Syndrome de Morel Lavallée
Question
Après un tonneau violent en buggy, les deux ceintures sur les cuisses m’ont provoqué sur chaque cuisse des poches qui ont été ponctionnées suite à une échographie, j’ai porté pendant quatre mois des collants de contention, catégorie trois. J’ai toujours deux séances de drainage par semaine. Je suis en attente d’ici deux semaines des I.R.M. sur la cuisse droite, je cherche un spécialiste ?
Réponse
Bonjour,
Vous souffrez du syndrome de Morel Lavallée à la suite d’un accident traumatique. Vous voulez savoir quel spécialiste consulter.
Tout d’abord, le site La Médecine du sport indique dans l’article La pathologie prépatellaire, des problématiques diverses une description et les traitements de ce syndrome :
[…]
Le syndrome de Morel-Lavallée
Il porte le nom d’un célèbre chirurgien du XIXe siècle, Victor-Auguste- François Morel-Lavallée qui a laissé derrière lui de nombreuses publications chirurgicales, particulièrement dans le domaine traumatologique (encadré 1) .
[…]
Description
Le syndrome de Morel-Lavallée est une collection séreuse située entre la graisse hypodermique et le plan des fascias sous-jacent à la suite d’un clivage d’origine traumatique. La localisation rotulienne est la plus fréquente, mais elle existe également au niveau du coude, de la face externe de la hanche et du dos. Le cisaillement des fascias et des petits éléments fibreux de cohésion de la graisse associée à l’interruption des plexus vasculaires hypodermiques entraîne la création d’une cavité virtuelle qui se remplit progressivement de sang ou de lymphe et qui peut contenir des lobules graisseux disséqués. Le volume peut être impressionnant. Une réaction inflammatoire secondaire peut aboutir à la formation d’une pseudo-capsule. À la phase constituée, la lésion se présente souvent comme une masse indolore compressible (Fig. 2).Diagnostic, évolution et traitement
L’échographie fait facilement le diagnostic. Au stade aigu, il s’agit d’un véritable hématome qui éventuellement à la phase chronique peut être entouré d’une coque fibreuse. Parfois, cette poche disparaît spontanément, mais souvent des ponctions sont nécessaires. Bien souvent, il persiste pendant de longues semaines une granulation sous-cutanée avec une douleur qui gêne ou empêche la position à genoux.
La résonance magnétique visualise parfaitement cet épanchement, elle n’est pas plus performante que l’échographie qui doit être préférée. L’épanchement peut persister des mois et récidiver malgré des ponctions itératives.
Un article paru dans le Journal de Traumatologie du Sport (Volume 38, Issue 3, September 2021, Pages 168-172) est consacré à ce sujet : Le syndrome de Morel-Lavallée : physiopathologie, présentation clinique et prise en charge. Il indique notamment les traitements, et un arbre décisionnel.
[…]
Traitement
De nombreuses thérapeutiques ont été proposées dans le syndrome de Morel-Lavallée.
Malgré l’usage de multiples combinaisons thérapeutiques, il n’existe pas, à l’heure actuelle, de consensus quant à l’organisation de la prise en charge du patient [17]. Dans leur étude analytique, Nickerson et al. rapportent une récidive respectivement de 44 %, 16 % et 11 % selon la technique utilisée : ponction-aspiration, chirurgie ou non opératoire [21] alors que Shen et al. rapportent une efficacité supérieure des interventions chirurgicales sur les techniques conservatives [9].
Les méthodes conservatives comportent le repos, la compression et les ponctions-aspirations. Le repos est toujours associé aux autres traitements. La compression par bandage est recommandée pour les petites lésions aiguës lorsqu’il n’y a pas de capsule ; elle induit d’excellents résultats si le SML touche la hanche ou le genou [17]. Le drainage percutané reste une possibilité. Une série de 79 cas publiée par Nickerson et al. suggère que les lésions supérieures à 50ml ont plus de chance de récidiver après une ponction que celles inférieures à 50ml [21], comme cela a été le cas chez notre patiente. Nous préconisons donc l’utilisation de la ponction-aspiration pour les petites lésions aiguës ou subaiguës résistant au traitement par compression.
Les méthodes chirurgicales se résument au débridement avec ou sans drainage. Des incisions larges sont préconisées pour une excision optimale de la capsule fibreuse et un débridage complet des tissus nécrotiques. Néanmoins, certains auteurs suggèrent de petites incisions permettant de conserver une meilleure vascularisation de la cavité [3], visant à éviter la récurrence. Aucune technique chirurgicale n’a démontré sa supériorité [3].
La chirurgie est formellement indiquée en cas d’infection profonde, de nécrose cutanée ou encore de fracture ouverte associée. Elle est aussi indiquée en cas d’échec des traitements conservateurs ou devant des lésions très symptomatiques [3]. Il n’y a pas de recommandation pour le drainage postopératoire qui reste à la discrétion du chirurgien. Compte tenu, dans notre cas, de la lente résorption de l’épanchement sous bandage compressif, il semble raisonnable de ne pas conclure à un échec thérapeutique avant 3 mois de compression bien conduite.
Enfin, la sclérothérapie -empruntée au traitement des effusions péricardiques ou pleurales persistantes- peut être associée aux drainages percutanés et/ou aux interventions chirurgicales. Elle consiste à injecter de la doxycycline afin de provoquer une lyse des cellules de la capsule et une fibrose de la cavité. Sa place dans la prise en charge des SML reste à préciser [3, 22].
Au vu de ces informations et de l’histoire clinique de notre patiente, nous proposons donc l’algorithme décisionnel suivant pour la prise en charge du SML (Figure 5).
https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0762915X21000656
Vous résidez en Seine Maritime, le CHU de Rouen possède un service de Chirurgie orthopédique et traumatologique auprès duquel vous pouvez vous adresser, et qui comprend notamment une activité « pathologies du sportif » :
Un service spécialisé pour la prise en charge médico-chirurgicale des pathologies de l’appareil locomoteur
Le service de chirurgie orthopédique et traumatologique prend en charge l’ensemble des affections de l’appareil locomoteur, de l’urgence à la chirurgie programmée. Centre de référence en traumatologie, il prend en charge les traumatismes graves et complexes, incluant les fractures et les poly-traumatismes.
Il intervient également dans le traitement des lésions dégénératives telle que l’arthrose, des traumatismes liés à la pratique sportive, des pathologies du rachis, des infections ostéo-articulaires complexes ainsi que des tumeurs osseuses et des parties molles. L’activité repose sur une expertise multi-disciplinaire, sur un plateau technique moderne pour une prise en charge personnalisée du patient
https://www.chu-rouen.fr/services/chirurgie-orthopedique-et-traumatologique/
En tant que service documentaire, nous ne pouvons aller plus loin dans notre réponse. N’hésitez pas à demander conseil à votre médecin traitant, professionnel de santé qui a une bonne connaissance de votre dossier médical.
Nous restons bien entendu à votre disposition pour toute recherche documentaire dans le domaine de la santé.
L’Equipe des documentalistes de Questions-santé,
Le service de réponses en ligne de la Cité de la santé.
Service Questions-santé
http://www.cite-sciences.fr/fr/au-programme/lieux-ressources/cite-de-la-sante/