Depuis le début de l’épidémie de la Covid 19 dans le monde, les équipes de recherche travaillent pour trouver un vaccin capable d’enrayer cette pandémie. Nous vous proposons plusieurs axes de réflexion pour mieux comprendre la situation.

Comprendre la vaccination : qu’est-ce qu’un vaccin ?

L’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) nous aide à Comprendre les vaccins et la vaccination :

Comment fonctionne un vaccin préventif ?
Une vaccination préventive consiste à administrer à un individu en bonne santé une forme atténuée ou inactivée d’un agent infectieux (ou certains de ses composants). L’objectif est de déclencher une réaction immunitaire permettant d’éviter une contamination ultérieure. La vaccination permet en effet de développer des cellules immunitaires "mémoires", capables de reconnaître immédiatement l’agent pathogène s’il venait à infecter l’individu par la suite.  […]

https://www.inserm.fr/information-en-sante/dossiers-information/vaccins-et-vaccinations

Le CNRS présente dans un dossier en date du 10 novembre 2020, les différents types de vaccins possibles pour lutter contre la Covid-19 : Quel vaccin contre le Covid-19 ?

180 candidats-vaccins contre le Covid-19 sont en cours de développement et plus de 40 sont en phase clinique chez l'homme - dont les vaccins des sociétés Pfizer, Moderna ou encore Astra Zeneca. Comment ces vaccins fonctionnent-ils ? Quand saura-t-on s’ils sont vraiment efficaces ? CNRS le Journal a mené l’enquête.  [...]

https://lejournal.cnrs.fr/articles/quel-vaccin-contre-le-covid-19

En complément, le site des Décodeurs du Monde propose un dossier daté du 4 décembre 2020, mis à jour le 2 février 2021, comprenant une infographie très pédagogique sur le fonctionnement des vaccins : Covid-19 : comment fonctionnent les futurs vaccins

On compte aujourd’hui 237 projets de vaccins contre le coronavirus dans le monde, développés selon des techniques très différentes. Voici comment ils agissent. [...]

https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2020/12/04/comment-fonctionnent-les-futurs-vaccins-contre-le-covid-19_6062151_4355770.html#xtor=AL-32280270

Etapes de la création d'un vaccin

Les différentes phases

Avant qu’un vaccin puisse être mis sur le marché, plusieurs étapes (recherche préclinique puis essais cliniques) sont indispensables afin de s’assurer de l’efficacité et de la sécurité du produit testé.

Un dossier du site Vaccination-info-service (site Web conçu sous l’égide de Santé publique France) nous en rappelle les étapes : Sécurité et qualité des vaccins.

Déroulement de la recherche sur les vaccins
Avant de commencer les études chez l’homme, il est nécessaire de passer par une phase de test appelée phase de développement « préclinique ». Cette phase a lieu au laboratoire, puis chez l’animal. Elle permet :

  • de déterminer les doses optimales qui permettent de protéger sans entraîner de toxicité (innocuité) ;

  • de vérifier que ce vaccin est sans danger aux doses utilisées (tolérance) ;

  • de vérifier qu’il est efficace pour stimuler nos défenses immunitaires (pouvoir immunogène).

Les recherches sont faites chez différentes espèces animales en utilisant la même voie d’administration que celle qui sera utilisée chez l’homme.
Lorsque cette phase préclinique s’est déroulée avec succès, et comme pour tout médicament, le développement d’un vaccin nécessite que des « essais cliniques » soient réalisés chez l’homme.
Ces essais cliniques se déroulent en quatre phases. Ils ont pour objectif de déterminer la tolérance et l’efficacité du vaccin chez l’homme.
Pour pouvoir débuter, l'essai clinique doit avoir obtenu un avis favorable du Comité de protection des personnes (CPP) et une autorisation de l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM).

  • Phase 1 : sur 10 à 100 personnes : première administration chez l’homme (qui se fait toujours chez l’adulte en bonne santé même si le vaccin concerne l’enfant). On étudie la tolérance et la production des anticorps (pouvoir immunogène) en fonction des doses que l’on administre.

  • Phase 2 : sur 50 à 500 personnes : on étudie la tolérance avec la formulation finale du vaccin et le nombre de doses retenues (schéma de vaccination) dans la population à laquelle cette vaccination sera recommandée.

  • Phase 3 : on étudie l’efficacité vaccinale et la tolérance à une grande échelle, chez plusieurs milliers de personnes.

  • Phase 4 : ces études sont réalisées après la mise sur le marché du vaccin. Elles permettent de vérifier qu’à grande échelle et chez des personnes pouvant présenter des affections chroniques, l’innocuité et l’efficacité du vaccin sont assurées, qu’il n’y a pas d’effets indésirables à long terme sur la survenue d’autres maladies.

Les études et les tests des phases 1 et 2 évaluent notamment les caractéristiques de la protection provoquée par le vaccin en fonction de différentes doses, l’interaction avec d’autres vaccins et le schéma de vaccination.
Le pouvoir immunogène et la tolérance sont évalués au cours des phases 1 à 3, et la qualité de la protection essentiellement au cours de la phase 3 puis de la phase 4.

https://vaccination-info-service.fr/Generalites-sur-les-vaccinations/Qualite-securite-et-efficacite-des-vaccins/Securite-et-qualite-des-vaccins

Afin de garantir la sécurité des personnes, des procédures internationales strictes sont par ailleurs à respecter pour la recherche d’un vaccin ainsi que le rappellent l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et l’International Coalition of Medicines Regulatory Authorities (ICMRA) le 6 novembre 2020 : Déclaration commune de l’OMS et de l’ICMRA sur la nécessité d’une meilleure ‎harmonisation réglementaire mondiale sur les médicaments et les vaccins ‎contre la Covid-19‎ 

[…] Comme dans d’autres domaines de lutte contre la pandémie, la coopération multilatérale entre les autorités réglementaires sera essentielle pour assurer des règles du jeu équitables, l’innocuité, l’efficacité et la qualité assurée des vaccins et des médicaments contre la COVID-19, et pour que tous les pays puissent bénéficier de ces produits de manière équitable et en même temps. Dans cette déclaration, les organisations s’engagent à entreprendre une série de mesures en ce sens. […]

https://www.who.int/fr/news/item/06-11-2020-who-icmra-joint-statement-on-the-need-for-improved-global-regulatory-alignment-on-covid-19-medicines-and-vaccines

Comment peut-on créer un vaccin si rapidement ?

