Questions-Santé Un service de la Cité de la santé

Toutes les questions

Questions-santé vous apporte une réponse documentaire dans le domaine de la santé dans un délai de 72h (du mardi au samedi)
Nous vous invitons à interroger l’ensemble des réponses que nous avons déjà rédigées ou l’un des dossiers thématiques que nous avons élaborés. Si vous n’avez pas trouvé de réponse adaptée à votre demande, n’hésitez pas à poser votre question sur notre formulaire (en bas de page)

 

Scheltens

Question

Atrophie de formations hippocampiques évaluée à Scheltens 3 - 4 des deux cotés. Alzheimer ? DFT ?

Réponse

Bonjour,

Vous nous communiquez des résultats d’IRM cérébral, mentionnant en particulier un score sur l’échelle de Scheltens, et vous nous demandez notre avis.

Nous vous remercions de l’intérêt que vous portez à notre service mais nous vous rappelons que Questions-santé est un service documentaire animé par des documentalistes. C’est pourquoi, comme indiqué sur notre portail, nous ne pouvons donner d’interprétation des examens médicaux quels qu’ils soient, donner d’avis médical.

Cependant et afin d’enrichir le dialogue avec votre médecin, nous vous proposons les informations générales suivantes.

Tout d’abord, nous vous suggérons la lecture de la réponse-type que nous avons rédigée Que veulent dire les termes de mon compte rendu d’IRM ?

Qu'est-ce que l'échelle de Scheltens ?
Elle correspond à une échelle de mesure d’atrophie hippocampique.

Passeport santé, site d’information en santé grand public, donne des explications dans le dossier Echelle de Scheltens : qu'est-ce que c'est ? :
L'échelle de Scheltens permet de mesurer l'atrophie de l'hippocampe, cette petite structure du cerveau très impliquée dans les fonctions de mémorisation.
En utilisant une technique d'IRM cérébrale (imagerie à résonance magnétique), il est possible de visualiser la baisse de la taille de cet hippocampe. Les résultats sont alors compris sur une échelle allant de 0 (en l'absence totale d'atrophie) à 4 (si l'atrophie est très importante).
https://www.passeportsante.net/fr/Maux/examens-medicaux-operations/Fiche.aspx?doc=echelle-scheltens

https://www.cite-sciences.fr/fr/au-programme/lieux-ressources/cite-de-la-sante/une-question-en-sante/questions-sante/examens-medicaux/que-veulent-dire-les-termes-de-mon-compte-rendu-dirm

Vous mentionnez la maladie l’Alzheimer et la Dégénérescence frontotemporale. Nous vous proposons les dossiers concernant ces maladies : 

- Maladie d’Alzheimer de l’Inserm

[…]
Prendre en charge, à temps
La maladie d’Alzheimer ne se guérit pas, mais une prise en charge adaptée peut ralentir sa progression et améliorer la vie du patient et de son entourage. Encore faut-il agir à temps… 
Un diagnostic en deux étapes
[…]
L’imagerie cérébrale contribue également au diagnostic des maladies neurocognitives, y compris à un stade précoce : l’IRM permet de rechercher des altérations cérébrales compatibles avec les symptômes du patient. Une réduction du volume du cerveau, notamment des régions postérieures, et une atrophie de l’hippocampe constituent des arguments en faveur du diagnostic de maladie d’Alzheimer. 

https://www.inserm.fr/dossier/alzheimer-maladie/

- Alzheimer (Maladie d’) de l’Institut Pasteur

[…]
Comment diagnostiquer la maladie ?
[…]
En outre, différents examens d’imagerie permettent de visualiser la présence des plaques amyloïdes ou l’atrophie de certaines structures du cerveau (hippocampe). La maladie d’Alzheimer est la première piste évoquée devant un syndrome démentiel. 

https://www.pasteur.fr/fr/centre-medical/fiches-maladies/alzheimer-maladie

- Les dégénérescences fronto-temporales (DFT) de l’Institut du Cerveau ICM

Les dégénérescences lobaires fronto-temporales (DLFT), anciennement appelées démences fronto-temporales ou maladie de Pick, sont des maladies neurodégénératives cognitives et comportementales. Environ 10 à 20 000 patients sont atteints par cette maladie en France, et elles représentent la deuxième cause de démence dégénérative après la maladie d’Alzheimer chez les sujets de moins de 65 ans. La maladie se manifeste par des troubles du comportement, une modification de la personnalité, des troubles émotionnels et du langage. Les premiers symptômes apparaissent en général entre 50 et 65 ans.  Les DFT touchent autant les hommes que les femmes.

