Depuis le début de l’épidémie de la Covid 19 dans le monde, les équipes de recherche travaillent pour trouver un vaccin capable d’enrayer cette pandémie. Nous vous proposons plusieurs axes de réflexion pour mieux comprendre la situation.

Comprendre la vaccination : qu’est-ce qu’un vaccin ?

L’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) nous aide à Comprendre les vaccins et la vaccination :

Comment fonctionne un vaccin préventif ?
Une vaccination préventive consiste à administrer à un individu en bonne santé une forme atténuée ou inactivée d’un agent infectieux (ou certains de ses composants). L’objectif est de déclencher une réaction immunitaire permettant d’éviter une contamination ultérieure. La vaccination permet en effet de développer des cellules immunitaires "mémoires", capables de reconnaître immédiatement l’agent pathogène s’il venait à infecter l’individu par la suite.  […]

https://www.inserm.fr/information-en-sante/dossiers-information/vaccins-et-vaccinations

En complément, le site des Décodeurs du Monde propose un dossier daté du 4 décembre 2020, mis à jour le 2 février 2021, comprenant une infographie très pédagogique sur le fonctionnement des vaccins : Covid-19 : comment fonctionnent les futurs vaccins

On compte aujourd’hui 237 projets de vaccins contre le coronavirus dans le monde, développés selon des techniques très différentes. Voici comment ils agissent. [...]

https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2020/12/04/comment-fonctionnent-les-futurs-vaccins-contre-le-covid-19_6062151_4355770.html#xtor=AL-32280270

Compte tenu des nombreuses interrogations que suscitent les vaccins à ARNm, nous vous proposons la lecture de plusieurs documents afin de mieux en comprendre les mécanismes:

- le Monde propose un dossier très complet sur L’aventure scientifique des vaccins à ARN messager (14/12/20):
https://www.lemonde.fr/blog/realitesbiomedicales/2020/12/14/laventure-scientifique-des-vaccins-a-arn-messager/

- L’agence nationale de sécurité du médicament et des produits santé (ANSM) a réalisé une infographie très claire pour expliquer les mécanismes d’action du vaccin à ARN messager :
https://www.ansm.sante.fr/dossiers-thematiques/covid-19-vaccins-autorises

Etapes de la création d'un vaccin

Les différentes phases

Avant qu’un vaccin puisse être mis sur le marché, plusieurs étapes (recherche préclinique puis essais cliniques) sont indispensables afin de s’assurer de l’efficacité et de la sécurité du produit testé.

Un dossier du site Vaccination-info-service (site Web conçu sous l’égide de Santé publique France) nous en rappelle les étapes : Sécurité et qualité des vaccins.

Recherche et essais cliniques sur les vaccins
[…]
Déroulement de la recherche sur les vaccins
Avant de commencer les études chez l’homme, il est nécessaire de passer par une phase de test appelée phase de développement « préclinique ». Cette phase a lieu au laboratoire, puis chez l’animal. Elle permet :

  • de déterminer les doses optimales qui permettent de protéger sans entraîner de toxicité (innocuité) ;

  • de vérifier que ce vaccin est sans danger aux doses utilisées (tolérance) ;

  • de vérifier qu’il est efficace pour stimuler nos défenses immunitaires (pouvoir immunogène).

Les recherches sont faites chez différentes espèces animales en utilisant la même voie d’administration que celle qui sera utilisée chez l’homme.
Lorsque cette phase préclinique s’est déroulée avec succès, et comme pour tout médicament, le développement d’un vaccin nécessite que des « essais cliniques » soient réalisés chez l’homme.
Ces essais cliniques se déroulent en quatre phases. Ils ont pour objectif de déterminer la tolérance et l’efficacité du vaccin chez l’homme.
Pour pouvoir débuter, l'essai clinique doit avoir obtenu un avis favorable du Comité de protection des personnes (CPP) et une autorisation de l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM).

  • Phase 1 : sur 10 à 100 personnes : première administration chez l’homme (qui se fait toujours chez l’adulte en bonne santé même si le vaccin concerne l’enfant). On étudie la tolérance et la production des anticorps (pouvoir immunogène) en fonction des doses que l’on administre.

  • Phase 2 : sur 50 à 500 personnes : on étudie la tolérance avec la formulation finale du vaccin et le nombre de doses retenues (schéma de vaccination) dans la population à laquelle cette vaccination sera recommandée.

  • Phase 3 : on étudie l’efficacité vaccinale et la tolérance à une grande échelle, chez plusieurs milliers de personnes.

  • Phase 4 : ces études sont réalisées après la mise sur le marché du vaccin. Elles permettent de vérifier qu’à grande échelle et chez des personnes pouvant présenter des affections chroniques, l’innocuité et l’efficacité du vaccin sont assurées, qu’il n’y a pas d’effets indésirables à long terme sur la survenue d’autres maladies.

Les études et les tests des phases 1 et 2 évaluent notamment les caractéristiques de la protection provoquée par le vaccin en fonction de différentes doses, l’interaction avec d’autres vaccins et le schéma de vaccination.
Le pouvoir immunogène et la tolérance sont évalués au cours des phases 1 à 3, et la qualité de la protection essentiellement au cours de la phase 3 puis de la phase 4.

https://vaccination-info-service.fr/Generalites-sur-les-vaccinations/Qualite-securite-et-efficacite-des-vaccins/Securite-et-qualite-des-vaccins

Afin de garantir la sécurité des personnes, des procédures internationales strictes sont par ailleurs à respecter pour la recherche d’un vaccin ainsi que le rappellent l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et l’International Coalition of Medicines Regulatory Authorities (ICMRA) le 6 novembre 2020 : Déclaration commune de l’OMS et de l’ICMRA sur la nécessité d’une meilleure ‎harmonisation réglementaire mondiale sur les médicaments et les vaccins ‎contre la Covid-19‎ 

[…] Comme dans d’autres domaines de lutte contre la pandémie, la coopération multilatérale entre les autorités réglementaires sera essentielle pour assurer des règles du jeu équitables, l’innocuité, l’efficacité et la qualité assurée des vaccins et des médicaments contre la COVID-19, et pour que tous les pays puissent bénéficier de ces produits de manière équitable et en même temps. Dans cette déclaration, les organisations s’engagent à entreprendre une série de mesures en ce sens. […]

https://www.who.int/fr/news/item/06-11-2020-who-icmra-joint-statement-on-the-need-for-improved-global-regulatory-alignment-on-covid-19-medicines-and-vaccines

Comment peut-on créer un vaccin si rapidement ?

Dans un reportage de France info du 27 novembre 2020, des scientifiques expliquent comment un vaccin contre la Covid-19 a été si rapidement trouvé, et rassurent sur sa qualité : Vrai ou Fake : faut-il s'inquiéter de la rapidité avec laquelle ont été conçus les vaccins contre le Covid-19 ?

Dans l'histoire, le vaccin le plus rapidement conçu a été celui contre Ebola, en cinq ans. Alors un vaccin anti-Covid développé en moins d'un an, c'est du jamais vu. Faut-il pour autant s'inquiéter de cette rapidité ?

La rapidité avec laquelle ont été créés les vaccins contre la Covid-19 ne signifie pas que les tests ont été bâclés par les laboratoires. Les chercheurs mènent bien tous les essais cliniques indispensables. "Les conditions correspondent aux standards à la fois en termes d'efficacité et de sécurité. Il faut quand même voir que ce sont des dizaines de milliers de volontaires à qui on aura injecté le vaccin. On peut être raisonnablement rassuré", assure Michel Goldman, professeur d'immunologie à l'Université de Bruxelles. 

 

La recherche et la production menées simultanément 

Si les scientifiques ont été aussi rapides, c'est parce qu'ils étaient très nombreux et très bien financés par les laboratoires privés et les institutions publiques. "Pour la première fois, il y a eu une coopération entre divers industriels qui a permis d'avancer encore plus vite", note Jean-Paul Stahl, professeur de médecine infectieuse au CHU de Grenoble. La phase de recherche et de production ont, en outre, été menées simultanément pour plusieurs vaccins, ce qui n'arrive jamais

.

https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/vrai-ou-fake-faut-il-s-inquieter-de-la-rapidite-avec-laquelle-ont-ete-concus-les-vaccins-contre-le-covid-19_4196935.html

Un chercheur de l'Université de Cambridge, Mark Toshner, explique sur le site The Conversation ce qui a permis d'avoir un résultat si rapide dans la recherche d'un vaccin contre la Covid-19 : Développer un vaccin contre la Covid en moins d’un an ? Voici pourquoi il n’y a pas lieu de s’inquiéter. (27/11/20)

[...] Si vous rencontrez quelqu’un qui exprime son inquiétude face à la rapidité étonnante des essais actuels, dites-lui que prendre dix ans est plutôt mauvais signe. Ces dix années ne servent pas à s’assurer que le vaccin est sans danger, ce sont des années passées à lutter contre l’indifférence, les impératifs commerciaux et la bureaucratie. [...]

https://theconversation.com/developper-un-vaccin-contre-la-covid-en-moins-dun-an-voici-pourquoi-il-ny-a-pas-lieu-de-sinquieter-150900

Essais cliniques et volontaires

Dans un communiqué du 1er octobre 2020, l’Inserm rappelle la nécessité d’avoir des volontaires pour tester un futur vaccin : Vaccins contre la Covid-19 : 25 000 volontaires pour conduire des essais cliniques de grande ampleur en France – ouverture des inscriptions :

[…] À la demande du ministère des Solidarités et de la Santé et du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, la France, forte de l’excellence de sa recherche clinique en matière de vaccination, s’est organisée pour contribuer à l’évaluation des candidats vaccins les plus prometteurs avec la mise en place de la plateforme COVIREIVAC. Pilotée par l’Inserm, Covireivac fédère 24 centres d’investigation clinique au sein de CHU partout en France, en lien étroit avec le Collège national des généralistes enseignants. Le volet opérationnel clinique des différents CHU fait l’objet d’une coordination prise en charge par l’AP-HP. Covireivac ouvre aujourd’hui l’inscription des volontaires pour mener les premiers essais cliniques de grande ampleur en France. […]

https://presse.inserm.fr/vaccins-contre-la-covid-19-25-000-volontaires-pour-conduire-des-essais-cliniques-de-grande-ampleur-en-france-ouverture-des-inscriptions/40934/

Pharmacovigilance

Comme tout produit de santé, les différents vaccins contre la Covid-19 sont suivis par les instances médicales qui vont surveiller la survenue d’éventuels effets indésirables afin de les contrer.