Dans un reportage de France info du 27 novembre 2020, des scientifiques expliquent comment un vaccin contre la Covid-19 a été si rapidement trouvé, et rassurent sur sa qualité : Vrai ou Fake : faut-il s'inquiéter de la rapidité avec laquelle ont été conçus les vaccins contre le Covid-19 ?

Dans l'histoire, le vaccin le plus rapidement conçu a été celui contre Ebola, en cinq ans. Alors un vaccin anti-Covid développé en moins d'un an, c'est du jamais vu. Faut-il pour autant s'inquiéter de cette rapidité ?

La rapidité avec laquelle ont été créés les vaccins contre la Covid-19 ne signifie pas que les tests ont été bâclés par les laboratoires. Les chercheurs mènent bien tous les essais cliniques indispensables. "Les conditions correspondent aux standards à la fois en termes d'efficacité et de sécurité. Il faut quand même voir que ce sont des dizaines de milliers de volontaires à qui on aura injecté le vaccin. On peut être raisonnablement rassuré", assure Michel Goldman, professeur d'immunologie à l'Université de Bruxelles. 

 

La recherche et la production menées simultanément 

Si les scientifiques ont été aussi rapides, c'est parce qu'ils étaient très nombreux et très bien financés par les laboratoires privés et les institutions publiques. "Pour la première fois, il y a eu une coopération entre divers industriels qui a permis d'avancer encore plus vite", note Jean-Paul Stahl, professeur de médecine infectieuse au CHU de Grenoble. La phase de recherche et de production ont, en outre, été menées simultanément pour plusieurs vaccins, ce qui n'arrive jamais

.

https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/vrai-ou-fake-faut-il-s-inquieter-de-la-rapidite-avec-laquelle-ont-ete-concus-les-vaccins-contre-le-covid-19_4196935.html

Un chercheur de l'Université de Cambridge, Mark Toshner, explique sur le site The Conversation ce qui a permis d'avoir un résultat si rapide dans la recherche d'un vaccin contre la Covid-19 : Développer un vaccin contre la Covid en moins d’un an ? Voici pourquoi il n’y a pas lieu de s’inquiéter. (27/11/20)

[...] Si vous rencontrez quelqu’un qui exprime son inquiétude face à la rapidité étonnante des essais actuels, dites-lui que prendre dix ans est plutôt mauvais signe. Ces dix années ne servent pas à s’assurer que le vaccin est sans danger, ce sont des années passées à lutter contre l’indifférence, les impératifs commerciaux et la bureaucratie. [...]

https://theconversation.com/developper-un-vaccin-contre-la-covid-en-moins-dun-an-voici-pourquoi-il-ny-a-pas-lieu-de-sinquieter-150900

Essais cliniques et volontaires

Dans un communiqué du 1er octobre 2020, l’Inserm rappelle la nécessité d’avoir des volontaires pour tester un futur vaccin : Vaccins contre la Covid-19 : 25 000 volontaires pour conduire des essais cliniques de grande ampleur en France – ouverture des inscriptions :

[…] À la demande du ministère des Solidarités et de la Santé et du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, la France, forte de l’excellence de sa recherche clinique en matière de vaccination, s’est organisée pour contribuer à l’évaluation des candidats vaccins les plus prometteurs avec la mise en place de la plateforme COVIREIVAC. Pilotée par l’Inserm, Covireivac fédère 24 centres d’investigation clinique au sein de CHU partout en France, en lien étroit avec le Collège national des généralistes enseignants. Le volet opérationnel clinique des différents CHU fait l’objet d’une coordination prise en charge par l’AP-HP. Covireivac ouvre aujourd’hui l’inscription des volontaires pour mener les premiers essais cliniques de grande ampleur en France. […]

https://presse.inserm.fr/vaccins-contre-la-covid-19-25-000-volontaires-pour-conduire-des-essais-cliniques-de-grande-ampleur-en-france-ouverture-des-inscriptions/40934/

Pharmacovigilance

Comme tout produit de santé, les différents vaccins contre la Covid-19 sont suivis par les instances médicales qui vont surveiller la survenue d’éventuels effets indésirables afin de les contrer.

C’est ce qu’explique l’Agence européenne des médicaments dans un article sur les Vaccins contre la Covid-19 (23/12/20) :

Surveillance de la sécurité et de l’efficacité du vaccin contre la COVID-19
L’UE surveille en permanence la sécurité et l’efficacité des vaccins contre la COVID-19.
L’EMA surveille les effets indésirables de ces vaccins, comme elle le fait pour tous les vaccins.
Parallèlement, le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies
(ECDC) surveille de manière intensive l’efficacité des vaccins contre la COVID-19.
Cela permet à l’UE d’identifier et d’évaluer rapidement toute nouvelle information sur les avantages et la sécurité des vaccins contre la COVID-19. Cela permettra de détecter et de gérer les risques éventuels le plus rapidement possible: voir Surveillance de la sécurité des vaccins et signalement des effets indésirables

https://vaccination-info.eu/fr/covid-19/vaccins-contre-la-covid-19

Depuis le début de la vaccination, l'Agence nationale de sécurité des médicaments et des produits de santé (ANSM) coordonne un réseau de centres de pharmacovigilance pour assurer un suivi hebdomadaire des cas d’effets indésirables, recensés dans les Points de situation sur la surveillance des vaccins contre la Covid-19 :