Les causes et les mécanismes biologiques des dégénérescences fronto-temporales 

Les symptômes de la DFT sont causés par un dysfonctionnement des régions frontales et temporales du cerveau. Ces régions sont impliquées dans des fonctions aussi diverses que le contrôle de nos comportements, en particulier de nos comportements sociaux, la motivation et la prise d’initiative, le contrôle des émotions, le langage. Les lésions observées dans les lobes frontaux et temporaux sont constituées par l’accumulation de protéines anormales dans les cellules nerveuses (les protéines TDP-43, TAU ou FUS). Cela provoque la mort de ces cellules et l’atrophie (réduction du volume) des régions frontales et temporales.
[…]

https://institutducerveau.org/fiches-maladies/degenerescences-fronto-temporales-dft

En complément, nous avons trouvé l’article suivant paru dans NPG Neurologie - Psychiatrie – Gériatrie qui apporte des éléments de réponse :
S. Stroër, M.-O. Habert NPG Vol 20 - N° 120S P. 120S11-120S18 - décembre 2020
Maladie d’Alzheimer à un stade précoce : le rôle central de l’imagerie

Résumé
Le diagnostic au stade précoce de la maladie d’Alzheimer (MA) repose sur l’association d’un phénotype clinique compatible et l’existence de biomarqueurs physiopathologiques de la maladie d’Alzheimer (biomarqueurs du liquide cérébrospinal ou imagerie TEP des plaques amyloïdes).
L’imagerie est représentée en pratique courante par l’IRM, et la TEP-18FDG. L’IRM est employée de préférence lors du bilan initial d’un trouble cognitif, et aura pour rôle d’écarter les diagnostics différentiels (tumeurs, hydrocéphalie chronique), de déterminer s’il existe une maladie des petits vaisseaux et de la quantifier, et enfin de rechercher une atrophie cérébrale dont la topographie pourra être suggestive d’une maladie d’Alzheimer. La TEP-18FDG permettra par l’analyse du métabolisme glucidique cérébral de rechercher des anomalies en faveur d’une maladie neurodégénérative de type MA, ou l’un de ses diagnostics différentiels. L’IRM et la TEP-FDG sont des biomarqueurs de MA dits « topographiques » car l’atrophie et les modifications du métabolisme donnent des informations sur la topographie des lésions sous-jacentes mais pas sur leur nature.
[…]
Apports de l’imagerie dans le diagnostic positif de MA
Formes typiques de MA
[…]
En pratique courante, l’évaluation de l’atrophie temporale médiale est réalisée de façon visuelle et semi-quantitative à l’aide de l’échelle de Scheltens [13]. Cette échelle se fonde sur un marqueur direct (l’épaisseur de l’hippocampe), et deux marqueurs indirects (l’élargissement de la fissure choroïdienne et de la corne temporale). Ceci explique les difficultés à l’appliquer de façon reproductible dès lors qu’il existe un autre facteur modifiant ces paramètres, par exemple une hydrocéphalie chronique responsable d’une dilatation de la corne temporale.
Des outils automatisés et reproductibles sont également en cours de développement, permettant une quantification du volume hippocampique et des différentes régions cérébrales [14]. Ces outils permettent notamment d’améliorer la reproductibilité interobservateur, et permettent également une comparaison du volume hippocampique du patient à celui d’une base normative de sujets du même âge. L’utilisation de ces outils n’a toutefois pas à l’heure actuelle pour objectif de permettre le diagnostic à l’échelle individuelle, mais pourrait avoir un intérêt dans l’évaluation de la progression de la maladie.
En effet, le dépistage d’une atrophie hippocampique est une méthode sensible pour dépister une maladie d’Alzheimer; néanmoins, sa sensibilité diminue dans les stades précoces de la maladie. Ainsi, elle peut être absente lors de l’évaluation initiale, et une IRM retrouvant des hippocampes normaux (sans atrophie perceptible pour l’âge) ne permet donc pas d’écarter le diagnostic. En particulier, l’atrophie hippocampique est souvent absente ou minime dans les MA du sujet jeune. Chez les patients jeunes, les troubles instrumentaux sont plus fréquemment au premier plan dans les stades précoces de la maladie, et l’IRM retrouve ainsi une atrophie intéressant principalement les régions pariétales, avec des hippocampes préservés.
L’atrophie hippocampique est de plus un marqueur peu spécifique. En effet, le volume hippocampique diminue également dans le vieillissement cérébral physiologique [15]. On peut ainsi considérer qu’un score de Scheltens 2 peut être normal entre 70 et 80 ans, voire qu’un score jusqu’à Scheltens 3 peut encore être normal après 80 ans. Cette atrophie hippocampique peut également se manifester chez des patients présentant un syndrome dépressif d’évolution prolongée [16], ou dans le cadre d’une maladie des petites artères [17].
L’atrophie hippocampique peut par ailleurs être rencontrée également dans d’autres pathologies neurodégénératives. C’est ainsi le cas dans les dégénérescences lobaires frontotemporales (DLFT), et notamment les démences sémantiques. Dans ces cas, il pourra exister une atrophie hippocampique très marquée, souvent plus que dans la maladie d’Alzheimer, mais elle s’accompagne d’une atrophie des régions temporales antérieures et latérales, absente dans la MA [18]. L’atrophie hippocampique peut également être le fait d’autres maladies neurodégénératives, par exemple une démence à corps de Lewy (DCL, où elle sera associée fréquemment à une atrophie plus diffuse), ou un LATE (Limbic-predominant Associated TDP-43 Encephalopathy ).
L’ensemble de ces données conduit donc à considérer que l’atrophie hippocampique est un marqueur intéressant, mais de maniement difficile en pratique courante.