C’est ce qu’explique l’Agence européenne des médicaments dans un article sur les Vaccins contre la Covid-19 (23/12/20) :

Surveillance de la sécurité et de l’efficacité du vaccin contre la COVID-19
L’UE surveille en permanence la sécurité et l’efficacité des vaccins contre la COVID-19.
L’EMA surveille les effets indésirables de ces vaccins, comme elle le fait pour tous les vaccins.
Parallèlement, le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) surveille de manière intensive l’efficacité des vaccins contre la COVID-19.
Cela permet à l’UE d’identifier et d’évaluer rapidement toute nouvelle information sur les avantages et la sécurité des vaccins contre la COVID-19. Cela permettra de détecter et de gérer les risques éventuels le plus rapidement possible : voir Surveillance de la sécurité des vaccins et signalement des effets indésirables

https://vaccination-info.eu/fr/covid-19/vaccins-contre-la-covid-19

Depuis le début de la vaccination, l'Agence nationale de sécurité des médicaments et des produits de santé (ANSM) coordonne un réseau de centres de pharmacovigilance pour assurer un suivi hebdomadaire des cas d’effets indésirables, recensés dans les Points de situation sur la surveillance des vaccins contre la Covid-19 :

Dans le cadre de la surveillance renforcée des vaccins utilisés contre la Covid-19, nous avons mobilisé les centres régionaux de pharmacovigilance (CRPV) pour mener une enquête de pharmacovigilance. Cette enquête permet de surveiller en temps réel le profil de sécurité des vaccins à partir des déclarations réalisées par les professionnels de santé ou par les personnes vaccinées.
[...]

Objectifs et méthodologie
L’objectif du suivi de pharmacovigilance est de détecter des effets indésirables nouveaux et/ou graves non identifiés dans les essais cliniques.
L’enquête de pharmacovigilance mise en place pour répondre à cet objectif consiste en une analyse quantitative et qualitative (médicale et pharmacologique) des effets indésirables suspectés d’être en lien avec la vaccination et déclarés par les professionnels de santé, les personnes vaccinées ou leur entourage.
L’analyse est réalisée sur les données de la base nationale de pharmacovigilance (BNPV) dans laquelle sont enregistrés anonymement les cas d’effets indésirables déclarés puis analysés par les CRPV. Ces cas d’effets indésirables implémentent également la base européenne Eudravigilance.
Les cas graves d’effets indésirables survenus en France et notifiés directement aux laboratoires pharmaceutiques, sont également analysés.
[...]

https://www.ansm.sante.fr/dossiers-thematiques/covid-19-vaccins/covid-19-suivi-hebdomadaire-des-cas-deffets-indesirables-des-vaccins

L’article du 22/12/20 du site des éditions Vidal (l’une de références dans l’information sur les produits de santé) confirme ce suivi : La pharmacovigilance des vaccins contre la COVID-19 :

À plus d'un titre, les vaccins ne sont pas des médicaments comme les autres. Et ceux contre la COVID-19 encore plus. Quels sont les différents types de vaccins ? Comment sont-ils développés, étudiés, évalués, surveillés ? Autant de questions qui méritent que l'on s'attarde sur le fonctionnement de la pharmacovigilance des vaccins en général, et de ceux contre la COVID-19 en particulier. Explications avec l'aide du Dr Annie-Pierre Joinville-Béra, responsable du Centre régional de pharmacovigilance de Tours. […]

https://www.vidal.fr/actualites/26398-la-pharmacovigilance-des-vaccins-contre-la-covid-19.html?cid=eml_001190&id=26398&permalink=la-pharmacovigilance-des-vaccins-contre-la-covid-19

Face aux interrogations à propos d’effets secondaires du vaccin contre la Covid-19 et notamment celui d’AstraZeneca, le Vidal propose de Décoder les informations sur la tolérance des médicaments ... et des vaccins en particulier (08/04/21)

[…] Qu'est-ce qu'un signal ? Quand et comment le prendre en compte pour décider d'une conduite à tenir devant un « nouvel » événement indésirable ?
En pharmacovigilance, un signal est le fruit d'un trouble généré par la notification de prescripteurs à leur CRPV (voire via une publication) d'un événement inhabituel, rare, le plus souvent grave, rattaché à la prise d'un médicament (que le lien soit suspecté ou fortement probable), dont la nature, inconnue jusqu'alors, la présentation, la fréquence ou la sévérité diffèrent de ce qui était déjà rapporté ou attendu avec ce médicament.

Un signal est donc une observation troublante, faite soit au cours des essais d'efficacité (par exemple, paralysie faciale avec le vaccin Pfizer-BioNTech), soit notifiée aux CRPV en post-AMM (par exemple, les événements thrombo-emboliques avec le vaccin AstraZeneca). Ainsi, des événements thrombo-emboliques n'ont pas été constatés dans les essais d'efficacité du vaccin AstraZeneca, mais un signal est apparu, après sa mise sur le marché, chez des sujets vaccinés, en France et dans d'autres pays européens. Pour rappel, en France, au 11 mars 2021, 13 cas/1 041 000 injections, dont 2 infarctus du myocarde, 1 thrombus intracardiaque, 4 embolies pulmonaires, 2 thromboses des sinus veineux cérébraux, 4 accidents vasculaires cérébraux ischémiques dont 1 associé à une CIVD (coagulation intravasculaire disséminée), ont été notifiés aux CRPV, qui ont ensuite alerté l'ANSM.

En présence d'un signal, sont menées, parallèlement, une surveillance « renforcée » des nouveaux cas, des études plus fondamentales sur des mécanismes d'action du vaccin qui pourraient appuyer son rôle dans l'événement indésirable, et des études ciblées de pharmaco-épidémiologie.

Il est important de rappeler que, dans le cas des vaccins contre la COVID-19 (compte tenu de leur rapidité de développement et de leur cible [à terme toute la population]), un dispositif renforcé de surveillance des événements indésirables a été mis en place : discussion à propos des signaux, chaque semaine, par les 31 CRPV, signaux qui pourront se transformer en alerte après une analyse clinique et pharmacologique de l'ensemble des cas, assortie d'un partage des données européennes et d'un engagement à la transparence et à la communication (voir notre actualité « La pharmacovigilance des vaccins contre la COVID-19 »).

Si une décision doit être prise « en urgence », elle devra s'appuyer sur le constat d'une augmentation des cas de thromboses notifiées, qui persiste, voire se majore. Le recueil, l'analyse et la centralisation des cas par les CRPV, donc la pharmacovigilance post-AMM, prendront le pas sur la mise en place d'études portant sur les mécanismes d'action du vaccin ou de pharmaco-épidémiologie, plus longues à réaliser.

En cas d'alerte, la prise de décision reste difficile car, même si une association est suspectée entre médicament et événement indésirable, il ne sera pas possible de prouver, à ce stade, qu'il s'agit d'une relation de cause à effet. Pour savoir s'il existe une association significative, il faudra attendre les résultats d'études pharmaco-épidémiologiques, qui demandent du temps. Les éventuelles décisions ne sont pas prises sur un nombre « seuil » de cas d'effets indésirables (impossible à définir), mais sur un faisceau de critères comme :

  • Le bénéfice attendu du médicament.

  • La comparaison du nombre de cas observés à celui attendu dans la population générale, dans un laps de temps compatible avec le délai de survenue des cas déjà déclarés, prenant en compte le biais de notoriété (les événements thrombo-emboliques seront désormais signalés aux CRPV chez les vaccinés alors qu'ils le seront moins chez les non vaccinés). À cet égard, il est intéressant de constater que la direction générale de la santé (DGS) a estimé que le nombre global d'événements thrombo-emboliques rapportés après la vaccination est inférieur à celui attendu dans la population générale. Excellente nouvelle donc car, si l'on prend à la lettre cette information, le vaccin AstraZeneca serait protecteur d'événements thrombo-emboliques ! 

  • La présence ou non de facteurs de risque, qui pourrait conduire à réserver le vaccin à certaines populations.

https://www.vidal.fr/actualites/26924-decoder-les-informations-sur-la-tolerance-des-medicaments-et-des-vaccins-en-particulier.html?cid=eml_001325&print=&id=26924&permalink=decoder-les-informations-sur-la-tolerance-des-medicaments-et-des-vaccins-en-particulier

En complément, voici une infographie de l’ANSM sur La surveillance des vaccins Covid-19. Dans un schéma clair, l’ANSM explique la mise en place d’un double dispositif permettant d'assurer le suivi et la gestion des effets indésirables liés aux vaccins contre la Covid-19.
https://www.ansm.sante.fr/dossiers-thematiques/covid-19-vaccins/covid-19-dispositif-de-surveillance-renforcee-des-vaccins

Etat de la recherche

Le 26 novembre 2020, le journal Le Monde publie un dossier très complet (mis à jour le 02 février 2021) dans lequel il fait le point sur les différents vaccins en cours de développement. Ce dossier, mis à jour régulièrement, classe les différents candidats vaccins en fonction de l’avancement des recherches (Vaccins en phase 3 ; Vaccins en phases 1 et 2) et précise quand c’est le cas, les autorisations de mise sur le marché et le ou les pays concernés :

Comparez l’avancée des différents vaccins contre le Covid-19
Plus de vingt vaccins aux caractéristiques différentes ont atteint la dernière étape d’expérimentation avant la mise sur le marché. Le détail dans notre tableau de suivi.
Selon le décompte de l’
Organisation mondiale de la santé (OMS), plus de soixante vaccins visant à protéger la population du Covid-19 sont actuellement en phase d’essais cliniques. Plus de vingt d’entre eux ont atteint la phase 3, durant laquelle le produit est testé sur un grand nombre de volontaires pour confirmer son efficacité et détecter d’éventuels effets secondaires. Le vaccin de Pfizer-BioNTech est le premier à avoir été autorisé aux Etats-Unis, au Royaume-Uni puis par l’Union européenne. La campagne de vaccination a débuté le 8 décembre au Royaume-Uni, le 14 décembre aux Etats-Unis et le 27 décembre en France.
Les technologies à l’origine de ces vaccins les plus avancés, comme les résultats annoncés par les groupes pharmaceutiques, varient. Nous vous proposons de découvrir leurs caractéristiques dans ce tableau, actualisé régulièrement. […]

https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2020/11/26/efficacite-calendrier-commandes-stockage-comparez-l-avancee-des-vaccins-contre-le-covid-19_6061244_4355770.html

En complément, France info fait le point sur les 6 candidats vaccins déjà réservés par la Commission européenne : Efficacité, doses, conservation… Tout savoir sur les six candidats vaccins contre le Covid-19 déjà réservés par la Commission européenne (04/12/20 mis à jour 06/12/20) :

La Commission européenne multiple les contrats afin de disposer d'un large "portefeuille" de produits et d'anticiper d'éventuels revers lors des essais cliniques. Passage en revue de ces six candidats qui pourraient bientôt arriver en France.

https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/vaccin/efficacite-nombre-de-doses-conservation-tout-savoir-sur-les-six-vaccins-contre-le-covid-19-deja-reserves-par-la-commission-europeenne_4201319.html

Les vaccins ayant obtenu une autorisation de mise sur le marché en France

Le site Vaccination-info-service.fr, site Web conçu sous l’égide de Santé publique France, établissement public sous tutelle du Ministère chargé de la Santé répond à plusieurs questions relatives à la vaccination contre la Covid-19 et précise en date du 23/04/21

Quatre vaccins contre la COVID-19 sont disponibles en France :

  • Le vaccin Pfizer/BioNtech sous le nom de Comirnaty® ;
  • Le COVID-19 Vaccine Moderna®;
  • Le vaccin AstraZeneca sous le nom de VaxZevria®;
  • Le COVID-19 Vaccine Janssen®.

