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Questions-santé vous apporte une réponse documentaire dans le domaine de la santé dans un délai de 72h (du mardi au samedi)
Nous vous invitons à interroger l’ensemble des réponses que nous avons déjà rédigées ou l’un des dossiers thématiques que nous avons élaborés. Si vous n’avez pas trouvé de réponse adaptée à votre demande, n’hésitez pas à poser votre question sur notre formulaire (en bas de page)

 

Gémellité et risque

Question

Ma sœur jumelle (monozygote) vient d’être diagnostiquée avec une leucopathie microvasculaire Fazekas 3. Dois-je me faire tester en cas de pb héréditaire ?

Réponse

Bonjour,

Votre sœur jumelle monozygote souffre d’une leucopathie Fazekas 3. Vous vous inquiétez des risques héréditaires et nous demandez si vous devez vous faire diagnostiquer.

Nous vous remercions de l’intérêt que vous portez à notre service mais nous vous rappelons que Questions-santé est un service documentaire animé par des documentalistes. C’est pourquoi, comme indiqué sur notre portail, nous ne pouvons donner d’avis médical.

Cependant et afin d’enrichir le dialogue avec votre médecin, nous vous proposons les informations générales suivantes.

Voici des extraits du dossier documentaire que nous avons réalisé au sujet de la leucopathie vasculaire :

Qu’est-ce qu’une leucopathie ?
La leucopathie est une atteinte neurologique se caractérisant plus précisément par une lésion de la substance blanche quel que soit la cause de la lésion.
Leucopathie vient du grec leuco = blanc et de pathos = maladie.
On parle également de leucoencéphalopathie.
Elle s’accompagne la plupart du temps de problèmes de circulation sanguine dans le cerveau. Ce dernier est alors mal irrigué par les artérioles et les capillaires. On parle de leucopathie (ou leucoencéphalopathie vasculaire).
[…]
Classification des différents types de leucopathie
On distingue les leucopathies acquises et celles qui sont héréditaires.
Les leucoencéphalopathies héréditaires ayant une cause génétique sont ensuite classés en fonction du gène qui est en cause (ce gène mute et cette mutation est à l’origine de la lésion de la substance blanche).
[…]
https://www.neuromedia.ca/leucopathie-vasculaire/
Site québécois Neuromedia, spécialisé dans la publication d’articles sur les différents aspects du problème du vieillissement cérébral, en neurologie.

https://www.cite-sciences.fr/fr/au-programme/lieux-ressources/cite-de-la-sante/une-question-en-sante/questions-sante/maladies/quest-ce-quune-leucopathie

Les résultats de l’IRM indiquent un score Fazekas, qu’est-ce que cela signifie ? 

Quelles maladies la leucopathie révèle-t-elle ? 

Un article de l’Encyclopédie Médico chirurgicale Neurologie des Editions Elsevier Masson traite des Leucoencéphalopathies et leucodystrophies héréditaires de l'adulte : 
X. Ayrignac, C. Carra-Dallière, P. Labauge. Leucoencéphalopathies et leucodystrophies héréditaires de l'adulte. EMC - Neurologie 2022;45(3):1-12

Leucoencéphalopathies et leucodystrophies héréditaires de l'adulte
Les leucodystrophies et leucoencéphalopathies héréditaires de l'adulte représentent un groupe de maladies génétiques hétérogènes et de mécanismes physiopathologiques variés. Malgré leur apparente rareté, elles constituent un problème diagnostique courant pour les neurologues adultes et elles font partie du diagnostic différentiel des formes progressives de scléroses en plaques et aussi des autres causes de leucoencéphalopathies acquises. Leur présentation clinique est le plus souvent aspécifique et une analyse précise des données de l'imagerie par résonance magnétique (IRM) est primordiale pour orienter le diagnostic. Elle doit permettre d'identifier les principaux groupes de leucoencéphalopathies : microangiopathies, hypomyélinisation, leucodystrophies cavitaires, leucodystrophies métaboliques ou autres leucoencéphalopathies génétiques. En fonction du contexte, après réalisation d'un bilan complet excluant une maladie acquise et permettant d'orienter la démarche diagnostique, une analyse génétique ciblée ou une analyse plus large par panel ou analyse panexomique/génomique peut être décidée. Du fait de la rareté de ces maladies, il semble important que les démarches diagnostiques soient effectuées en lien avec des équipes ayant une expertise dans ce domaine.