[…] Afin de traiter les signaux, l’ANSM met en place un comité de suivi hebdomadaire regroupant l’ensemble des CRPV en charge des expertises. Les rapports y sont partagés et discutés. Tout signal potentiel de vigilance remonté y est analysé, et les suites à donner sont discutées collégialement. Si un signal de sécurité est validé, des mesures adaptées à la nature du risque seront mises en place. Ces mesures auront pour objectifs de prévenir ou réduire la probabilité de survenue du risque chez les personnes vaccinées.
Chaque semaine à l’issue du comité suivi, le rapport de pharmacovigilance correspondant au suivi de chaque vaccin autorisé ainsi qu’une fiche synthétique sont publiés sur cette page. Les chiffres clés des données de pharmacovigilance (BNPV) et les faits marquants de la semaine précédente y sont présentés. […]

https://www.ansm.sante.fr/Dossiers/COVID-19-Vaccins/Suivi-hebdomadaire-des-cas-d-effets-indesirables/(offset)/5

L’article du 22/12/20 du site des éditions Vidal (l’une de références dans l’information sur les produits de santé) confirme ce suivi : La pharmacovigilance des vaccins contre la COVID-19 :

À plus d'un titre, les vaccins ne sont pas des médicaments comme les autres. Et ceux contre la COVID-19 encore plus. Quels sont les différents types de vaccins ? Comment sont-ils développés, étudiés, évalués, surveillés ? Autant de questions qui méritent que l'on s'attarde sur le fonctionnement de la pharmacovigilance des vaccins en général, et de ceux contre la COVID-19 en particulier. Explications avec l'aide du Dr Annie-Pierre Joinville-Béra, responsable du Centre régional de pharmacovigilance de Tours. […]

https://www.vidal.fr/actualites/26398-la-pharmacovigilance-des-vaccins-contre-la-covid-19.html?cid=eml_001190&id=26398&permalink=la-pharmacovigilance-des-vaccins-contre-la-covid-19

En complément, voici une infographie de l’ANSM sur La surveillance des vaccins Covid-19. Dans un schéma clair, l’ANSM explique la mise en place d’un double dispositif permettant d'assurer le suivi et la gestion des effets indésirables liés aux vaccins contre la Covid-19.
https://www.ansm.sante.fr/content/download/188807/2471239/version/1/file/20201223_surv_vaccins_covid_2020_vf.pdf

Quelle stratégie vaccinale ? Qui est prioritaire ?

Face au grand nombre de personnes à protéger, quels critères mettre en avant pour vacciner prioritairement ? La Haute Autorité de Santé (HAS) apporte des éléments de réponse dans un Communiqué de presse, mis en ligne le 9 novembre 2020 : Vaccination contre la Covid-19 : transparence, pragmatisme et flexibilité sont les clés d’une campagne efficace
https://www.has-sante.fr/jcms/p_3216484/fr/vaccination-contre-la-covid-19-transparence-pragmatisme-et-flexibilite-sont-les-cles-d-une-campagne-efficace

Comme l’on ne peut pas vacciner une population entière, les scientifiques expliquent que vacciner un certain nombre de personnes, -nombre qui diffère selon les virus-, suffit. Pour la Covid-19, les scientifiques estiment ce taux à environ 70 %. C’est ce que l’on appelle l’immunité collective.
Un article de l’Institut Pasteur : Qu’est-ce que l’immunité collective ? (mis à jour le 9 septembre 2020) en explique le principe :

Alors que l'épidémie de Covid-19 est actuellement en cours, il est important de faire un point sur l'immunité collective. Comment se calcule-t-elle ? A quoi sert-elle ? Voici quelques explications.
L'immunité collective correspond au pourcentage d’une population donnée qui est immunisée/protégée contre une infection, à partir duquel un sujet infecté introduit dans cette population, va transmettre le pathogène à moins d’une personne en moyenne, amenant de fait l’épidémie à l’extinction, car le pathogène rencontre trop de sujets protégés. Cette immunité de groupe, ou collective, peut être obtenue par l’infection naturelle ou par la vaccination (s'il existe un vaccin bien entendu).
Le niveau nécessaire pour passer ou rester sous le seuil d'immunité collective dépend du nombre de reproduction de base de la maladie (R0), c’est à dire du nombre moyen d’individus immunologiquement naïfs qu’un sujet va infecter après contact. Plus ce taux de reproduction de base est élevé, plus le pourcentage de sujets immunisés doit être élevé. Par exemple, le R0 de la grippe saisonnière = 2 ; de la Covid-19 = 3,3 ; de la rougeole = 12-20.
Le pourcentage de sujets immunisés nécessaire pour obtenir l’immunité collective est calculé comme suit :
Immunité collective = 1 - 1/R0
Par conséquent, le calcul pour obtenir ce pourcentage permet d'obtenir les résultats suivants : 50 % pour la grippe, 70% pour la Covid-19, 90 à 95 % pour la rougeole.
Tout cela ne vaudra pour la Covid-19, bien entendu, que si l’infection naturelle protège, ce qui n’est pour l'instant pas démontré, en particulier pour les sujets qui n’ont été que porteurs asymptomatiques.
Enfin, le niveau d’immunité collective nécessaire pour stopper l’épidémie pourrait cependant être légèrement plus bas pour plusieurs raisons, notamment :

  • si le nombre de contacts avec les autres est très différent selon les personnes au sein d’une même population ;
  • si les enfants de moins de 10-12 ans sont moins susceptibles à l’infection par le nouveau coronavirus ;
  • s’il existe une protection croisée avec les coronavirus saisonniers.

https://www.pasteur.fr/fr/espace-presse/documents-presse/qu-est-ce-que-immunite-collective

Le 27 novembre 2020, la HAS présente ses préconisations : Stratégie de vaccination contre le Sars-Cov-2 : préliminaires sur la stratégie de priorisation des populations à vacciner. Sont évoqués : plan de vaccination en 5 phases, date de livraison des vaccins, estimation du nombre de personnes à risques de forme grave ....
https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2020-11/strategie_de_vaccination_contre_le_sars-cov-2_2020-11-30_10-40-59_242.pdf

Le Ministère des solidarités et de la santé publie le 4 décembre sa stratégie vaccinale en détaillant les différentes étapes :

La stratégie vaccinale, arrêtée par le ministre des Solidarités et de la Santé, vise à déterminer les personnes prioritaires à la vaccination, en fonction des enjeux de santé publique et de l’arrivée progressive des doses de vaccins.