Les vaccins et leur injection sont pris en charge à 100% par l’Assurance Maladie.

https://vaccination-info-service.fr/Les-maladies-et-leurs-vaccins/COVID-19

La revue Prescrire détaille quant à elle, les spécificités des vaccins autorisés pour lutter contre la Covid-19 et revient sur les études qui ont été réalisées :

Vaccin Comirnaty° de Pfizer et BioNTech

Vaccin covid-19 à ARN messager tozinaméran (Comirnaty° des firmes Pfizer et BioNTech) et personnes âgées : quelques données, beaucoup d'incertitudes (23/12/20)

[…] Un vaccin à ARN messager, avec nanoparticules lipidiques et PEG, sans adjuvant ni conservateur. Le vaccin tozinaméran est un vaccin à ARN messager (ARNm, ARN pour acide ribonucléique). L'ARNm est une molécule qui transporte des informations génétiques. Chaque brin d'ARNm contient un code qui permet aux cellules de synthétiser dans leur cytoplasme une protéine spécifique.
Le principe d'un vaccin à ARN messager est le suivant : l'ARNm code pour la protéine déterminée contre laquelle on souhaite déclencher une réponse immunitaire. L'objectif est de faire pénétrer l'ARNm à l'intérieur de cellules hôtes (mais sans entrer dans le noyau où se trouve l'ADN humain), afin qu'elles produisent la protéine virale correspondant au code de l'ARNm et que cela déclenche une réponse immunitaire. Dans un vaccin, les brins d'ARNm sont contenus dans des nanoparticules lipidiques qui les protègent d'une destruction dans le milieu extracellulaire et facilitent leur entrée dans la cellule hôte (2). Pour le vaccin tozinaméran, les nanoparticules lipidiques contiennent aussi du polyéthylène glycol (PEG) 2000 (3). Ce vaccin ne contient ni adjuvant ni conservateur. […]
En pratique, beaucoup d'incertitudes, comme avec tout nouveau médicament. Quelques éléments issus du principal essai clinique ayant évalué le vaccin covid-19 tozinaméran sont des repères utiles pour aider les premières personnes visées par la vaccination, dans l'attente d'une analyse approfondie :

  • L'essai principal a inclus environ 40 000 personnes âgées de 16 ans et plus. Parmi les personnes incluses, environ 20 % avaient plus de 65 ans, et 46 % avaient un voire plusieurs facteurs de risque de covid-19 grave autre que l'âge.  

  • Cet essai montre une efficacité élevée de ce vaccin pour prévenir à court terme la maladie covid-19, avec une durée de cette protection non connue.

  • Cet essai n'a pas été conçu pour évaluer l'efficacité chez les personnes âgées de 75 ans et plus (moins de 2 000 personnes), mais en tenant compte de l'ensemble des données de l'essai, une certaine efficacité d'ampleur inconnue est vraisemblable.

  • Les effets indésirables connus du vaccin sont surtout des réactions locales et systémiques très fréquentes, parfois intenses, et de rares réactions anaphylactiques. Il n'a pas été mis en évidence de signal particulier, mais il subsiste encore de nombreuses inconnues inhérentes au faible recul d'utilisation, comme avec n'importe quel autre nouveau médicament, vaccin ou autre, en particulier chez les personnes âgées de plus de 75 ans.

Ces explications sont à fournir à tous, en prenant le temps nécessaire, y compris avec les personnes qui auront des difficultés à les percevoir et à les comprendre. Il est utile de donner aux personnes concernées le temps de la réflexion avant qu'elles ne prennent une décision, dans un sens ou dans un autre.

https://www.prescrire.org/Fr/203/1845/60577/0/PositionDetails.aspx

La recommandation de la HAS pour le vaccin de Pfizer/BioNTech : Stratégie de vaccination contre la Covid-19 Place du vaccin à ARNm COMIRNATY® (BNT162b2) dans la stratégie (23/12/20 ; mise à jour du 18/02/21)
https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2020-12/strategie_vaccination_covid_19_place_vaccin_a_arnm_comirnaty_bnt162b2.pdf

 

COVID-19 Vaccine Moderna®

Vaccin covid-19 à ARN messager de la firme Moderna : quelques données et des incertitudes, comme avec le vaccin tozinaméran (Comirnaty°, des firmes Pfizer et BioNTech) (06/01/21)

[…] Un vaccin à ARN messager, proche du vaccin tozinaméran. Le vaccin Sars-CoV-2 ARNm-1273 est un vaccin à ARNm (acide ribonucléique messager). Il est très proche du vaccin tozinaméran (lire ici). Dans ces deux vaccins, les brins d'ARNm codent pour une protéine de surface du virus dite protéine Spike. Les brins d'ARNm sont contenus dans des nanoparticules lipidiques, différentes selon le vaccin, qui elles-mêmes contiennent du polyéthylène glycol (PEG) 2000. Ces deux vaccins sont sans adjuvant ni conservateur (1,2). […]
En pratique, une efficacité à court terme chez les adultes, mais des incertitudes. Le principal essai clinique comparatif ayant évalué le vaccin Sars-CoV-2 ARNm-1273, à raison de deux injections espacées de 28 jours, apporte quelques repères pour aider les personnes visées par la vaccination, dans l'attente d'une analyse approfondie :

  • Cet essai a inclus environ 30 000 personnes âgées de 18 ans et plus. La moitié des patients avaient plus de 53 ans. Environ 25 % avaient plus de 65 ans et environ 22 % avaient au moins un facteur de risque de covid-19 grave autre que l'âge.

  • Cet essai a montré que ce vaccin a une efficacité globalement élevée pour prévenir à court terme les cas symptomatiques de la maladie covid-19, y compris les formes sévères ; mais comme avec le vaccin tozinaméran, la durée de cette protection n'est pas connue.

  • Chez les personnes âgées de moins de 65 ans avec un facteur de risque de covid-19 grave autre que l'âge et chez celles âgées de 65 ans à 75 ans, l'efficacité à court terme du vaccin pour prévenir la maladie covid-19 paraît élevée, mais avec une marge d'incertitude un peu plus grande.

  • Cet essai n'a pas été conçu pour évaluer l'efficacité du vaccin Sars-CoV-2 ARNm-1273 chez les personnes âgées de 75 ans et plus, qui n'ont compté que pour environ 5 % des participants. Chez ces personnes, comme avec le vaccin tozinaméran, en tenant compte de l'ensemble des données de l'essai, une efficacité paraît vraisemblable, mais son ampleur est inconnue.

  • Les effets indésirables connus du vaccin sont surtout des réactions locales et systémiques très fréquentes, parfois intenses, et des réactions d'hypersensibilité. Il n'a pas été mis en évidence de signal particulier d'effets indésirables, mais il subsiste encore de nombreuses inconnues inhérentes au faible recul d'utilisation, comme avec n'importe quel autre nouveau médicament, vaccin ou autre.

En somme, début 2021, ce que l'on sait et ce que l'on ne sait pas avec le vaccin Sars-CoV-2 ARNm-1273 est très proche de ce que l'on sait et de ce que l'on ne sait pas avec le vaccin tozinaméran (lire ici). Ces informations, ainsi que celles concernant le risque de contracter une forme grave de covid-19, sont à fournir aux personnes concernées par cette vaccination, en prenant le temps nécessaire, y compris avec celles qui auront des difficultés à les percevoir et à les comprendre. Donner aux personnes qui le souhaitent un temps de réflexion avant qu'elles prennent leur décision (dans un sens ou dans un autre) est une démarche indispensable.

https://www.prescrire.org/fr/203/1845/60615/0/PositionDetails.aspx

La recommandation de la HAS pour le vaccin de Moderna : Stratégie de vaccination contre la Covid-19 – Place du Vaccin Moderna Covid-19 mRNA (nucleoside modified) dans la stratégie (18/02/21)
https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2021-01/synthese_strategie_de_vaccination_contre_la_covid-19_-_place_du_vaccin_moderna_covid-19_mrna_nucleoside_modified_dans_la_str.pdf

La revue Prescrire après avoir examiné différentes études lève les incertitudes qu’elle avait émises sur les vaccins à ARNm et souligne l’efficacité de ces 2 vaccins : Vaccins covid-19 à ARN messager : forte réduction du risque de maladie covid-19, sans signal préoccupant d'effet indésirable (01/04/21)

Les données d'évaluation disponibles ont conduit Prescrire à attribuer à ces vaccins la rare cotation "Intéressant". 

  • Fin mars 2021, deux vaccins covid-19 à ARNm (acide ribonucléique messager) sont autorisés dans l'Union européenne : le vaccin covid-19 ARNm BNT162b2 dont la dénomination commune internationale (DCI) est tozinaméran (Comirnaty°, vaccin de Pfizer et BioNTech) et le vaccin covid-19 ARNm-1273 (Covid-19 Vaccine Moderna°).

  • Une première analyse de chacun des vaccins a été apportée par Prescrire, dès l'octroi des autorisations de mise sur le marché (AMM) dans l'Union européenne, pour fournir rapidement des repères utiles aux soignants. Ces analyses ont été communiquées aux abonnés à l'Application Prescrire et postées sur le site www.prescrire.org en accès libre :

    • "Vaccin covid-19 à ARN messager tozinaméran" (23 décembre 2020) > ICI

    • "Vaccin covid-19 à ARN messager de la firme Moderna" (6 janvier 2021) > ICI.

