Questions-Santé Un service de la Cité de la santé

Toutes les questions

Questions-santé vous apporte une réponse documentaire dans le domaine de la santé dans un délai de 72h (du mardi au samedi)
Nous vous invitons à interroger l’ensemble des réponses que nous avons déjà rédigées ou l’un des dossiers thématiques que nous avons élaborés. Si vous n’avez pas trouvé de réponse adaptée à votre demande, n’hésitez pas à poser votre question sur notre formulaire (en bas de page)

 

Cas SPT suite vaccination monkeypox

Question

Bonjour, y a-t-il des cas répertoriés en France ou dans le monde de personnes ayant contracté SPT après avoir été vacciné contre le monkeypox ou un autre vaccin dans le délai approprié ?

Réponse

Bonjour, 

Vous souhaitez savoir si le vaccin contre le virus Mpox ou d’autres vaccins ont été rapportés comme étant à l’origine de Syndromes de Parsonage et Turner (supposons-nous).

Nous vous proposons les informations générales suivantes.

Tout d’abord, le site Vaccination-info-service.fr site web conçu sous l’égide de Santé publique France, cite les effets indésirables du vaccin dans le dossier consacré à la Mpox (Variole du singe)

[…]
Le vaccin contre Mpox (Variole du singe)
[….]
Effets indésirables
Les effets indésirables les plus fréquemment décrits sont des réactions au niveau du site d’injection (douleur, rougeur, gonflement). La majorité d’entre eux sont d’intensité légère à modérée et disparaissent dans les sept jours, sans traitement.
Les autres effets indésirables pouvant survenir sont :
-  douleurs musculaires, douleurs et gonflements au site d’injection, fatigue, maux de tête, nausées : très fréquent (>1 cas / 10 vaccinés) ;
- douleurs dans les extrémités, frissons, chaleur au site d’injection, légère fièvre, troubles de l’appétit : fréquent (>1/100, <1/10) ;
- éruption cutanée, toux, diarrhée, vomissement, vertiges, raideur musculaire, gonflement au niveau des aisselles, malaise, douleur thoracique : peu fréquent (>1/1000, <1/100) ;
- sinusite, grippe, conjonctivite, migraine, vertige, faiblesse musculaire, douleurs dans l’abdomen : rare (>1/10 000, <1/1000).

 Effets indésirables d’intérêt particulier  
Si vous présentez déjà une dermatite atopique (eczéma), il est possible que vous présentiez des réactions telles que des rougeurs, gonflements et démangeaisons, et d’autres symptômes généraux (tels que maux de tête, douleurs musculaires, nausées ou fatigue), ainsi qu’une poussée ou une aggravation de votre maladie de peau.
En cas d’inquiétude, n’hésitez pas à demander conseil à votre médecin ou pharmacien.
L’ANSM a publié un premier bilan au 1er septembre 2022 de la surveillance des vaccins MKP depuis le début de la vaccination en France, qui retrouve 15 déclarations d'évènements indésirables après une vaccination. Ces évènements sont majoritairement non graves et font partie des effets indésirables connus (réactions locales au site de vaccination et syndromes pseudogrippaux).

https://vaccination-info-service.fr/Les-maladies-et-leurs-vaccins/Mpox-Variole-du-singe

L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (Ansm) a publié dans ses dossiers thématiques concernant la Mpox la Surveillance des effets indésirables des vaccins et traitements PUBLIÉ LE 20/06/2022 - MIS À JOUR LE 17/04/2025 

L’ANSM mobilise le réseau des centres régionaux de pharmacovigilance (CRPV) pour assurer une surveillance continue des effets indésirables déclarés après une vaccination contre la variole du singe ou l’administration d’un traitement. Deux CRPV rapporteurs et 2 CRPV relecteurs ont ainsi été nommés pour réaliser des enquêtes de pharmacovigilance : 

  • CRPV rapporteurs : le CRPV de Nancy pour les vaccins et le CRPV de Poitiers pour les traitements ;
  • CRPV relecteurs : le CRPV de Rouen pour les vaccins et le CRPV de Nantes pour les traitements.