Introduction et définitions
Les leucodystrophies et leucoencéphalopathies héréditaires sont des maladies génétiques qui affectent essentiellement la substance blanche du système nerveux central (SNC) [1, 2, 3]. Elles forment un groupe hétérogène de maladies rares, de mécanismes physiopathologiques variés, dont le tableau neurologique est généralement peu spécifique et d'installation le plus souvent progressive [1, 4]. Parfois, il s'agit d'anomalies de découverte fortuite (c'est-à-dire imagerie par résonance magnétique [IRM] cérébrale réalisée pour des céphalées, des acouphènes, etc.).
[…] 
Dans cet article, la démarche diagnostique est présentée en présence d'une leucoencéphalopathie de l'adulte dont l'origine héréditaire est supposée. Elle repose sur l'interrogatoire, l'examen clinique et l'analyse précise de l'IRM cérébrale.
Sont détaillées également les principales causes de leucoencéphalopathies héréditaires et de leucodystrophies avec une attention particulière pour les maladies potentiellement accessibles à un traitement.

Épidémiologie
Si la plupart des leucodystrophies se présentent dans l'enfance ou l'adolescence, certaines formes de leucoencéphalopathies héréditaires se révèlent typiquement à l'âge adulte [3, 8, 9]. Néanmoins, du fait d'une faible fréquence, d'une présentation parfois hétérogène, de l'absence de diagnostic de certitude dans presque 50 % des cas et d'une sous-estimation de ces maladies, leur prévalence exacte n'a pas pu être évaluée précisément. Parmi les causes les plus fréquentes de leucodystrophies et leucoencéphalopathies héréditaires, on peut noter que la prévalence de l'adrénomyéloneuropathie/adrénoleucodystrophie (AMN/ALD) est estimée à environ quatre cas pour 100 000 naissances et celle de la maladie de cerebral autosomal dominant arteriopathy with subcortical infarcts and leukoencephalopathy (CADASIL) d'un à quatre cas pour 100 000 [10, 11, 12, 13]. À l'opposé, certaines maladies n'ont été identifiées en France que dans quelques rares familles [14].
[…]
Arbre décisionnel et démarche diagnostique
Du fait de la rareté des leucoencéphalopathies héréditaires et leucodystrophies chez l'adulte, il convient de rappeler qu'il faut d'abord éliminer les pathologies les plus courantes : leucoencéphalopathies toxiques, syndromes paranéoplasiques, maladies inflammatoires, dysimmunitaires et infectieuses. En effet, ces pathologies peuvent, parfois, être prises à tort pour des maladies héréditaires. À ce titre, un examen clinique complet et des examens paracliniques ciblés, à la recherche d'une atteinte sensorielle ou systémique, doivent être réalisés (Tableau 5).
Une fois les principales maladies acquises éliminées et une origine génétique fortement suspectée, il convient de rechercher des arguments biologiques et/ou d'imagerie permettant de préciser le cadre diagnostique :
• effectuer un bilan métabolique comprenant au minimum : dosage plasmatique des acides gras à très longue chaîne, du cholestanol et mesure de l'activité plasmatique de l'arylsulfatase A et de la galactocérébrosidase, chromatographie des acides aminés sanguins et acides organiques urinaires, lactates et pyruvates plasmatiques (± dans le LCS), homocystéinémie, vitamine B12 , ammoniémie ;
• effectuer une recherche d'anomalies en dehors du SNC : électroneuromyogramme (ENMG), bilan ophtalmologique complet et, en fonction du tableau, consultation oto-rhino-laryngologique (ORL), recherche d'une atteinte d'organe (échographie cardiaque et imagerie abdominale), tomographie par émission de positons couplée au scanner (TEP-scan).