  • Depuis, le travail continu de la Rédaction de Prescrire a permis d'analyser de façon plus approfondie les données d'évaluation détaillées, une étude épidémiologique après la vaccination d'une proportion notable de la population israélienne et divers rapports sur les effets indésirables lors des campagnes de vaccination

  • Ces analyses fouillées sont publiées dans le numéro d'avril de Prescrire.
  •  INTÉRESSANT  Malgré les incertitudes qui subsistaient fin février 2021, Prescrire conclut de l'évaluation des données que la balance bénéfices-risques du tozinaméran et du vaccin covid-19 ARNm-1273 est nettement favorable pour prévenir la maladie covid-19 dans beaucoup de situations. Et Prescrire a attribué à ces deux vaccins la rare cotation "Intéressant".

https://www.prescrire.org/fr/3/31/60864/0/NewsDetails.aspx

COVID-19 Vaccine AstraZeneca®  

Dans un article publié le 29 janvier 2021 et intitulé Vaccin covid-19 ChAdOx1 nCoV-19 (firme AstraZeneca) : beaucoup d'incertitudes autour de l'ampleur de son efficacité, la revue Prescrire détaille les caractéristiques de ce vaccin :

Fin janvier 2021, le vaccin covid‑19 ChAdOx1 nCoV-19 de l'université d'Oxford et de la firme AstraZeneca est annoncé dans l'Union européenne. Il s'agit d'un vaccin dit à vecteur viral. Cela le distingue des vaccins covid-19 à ARNm (acide ribonucléique messager) déjà autorisés dans l'Union européenne : le tozinaméran (Comirnaty°) des firmes Pfizer et BioNTech, et le vaccin Sars-CoV-2 ARNm-173 (Vaccin Covid-19 Moderna°) de la firme Moderna (lire > ICI et > ICI).

Fin janvier 2021, quelles sont les principales données d'évaluation clinique du vaccin ChAdOx1 nCoV-19 ?

Un virus modifié pour transporter un gène. Dans un vaccin dit à vecteur viral, le vecteur est un virus peu ou non pathogène, dont le génome est modifié par l'insertion du gène codant pour la protéine virale contre laquelle on souhaite déclencher une réponse immunitaire. Après l'injection du vaccin, le vecteur viral pénètre dans des cellules humaines. Ces cellules synthétisent alors les protéines codées par le génome viral modifié, dont la protéine contre laquelle on souhaite une immunisation (1,2).

Les adénovirus sont des virus à ADN (acide désoxyribonucléique), qui infectent naturellement les cellules des êtres humains et des primates. Il est possible de les utiliser comme vecteurs viraux, en choisissant de préférence un adénovirus rare chez l'Homme, afin de diminuer le risque que les personnes recevant ce vecteur soient déjà immunisées contre lui. Une telle immunisation entrave la pénétration du vecteur viral, et est un facteur de moindre efficacité d'un vaccin à vecteur viral.


Dans le vaccin ChAdOx1 nCoV-19, le vecteur viral choisi est un adénovirus de chimpanzé génétiquement modifié afin de diminuer fortement sa réplication. Ce vecteur est nommé virus ChAdOx1. Le recul d'utilisation sur ce vecteur viral chez les êtres humains est limité à quelques essais cliniques (1,3,4).

Dans le vaccin ChAdOx1 nCoV-19, le gène d'une protéine de surface du virus Sars-CoV-2, dite protéine spike, est introduit dans le génome du vecteur viral (4). Les vaccins à ARNm, tozinaméran et vaccin Sars-CoV-2 ARNm‑1273, entraînent eux aussi la production par la personne vaccinée de cette protéine du Sars-CoV-2 pour déclencher l'immunisation (5,6). [...]

https://www.prescrire.org/Fr/203/1845/60758/0/PositionDetails.aspx

Covid-19 : la HAS recommande d’utiliser le vaccin d’AstraZeneca chez les 55 ans et plus (19/03/21)

Le vaccin AstraZeneca a été progressivement déployé en France depuis le début du mois de février, dans l’ensemble de la population éligible à la vaccination contre la Covid-19. Récemment, le dispositif de pharmacovigilance a remonté des cas d’événements thromboemboliques et hémorragiques graves et rares et l’utilisation de ce vaccin a été provisoirement suspendue en France dans l’attente d’une décision du CHMP de l’EMA rendu le 19 mars.

 

A la lumière de ces données, la HAS recommande que la vaccination avec le vaccin AstraZeneca reprenne sans délai. Toutefois l’EMA a identifié un possible surrisque de cas de coagulation intravasculaire disséminée (CIVD) et de thrombose veineuse cérébrale (TVC) chez les personnes de moins de 55 ans. Compte tenu du déroulement de la campagne vaccinale, qui va concerner au cours des deux prochains mois prioritairement les populations âgées, et de l’existence d’alternatives pour les plus jeunes, la HAS recommande à ce stade de n’utiliser le vaccin AstraZeneca que pour les personnes âgées de 55 ans et plus. Cet avis sera revu prochainement en collaboration étroite avec l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), en fonction des données de pharmacovigilance à venir, avec davantage de recul sur le vaccin AstraZeneca, en particulier chez les personnes de moins de 55 ans. D’ici là, la HAS recommande d’utiliser les vaccins à ARNm chez les personnes éligibles à la vaccination âgées de moins de 55 ans.

https://www.has-sante.fr/jcms/p_3244305/fr/covid-19-la-has-recommande-d-utiliser-le-vaccin-d-astrazeneca-chez-les-55-ans-et-plus#xtor=EPR-1-[L'actu%20de%20la%20HAS]-20210319

Vaccin covid-19 de la firme AstraZeneca : données épidémiologiques britanniques chez les personnes âgées, et données de pharmacovigilance utiles (15/03/21)

En pratique. Ces données épidémiologiques après vaccination massive au Royaume-Uni, de fin 2020 à début 2021, montrent une réduction importante du risque de maladie covid-19 justifiant une hospitalisation, même chez les personnes âgées avec le vaccin covid-19 ChAdOx1-S de la firme AstraZeneca, et y compris en Angleterre où le variant dit anglais circulait largement. Malgré un niveau de preuves moindre que celui d'essais, ces résultats incitent à proposer ce vaccin aussi aux personnes âgées de plus de 65 ans, malgré les incertitudes inhérentes à l'absence de recul et à l'émergence possible de nouveaux variants. D'autre part, mi-mars 2021, les données de pharmacovigilance publiées sont cohérentes avec le profil d'effets indésirables esquissé à partir des essais comparatifs.

https://www.prescrire.org/Fr/203/1845/60901/0/PositionDetails.aspx

Covid-19 : quelle stratégie vaccinale pour les moins de 55 ans ayant déjà reçu une dose d’AstraZeneca ? (09/04/21)

  • Recourir à un schéma de vaccination de type « prime-boost hétérologue »
    La stratégie de recourir à un schéma de vaccination en deux étapes utilisant pour la deuxième injection (boost) un vaccin relevant d’une technique différente de la première (prime) est appelée « prime-boost hétérologue ». De nombreux arguments sont en faveur de cette stratégie, déjà mise à profit dans le contexte du développement de certains vaccins (VIH notamment) et qui s’est avérée plus efficace que l'approche de prime-boost homologue (injections strictement identiques) au cours d’études de phase 1 et 2 chez l’homme. Il est également important de souligner que les vaccins actuellement utilisés ou majoritairement en cours de développement dans la vaccination anti-SARS-CoV-2 ciblent le même antigène (protéine S), ce qui permet de soutenir cette stratégie.
    De nombreuses études sont en cours dans le cadre du programme européen Vaccelerate et les premières données relatives au recours au prime-boost hétérologue dans la vaccination anti-SARS-CoV-2 sont encore limitées mais encourageantes.

  • Proposer une deuxième dose de vaccin à ARNm
    Ainsi, au vu de l’existence d’un rationnel scientifique et de données encourageantes, la HAS recommande d’utiliser une dose d’un des vaccins à ARNm actuellement disponibles (COMIRNATY® ou vaccin Covid-19 Moderna) en remplacement de l’administration de la deuxième dose chez les personnes de moins de 55 ans ayant reçu une première dose du vaccin VAXZEVRIA. Elle recommande de s’assurer de l’accord des patients pour cette deuxième dose. De plus, elle préconise de faire cette vaccination avec un intervalle de 12 semaines entre les doses.

    La HAS recommande de mettre en place en place très rapidement une étude pour évaluer en vie réelle la réponse immunitaire conférée par le schéma de vaccination mixte recommandé ainsi qu’un suivi spécifique de pharmacovigilance des personnes vaccinées par le vaccin VAXZEVRIA puis par un vaccin à ARNm.

https://www.has-sante.fr/jcms/p_3260335/fr/covid-19-quelle-strategie-vaccinale-pour-les-moins-de-55-ans-ayant-deja-recu-une-dose-d-astrazeneca

Pour consulter les précédents avis de la revue Prescrire :

  • Vaccin covid-19 de la firme AstraZeneca : quoi de neuf depuis fin janvier 2021 ? (25/02/21)

https://www.prescrire.org/Fr/203/1845/60858/0/PositionDetails.aspx

  • Vaccin covid-19 ChAdOx1 nCoV-19 (firme AstraZeneca) : beaucoup d'incertitudes autour de l'ampleur de son efficacité (29/01/21)

https://www.prescrire.org/Fr/203/1845/60758/0/PositionDetails.aspx

Les recommandations de la HAS pour le vaccin d’AstraZeneca :

  • Stratégie de vaccination contre la Covid-19 – Place du Covid-19 Vaccine AstraZeneca (02/02/21 ; mise à jour 26/02/21) :

https://www.has-sante.fr/jcms/p_3235868/fr/strategie-de-vaccination-contre-la-covid-19-place-du-covid-19-vaccine-astrazeneca

  • AstraZeneca : la HAS recommande son utilisation chez les professionnels de santé et les personnes de 50 à 64 ans (02/02/21)

https://www.has-sante.fr/jcms/p_3235927/fr/astrazeneca-la-has-recommande-son-utilisation-chez-les-professionnels-de-sante-et-les-personnes-de-50-a-64-ans

 

Covid-19 Ad26.CoV2‑S (Janssen)

Vaccin covid-19 Ad26.CoV2-S (firme Janssen) : efficace à court terme et des inconnues, comme avec les autres vaccins covid-19 (23/03/21)

Le 11 mars 2021, le vaccin covid-19 Ad26.CoV2-S de la firme Janssen (groupe Johnson & Johnson) a été autorisé dans l'Union européenne. Il est annoncé en France au cours du printemps 2021. Il s'agit d'un vaccin à vecteur viral, ce vecteur étant différent de celui du vaccin covid-19 ChAdOx1-S de la firme AstraZeneca (lire > ICI, > ICI et > ICI). Mi‑mars 2021, quelles sont les principales données d'évaluation clinique du vaccin covid-19 Ad26.CoV2-S ?
[...]
Dans le vaccin covid-19 Ad26.CoV2-S, le vecteur viral est un adénovirus humain de sérotype 26 (Ad26) dont le génome a été modifié : sa réplication a été bloquée et le gène codant pour la protéine spike du coronavirus Sars-CoV-2 y a été introduit (2,3). L'objectif est de provoquer une réponse immunitaire contre cette protéine, comme avec le vaccin covid-19 ChAdOx1-S (de la firme AstraZeneca) et les vaccins à ARNm (acide ribonucléique messager) déjà disponibles : tozinaméran (Comirnaty°, des firmes Pfizer et BioNTech) et le vaccin Sars-CoV-2 ARNm-1273 (de la firme Moderna) (1). Comme ces trois vaccins, le vaccin covid-19 Ad26.CoV2-S ne contient pas d'adjuvant (3). [...]

https://www.prescrire.org/fr/203/1845/60905/0/PositionDetails.aspx

Après l'avis positif mais conditionnel de l'Agence européenne des médicaments, la Haute Autorité de Santé s'est également positionnée positivement pour l'utilisation du vaccin de Janssen le 12/03/21 : Covid-19 : la HAS inclut le vaccin de Janssen dans la stratégie vaccinale.