La stratégie vaccinale détermine qui sont les personnes prioritaires pour la vaccination, à quel moment et pourquoi.

Elle sera ensuite déclinée en campagne vaccinale qui définit la manière dont va s’organiser la distribution et l’administration des doses de vaccin à travers le territoire. [....]

https://solidarites-sante.gouv.fr/soins-et-maladies/maladies/maladies-infectieuses/coronavirus/la-vaccination/article/la-strategie-vaccinale

Le 10 décembre, la HAS présente une nouvelle version de la Stratégie de vaccination contre le Sars-Cov-2 : Recommandations intermédiaires sur les modalités de mise en œuvre de la vaccination :
https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2020-12/strategie_de_vaccination_contre_le_sars-cov-2_-_recommandations_intermediaires_sur_les_modalites_de_mise_en_oeuvre_de_la_vac.pdf

Le 10 décembre, l'Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) auditionne le Pr. Alain Fischer, président du Conseil d'orientation de la stratégie vaccinale.
http://videos.senat.fr/video.1885071_5fd1db846cba5.opecst--audition-publique----pr-alain-fischer-president-du-conseil-d-orientation-de-la-strategie-?timecode=1939758

La HAS complète ses préconisations le 18 décembre : Vaccination contre la Covid-19 : la HAS précise ses recommandations sur la priorisation des publics cibles :

En réponse à une saisine complémentaire de la Direction générale de la santé, la HAS précise son avis sur les populations à vacciner, notamment les personnes âgées résidant en hébergement collectif, autre que les EHPAD. Elle répond également à la question de la vaccination des personnes ayant déjà eu la Covid-19.

https://www.has-sante.fr/jcms/p_3225633/fr/vaccination-contre-la-covid-19-la-has-precise-ses-recommandations-sur-la-priorisation-des-publics-cibles

Enfin, lors de la conférence de presse du 7 janvier 2021, le Premier Ministre a précisé les nouvelles étapes du plan de vaccination :

La vaccination est considérée comme un axe essentiel de la lutte contre l'épidémie de Covid-19. Gratuite et non obligatoire, elle vient de commencer en France suivant les étapes recommandées par la Haute Autorité de santé (HAS). Pourquoi se faire vacciner ? Qui est concerné ? Quel est le calendrier selon les publics ? Quelles sont les garanties de sécurité ? Service-Public.fr fait le point avec l'Assurance maladie.(03/02/21)
[...]
Les publics concernés et le calendrier
Dans un premier temps :
Le déploiement de la vaccination se fait progressivement avec une priorité donnée depuis le 27 décembre 2020 et tout au long du mois de janvier 2021 aux publics les plus vulnérables au virus et les plus susceptibles de développer des formes graves de la maladie. Il s'agit :

  • des personnes âgées en établissements : établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), unités de soins de longue durée (USLD), résidences autonomie, résidences services seniors ;
  • des personnels qui travaillent dans ces établissements lorsqu'ils sont à risque de développer une forme grave du Covid-19 ;
  • des professionnels des secteurs de la santé (y compris libéraux) et du médico-social, des pompiers et des aides à domicile âgés de 50 ans et plus et/ou présentant des comorbidités depuis le 4 janvier 2021 ;
  • des personnes handicapées hébergées dans des établissements spécialisés et leurs personnels âgés de 50 ans et plus et/ou présentant des comorbidités ;
  • des personnes âgées de 75 ans et plus vivant à domicile à partir du 18 janvier 2021. La prise de rendez-vous dans des centres de vaccination se fera par téléphone et via internet à partir du 15 janvier 2021 ;
  • des patients vulnérables à très haut risque à partir du 18 janvier 2021 qui devront avoir une prescription médicale de leur médecin traitant pour bénéficier de la vaccination sans critère d'âge.

Dès que possible :
Phase 2 : les personnes âgées de 65 à 74 ans. Cette étape concerne 14 millions de personnes.
Phase 3 : les autres tranches de la population susceptibles d'être infectées et non ciblées antérieurement.
  A savoir : Il n'est pas nécessaire, à ce stade, de vacciner systématiquement les personnes ayant déjà été infectées. Cependant, ces personnes peuvent être vaccinées si elles le souhaitent après échange avec le médecin. Dans ce cas, il faut respecter un délai minimal de 3 mois après le début des symptômes avant de procéder à la vaccination et ne pas la pratiquer s'il y a des symptômes persistants. […] »

https://www.service-public.fr/particuliers/actualites/A14557

La vaccination contre le virus SARS-CoV-2 est recommandée aux personnes de moins de 75 ans présentant des comorbidités dont un cancer en cours de traitement par chimiothérapie.  Ce 19 janvier, le Professeur Alain Fischer, président du conseil d'orientation de la stratégie vaccinale a sollicité l’Institut national du cancer pour définir, parmi les patients atteints de cancer les personnes devant bénéficier de cette vaccination en ultra haute-priorité. L’Institut publie aujourd’hui ses préconisations à destination de l’ensemble des professionnels de santé : Priorisation des patients atteints de cancer pour la vaccination contre le SARS-CoV2 : l’Institut national du cancer publie ses préconisations.
https://www.e-cancer.fr/Presse/Dossiers-et-communiques-de-presse/Priorisation-des-patients-atteints-de-cancer-pour-la-vaccination-contre-le-SARS-CoV2-l-Institut-national-du-cancer-publie-ses-preconisations?utm_source=phpList&utm_medium=email&utm_campaign=Covid-19+%3A+la+lettre+du+CRES+n%C2%B0+70+-+4+f%C3%A9vrier+2021&utm_content=HTML

