. »
[Musique d’aventure rythmée. Bruit d’insecte qui volte]
Conclusion
Axel ne veut pas changer : un conte Cité des sciences et de l'industrie, réalisé en lien avec l’exposition Métamorphoses.
- Écriture : Antoine Laporte
- Musique : Barthélémy Belleudy
- Voix : Charlotte Rousseau, David Bento
- Suivi de production : Anne-Sophie Rincel
Vous aimez les aventures d’Axel, retrouvez plus d’histoires et d’expériences sur le site de la Cité des sciences et de l’industrie.
À bientôt !