Le vaccin de Janssen est indiqué pour prévenir la Covid-19 causée par le SARS-CoV-2 chez les personnes âgées de 18 ans et plus. Son efficacité a été établie par l’essai de phase III Ensemble comptant 43 783 participants de toutes catégories d’âge. Elle s’élève à 66% en moyenne sur la durée de l’étude, et augmente à partir d’au moins 14 jours après l’injection sur les formes ayant nécessité une hospitalisation (93,1%) et sur les formes sévères/critiques de la maladie (76%). Les premières analyses exploratoires montrent par ailleurs une efficacité comparable sur les formes asymptomatiques à celle observée sur les formes symptomatiques. La réponse immunitaire persiste pendant au moins 12 semaines, y compris chez les personnes âgées de 65 ans et plus. Le profil de tolérance de ce vaccin est globalement satisfaisant avec le plus souvent des réactions locales au point d’injection, des migraines, des douleurs ou une fatigue.
L’efficacité reste toutefois à confirmer sur la mortalité ainsi que sur l’infection et la transmission virale.
[...]

Avec une protection vaccinale à partir du 14e jour après l’injection et parce que les personnes n’ont pas besoin de revenir pour l’injection d’une seconde dose, la HAS considère que ce vaccin pourrait être utilisé dans les zones géographiques où l’épidémie est particulièrement active et où il est nécessaire d’accélérer la campagne de vaccination. [...]

https://www.has-sante.fr/jcms/p_3242869/fr/covid-19-la-has-inclut-le-vaccin-de-janssen-dans-la-strategie-vaccinale

La recommandation de la HAS pour le vaccin Janssen : Stratégie de vaccination contre la Covid-19 : Place du vaccin Covid-19 Janssen (12/03/21)

La HAS conclut à une efficacité du vaccin Covid-19 Janssen contre les formes symptomatiques de Covid-19, en particulier contre les formes sévères/critiques et les hospitalisations, l’efficacité restant toutefois à confirmer sur la mortalité ainsi que sur l’infection et la transmission virale.

La HAS estime que le vaccin Covid-19Janssen peut être utilisé à partir de l'âge de 18 ans dans le cadre de son AMM conditionnelle et de la stratégie vaccinale française vis-à-vis de la Covid-19 définie par la HAS, y compris chez les personnes âgées de 65 ans et plus et/ou présentant des comorbidités, du fait de son efficacité vaccinale et de son profil de tolérance satisfaisant.

https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2021-03/strategie_de_vaccination_contre_la_covid-19-place_du_vaccin_covid-19_janssen_recommandation_2021-03-12_20-15-41_476.pdf

Après une suspension temporaire de la distribution de ce vaccin en Europe après la mise en évidence de cas de thrombose rares mais graves aux Etats-Unis chez des femmes jeunes, la Direction générale de la santé annonce dans un avis du 21/04/21 la reprise de la distribution du vaccin à la suite des recommandations de l’EMA du 20 avril :

Les autorités sanitaires américaines ont annoncé le 13 avril dernier la suspension du vaccin jusqu’à nouvel ordre. Johnson&Johnson a annoncé sa décision de suspendre le déploiement du vaccin dans l'Union européenne. Le comité en charge de la pharmacovigilance (PRAC) de l’Agence européenne des médicaments (EMA) a rendu ses conclusions sur le vaccin Janssen le 20 avril 2021. Le bénéfice de l’administration du vaccin Janssen l’emporte largement sur la probabilité très faible de développer les effets secondaires signalés aux Etats-Unis. Le rapport bénéfices/risques global est positif. Conformément à la stratégie vaccinale, l’administration du vaccin Janssen peut donc commencer sur le territoire national. Elle est ciblée sur les personnes de plus de 55 ans. L’EMA se prononcera définitivement sur le sujet le 22 avril 2021. Compte tenu de ces éléments, toutes les commandes en flacons de vaccin Janssen seront honorées mais leur envoi en officine sera retardé.

https://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/dgs_urgent_44_campagne_az.pdf

 

Enfin, pour connaitre en détails les caractéristiques des vaccins disponibles actuellement en France, il est possible de consulter leurs notices sur le site Mesvaccins.net (plateforme d'information, de communication et d'expertise sur les vaccins et les voyages).

- COVID-19 mRNA Vaccine BNT162b2 / Laboratoire : BioNTech-Pfizer :
https://www.mesvaccins.net/web/vaccines/710-covid-19-mrna-vaccine-bnt162b2

- COVID-19 Vaccine Moderna / Laboratoire : Moderna-NIAID :
https://www.mesvaccins.net/web/vaccines/656-covid-19-vaccine-moderna

-VAXZEVRIA - COVID-19 Vaccine AstraZeneca / Laboratoire : AstraZeneca-University of Oxford
https://www.mesvaccins.net/web/vaccines/650-vaxzevria-covid-19-vaccine-astrazeneca

- Janssen COVID-19 Vaccine / Laboratoire : Janssen
https://www.mesvaccins.net/web/vaccines/666-janssen-covid-19-vaccine

Quelle stratégie vaccinale ?

Face au grand nombre de personnes à protéger, la stratégie vaccinale a été élaborée en suivant les avis de la HAS comme l’explique cet article publié sur le site du Ministère des solidarités et de la santé :

La stratégie vaccinale mise en place doit nous permettre de remplir trois objectifs de santé publique :
Faire baisser la mortalité et les formes graves de la maladie
Protéger les soignants et le système de soins
Garantir la sécurité des vaccins et de la vaccination


Elle repose sur trois principes :

  • Non obligatoire

  • Gratuité

  • Haute sécurité

Une priorisation des publics
Cette liste suit les recommandations vaccinales émises par la Haute autorité de santé dans ses avis du 27 novembre 2020 et du 2 février 2021.

L’âge de la personne est le facteur de risque de développer une forme grave de Covid-19 le plus important, la Haute autorité de santé a donc recommandé de prioriser les populations cibles vaccinales en fonction de différentes classes d’âge et selon les facteurs d’exposition au virus (ex : vie en collectivité, professionnels du secteur de la santé…).

Par ailleurs, à tranche d’âge égale, les personnes souffrant de comorbidités associées à un risque de développer une forme grave de Covid-19 doivent être vaccinées en premier.



Pour rappel, les vaccins disponibles à cette date n’ont pas d’autorisation de mise sur le marché (AMM) pour les personnes de moins de 18 ans (Moderna, AstraZeneca et Janssen) ou pour les personnes de moins de 16 ans (Pfizer-BioNtech). […]

https://solidarites-sante.gouv.fr/grands-dossiers/vaccin-covid-19/publics-prioritaires-vaccin-covid-19

Vous souhaitez comprendre en détail l’évolution de la stratégie vaccinale ?
Vous pouvez consulter en ligne l’ensemble des recommandations de la Haute Autorité de Santé :
https://www.has-sante.fr/jcms/fc_2875171/fr/resultat-de-recherche?FACET_THEME=c_64654%2Fc_64679%2Fp_3203414

C’est sur cette base qu’un calendrier vaccinal a été mis en place comme l’indique Service public, le site officiel de l'administration française, dans un article intitulé Vaccination contre le Covid-19 : quel calendrier ?

La vaccination est considérée comme un axe essentiel de la lutte contre l'épidémie de Covid-19. Gratuite et non obligatoire, elle vient de commencer en France suivant les étapes recommandées par la Haute Autorité de santé (HAS). Pourquoi se faire vacciner ? Qui est concerné ? Quel est le calendrier selon les publics ? Quelles sont les garanties de sécurité ? Service-Public.fr fait le point avec l'Assurance maladie et le ministère de la Santé. » 

Les publics concernés et le calendrier
 

Dans un premier temps :
Le déploiement de la vaccination se fait progressivement avec une priorité donnée depuis le 27 décembre 2020 aux publics les plus vulnérables au virus et les plus susceptibles de développer des formes graves de la maladie. Il s'agit :

  • des personnes âgées en établissements : établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), unités de soins de longue durée (USLD), résidences autonomie, résidences services seniors ;

  • des personnels qui travaillent dans ces établissements lorsqu'ils sont à risque de développer une forme grave du Covid-19 ;

  • des professionnels des secteurs de la santé (y compris libéraux) et du médico-social, des pompiers et des aides à domicile âgés de 50 ans et plus et/ou présentant des comorbidités depuis le 4 janvier 2021 ;

  • des personnes handicapées hébergées dans des établissements spécialisés et leurs personnels âgés de 50 ans et plus et/ou présentant des comorbidités ;

  • des personnes âgées de 75 ans et plus vivant à domicile à partir du 18 janvier 2021. La prise de rendez-vous dans des centres de vaccination se fera par téléphone et via internet à partir du 15 janvier 2021 ;

  • des patients vulnérables à très haut risque [application/pdf - 811.7 KB] depuis le 18 janvier 2021 qui doivent avoir une prescription médicale de leur médecin traitant pour bénéficier de la vaccination sans critère d'âge.
     

À compter du 6 février 2021 :
La vaccination a été ouverte à l'ensemble des professionnels de santé et du secteur médico-social, aux aides à domicile intervenant auprès de personnes vulnérables et aux pompiers quel que soit leur âge.

À compter du 19 février 2021 :
La vaccination est ouverte aux personnes de 50 à 64 ans inclus à risque de formes graves de Covid-19, comme par exemple le diabète ou l'obésité, qui peuvent être vaccinées dans leurs structures de soins, notamment à l'hôpital. Depuis le 25 février 2021, elles peuvent se faire vacciner directement chez un médecin de ville.

Depuis le 2 mars 2021, les personnes âgées de plus de 75 ans peuvent être vaccinées par le vaccin AstraZeneca chez un médecin de ville (spécialiste ou médecin généraliste).

Depuis le 15 mars 2021, la vaccination en pharmacie est possible pour les personnes de plus de 50 ans atteintes de comorbidités. Les patients éligibles au vaccin AstraZeneca n'auront pas besoin d'une prescription médicale et pourront se rendre directement en officine.

Depuis le 25 mars 2021, toutes les personnes âgées de 70 ans et plus peuvent obtenir des rendez-vous en centre de vaccination pour y recevoir le vaccin Moderna ou Pfizer-BioNtech à partir du samedi 27 mars 2021. Celles qui sont éligibles au vaccin AstraZeneca peuvent être vaccinées chez un pharmacien ou un médecin de ville (médecin généraliste, médecin spécialiste, ou médecin du travail).