Etat de la recherche

Le 26 novembre 2020, le journal Le Monde publie un dossier très complet dans lequel il fait le point sur les différents vaccins en cours de développement. Ce dossier, mis à jour régulièrement, classe les différents candidats vaccins en fonction de l’avancement des recherches (Vaccins en phase 3 ; Vaccins en phases 1 et 2) et précise quand c’est le cas, les autorisations de mise sur le marché et le ou les pays concernés :

Comparez l’avancée des différents vaccins contre le Covid-19
Plus de vingt vaccins aux caractéristiques différentes ont atteint la dernière étape d’expérimentation avant la mise sur le marché. Le détail dans notre tableau de suivi.
Selon le décompte de l’
Organisation mondiale de la santé (OMS), plus de soixante vaccins visant à protéger la population du Covid-19 sont actuellement en phase d’essais cliniques. Plus de vingt d’entre eux ont atteint la phase 3, durant laquelle le produit est testé sur un grand nombre de volontaires pour confirmer son efficacité et détecter d’éventuels effets secondaires. Le vaccin de Pfizer-BioNTech est le premier à avoir été autorisé aux Etats-Unis, au Royaume-Uni puis par l’Union européenne. La campagne de vaccination a débuté le 8 décembre au Royaume-Uni, le 14 décembre aux Etats-Unis et le 27 décembre en France.
Les technologies à l’origine de ces vaccins les plus avancés, comme les résultats annoncés par les groupes pharmaceutiques, varient. Nous vous proposons de découvrir leurs caractéristiques dans ce tableau, actualisé régulièrement. […]

https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2020/11/26/efficacite-calendrier-commandes-stockage-comparez-l-avancee-des-vaccins-contre-le-covid-19_6061244_4355770.html

En complément, France info fait le point sur les 6 candidats vaccins déjà réservés par la Commission européenne : Efficacité, doses, conservation… Tout savoir sur les six candidats vaccins contre le Covid-19 déjà réservés par la Commission européenne (04/12/20 mis à jour 06/12/20) :

La Commission européenne multiple les contrats afin de disposer d'un large "portefeuille" de produits et d'anticiper d'éventuels revers lors des essais cliniques. Passage en revue de ces six candidats qui pourraient bientôt arriver en France.

https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/vaccin/efficacite-nombre-de-doses-conservation-tout-savoir-sur-les-six-vaccins-contre-le-covid-19-deja-reserves-par-la-commission-europeenne_4201319.html

Les vaccins ayant obtenu une autorisation de mise sur le marché en France

Le site Vaccination-info-service.fr, site Web conçu sous l’égide de Santé publique France, établissement public sous tutelle du Ministère chargé de la Santé répond à plusieurs questions relatives à la vaccination contre la Covid-19 et précise en date du 05/02/21:

Trois vaccins contre la COVID-19 sont autorisés en France :
    Le vaccin Pfizer/BioNtech sous le nom de Comirnaty® ;
    Le COVID-19 Vaccine Moderna®;
    Le COVID-19 Vaccine AstraZeneca®.
Les vaccins et leur injection sont pris en charge à 100% par l’Assurance Maladie.

https://vaccination-info-service.fr/Les-maladies-et-leurs-vaccins/COVID-19

La revue Prescrire détaille quant à elle, les spécificités des vaccins autorisés pour lutter contre la Covid-19 et revient sur les études qui ont été réalisées :

- Vaccin covid-19 à ARN messager tozinaméran (Comirnaty° des firmes Pfizer et BioNTech) et personnes âgées : quelques données, beaucoup d'incertitudes (23/12/20)

[…] Un vaccin à ARN messager, avec nanoparticules lipidiques et PEG, sans adjuvant ni conservateur. Le vaccin tozinaméran est un vaccin à ARN messager (ARNm, ARN pour acide ribonucléique). L'ARNm est une molécule qui transporte des informations génétiques. Chaque brin d'ARNm contient un code qui permet aux cellules de synthétiser dans leur cytoplasme une protéine spécifique.
Le principe d'un vaccin à ARN messager est le suivant : l'ARNm code pour la protéine déterminée contre laquelle on souhaite déclencher une réponse immunitaire. L'objectif est de faire pénétrer l'ARNm à l'intérieur de cellules hôtes (mais sans entrer dans le noyau où se trouve l'ADN humain), afin qu'elles produisent la protéine virale correspondant au code de l'ARNm et que cela déclenche une réponse immunitaire. Dans un vaccin, les brins d'ARNm sont contenus dans des nanoparticules lipidiques qui les protègent d'une destruction dans le milieu extracellulaire et facilitent leur entrée dans la cellule hôte (2). Pour le vaccin tozinaméran, les nanoparticules lipidiques contiennent aussi du polyéthylène glycol (PEG) 2000 (3). Ce vaccin ne contient ni adjuvant ni conservateur. […]
En pratique, beaucoup d'incertitudes, comme avec tout nouveau médicament. Quelques éléments issus du principal essai clinique ayant évalué le vaccin covid-19 tozinaméran sont des repères utiles pour aider les premières personnes visées par la vaccination, dans l'attente d'une analyse approfondie :

  • L'essai principal a inclus environ 40 000 personnes âgées de 16 ans et plus. Parmi les personnes incluses, environ 20 % avaient plus de 65 ans, et 46 % avaient un voire plusieurs facteurs de risque de covid-19 grave autre que l'âge.  

  • Cet essai montre une efficacité élevée de ce vaccin pour prévenir à court terme la maladie covid-19, avec une durée de cette protection non connue.

  • Cet essai n'a pas été conçu pour évaluer l'efficacité chez les personnes âgées de 75 ans et plus (moins de 2 000 personnes), mais en tenant compte de l'ensemble des données de l'essai, une certaine efficacité d'ampleur inconnue est vraisemblable.

