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Arthrose

Question

Bonjour, Y-a-t-il de nouveaux traitements de l'arthrose?

Réponse

Bonjour,

Vous souhaitez savoir s’il existe de nouveaux traitements contre l’arthrose.

Pour commencer la Fondation pour la Recherche Médicale vous propose un dossier complet: Tout savoir sur l’arthrose. Les traitements et les axes de recherche sont abordés :

L'arthrose est la maladie articulaire la plus fréquente, touchant près de 65 % des personnes de plus de 65 ans. Elle se manifeste par une destruction progressive du cartilage, entraînant douleurs et raideurs au niveau des articulations. Bien qu’il n’existe aucun traitement curatif pour l’arthrose, les symptômes peuvent être atténués grâce à des médicaments anti-inflammatoires et surtout, grâce à une hygiène de vie adaptée, incluant une activité physique régulière pour renforcer les articulations.

Les recherches sur l’arthrose visent à développer des traitements innovants pour réduire la douleur et ralentir la progression de cette pathologie, dont la fréquence augmente avec l’âge.
[…]
Quels sont les traitements contre l'arthrose ?
Il n’existe aujourd’hui aucun traitement « de fond » de l’arthrose, c’est-à-dire aucune thérapie permettant d’enrayer le processus pathologique de manière définitive.

Soulager la douleur de l’arthrose avec des médicaments

La prise en charge de la douleur liée à l’arthrose se fait à l’aide de médicaments. Ces derniers doivent systématiquement être associés à d’autres mesures thérapeutiques, comme une amélioration de l’hygiène de vie.
[…]
Quels sont les axes de recherche sur l'arthrose ?
Identifier les facteurs qui influencent le développement de l’arthrose
Un axe important de recherche sur l’arthrose vise à comprendre le rôle de différents facteurs métaboliques ou systémiques dans le développement et l’évolution de la maladie. Ces études permettront par exemple de comprendre pourquoi la présence d’une obésité a un impact à la fois sur l’arthrose du genou, du fait de la pression mécanique, et sur l’arthrose de la main, qui ne subit a priori pas cette même contrainte.

Comprendre les mécanismes de la douleur
Alors que la taille des lésions d’arthrose observées à la radiographie n’est pas corrélée au niveau de douleurs, il apparaît essentiel de comprendre quels autres facteurs entrent en jeu, qu’ils soient mécaniques, inflammatoires ou neuropathiques, afin de proposer un traitement plus adapté aux patients et à la douleur ressentie.

Mettre au point des traitements pharmacologiques
Le manque de traitements disponibles contre l’arthrose pose de réels problèmes de prise en charge. Cela explique pourquoi les chercheurs ont fait de cette question une priorité.
Les thérapies utilisant des molécules, ou biothérapies, ont suscité beaucoup d’espoir. Ces molécules ciblent spécifiquement les mécanismes que l’on pense impliqués dans la maladie. Parmi celles testées, on trouve des anticorps anti-TNF qui bloquent la réaction inflammatoire, des anti-NGF, ciblant certains mécanismes de la douleur, ou encore des facteurs de croissance comme la sprifermine, stimulant le cartilage. Leurs effets sur l’arthrose se sont cependant montrés limités. D’autres molécules sont en cours d’évaluation, notamment des modulateurs qui participent à l’équilibre du cartilage et de son micro-environnement, tels que LNA043, TPX-100, 4P004, HIF-α ou TGF-β.

Des études récentes se penchent aussi sur la « voie Wnt », une cascade de réactions moléculaires impliquée dans le métabolisme du cartilage. Un essai clinique de phase III est en cours pour un médicament appelé lorecivivint, avec l’espoir de confirmer un ralentissement de la destruction du cartilage. Mais les résultats d’une première étude se sont montrés décevants. Une autre molécule, la résinifératoxine, dérivée du piment, fait l’objet de deux essais cliniques de phase III pour son potentiel antalgique qui pourrait durer plusieurs mois après injection intra-articulaire.

En parallèle de la mise au point de traitements, de nouvelles cibles thérapeutiques sont toujours recherchées. Les endothélines pourraient en être une, car si ces molécules sont connues pour réguler la pression artérielle, elles seraient aussi impliquées dans la destruction du cartilage. L’étude de ce mécanisme pourrait orienter le développement de nouvelles biothérapies.

Cap sur les thérapies cellulaires et tissulaires
La thérapie cellulaire, basée sur l’injection de cellules souches directement dans l’articulation, est envisagée depuis plusieurs années. Les résultats de différentes études sont attendus prochainement. Les chercheurs ont également testé des pansements spéciaux pour l’arthrose. A base de nanofibres et de cellules souches, ils pourraient bien aider à régénérer le cartilage.