https://www.em-consulte.com/article/1416370/article/maladie-dalzheimer-a-un-stade-precoce-le-role-cent

Enfin, dans un article de 2023, Sylvaine Artero, chercheuse Inserm à l’Institut de génomique fonctionnelle de Montpellier indique : Atrophie de l’hippocampe : un marqueur prédictif de la maladie d’Alzheimer à utiliser avec précaution

La réduction du volume d’une petite zone du cerveau, l’hippocampe, est associée à la survenue d’une maladie d’Alzheimer. Cette particularité est par conséquent très utilisée dans les études cliniques pour sélectionner les patients à risque et tester l’efficacité de traitements précoces. À l’Institut de génomique fonctionnelle de Montpellier (IGF), une équipe Inserm vient de montrer que ce biomarqueur est toutefois à utiliser avec précaution car, finalement, il n’est pas spécifique de la maladie d’Alzheimer : il peut également prédire le développement d’un déclin cognitif léger, sans démence associée.
[…]

https://www.inserm.fr/actualite/atrophie-de-lhippocampe-un-marqueur-predictif-de-la-maladie-dalzheimer-a-utiliser-avec-precaution/#:~:text=L%27hippocampe%20est%20une%20structure,le%20rep%C3%A9rage%20dans%20l%27espace.

En tant que service documentaire, nous ne pouvons aller plus loin dans notre réponse. Nous vous conseillons d’interroger le médecin prescripteur de cet examen afin qu’il puisse en faire une interprétation médicale pertinente en toute connaissance du dossier médical du patient.

Nous restons bien entendu à votre disposition pour toute recherche documentaire dans le domaine de la santé.

L’Equipe des documentalistes de Questions-santé, 
Le service de réponses en ligne de la Cité de la santé.
Service Questions-santé
http://www.cite-sciences.fr/fr/au-programme/lieux-ressources/cite-de-la-sante/

Avez-vous trouvé cette réponse utile ? /
Avez-vous trouvé cette réponse utile ? Remplissez le formulaire de satisfaction !

Vous n'avez toujours pas trouvé votre réponse ?

N’hésitez pas à nous poser votre question. Nous vous apporterons une réponse documentaire dans les 72h (du mardi au samedi)

Posez votre question