[…]
Bilan des enquêtes de pharmacovigilance
Enquête nationale de pharmacovigilance relative aux vaccins Imvanex et Jynneos
Entre le 1er janvier et le 31 décembre 2023, 97 effets indésirables ont été rapportés en France, dont 73 graves (75,3%). Il s’agissait majoritairement de cas d’infection par mpox, survenus principalement chez des patients au schéma vaccinal incomplet ou avant que le vaccin atteigne son efficacité optimale (moins de 14 jours après l'injection). Il y a donc très peu d’échecs vaccinaux avérés. 

Aucun effet indésirable n’a été rapporté dans les populations à risque (enfant de moins de 18 ans, femme enceinte ou qui allaite). Sur la période étudiée, le profil des effets indésirables rapportés par les CRPV est conforme au profil d’effets indésirables attendus : il s’agit d’effets indésirables identifiés lors des essais cliniques et qui déjà sont listés dans le RCP des vaccins. 

Sur l’année 2023, il n’y a pas eu d’évènement indésirable nécessitant une surveillance accrue.

Nous poursuivons l’enquête nationale de pharmacovigilance sur les vaccins Imvanex et Jynneos mise en place en 2022.

https://ansm.sante.fr/dossiers-thematiques/monkeypox/surveillance-des-effets-indesirables-des-vaccins-et-traitements

INFOVAC-FRANCE, réseau d’experts ayant pour mission de répondre rapidement aux questions liées aux vaccinations que se posent les médecins, indique au sujet de Parsonage Turner :

P comme « Parsonage et Turner »
Les vaccins contre la COVID-19 provoquent-ils des Syndromes de Parsonage et Turner ? Peut-être ! Bien que rares (moins de 80 cas en France), les SPT sont actuellement considérés comme un signal potentiel pour l’ensemble des vaccins contre la Covid-19 et font l’objet d’un suivi spécifique. Jusqu’à présent, il ne ressort pas de caractéristiques particulières en termes de rang vaccinal, de délai de survenue ou d’évolution. Ce syndrome, appelé aussi névralgie amyotrophiante de l’épaule est une pathologie peu fréquente, caractérisée par une violente douleur suivie d’une paralysie du bras et dont la physiopathologie est mal connue. Différents facteurs ont été mis en cause comme des infections virales (des cas sont décrits notamment en post infection covid) ou bactériennes, une chirurgie ou la vaccination antigrippale. Le STP touche majoritairement des hommes (sex-ratio à 2), et préférentiellement dans la catégorie d’âge 45-64 ans.
Date de publication : 28 juillet 2025

https://www.infovac.fr/abecedaire/p-comme-parsonage-et-turner/

Plus généralement, un traité de l’Encyclopédie médico chirurgicale Neurologie des Editions Elsevier Masson consacré à la Névralgie amyotrophiante de Parsonage et Turner donne des indications sur les circonstances déclenchantes de cette pathologie, dont fait partie la vaccination :
P. Seror. Névralgie amyotrophiante de Parsonage et Turner. EMC - Neurologie 2025:1-14

Résumé
Plus d'un siècle après sa première description, la physiopathologie de la névralgie amyotrophiante de Parsonage et Turner (NAPT) reste inconnue, même si une réaction inflammatoire inappropriée d'origine auto-immune est supposée responsable de sa survenue. Cette réaction semble déclenchée par un événement mécanique ou infectieux, sur un terrain prédisposé. Sur les plans clinique et neurophysiologique, il s'agit typiquement de mononeuropathies uniques ou multiples, de survenue aiguë et très douloureuse, responsables de la paralysie d'un ou plusieurs muscles avec amyotrophie, et de troubles sensitifs, dont la distribution est aléatoire et asymétrique. Cette atteinte évolue en une seule poussée et n'évolue jamais vers une neuropathie généralisée. Elle touche préférentiellement le plexus brachial supérieur, mais peut également affecter le plexus brachial moyen et inférieur, tout comme le plexus cervical, le plexus lombosacré, voire les nerfs crâniens. L'atteinte peut toucher une racine, un tronc primaire ou secondaire, une branche du plexus, un tronc nerveux ou seulement certains fascicules d'un nerf, ou réaliser une combinaison de plusieurs lésions dont la sévérité est très variable d'un nerf à l'autre. La mononeuropathie est la lésion élémentaire la plus caractéristique et la plus fréquente de la NAPT, elle se caractérise par une perte axonale très importante, sans anomalie des vitesses de conduction nerveuse, ou des latences. La récupération intervient dans 80 % des cas en 6 à 36 mois. Un déficit persiste dans 20 % des cas idiopathiques et beaucoup plus souvent dans les cas héréditaires (NAPTH). Les NAPTH sont le plus souvent liées à une mutation du gène de la protéine septine 9. Quand le patient est vu précocement, les corticoïdes sont le traitement de choix, car ils semblent réduire la durée des douleurs et du temps de récupération. Au-delà de cette période, des traitements pharmacologiques et non pharmacologiques sont utilisés, en fonction des plaintes du patient.