D’autres approches de thérapies cellulaires sont à l’essai dans le traitement de l’arthrose, comme la technique de microfracture, qui consiste à générer un afflux de sang au niveau du cartilage par microperforation, afin de recruter des cellules souches sanguines capables de se différencier en cellules de cartilage. Des technologies de mosaïcplastie, ou greffe de cartilage, sont aussi en cours d’étude.

La stimulation du nerf vague pour soigner l’arthrose
Dans un tout autre domaine, un essai prometteur a récemment eu lieu. Il a consisté à stimuler le nerf vague afin de produire des effets anti-inflammatoires. Cette approche est déjà utilisée dans le traitement de la migraine ou de certaines douleurs fonctionnelles. Elle a permis de soulager une vingtaine de patients atteints d’arthrose douloureuse de la main, mais les résultats restent à confirmer avec un essai de plus grande ampleur.

Ainsi, aucune piste n’est mise de côté pour améliorer la prise en charge de l’arthrose. A l’avenir, il est fort probable que le traitement de cette maladie articulaire fréquente intègre plusieurs approches thérapeutiques qui seront combinées et adaptées à chaque patient en fonction des caractéristiques de sa maladie et selon la dimension inflammatoire, mécanique ou douloureuse qui prédomine. Une véritable médecine personnalisée en somme !

https://www.frm.org/fr/maladies/recherches-autres-maladies/arthrose/focus-arthrose

L’Inserm vous propose aussi un dossier sur l’Arthrose (14/11/2022) et détaille les nouvelles approches thérapeutiques :

[…]
Les enjeux de la recherche

Malgré la fréquence de l’arthrose et son retentissement sur la vie quotidienne des personnes qui en souffrent, il n’existe pas encore de traitement pour contrer son évolution. De nombreux médicaments ont été évalués au cours des cinq dernières décennies, mais jusqu’ici sans succès. Cela s’explique sans doute sur le fait que les essais cliniques ont été conduits sur de groupes de patients dont la maladie est hétérogène. L’identification de sous-types (« phénotypes ») d’arthrose, définis par des caractéristiques cliniques et biologiques spécifiques, va permettre de former des groupes plus homogènes, au sein desquels il sera plus facile d’évaluer de nouvelles molécules pour aider à freiner la maladie, voire la prévenir. L’identification de marqueurs biologiques est toutefois encore balbutiante. Il est donc important que la recherche continue à décrire la physiopathologie des différentes présentations de la maladie.
[…]
De nouveaux traitements symptomatiques et de fond
De nombreuses nouvelles approches thérapeutiques ont été testées ces dernières années, comme des traitements qui stimulent la production de cartilage (sprifermine) ou le remodelage de l’os (acide zoledronique, ranelate de strontium), mais pour l’heure, aucune n’a donné de résultats probants. D’autres molécules qui modulent l’équilibre du cartilage, du tissu synovial et/ou de l’os sous chondral sont encore en phase d’études cliniques précoces, comme le LNA043, TPX-100, et le 4P004. Plusieurs approches qui ciblent des acteurs clés de l’équilibre du cartilage, comme HIF‑α (pour hypoxia-inducible factors‑α) ou TGF‑β (pour transforming growth factor‑β), sont également à l’étude.

Sur le plan de la douleur et de l’inflammation, les différents traitements anti-inflammatoires ciblés jusqu’à présent testés (anticorps monoclonaux ciblant l’interleukine 1, TNF-alpha ou l’interleukine 6) ont eux aussi déçu. Il en est de même avec les anticorps anti-NGF qui ciblent les facteurs de croissance des nerfs impliqués dans la douleur. Une molécule prometteuse qui interagit avec une voie de signalisation impliquée dans la chondrogenèse et l’inflammation (la voie Wnt), le lorecivivint, est en cours d’évaluation. Mais les données d’une première étude de phase 3 ont été décevantes.

Par ailleurs, deux études de phase 3 sont actuellement conduites pour évaluer l’intérêt d’un dérivé du piment, la résinifératoxine. Cette molécule cible un récepteur important dans la transmission des messages douloureux périphériques, le récepteur TRPV1. Son administration intra-articulaire permettrait d’obtenir un effet antalgique prolongé sur plusieurs mois. Des essais sont aussi conduits pour stimuler le nerf vague qui se trouve au niveau de l’oreille. Cette neurostimulation électrique vise à déclencher un arc réflexe anti-inflammatoire qui pourrait soulager l’arthrose des mains.

Remplacer le cartilage altéré : les thérapies cellulaire et tissulaire
Depuis de nombreuses années, des greffes de cellules injectées directement dans l’articulation sont conduites expérimentalement. Elles visent à réparer les lésions cartilagineuses, voire à remplacer le cartilage. On parle de thérapie cellulaire ou de thérapie tissulaire.