Depuis le 12 avril 2021, les personnes de 55 ans et plus quel que soit leur lieu de vie et leur état de santé (avec ou sans comorbidités) peuvent être vaccinées chez un pharmacien, un infirmier ou un médecin de ville (médecin généraliste, médecin spécialiste, ou médecin du travail) avec le vaccin Vaxzevria (AstraZeneca).

Depuis le 16 avril 2021, les personnes de 60 à 69 ans et plus bénéficient de l'extension de la campagne vaccinale par Pfizer et Moderna (en centre de vaccination).

Depuis le 1er mai 2021, les personnes de plus de 18 à 49 ans souffrant de comorbidité(s) peuvent être vaccinées en centre de vaccination par Pfizer et Moderna, sur déclaration de leur(s) comorbidité(s) et sans avoir à présenter une prescription médicale.

Depuis le 10 mai 2021, les personnes de 50 ans et plus quel que soit leur lieu de vie et leur état de santé (avec ou sans comorbidités) peuvent être vaccinées en centre de vaccination par Pfizer et Moderna.



À partir du 12 mai 2021, toutes les personnes majeures peuvent prendre rendez-vous pour se faire vacciner en centre de vaccination pour des injections avec les vaccins Pfizer-BioNTech et Moderna ayant lieu le jour même ou le lendemain.

Le 15 juin 2021, la vaccination sera élargie à toute la population majeure.



Rappel : Les femmes enceintes à partir du 2e trimestre de grossesse peuvent être vaccinées en centre de vaccination.



Les personnes âgées hébergées en établissements sont éligibles à la vaccination, au sein de leur établissement.

Les personnes en situation de handicap hébergées en maisons d'accueil spécialisées (MAS) et foyers d'accueil médicalisés (FAM), ainsi que dans les foyers pour personnes handicapées non médicalisés sont éligibles à la vaccination quel que soit leur âge. Les personnes de moins de 55 ans doivent être vaccinées avec les vaccins Pfizer-BioNTech ou Moderna ; celles de plus de 55 ans peuvent être vaccinées avec les quatre vaccins disponibles.

Les personnes hébergées dans des établissements médico-sociaux spécifiques (lits halte soins santé (LHSS), lits d'accueil médicalisés (LAM) et appartements de coordination thérapeutique (ACT)) sont éligibles à la vaccination quel que soit leur âge. Les personnes de moins de 55 ans doivent être vaccinées avec les vaccins Pfizer-BioNTech ou Moderna ; celles de plus de 55 ans peuvent être vaccinées avec les quatre vaccins disponibles

Les proches (de plus de 16 ans) d'une personne immunodéprimée, résidant au même domicile ou apportant une aide quotidienne) sont éligibles à la vaccination sur la base du certificat médical du médecin traitant de la personne imunodéprimée. Les personnes de moins de 55 ans doivent être vaccinées avec les vaccins Pfizer-BioNTech ou Moderna ; celles de plus de 55 ans peuvent être vaccinées avec les quatre vaccins disponibles.

A noter : Un simulateur vous permet de savoir si vous êtes éligible à la vaccination ou bien quand vous le serez.

A savoir : Il n'est pas nécessaire, à ce stade, de vacciner systématiquement les personnes ayant déjà été infectées. Cependant, ces personnes peuvent être vaccinées si elles le souhaitent après échange avec le médecin. Dans ce cas, il faut respecter un délai minimal de 3 mois après le début des symptômes avant de procéder à la vaccination et ne pas la pratiquer s'il y a des symptômes persistants.

https://www.service-public.fr/particuliers/actualites/A14557

Qui peut se faire vacciner ?

Le Ministère des solidarités et de la santé liste les personnes concernées par la vaccination, que ce soit en raison de leur âge, de leur(s) pathologie(s) ou de leur métier.

  • L’ensemble des personnes de 50 ans et plus ; 
  • Les personnes de 16 ans et plus souffrant d’une pathologie à très haut risque de forme grave de Covid-19 ;
    - atteintes de cancers et de maladies hématologiques malignes en cours de traitement par chimiothérapie,
    - atteintes de maladies rénales chroniques sévères, dont les patients dialysés,
    - transplantées d’organes solides,
    - transplantées par allogreffe de cellules souches hématopoïétiques,
    - atteintes de poly-pathologies chroniques et présentant au moins deux insuffisances d’organes,
    - atteintes de certaines maladies rares et particulièrement à risque en cas d’infection (voir la liste),
    - atteintes de trisomie 21,
    - atteintes de mucovisidose.
  •  Les personnes de plus de 18 ans souffrant d’une ou plusieurs des comorbidités voir liste plus bas ;
  •  Les femmes enceintes à partir du deuxième trimestre de la grossesse ;
  •  Les personnes de 18 ans et plus hébergées en maisons d’accueil spécialisées (MAS), foyers d’accueil médicalisés (FAM), foyers pour personnes handicapées non médicalisés, ainsi qu’en établissements médico-sociaux spécifiques ;
  •  Les proches (à savoir les personnes vivant sous le même toit ou apportant une aide dans la vie quotidienne) de 16 ans et plus de personnes sévèrement immunodéprimées (dialysée, ayant reçu une transplantation d’organe ou de moelle osseuse, traitée par des médicaments immunosuppresseurs forts)
  •  Les professionnels du secteur de la santé et du secteur médico-social appartenant aux catégories suivantes :
    - l’ensemble des professionnels de santé (voir liste plus bas),
    - les autres professionnels des établissements de santé et des établissements et services médico-sociaux (les personnels employés par l’établissement et les personnels d’entreprises prestataires exerçant en continu au sein de l’établissement),
    - les professionnels des résidences services,
    - les professionnels des centres d’hébergement spécialisés pour les personnes atteintes de la Covid-19,
    - les professionnels de l’aide à domicile et les salariés du particulier employeur intervenant auprès de personnes âgées et handicapées vulnérables (recevant l’APA ou la PCH),
    - les prestataires de services et distributeurs de matériel intervenant au domicile des patients,
    - les sapeurs-pompiers professionnels et volontaires,
    - les personnels composant les équipages des véhicules des entreprises de transport sanitaire,
    - les étudiants et élèves en santé au contact des patients,
    -les assistants de régulation médicale durant leurs stages en établissement ou en SMUR,
    - les professions à "usage de titre" reconnues par diverses lois non codifiées (ostéopathes, chiropracteurs, psychothérapeutes, psychologues),
    - les secrétaires médicaux en cabinet de ville et les assistants médicaux,
    - les médiateurs de lutte anti-Covid,
    - les vétérinaires.
  •  Certains professionnels de 55 ans et plus, bénéficiant de créneaux de vaccination dédiés (voir liste et modalités plus bas).

Les particuliers concernés

https://solidarites-sante.gouv.fr/local/adapt-img/1024/10x/IMG/png/infog_vaccins_particuliers.png?1620334303

Liste des comorbidités ouvrant droit à la vaccination pour les personnes de 18 ans et plus.
La Haute Autorité de santé a publié une actualisation de la liste des comorbidités associées à un risque de forme grave de Covid-19, à partir d’une revue systématique de la littérature scientifique et des travaux conduits sur ce thème.

 

Pathologies cardio-vasculaires :

  • hypertension artérielle compliquée (notamment complications cardiaques, rénales et vasculo-cérébrales),
  • antécédent d’accident vasculaire cérébral,
  • antécédent de chirurgie cardiaque,
  • insuffisance cardiaque ;
  • antécédents de coronaropathie.

 Diabète de types 1 et 2 ;



 Pathologies respiratoires chroniques susceptibles de décompenser lors d’une infection virale, notamment :

  • broncho pneumopathie obstructive,
  • insuffisance respiratoire,
  • asthme sévère,
  • fibrose pulmonaire,
  • syndrome d’apnées du sommeil.

 Insuffisance rénale chronique ;

Obésité avec indice de masse corporelle ≥30 ; 

Cancer ou hémopathie maligne ;



Maladies hépatiques chroniques, en particulier la cirrhose ;

Immunodépression congénitale ou acquise ;

Syndrome drépanocytaire majeur ou antécédent de splénectomie ;

Pathologies neurologiques :

  • maladies du motoneurone,
  • myasthénie grave,
  • sclérose en plaques,
  • maladie de Parkinson,
  • paralysie cérébrale,
  • quadriplégie ou hémiplégie,
  • tumeur maligne primitive cérébrale,
  • maladie cérébelleuse progressive.

 Troubles psychiatriques ;



 Démence.



Liste des professionnels de santé concernés par la vaccination

 […]



Liste de professionnels de 55 ans et plus, bénéficiant de créneaux de vaccination dédiés […]

https://solidarites-sante.gouv.fr/grands-dossiers/vaccin-covid-19/publics-prioritaires-vaccin-covid-19

Concernant les personnes ayant contracté la Covid-19, la HAS précise (11/02/21):

 […]
‒ Les personnes immunocompétentes ayant fait une infection datée par le SARS-CoV-2 (symptomatique ou non) prouvée par une PCR ou test antigénique doivent être considérées comme protégées pendant au moins 3 mois mais plus probablement 6 mois, contre l’infection par le SARS-CoV-2 par l’immunité post-infectieuse. Il est donc recommandé de réaliser leur vaccination au-delà de ce délai de 3 mois après l’infection, de préférence avec un délai proche de 6 mois. Il apparait raisonnable que soient vaccinées en priorité les personnes à risque de forme grave, telles que définies dans la stratégie de vaccination élaborée par l’HAS (3).
‒ En cas de symptômes prolongés après Covid-19, une consultation médicale adaptée est nécessaire avant la vaccination pour juger au cas par cas de l’intérêt de celle-ci.
‒ La réalisation d’une sérologie prévaccinale n’est pas pertinente et donc non recommandée cependant, en cas de sérologie positive réalisée antérieurement, sans que l’infection ne soit datée, la période de 3 mois à 6 mois débute à la date de la sérologie.
‒ A ce stade des connaissances, la réponse immunitaire à la vaccination des personnes ayant déjà été infectées est de type anamnestique, ce qui conduit à ne proposer qu’une seule dose aux personnes immunocompétentes ayant fait une infection par le SARS-CoV-2, quelle qu’en soit son antériorité, car elles ont déjà élaboré à l’occasion de l’infection une mémoire immunitaire. La dose unique de vaccin jouera ainsi un rôle de rappel. Si la seconde dose de vaccin a déjà été administrée aux personnes ayant un antécédent d’infection par le SARS-Cov-2, les données disponibles à date ne montrent pas de différence du profil de sécurité en dehors de la survenue d’effets de réactogénicité systémique potentiellement plus fréquente.
‒ Les personnes présentant une immunodépression avérée (en particulier recevant un traitement immunosuppresseur) doivent, après un délai de 3 mois après le début de l’infection par le SARS-CoV-2, être vaccinées par le schéma à 2 doses. Dans les situations d’infection prolongée, un avis spécialisé est nécessaire pour la vaccination.
‒ Les personnes présentant une infection par le SARS-CoV-2 avec PCR positive après la 1ère dose de vaccin et n’ayant pas encore reçu la 2nde ne doivent pas recevoir cette 2nde dose dans les délais habituels, mais dans un délai de 6 mois et pas avant 3 mois après l’infection.
La HAS souligne que ces recommandations reflètent l’analyse de la littérature au 10 février 2021. Elles pourront donc être mises à jour en fonction de l’évolution des connaissances sur l’infection par le SARS-CoV-2, en particulier au vu des données des études explorant la réponse à la vaccination des personnes ayant déjà été infectées par le SARS-CoV-2 et des connaissances sur les variants. […]

https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2021-02/strategie_de_vaccination_contre_le_sars-cov-2___vaccination_des_personnes_ayant_un_antecedent_de_covid-19_-_synthese.pdf