  • Les effets indésirables connus du vaccin sont surtout des réactions locales et systémiques très fréquentes, parfois intenses, et de rares réactions anaphylactiques. Il n'a pas été mis en évidence de signal particulier, mais il subsiste encore de nombreuses inconnues inhérentes au faible recul d'utilisation, comme avec n'importe quel autre nouveau médicament, vaccin ou autre, en particulier chez les personnes âgées de plus de 75 ans.

Ces explications sont à fournir à tous, en prenant le temps nécessaire, y compris avec les personnes qui auront des difficultés à les percevoir et à les comprendre. Il est utile de donner aux personnes concernées le temps de la réflexion avant qu'elles ne prennent une décision, dans un sens ou dans un autre.

https://www.prescrire.org/Fr/203/1845/60577/0/PositionDetails.aspx

La recommandation de la HAS pour le vaccin de Pfizer/BioNTech : Stratégie de vaccination contre la Covid-19 Place du vaccin à ARNm COMIRNATY® (BNT162b2) dans la stratégie (23/12/20)
https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2020-12/strategie_vaccination_covid_19_place_vaccin_a_arnm_comirnaty_bnt162b2.pdf

 

- Vaccin covid-19 à ARN messager de la firme Moderna : quelques données et des incertitudes, comme avec le vaccin tozinaméran (Comirnaty°, des firmes Pfizer et BioNTech) (06/01/21)

[…] Un vaccin à ARN messager, proche du vaccin tozinaméran. Le vaccin Sars-CoV-2 ARNm-1273 est un vaccin à ARNm (acide ribonucléique messager). Il est très proche du vaccin tozinaméran (lire ici). Dans ces deux vaccins, les brins d'ARNm codent pour une protéine de surface du virus dite protéine Spike. Les brins d'ARNm sont contenus dans des nanoparticules lipidiques, différentes selon le vaccin, qui elles-mêmes contiennent du polyéthylène glycol (PEG) 2000. Ces deux vaccins sont sans adjuvant ni conservateur (1,2). […]
En pratique, une efficacité à court terme chez les adultes, mais des incertitudes. Le principal essai clinique comparatif ayant évalué le vaccin Sars-CoV-2 ARNm-1273, à raison de deux injections espacées de 28 jours, apporte quelques repères pour aider les personnes visées par la vaccination, dans l'attente d'une analyse approfondie :

  • Cet essai a inclus environ 30 000 personnes âgées de 18 ans et plus. La moitié des patients avaient plus de 53 ans. Environ 25 % avaient plus de 65 ans et environ 22 % avaient au moins un facteur de risque de covid-19 grave autre que l'âge.

  • Cet essai a montré que ce vaccin a une efficacité globalement élevée pour prévenir à court terme les cas symptomatiques de la maladie covid-19, y compris les formes sévères ; mais comme avec le vaccin tozinaméran, la durée de cette protection n'est pas connue.

  • Chez les personnes âgées de moins de 65 ans avec un facteur de risque de covid-19 grave autre que l'âge et chez celles âgées de 65 ans à 75 ans, l'efficacité à court terme du vaccin pour prévenir la maladie covid-19 paraît élevée, mais avec une marge d'incertitude un peu plus grande.

  • Cet essai n'a pas été conçu pour évaluer l'efficacité du vaccin Sars-CoV-2 ARNm-1273 chez les personnes âgées de 75 ans et plus, qui n'ont compté que pour environ 5 % des participants. Chez ces personnes, comme avec le vaccin tozinaméran, en tenant compte de l'ensemble des données de l'essai, une efficacité paraît vraisemblable, mais son ampleur est inconnue.

  • Les effets indésirables connus du vaccin sont surtout des réactions locales et systémiques très fréquentes, parfois intenses, et des réactions d'hypersensibilité. Il n'a pas été mis en évidence de signal particulier d'effets indésirables, mais il subsiste encore de nombreuses inconnues inhérentes au faible recul d'utilisation, comme avec n'importe quel autre nouveau médicament, vaccin ou autre.

En somme, début 2021, ce que l'on sait et ce que l'on ne sait pas avec le vaccin Sars-CoV-2 ARNm-1273 est très proche de ce que l'on sait et de ce que l'on ne sait pas avec le vaccin tozinaméran (lire ici). Ces informations, ainsi que celles concernant le risque de contracter une forme grave de covid-19, sont à fournir aux personnes concernées par cette vaccination, en prenant le temps nécessaire, y compris avec celles qui auront des difficultés à les percevoir et à les comprendre. Donner aux personnes qui le souhaitent un temps de réflexion avant qu'elles prennent leur décision (dans un sens ou dans un autre) est une démarche indispensable.

https://www.prescrire.org/fr/203/1845/60615/0/PositionDetails.aspx

La recommandation de la HAS pour le vaccin de Moderna : Stratégie de vaccination contre la Covid-19 – Place du Vaccin Moderna Covid-19 mRNA (nucleoside modified) dans la stratégie (07/01/21)
https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2021-01/recommandation__strategie_de_vaccination_contre_la_covid-19_-_place_du_vaccin_moderna_covid-19_mrna_nucleoside_modified.pdf

- Vaccin covid-19 ChAdOx1 nCoV-19 (firme AstraZeneca) : beaucoup d'incertitudes autour de l'ampleur de son efficacité (29/01/21)