À ce stade, en fonction des possibilités locales et de l'orientation diagnostique avant la réalisation d'explorations génétiques, plusieurs approches sont possibles :
• analyse génétique ciblée : si une maladie est fortement évoquée, alors un séquençage « classique » peut être effectué ou une analyse par « panel ciblé » (par exemple dans le cas d'une forte suspicion de microangiopathie héréditaire). De même, lorsque l'identification de la maladie causale peut avoir des conséquences immédiates (thérapeutiques, conseil génétique) et si une analyse ciblée (voire un dosage biologique comme dans le cas d'une ALD) est plus rapide, elle peut être privilégiée ;
• analyse génétique plus large par panel large spectre ou analyse pan exomique/génomique : si la probabilité qu'une analyse ciblée identifie une anomalie génétique est faible (notamment en l'absence de spécificité des données d'imagerie), ce type d'analyse doit être privilégié.

Dans tous les cas, du fait de la rareté de ces maladies, il semble essentiel aux auteurs d'effectuer les démarches diagnostiques en lien avec des équipes ayant une expertise dans le domaine des leucoencéphalopathies héréditaires/leucodystrophies et maladies inflammatoires rares de l'adulte. En France, plusieurs réunions de concertation pluridisciplinaires (RCP) existent, notamment la RCP LEUKOFRANCE adulte (rcp-leukofrance-adulte@brain-team.fr).

Conclusion
Les leucodystrophies et leucoencéphalopathies héréditaires sont des pathologies rares dont la stratégie diagnostique semble souvent difficile pour les neurologues. Une analyse précise des données d'imagerie par IRM et la recherche d'hérédité et d'atteintes extraneurologique permettent le plus souvent d'identifier les principaux mécanismes en cause et d'orienter les analyses de biologie moléculaire.
Du fait d'implications thérapeutiques pour certaines maladies, une démarche diagnostique efficiente est nécessaire pour permettre aux patients de bénéficier, à temps, de thérapeutiques potentiellement stabilisatrices.

Points essentiels
Le caractère d'emblée symétrique et/ou confluent d'une leucoencéphalopathie de l'adulte évoque une cause héréditaire.
• Le tableau neurologique est, en général, peu spécifique mais, parfois, la présence d'un signe clinique, notamment extraneurologique, permet d'évoquer d'emblée un diagnostic précis.
L'analyse précise de l'IRM cérébrale permet de faciliter la démarche diagnostique en classant ces leucoencéphalopathies en fonction des « patterns radiologiques ».
• Une hypomyélinisation renvoie à un déficit de formation de la myéline et vers des maladies débutant exceptionnellement à l'âge adulte.
• En présence d'une leucoencéphalopathie vasculaire, il faut s'attacher à rechercher des arguments pour une origine acquise (holter tensionnel, fond d'œil, échographie cardiaque). Si ce bilan est négatif et/ou en présence d'antécédents familiaux, la maladie de CADASIL doit être recherchée en priorité. La présence de certaines anomalies ophtalmologiques et d'hémorragie cérébrale profonde est évocatrice d'une mutation COL4A1.
• La principale cause de leucoencéphalopathie cavitaire est le syndrome CACH/VWM, d'autant plus qu'il existe une insuffisance ovarienne chez la femme.
• En l'absence de signe d'orientation clair, la recherche d'une maladie accessible à un traitement doit être prioritaire (ALD, LDMC, XCT, ALSP par mutation du gène CSF1R ).

https://www.em-consulte.com/article/1530691/leucoencephalopathies-et-leucodystrophies-heredita

Le magazine Sciences et avenir propose l’article suivant concernant le caractère génétique des jumeaux monozygotes : Les vrais jumeaux n'ont pas forcément le même ADN