Tableau clinique et électroneuromyographique typique
[…]
Circonstances déclenchantes
De nombreuses circonstances peuvent déclencher des accès de NAPT. Dyke, en 1918, lors de sa première description de NAPT, avait fait le lien avec la sérothérapie antitétanique  [21] . Depuis lors, de nombreux autres facteurs déclenchants ont été rapportés dans de larges séries et dans des cas cliniques. Ces facteurs déclenchants sont trouvés dans 28 à 72 %  [1, 2] des cas et surviennent de quelques heures à 1 mois avant l'apparition de la NAPT (1 semaine dans 52 % des cas)  [15, 36, 37, 38, 39] . La NAPT peut survenir à la suite : 
• d'un traumatisme mineur (se cogner) ou majeur (plaie par balle), d'un exercice physique intense, d'un stress psychologique, d'une ponction lombaire, d'une exposition au froid, d'une brûlure ;
• d'une intervention chirurgicale : amygdalectomie, ablation des végétations, soin dentaire, appendicectomie, hystérectomie, césarienne, pontage coronarien, chirurgie du genou, accouchement ;
• d'une sérothérapie antitétanique, d'une vaccination contre la typhoïde, la diphtérie, le tétanos, la rougeole, la grippe, le papillomavirus humain, la Covid-19 ;
• d'une infection virale : grippe, cytomégalovirus, herpès, virus varicelle-zona, parvovirus B19, virus Epstein-Barr, virus coxsackie A2, B, hépatite B, hépatite E, échovirus 13/30, variole, poliomyélite, virus de l'immunodéficience humaine, Covid-19 ;
• d'une infection bactérienne : typhus, typhoïde, malaria, diphtérie, pneumonie, fièvre rhumatismale, dysenterie, sepsis, Rickettsia conorii , Bartonella henselae (maladie des griffes du chat), borréliose, piqûres d'insectes, etc. 
Parmi les virus, une place particulière est à réserver au virus de l'hépatite E, du fait de sa fréquence (environ 10 % des NAPT) et de sa capacité à déclencher des formes extensives bilatérales, multitronculaires et asymétriques  [36] , mais aussi un syndrome de Guillain-Barré. Les derniers venus sont le virus de la Covid-19 et son vaccin, qui ont fait l'objet de publications les mettant en cause dans des NAPT et des syndromes de Guillain-Barré  [40, 41, 42, 43]Naturellement, la survenue d'une NAPT après une vaccination ne contre-indique pas la réalisation de vaccinations ultérieures, à distance de l'épisode de NAPT. […]

https://www.em-consulte.com/article/227325/syndrome-de-parsonage-et-turner-nevralgie-amyotrop

Nous espérons que ces informations vous seront utiles et restons bien entendu à votre disposition pour toute recherche documentaire dans le domaine de la santé.

L’Equipe des documentalistes de Questions-santé, 
Le service de réponses en ligne de la Cité de la santé.
Service Questions-santé
http://www.cite-sciences.fr/fr/au-programme/lieux-ressources/cite-de-la-sante/

Avez-vous trouvé cette réponse utile ? /
Avez-vous trouvé cette réponse utile ? Remplissez le formulaire de satisfaction !

Vous n'avez toujours pas trouvé votre réponse ?

N’hésitez pas à nous poser votre question. Nous vous apporterons une réponse documentaire dans les 72h (du mardi au samedi)

Posez votre question