[…] Fin janvier 2021, le vaccin covid‑19 ChAdOx1 nCoV-19 de l'université d'Oxford et de la firme AstraZeneca est annoncé dans l'Union européenne. Il s'agit d'un vaccin dit à vecteur viral. Cela le distingue des vaccins covid-19 à ARNm (acide ribonucléique messager) déjà autorisés dans l'Union européenne : le tozinaméran (Comirnaty°) des firmes Pfizer et BioNTech, et le vaccin Sars-CoV-2 ARNm-173 (Vaccin Covid-19 Moderna°) de la firme Moderna (lire > ICI et > ICI).
Fin janvier 2021, quelles sont les principales données d'évaluation clinique du vaccin ChAdOx1 nCoV-19 ?
Un virus modifié pour transporter un gène. Dans un vaccin dit à vecteur viral, le vecteur est un virus peu ou non pathogène, dont le génome est modifié par l'insertion du gène codant pour la protéine virale contre laquelle on souhaite déclencher une réponse immunitaire. Après l'injection du vaccin, le vecteur viral pénètre dans des cellules humaines. Ces cellules synthétisent alors les protéines codées par le génome viral modifié, dont la protéine contre laquelle on souhaite une immunisation (1,2).
Les adénovirus sont des virus à ADN (acide désoxyribonucléique), qui infectent naturellement les cellules des êtres humains et des primates. Il est possible de les utiliser comme vecteurs viraux, en choisissant de préférence un adénovirus rare chez l'Homme, afin de diminuer le risque que les personnes recevant ce vecteur soient déjà immunisées contre lui. Une telle immunisation entrave la pénétration du vecteur viral, et est un facteur de moindre efficacité d'un vaccin à vecteur viral.
Dans le vaccin ChAdOx1 nCoV-19, le vecteur viral choisi est un adénovirus de chimpanzé génétiquement modifié afin de diminuer fortement sa réplication. Ce vecteur est nommé virus ChAdOx1. Le recul d'utilisation sur ce vecteur viral chez les êtres humains est limité à quelques essais cliniques (1,3,4).
Dans le vaccin ChAdOx1 nCoV-19, le gène d'une protéine de surface du virus Sars-CoV-2, dite protéine spike, est introduit dans le génome du vecteur viral (4). Les vaccins à ARNm, tozinaméran et vaccin Sars-CoV-2 ARNm‑1273, entraînent eux aussi la production par la personne vaccinée de cette protéine du Sars-CoV-2 pour déclencher l'immunisation (5,6).
[…] En pratique, fin janvier 2021, plus d'incertitudes avec ce vaccin qu'avec les deux premiers vaccins autorisés dans l'Union européenne. Fin janvier 2021, les principales données d'évaluation clinique du vaccin ChAdOx1 nCoV‑19 apportent quelques repères pour aider les personnes visées par la vaccination, dans l'attente d'une analyse approfondie et d'autres données :

  • le niveau de preuves des données est globalement faible, entre autres parce que les essais ne se sont pas déroulés comme prévu, et que les données d'efficacité clinique rendues publiques ne portent que sur environ la moitié des participants aux essais ;

  • dans les essais, la diminution relative du risque d'être atteint d'une maladie covid-19 a été d'environ 70 % dans les groupes vaccin ChAdOx1 nCoV‑19, avec une incertitude autour de l'ampleur de l'efficacité plus grande qu'avec les deux vaccins à ARNm déjà autorisés. Une réduction de la fréquence de covid-19 grave est vraisemblable mais non démontrée ;

  • 36 % des participants avaient au moins un facteur de risque de covid-19 grave autre que l'âge, mais l'incertitude autour de l'ampleur de l'efficacité chez eux est encore plus grande que pour l'ensemble des participants. Seulement 6 % environ des participants étaient âgés de 65 ans ou plus ;

  • les effets indésirables connus du vaccin ChAdOx1 nCoV‑19 sont surtout des réactions locales et systémiques très fréquentes. Il existe encore de nombreuses inconnues inhérentes au faible recul d'utilisation, notamment de ce vecteur viral chez les êtres humains.

En somme, fin janvier 2021, les incertitudes autour du vaccin ChAdOx1 nCoV‑19 sont plus grandes qu'autour des deux vaccins à ARNm déjà disponibles dans l'Union européenne (lire > ICI et > ICI). Dans ces conditions, les décisions concernant l'utilisation du vaccin ChAdOx1 nCoV‑19 peuvent varier largement selon les contextes et les personnes. Fournir une information équilibrée sur les risques de la maladie covid-19, sur ce que l'on sait et sur ce que l'on ne sait pas de l'efficacité et des effets indésirables des vaccins est toujours d'actualité. De même que notifier les événements indésirables consécutifs à la vaccination.
©Prescrire 29 janvier 2021

https://www.prescrire.org/Fr/203/1845/60758/0/PositionDetails.aspx

La recommandation de la HAS pour le vaccin d’AstraZeneca : Stratégie de vaccination contre la Covid-19 – Place du Covid-19 Vaccine AstraZeneca (02/02/21) :
https://www.has-sante.fr/jcms/p_3235868/fr/strategie-de-vaccination-contre-la-covid-19-place-du-covid-19-vaccine-astrazeneca

Pour obtenir de plus amples informations quant aux vaccins contre la Covid-19, nous vous conseillons la lecture d’un document très complet à destination des soignants et réalisé par la Société de Pathologie Infectieuse de Langue Française. Vous y trouverez notamment des réponses aux questions suivantes :

Quel est le principe des vaccins contre la Covid-19? […]
Comment fonctionnent les vaccins à ARN? […]
L’ARN viral peut-il être transcrit par des rétrovirus endogènes?

 [...]
Que sont les vaccins à vecteurs viraux? […] 

https://www.infectiologie.com/UserFiles/File/groupe-prevention/covid-19/vaccins-covid-19-questions-et-reponses-spilf-24dec2020.pdf

L'hésitation vaccinale

Le site The Conversation explique les raisons de ce doute face aux vaccins : Vaccination : une hésitation française (02/12/20)

 Patrie de Louis Pasteur, dont les recherches constituèrent une avancée décisive pour la mise au point de la vaccination, la France est aujourd’hui l’un des pays d’Europe occidentale où l’hésitation vaccinale est la plus forte. Jocelyn Raude est enseignant-chercheur en psychologie sociale à l’École des hautes études en santé publique. Ce spécialiste en prévention et maladies infectieuses retrace pour The Conversation l’histoire d’une dérive récente. […] 
L’hésitation vaccinale est un concept désignant un très large spectre de comportements, qui se situent dans l’intervalle allant de l’acceptation sans condition de la vaccination et son rejet complet. Entre ces deux extrêmes, la réticence à la vaccination peut être plus ou moins forte. […]

https://theconversation.com/vaccination-une-hesitation-francaise-150773

L’Académie nationale de médecine rappelle dans un communiqué du 14 décembre l’utilité du vaccin : Vaccination contre la Covid-19, pourquoi hésiter ?