Contrairement aux idées reçues, 15% des paires de vrais jumeaux ont des codes génétiques qui diffèrent de façon substantielle, d'après une étude islandaise. Ces différences viennent de mutations apparues pendant l'embryogenèse.
[…]
Des différences attribuées à l'environnement
"Une hypothèse courante est que les séquences des génomes des jumeaux monozygotes sont presque identiques", rappellent les auteurs, chercheurs à l'Université de Reykjavik en Islande. Pourtant, le nombre moyen de différences n'est pas connu, et peu d'études se sont penchées sur le sujet. Comment dans ce cas expliquer certains cas d'autisme ou de troubles neuro-développementaux chez un des jumeaux et pas l'autre ? Cette discordance "a généralement été attribuée à l'environnement", d'après les auteurs. Pourtant, "une partie substantielle" de ces troubles est due à des mutations dites de novo, c'est-à-dire qui sont apparues chez l'individu (par opposition à des mutations transmises par les parents).
Une chronologie des mutations divergentes
Les scientifiques islandais ont rassemblé 387 paires de jumeaux identiques et de leurs parents, conjoints et enfants pour comparer leur génome. Pour comprendre, il faut savoir qu'après la fécondation, le développement des vrais jumeaux suit une séquence d'événements connus. Au bout d'une semaine, l'embryon s'implante sur la paroi de l'utérus et se divise en deux pour donner les jumeaux. Toute mutation partagée par les jumeaux se serait donc produite avant cette division. Et toute mutation divergente, après. Les cellules de chaque embryon vont ensuite se multiplier et se spécialiser. Certaines vont devenir, une à deux semaines après, des cellules germinales, qui donneront les gamètes. Toute mutation commune entre un des jumeaux et sa progéniture aura donc précédé cette étape.
En comparant les génomes des jumeaux entre eux mais aussi avec leur progéniture et leurs conjoints (pour comprendre ce qui vient du jumeau ou non chez l'enfant), les chercheurs ont donc établi une espèce de chronologie des mutations repérées chez ces paires de jumeaux.
15% des jumeaux diffèrent substantiellement
Résultat, ils comptent en moyenne 5 mutations divergentes entre les vrais jumeaux, variant entre 0 et 8. Mais en réalité, seules 15% des paires de jumeaux montrent de substantielles différences génétiques. Elles résultent soit d'erreurs pendant la division des cellules, soit de dommages de l'ADN juste avant cette division. Ces mutations précoces du développement nous ont permis "de démontrer la composante hasardeuse de l'allocation des cellules au cours des premières phases du développement humain", concluent les auteurs islandais.

https://www.sciencesetavenir.fr/sante/15-des-paires-de-vrais-jumeaux-montrent-des-differences-genetiques_150616

Enfin, le magazine Futura, vous apporte des précisions au sujet de l’hérédité : Génétique : quels sont les caractères héréditaires ? 

Certains caractères physiques , morphologiques ou même moins visibles sont héréditaires, c'est-à-dire qu'ils sont hérités de nos parents, grâce aux gènes qu'ils nous ont transmis.
Caractères héréditaires
C'est le cas de :

Caractères héréditaires influencés par l'environnement
D'autres caractères sont dictés par les gènes, mais sont également plus ou moins influencés par l'environnement :

  • la morphologie : si les gènes y sont pour beaucoup, l'alimentation peut affecter la croissance et donc la taille définitive, mais aussi le poids ;
  • les maladiesfacteurs de risques de cancer (mutation d'un gène dans le cas de  cancer du sein), etc.

Caractères non héréditaires
D'autres caractères ne sont pas héréditaires, mais plutôt liés au mode de vie ou à l'environnement. Ils peuvent donc évoluer avec le temps et, par exemple, différer entre deux vrais jumeaux qui ont pourtant les mêmes gènes :

Caractères héréditaires influencés par l'environnement
D'autres caractères sont dictés par les gènes, mais sont également plus ou moins influencés par l'environnement :

  • la morphologie : si les gènes y sont pour beaucoup, l'alimentation peut affecter la croissance et donc la taille définitive, mais aussi le poids ;
  • les maladies : facteurs de risques de cancer (mutation d'un gène dans le cas de  cancer du sein), etc. […]

https://www.futura-sciences.com/sante/questions-reponses/corps-humain-genetique-sont-caracteres-hereditaires-2621/

En tant que service documentaire, nous ne pouvons aller plus loin dans notre réponse et nous nous vous suggérons d’interroger le spécialiste qui suit votre sœur, il pourra vous donner un avis médical pertinent.

Nous restons bien entendu à votre disposition pour toute recherche documentaire dans le domaine de la santé.

L’Equipe des documentalistes de Questions-santé, 
Le service de réponses en ligne de la Cité de la santé.
Service Questions-santé
http://www.cite-sciences.fr/fr/au-programme/lieux-ressources/cite-de-la-sante/

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