Enfin, concernant les maladies chroniques, un article du Vidal (référence en matière d’information médicale) complète :

[…] Quelles sont les recommandations pour les patients atteints de maladies chroniques ?
Les sociétés savantes et associations de patients qui s’occupent de personnes atteintes de maladies chroniques publient des recommandations concernant la vaccination contre la COVID-19 dans leur pathologie. Par exemple :

https://www.vidal.fr/maladies/voies-respiratoires/coronavirus-covid-19/vaccins.html?cid=eml_001514

Où se faire vacciner ?

Une foire aux questions publiée sur le site du Ministère des solidarités et de la santé vous explique la marche à suivre :

Les lieux de vaccination dépendent de la situation de la personne.

La stratégie vaccinale est progressive et concerne dans un premier temps des populations prioritaires. Si vous êtes concerné par la vaccination, il convient de vous diriger auprès des structures suivantes :

  •  Vous êtes un professionnel de santé ou du secteur médico-social (dont les ambulanciers), une aide à domicile intervenant auprès de personnes âgées et handicapées vulnérables, un sapeur-pompier ou un vétérinaire : vous pouvez être vacciné en centre de vaccination ou au sein de votre établissement d’exercice (sauf vétérinaire). Si vous avez 55 ans et plus  : vous pouvez également être vacciné chez votre médecin traitant ou médecin spécialiste, chez votre médecin du travail, en pharmacie, en cabinet infirmier ou sage-femme, ainsi qu’à domicile.
  •  Vous résidez en établissement pour personnes âgées : vous n’avez pas besoin de vous déplacer, la vaccination aura lieu au sein de votre établissement. Vous pouvez également être vacciné chez votre médecin traitant ou médecin spécialiste, sur votre lieu de soin, en pharmacie ou en cabinet infirmier ou sage-femme.
  •  Vous êtes une personne âgée de 50 ans ou plus : vous pouvez être vacciné en centre de vaccination. Si vous avez 55 ans et plus  : vous pouvez également être vacciné chez votre médecin traitant ou médecin spécialiste, chez votre médecin du travail, en pharmacie, en cabinet infirmier ou sage-femme, ainsi qu’à domicile.  Le cas échéant, vous pouvez également vous faire vacciner sur votre lieu de soin.
  •  Vous êtes une personne vulnérable à très haut risque de forme grave de Covid-19 de 16 ans ou plus, telle que définie par le Conseil d’orientation de la stratégie vaccinale vous pouvez vous faire vacciner au sein des services où vous êtes suivi ou dans un centre de vaccination (en possession d’une prescription médicale de votre médecin traitant).
    - Si vous avez 55 ans et plus : vous pouvez également vous faire vacciner chez votre médecin traitant ou médecin spécialiste, par votre médecin du travail, en pharmacie, en cabinet infirmier ou sage-femme, ainsi qu’à domicile.
  •  Vous avez entre 18 et 49 ans inclus et que vous êtes atteint d’une comorbidité : vous pouvez vous faire vacciner en centre de vaccination ou sur votre lieu de soin.
  •  Vous êtes une femme enceinte, à partir du 2e trimestre de votre grossesse : vous pouvez vous faire vacciner en centre de vaccination.
  • Vous êtes une personne en situation de handicap vulnérable hébergée en maisons d’accueils spécialisées, foyers d’accueils médicalisés, foyers pour personnes handicapées non médicalisés, ainsi qu’en établissement médico-sociaux spécifiques : vous n’avez pas besoin de vous déplacer, vous pouvez être vacciné sur votre lieu d’hébergement. Vous pouvez également vous rendre en centre de vaccination. Si vous avez 55 ans et plus : vous pouvez également vous faire vacciner chez votre médecin traitant ou médecin spécialiste, en pharmacie, ou en cabinet infirmier ou sage-femme.
  •  Vous habitez avec ou assistez dans la vie quotidienne une personne sévèrement immunodéprimée (dialysée ; ayant reçu une transplantation d’organe ou de moelle osseuse ; traitée par des médicaments immunosuppresseurs forts), vous pouvez être vacciné en centre de vaccination sur présentation d’une attestation délivrée par le médecin traitant, généraliste ou spécialiste de la personne immunodéprimé. Si vous avez 55 ans et plus : vous pouvez vous faire vacciner chez votre médecin traitant ou médecin spécialiste, chez votre médecin du travail, en pharmacie, en cabinet infirmier ou sage-femme, ainsi qu’à domicile.
  •  Vous êtes une personne de 18 ans et plus : à partir du 12 mai, vous pouvez prendre rendez-vous en centre de vaccination pour des injections ayant lieu le jour même et le lendemain, dans le cadre du dispositif visant à aller le plus vite possible dans la vaccination et à utiliser au mieux les doses reçues sur le territoire national.

Toutes les indications sur les lieux de vaccination se trouve sur www.sante.fr

https://solidarites-sante.gouv.fr/grands-dossiers/vaccin-covid-19/je-suis-un-particulier/article/foire-aux-questions-reponses-cles

Doit-on réaliser un test sérologique après la vaccination ?

Dans l'article du 11 mars 2021, Vaccination COVID-19 : La recherche d’anticorps est inutile et peut même prêter à confusion, l'Académie nationale de pharmacie alerte

sur le risque lié à un mauvais usage et à une interprétation erronée des examens sérologiques lorsqu’ils sont effectués dans le but d’évaluer la réponse immunitaire après vaccination. En effet, parmi les122 tests ayant obtenu le marquage CE publiés sur le site du Ministère des solidarités et de la Santé, certains ne mettent en évidence que les anticorps « anti-nucléocapside», à savoir ceux qui sont produits après une infection Covid-19 ou après vaccination avec un vaccin à base de virus entiers. Ces examens sérologiques sont donc inadaptés à la recherche d’anticorps après vaccination avec les vaccins actuellement disponibles en France (Pfizer-BioNtech,Moderna et AstraZeneca) n’induisant que la production d’anticorps « anti-spike ».

https://www.acadpharm.org/dos_public/COMMUNIQUE_SEROLOGIE_11_MARS_21_VF.PDF

Qu'est-ce que l'immunité collective ?

Un article de l’Institut Pasteur intitulé Qu’est-ce que l’immunité collective ? (mis à jour le 9 septembre 2020) en explique le principe :

Alors que l'épidémie de Covid-19 est actuellement en cours, il est important de faire un point sur l'immunité collective. Comment se calcule-t-elle ? A quoi sert-elle ? Voici quelques explications.
L'immunité collective correspond au pourcentage d’une population donnée qui est immunisée/protégée contre une infection, à partir duquel un sujet infecté introduit dans cette population, va transmettre le pathogène à moins d’une personne en moyenne, amenant de fait l’épidémie à l’extinction, car le pathogène rencontre trop de sujets protégés. Cette immunité de groupe, ou collective, peut être obtenue par l’infection naturelle ou par la vaccination (s'il existe un vaccin bien entendu).
Le niveau nécessaire pour passer ou rester sous le seuil d'immunité collective dépend du nombre de reproduction de base de la maladie (R0), c’est à dire du nombre moyen d’individus immunologiquement naïfs qu’un sujet va infecter après contact. Plus ce taux de reproduction de base est élevé, plus le pourcentage de sujets immunisés doit être élevé. Par exemple, le R0 de la grippe saisonnière = 2 ; de la Covid-19 = 3,3 ; de la rougeole = 12-20.
Le pourcentage de sujets immunisés nécessaire pour obtenir l’immunité collective est calculé comme suit :
Immunité collective = 1 - 1/R0
Par conséquent, le calcul pour obtenir ce pourcentage permet d'obtenir les résultats suivants : 50 % pour la grippe, 70% pour la Covid-19, 90 à 95 % pour la rougeole.
Tout cela ne vaudra pour la Covid-19, bien entendu, que si l’infection naturelle protège, ce qui n’est pour l'instant pas démontré, en particulier pour les sujets qui n’ont été que porteurs asymptomatiques.
Enfin, le niveau d’immunité collective nécessaire pour stopper l’épidémie pourrait cependant être légèrement plus bas pour plusieurs raisons, notamment :

  • si le nombre de contacts avec les autres est très différent selon les personnes au sein d’une même population ;

  • si les enfants de moins de 10-12 ans sont moins susceptibles à l’infection par le nouveau coronavirus ;

  • s’il existe une protection croisée avec les coronavirus saisonniers.

https://www.pasteur.fr/fr/espace-presse/documents-presse/qu-est-ce-que-immunite-collective

Cependant, concernant la Covid-19 et l’immunité collective, de nombreuses incertitudes demeurent comme le montre cet article intitulé Covid : peut-on être vacciné mais rester contagieux ? (03/12/20) et publié sur le site Allodocteurs (Site d’information médicale dirigé éditorialement par les Drs Marina Carrère d’Encausse et Michel Cymes qui animent le Magazine de la santé de France 5) :