Consciente du trouble que génère dans les esprits l’imminence d’une campagne vaccinale sans précédent, l’Académie nationale de médecine rappelle les faits connus concernant la pandémie en cours et les perspectives de la vaccination.
Consciente du trouble que génère dans les esprits l’imminence d’une campagne vaccinale sans précédent, l’Académie nationale de médecine rappelle :

  • que la Covid-19, en 10 mois, a tué plus de 1 600 000 personnes dans le monde, dont 57000 en France, provoqué une récession économique mondiale et aggravé les situations d’extrême pauvreté;
  • que, malgré l’application la plus stricte des mesures de prévention individuelles et collectives, aucun pays n’a encore réussi à éliminer le SARS-CoV-2 ;
  • que, même dans les pays les plus affectés par la pandémie, les niveaux d’immunité collective sont trop faibles pour escompter un ralentissement spontané de la propagation du virus ;
  • que seule, l’initiation précoce d’une campagne internationale de vaccination de grande ampleur permettra de contrôler cette pandémie au cours de l’année 2021 ;
  • que les performances des premiers vaccins disponibles utilisant la technologie nouvelle de l’ARN messager, produits par Pfizer-BioNTech et Moderna, suscitent de grands espoirs avec un rapport bénéfices/risques très favorable, quand bien même des études complémentaires restent nécessaires, notamment pour préciser la durée de la protection et l’impact sur la transmission ;
  • que la délivrance d’une AMM par l’EMA, attendue pour le 29 décembre, permettra de lever toute réticence au sein du corps médical français et de motiver l’ensemble du personnel soignant pour contribuer au succès du programme national de vaccination ;
  • que la généralisation d’emploi du carnet de vaccination électronique permettra d’améliorer l’efficacité et la sécurité de cette immense œuvre de santé publique.

https://www.academie-medecine.fr/wp-content/uploads/2020/12/20.12.14-Vaccination-contre-hesitation.pdf

Lors du webinaire Mieux comprendre la recherche autour des vaccins, organisé par le Ministère de la recherche et de l’enseignement supérieur, un micro-trottoir sur le vaccin est proposé suivi des réponses de Gilles Bloch (PDG de l'Inserm) sur l’utilité de la vaccination pour lutter contre la Covid 19
https://www.youtube.com/watch?t=1474&v=VXry6WKSVxk&feature=youtu.be

Enfin le journal de vulgarisation scientifique Sciences et Avenir revient sur les fausses informations qui entourent la campagne de vaccination dans un article intitulé Vaccins contre le Covid-19 : le vrai du faux sur les effets secondaires (05/01/21)

Les vaccins à ARN modifient notre ADN. FAUX […]
Les vaccins contre le Covid-19 contiennent des adjuvants. VRAI et FAUX […]
Il faut s'attendre à des effets secondaires après la vaccination. VRAI [ …]
Le vaccin pourrait entraîner un syndrome de Guillain-Barré ou une sclérose en plaques. FAUX
  […]

https://www.sciencesetavenir.fr/sante/vaccins-contre-le-covid-19-le-vrai-du-faux-sur-les-effets-secondaires_150535#xtor=EPR-2-[SEADerMin]-20210105

La HAS propose un document très pédagogique destiné à accompagner la réflexion sur la vaccination et aider à prendre une décision : Covid-19 – Se vacciner ? Décider avec son médecin (29/01/21). Le patient est amené à se poser des questions simples concernant sa santé, des chiffres sont donnés, des balances bénéfices-risques sont proposées, de façon à amener le patient à prendre sa décision en toute connaissance de causes.
https://www.has-sante.fr/jcms/p_3234447/fr/covid-19-se-vacciner-decider-avec-son-medecin#xtor=EPR-1-[L'actu%20de%20la%20HAS]-20210205

Vous avez encore des questions ?

Pour répondre aux questions les plus fréquentes que vous vous posez sur le vaccin, le Ministère des solidarités et de la santé propose une Foire aux questions : la vaccination contre la Covid-19 :
https://solidarites-sante.gouv.fr/grands-dossiers/vaccin-covid-19/je-suis-un-particulier/

Le 1er décembre 2020, le journal Le Monde publie un dossier sur les vaccins contre la Covid-19 et tente de répondre aux nombreuses questions qui se posent : Combien de vaccins ? Quand seront-ils disponibles ? Seront-ils obligatoires ? Peuvent-ils mettre fin à l’épidémie de Covid -19 ? Nos réponses à vos questions (mise à jour 02/02/21)
https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2020/12/01/combien-de-vaccins-quand-seront-ils-disponibles-seront-ils-obligatoires-peuvent-ils-mettre-fin-l-epidemie-de-covid-19-nos-reponses-a-vos-questions_6061795_4355770.html#xtor=AL-32280270

Alors que la vaccination a commencé dans l’hexagone, France info propose des réponses aux questions sur l’efficacité des vaccins, leur développement, les effets indésirables éventuels, les publics concernés, les contre-indications, l’organisation de la campagne vaccinale, la vie sociale et les voyages : Vaccins contre le Covid-19 : voici les réponses aux 41 questions les plus fréquentes que vous vous posez (15/01/21 ; mise à jour 03/02/21)
https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/vaccin/vaccins-contre-le-covid-19-voici-les-reponses-aux-41-questions-les-plus-frequentes-que-vous-vous-posez_4253025.html

Vous pouvez aussi poser vos questions à notre service Questions-santé qui vous apportera une réponse documentaire :
http://www.cite-sciences.fr/fr/au-programme/lieux-ressources/cite-de-la-sante/une-question-en-sante/posez-votre-question/

Date de création : 28/11/20 ; mise à jour : 06/02/21