Dans ce but, les chercheurs utilisent des cellules souches adipocytaires. L’objectif initial était de permettre à ces cellules immatures, prélevées dans les tissus graisseux, de se différencier en chondrocytes sous l’influence de l’environnement articulaire et grâce à différents facteurs de croissance. Les premiers résultats cliniques laissent penser que le potentiel de cette approche reposerait finalement davantage sur un effet anti-inflammatoire induit par les cellules injectées que sur leur différenciation en chondrocytes fonctionnels. Parmi les différents projets en cours, les données de phase 3 du projet eur  opéen ADIPOA, sont attendues en 2023.

En parallèle, quelques approches encore très expérimentales de thérapie génique sont aussi développées : elles visent à introduire des gènes qui permettent la production d’inhibiteurs de médiateurs déjà identifiés dans la physiopathologie de la maladie (MAP kinase, IL‑1…).

Vers des traitements préventifs ?
Certaines équipes s’attèlent à découvrir des moyens pour prévenir le développement de l’arthrose chez les personnes qui ont subi un traumatisme articulaire avec une lésion cartilagineuse. Les scientifiques recherchent les mécanismes moléculaires précoces qui pourraient conduire à une évolution arthrosique post-traumatique. Leur objectif est d’être en mesure de proposer une stratégie pour s’opposer à la dégénérescence du cartilage.

Des approches de thérapie cellulaire et tissulaire sont testées. Les plus classiques sont la mosaïcplastie (greffe de cartilage) et la technique de microfracture. Cette dernière consiste à réaliser de microperforations dans le cartilage, jusqu’à l’os sous-chondral, afin de provoquer un afflux sanguin local. Les cellules souches sanguines pourraient alors coloniser les cavités et s’y différencier en chondrocytes fonctionnels. Des solutions hybrides, qui associent cellules et biomatériaux, sont aussi explorées.

Enfin, des implants tridimensionnels expérimentaux sont aussi évalués. Ils combinent une membrane à base de collagène ou de biopolymères dotés de nanoréservoirs de facteurs de croissance osseux, avec une couche d’hydrogel qui renferme de l’acide hyaluronique et des cellules souches dérivées de la moelle osseuse du patient. Les résultats cliniques ne sont pas encore disponibles. […]

https://www.inserm.fr/dossier/arthrose/

Vous pouvez également visionner la Web-émission – Arthrose : comment atténuer la douleur ? de la chaîne You Tube de l’Inserm (23 mai 2023)

https://www.inserm.fr/culture-scientifique/web-emission-arthrose-comment-attenuer-la-douleur/

Dans le domaine de la recherche sur l’arthrose du genou, une Start-up française effectue des essais cliniques. Un article publié le 18/03/2026 lui est consacré sur le site de Sorbonne Université : Arthrose du genou : un espoir thérapeutique

Aucun médicament ne permet aujourd’hui de ralentir l’évolution de l’arthrose. Une biotech française, 4Moving Biotech, développe un traitement inspiré d’une famille de médicaments utilisés contre le diabète. 
Cofondateur et directeur médical de la start-up, le professeur Francis Berenbaum, chef du service de rhumatologie de l’hôpital Saint-Antoine et professeur à Sorbonne Université, retrace l’origine de cette piste et les espoirs qu’elle suscite.

Un problème de santé publique mondial
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Une maladie fréquente… sans traitement pour la ralentir
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De la recherche académique à la start-up
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L’objectif : retarder la pose de prothèse
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Vers une accélération du développement
Pour les mois à venir, 4Moving Biotech prépare la prochaine étape : une étude clinique plus large destinée à confirmer les résultats obtenus chez les patients. Si ces données sont convaincantes, les autorités sanitaires pourraient accorder une autorisation accélérée de mise sur le marché aux États-Unis ou conditionnelle en Europe. « Notre objectif, c’est d’être en 2029 sur le marché », indique Francis Berenbaum.
En attendant, le rhumatologue insiste sur des leviers déjà connus : la prévention et les mesures non médicamenteuses. « Les grands facteurs de risque sont d’abord le vieillissement, deuxièmement l’obésité et enfin la sédentarité. Aujourd’hui, les meilleurs traitements de l’arthrose sont donc la perte de poids et l’activité physique. »

https://www.sorbonne-universite.fr/actualites/arthrose-du-genou-un-espoir-therapeutique

Nous espérons que ces informations vous seront utiles et restons bien entendu à votre disposition pour toute recherche documentaire dans le domaine de la santé.

L’Equipe des documentalistes de Questions-santé, 
Le service de réponses en ligne de la Cité de la santé.
Service Questions-santé
http://www.cite-sciences.fr/fr/au-programme/lieux-ressources/cite-de-la-sante/

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