L’arrivée de la vaccination contre le covid est imminente. Mais les premiers vaccins Pfizer/BioNTech et Moderna seront-ils en mesure de stopper l’épidémie ? La réponse à cette question dépend d’une donnée encore inconnue : l’impact qu’aura le vaccin sur la transmission du virus.
Autrement dit, le vaccin sera-t-il efficace contre l’infection ou uniquement contre la survenue de formes sévères de la maladie ?
Dans le premier cas, le virus serait bloqué, ne pourrait pas se répliquer dans l’organisme des personnes vaccinées et il n’y aurait donc pas de transmission entre individus. Un scénario qui endiguerait fortement la circulation du virus.
Un risque de dispersion du virus ?
Mais dans le second cas, la transmission du virus serait toujours possible. Les personnes vaccinées resteraient contagieuses, même si elles ne développent pas de symptômes. Et le virus continuerait de circuler.
Il y aurait certes moins de formes graves chez les personnes vaccinées, mais toujours des infections, des symptômes et potentiellement des formes sévères chez les non-vaccinées.
"Le risque dans ce cas est que les vaccinés se considèrent protégés et portent moins leur masque, alors qu’ils sécrètent du virus" s’inquiète le professeur Jean-François Saluzzo, virologue spécialiste des vaccins et expert auprès de l’OMS. "L’effet obtenu serait alors l’inverse de l’effet attendu : une dispersion du virus au lieu d’une immunité collective" redoute le spécialiste.
[…]
Manque de recul
Pour le moment, aucune donnée ne permet de savoir si l’on se trouve dans le premier ou le second scénario. "Ce que l’on sait, c’est qu’il y a moins de cas de covid dans le groupe des personnes vaccinées.
Personne n’a encore mesuré si ce résultat était associé à une diminution du risque de transmission du virus à l’entourage" constate le professeur Bruno Lina, virologue et membre du Conseil scientifique. […]

https://www.allodocteurs.fr/maladies/maladies-infectieuses-et-tropicales/coronavirus/covid-peut-on-etre-vaccine-mais-rester-contagieux_30384.html

Enfin, les chercheurs restent prudents sur ce point comme le montre cet article publié dans le magazine d’information scientifique Pour la science (24/02/21) :

Des premiers indices suggèrent que les vaccins contre le Covid-19 bloquent la transmission du virus
Des vaccins qui empêchent la propagation du virus et pas seulement les symptômes seraient un atout majeur pour contrôler la pandémie, mais cette caractéristique est difficile à mesurer.
La plupart des pays ont entamé des campagnes massives de vaccination contre le Covid-19. Mais alors qu’il est désormais établi que les vaccins disponibles protègent bien contre les symptômes, des études sont encore en cours pour déterminer s’ils empêchent d’être infecté et surtout de transmettre le virus. Si c’est le cas, vacciner un nombre suffisant de personnes suffirait probablement à éteindre la pandémie.
Des analyses préliminaires suggèrent qu’au moins certains des vaccins sont susceptibles de bloquer la transmission virale. Mais il est difficile de le confirmer, et dans quelle mesure ils le font, car une baisse des contaminations dans une région donnée peut s’expliquer par d’autres facteurs comme les mesures de restriction ou les comportements individuels. De plus, les porteurs asymptomatiques peuvent diffuser le coronavirus, ce qui rend difficile la détection de ces transmissions.
« De telles études sont parmi les plus difficiles à réaliser », déclare Marc Lipsitch, épidémiologiste spécialisé dans les maladies infectieuses à l’école de santé publique T. H. Chan de Harvard, dans le Massachusetts. « Nous sommes tous à l’affût, à essayer de voir ce que nous pouvons tirer des bribes de données qui sont rendues publiques », dit-il. Les résultats de certaines études sont néanmoins attendus dans les prochaines semaines. […]

https://www.pourlascience.fr/sd/epidemiologie/des-premiers-indices-suggerent-que-les-vaccins-contre-le-covid-19-bloquent-la-transmission-du-virus-21461.php

L'hésitation vaccinale

Le site The Conversation explique les raisons de ce doute face aux vaccins : Vaccination : une hésitation française (02/12/20)

 Patrie de Louis Pasteur, dont les recherches constituèrent une avancée décisive pour la mise au point de la vaccination, la France est aujourd’hui l’un des pays d’Europe occidentale où l’hésitation vaccinale est la plus forte. Jocelyn Raude est enseignant-chercheur en psychologie sociale à l’École des hautes études en santé publique. Ce spécialiste en prévention et maladies infectieuses retrace pour The Conversation l’histoire d’une dérive récente. […] 
L’hésitation vaccinale est un concept désignant un très large spectre de comportements, qui se situent dans l’intervalle allant de l’acceptation sans condition de la vaccination et son rejet complet. Entre ces deux extrêmes, la réticence à la vaccination peut être plus ou moins forte. […]

https://theconversation.com/vaccination-une-hesitation-francaise-150773

L’Académie nationale de médecine rappelle dans un communiqué du 14 décembre l’utilité du vaccin : Vaccination contre la Covid-19, pourquoi hésiter ?

Consciente du trouble que génère dans les esprits l’imminence d’une campagne vaccinale sans précédent, l’Académie nationale de médecine rappelle les faits connus concernant la pandémie en cours et les perspectives de la vaccination.
Consciente du trouble que génère dans les esprits l’imminence d’une campagne vaccinale sans précédent, l’Académie nationale de médecine rappelle :

  • que la Covid-19, en 10 mois, a tué plus de 1 600 000 personnes dans le monde, dont 57000 en France, provoqué une récession économique mondiale et aggravé les situations d’extrême pauvreté;

  • que, malgré l’application la plus stricte des mesures de prévention individuelles et collectives, aucun pays n’a encore réussi à éliminer le SARS-CoV-2 ;

  • que, même dans les pays les plus affectés par la pandémie, les niveaux d’immunité collective sont trop faibles pour escompter un ralentissement spontané de la propagation du virus ;

  • que seule, l’initiation précoce d’une campagne internationale de vaccination de grande ampleur permettra de contrôler cette pandémie au cours de l’année 2021 ;

  • que les performances des premiers vaccins disponibles utilisant la technologie nouvelle de l’ARN messager, produits par Pfizer-BioNTech et Moderna, suscitent de grands espoirs avec un rapport bénéfices/risques très favorable, quand bien même des études complémentaires restent nécessaires, notamment pour préciser la durée de la protection et l’impact sur la transmission ;

  • que la délivrance d’une AMM par l’EMA, attendue pour le 29 décembre, permettra de lever toute réticence au sein du corps médical français et de motiver l’ensemble du personnel soignant pour contribuer au succès du programme national de vaccination ;

  • que la généralisation d’emploi du carnet de vaccination électronique permettra d’améliorer l’efficacité et la sécurité de cette immense œuvre de santé publique.

https://www.academie-medecine.fr/wp-content/uploads/2020/12/20.12.14-Vaccination-contre-hesitation.pdf

Lors du webinaire Mieux comprendre la recherche autour des vaccins, organisé par le Ministère de la recherche et de l’enseignement supérieur, un micro-trottoir sur le vaccin est proposé suivi des réponses de Gilles Bloch (PDG de l'Inserm) sur l’utilité de la vaccination pour lutter contre la Covid 19
https://www.youtube.com/watch?t=1474&v=VXry6WKSVxk&feature=youtu.be

Enfin le journal de vulgarisation scientifique Sciences et Avenir revient sur les fausses informations qui entourent la campagne de vaccination dans un article intitulé Vaccins contre le Covid-19 : le vrai du faux sur les effets secondaires (05/01/21)

Les vaccins à ARN modifient notre ADN. FAUX […]
Les vaccins contre le Covid-19 contiennent des adjuvants. VRAI et FAUX […]
Il faut s'attendre à des effets secondaires après la vaccination. VRAI [ …]
Le vaccin pourrait entraîner un syndrome de Guillain-Barré ou une sclérose en plaques. FAUX
  […]

https://www.sciencesetavenir.fr/sante/vaccins-contre-le-covid-19-le-vrai-du-faux-sur-les-effets-secondaires_150535#xtor=EPR-2-[SEADerMin]-20210105

La HAS propose un document très pédagogique destiné à accompagner la réflexion sur la vaccination et aider à prendre une décision : Covid-19 – Se vacciner ? Décider avec son médecin (29/01/21; mis à jour 29/03/21). Le patient est amené à se poser des questions simples concernant sa santé, des chiffres sont donnés, des balances bénéfices-risques sont proposées, de façon à amener le patient à prendre sa décision en toute connaissance de causes.
https://www.has-sante.fr/jcms/p_3234447/fr/covid-19-se-vacciner-decider-avec-son-medecin#xtor=EPR-1-[L'actu%20de%20la%20HAS]-20210205

Des experts scientifiques ont réalisé un guide coordonné par l’université de Bristol avec pour objectif de lutter contre la diffusion de fausses informations sur les vaccins contre la Covid-19 : Manuel de communication sur le vaccin contre la COVID-19 (janvier 2021). Ce document vise à donner à toute personne intéressée et aux acteurs de terrain, des conseils pratiques de communication et des preuves actualisées pour informer de manière fiable sur ces vaccins, répondre aux préoccupations du public et montrer comment les mythes et la désinformation sont construits.
https://hackmd.io/@scibehC19vax/summary-fr

Vous avez encore des questions ?

Pour répondre aux questions les plus fréquentes que vous vous posez sur le vaccin, le Ministère des solidarités et de la santé propose une Foire aux questions : la vaccination contre la Covid-19 :
https://solidarites-sante.gouv.fr/grands-dossiers/vaccin-covid-19/je-suis-un-particulier/

Nous vous conseillons également la lecture d’un document très complet à destination des soignants et réalisé par la Société de Pathologie Infectieuse de Langue Française. Vous y trouverez notamment des réponses aux questions suivantes :

Quel est le principe des vaccins contre la Covid-19?
[…]
Comment fonctionnent les vaccins à ARN?
[…]
L’ARN viral peut-il être transcrit par des rétrovirus endogènes?

 [...]
Que sont les vaccins à vecteurs viraux? […] 

https://www.infectiologie.com/UserFiles/File/groupe-prevention/covid-19/vaccins-covid-19-questions-et-reponses-spilf-24dec2020.pdf

Le 21 janvier 2021, le journal Le Monde publie un dossier sur les vaccins contre la Covid-19 et tente de répondre aux nombreuses questions qui se posent : Covid-19 : Nos réponses à vos questions (maj le 08/05/21)
https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2021/01/21/a-quel-point-les-vaccins-sont-ils-efficaces-quels-effets-secondaires-ont-ils-ete-observes-nos-reponses-a-vos-questions_6067093_4355770.html?utm_source=old_tracker

Alors que la vaccination a commencé dans l’hexagone, France info propose des réponses aux questions sur l’efficacité des vaccins, leur développement, les effets indésirables éventuels, les publics concernés, les contre-indications, l’organisation de la campagne vaccinale, la vie sociale et les voyages : Comment prendre rendez-vous pour se faire vacciner contre le Covid-19 ? Trouvez les réponses aux questions que vous vous posez sur les vaccins (15/01/21 ; mise à jour 12/05/21)
https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/vaccin/vaccins-contre-le-covid-19-voici-les-reponses-aux-41-questions-les-plus-frequentes-que-vous-vous-posez_4253025.html

Vous pouvez aussi poser vos questions à notre service Questions-santé qui vous apportera une réponse documentaire :
http://www.cite-sciences.fr/fr/au-programme/lieux-ressources/cite-de-la-sante/une-question-en-sante/posez-votre-question/

Date de création : 28/11/20 ; mise à jour : 14/05/21