Alors que les cas de variole du singe, appelée aussi Monkeypox, se multiplient et interrogent, la Cité de la santé vous propose des éléments de réponse à travers une sélection de sites, de dossiers et de questions fréquentes.

QU’EST-CE QUE LE MONKEYPOX ?

L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a mis en ligne dès le 19 mai 2022, un dossier assez complet sur la variole du singe, appelée aussi Monkeypox.

 La variole du singe (ou orthopoxvirose simienne) est une zoonose virale (virus transmis à l’être humain par les animaux) dont les symptômes ressemblent en moins grave à ceux que l’on observait dans le passé chez les sujets atteints de variole. [… ]

Transmission
La transmission de l’animal à l’être humain (zoonotique) peut résulter d’un contact direct avec du sang, des liquides biologiques ou des lésions cutanées ou muqueuses d’animaux infectés
.  […] La consommation de viande et d’autres produits venant d’animaux infectés sans les cuire suffisamment est un facteur de risque possible. Les personnes vivant dans une zone forestière ou à proximité peuvent être indirectement ou faiblement exposées à des animaux infectés. La transmission interhumaine peut résulter de contacts étroits avec des sécrétions des voies respiratoires ou des lésions cutanées d’un sujet infecté ou avec d’objets récemment contaminés. La transmission par les particules des gouttelettes respiratoires nécessite en général un contact face à face prolongé, ce qui expose les agents de santé, les proches et les personnes-contacts des cas évolutifs à un risque infectieux plus grand. Cependant, la plus longue chaîne de transmission documentée au sein d’une communauté est passée, ces dernières années, de six à neuf infections successives de personne à personne. Il peut s’agir là d’une conséquence de la baisse de l’immunité dans toutes les communautés en raison de l’arrêt de la vaccination antivariolique. La transmission peut également intervenir de la mère au fœtus par le placenta (ce qui peut conduire à la variole du singe congénitale) ou lors d’un contact étroit à l’accouchement et après la naissance. Bien que le contact physique étroit soit un facteur de risque bien connu pour la transmission, il n’est pas clairement établi pour le moment que la variole du singe puisse se transmettre spécifiquement par voie sexuelle. Des études sont nécessaires pour mieux comprendre ce risque.

Manifestations cliniques
La durée d’incubation (intervalle s’écoulant entre l’infection et l’apparition des symptômes) varie en général de 6 à 13 jours, mais peut aller de 5 à 21 jours.
L’infection peut être scindée en deux périodes :
    La période invasive (qui dure de 0 à 5 jours) caractérisée par l’apparition de fièvre, de céphalées intenses, d’une adénopathie (tuméfaction des ganglions lymphatiques), de douleurs dorsales, de myalgie (douleurs musculaires) et d’une asthénie marquée (manque d’énergie). L’adénopathie est une caractéristique de la variole du singe qui la distingue des autres maladies susceptibles de présenter des similarités dans un premier temps (varicelle, rougeole, variole).
    L’éruption cutanée commence généralement dans les 1 à 3 jours suivant l’apparition de la fièvre. Elle se concentre en général davantage sur le visage et les extrémités que sur le tronc. Elle touche le visage (dans 95 % des cas) et les paumes des mains et les plantes des pieds (dans 75 % des cas). Les muqueuses buccales (dans 70 % des cas), les organes génitaux (30 %) et les conjonctives (20 %), ainsi que la cornée sont également touchés. L’évolution de l’éruption se fait dans un ordre donné : macules (lésions à base aplatie), papules (lésions fermes en léger relief), vésicules (lésions remplies de liquide clair), pustules (lésions remplies de liquide jaunâtre) et enfin croûtes qui sèchent et tombent. Le nombre de lésions peut aller de quelques-unes à plusieurs milliers. Dans les cas graves, les lésions peuvent fusionner jusqu’à ce que de grands lambeaux de peau se détachent.
La variole du singe guérit en général spontanément et les symptômes durent de 2 à 4 semaines. Les cas graves se produisent plus fréquemment chez les enfants et sont liés à l’ampleur de l’exposition au virus, à l’état de santé du patient et à la nature des complications. Un déficit immunitaire sous-jacent peut entraîner une évolution défavorable. Bien que la vaccination contre la variole ait apporté une protection par le passé, les personnes qui ont aujourd’hui moins de 40 à 50 ans (selon les pays) peuvent être plus sensibles à la variole du singe de fait de l’arrêt des campagnes de vaccination antivariolique dans le monde après l’éradication de la maladie. La variole du singe peut avoir les complications suivantes : infections secondaires, bronchopneumonie, état septique, encéphalite et infection de la cornée pouvant entraîner une perte de la vision. On ne sait pas dans quelle mesure l’infection peut être asymptomatique. Le taux de létalité de la variole du singe a toujours varié de 0 à 11 % dans la population générale, avec des chiffres plus élevés chez les jeunes enfants. Ces derniers temps, le taux de létalité était d’environ 3 à 6 %.

Diagnostic
Le diagnostic différentiel doit prendre en considération d’autres maladies éruptives, comme la varicelle, la rougeole, les infections bactériennes cutanées, la gale, la syphilis et les allergies médicamenteuses. L’adénopathie au stade prodromique peut être un signe clinique permettant de distinguer la variole du singe de la varicelle ou de la variole. En cas de présomption de variole du singe, les agents de santé doivent prélever les échantillons adaptés et les expédier à un laboratoire doté des capacités suffisantes en prenant les précautions nécessaires. La confirmation de la variole du singe dépend du type et de la qualité de l’échantillon et du type d’analyse en laboratoire. Ainsi, les échantillons doivent être emballés et expédiés conformément aux exigences nationales et internationales. La réaction en chaîne par polymérase (PCR) est le test de laboratoire à privilégier compte tenu de sa précision et de sa sensibilité. Pour ce faire, les échantillons diagnostiques optimaux pour diagnostiquer la variole du singe sont ceux prélevés sur les lésions cutanées – tissus ou liquide des vésicules et des pustules, et croûtes sèches. Dès lors qu’elle peut être faite, la biopsie est une possibilité. Les échantillons de lésions doivent être conservés dans un tube sec et stérile (pas de milieu de transport pour les virus) et conservés au froid. Les analyses par PCR des échantillons sanguins sont généralement négatives en raison de la durée réduite de la virémie, qui dépend du moment de la collecte des échantillons après le début des symptômes et il n’est pas recommandé de les prélever systématiquement auprès des patients.
[…]
Afin d’interpréter les résultats des tests, il est essentiel de communiquer des renseignements sur le patient en même temps que les échantillons, notamment : a) la date d’apparition de la fièvre, b) la date d’apparition de l’éruption cutanée, c) la date du prélèvement de l’échantillon, d) l’état actuel de la personne (stade de l’éruption cutanée) et e) l’âge.

Traitements

Les soins cliniques de la variole du singe doivent être pleinement optimisés de manière à soulager les symptômes, à gérer les complications et à prévenir les séquelles à long terme. Il convient de proposer aux patients des liquides et de la nourriture pour que leur état nutritionnel reste bon. Les infections bactériennes secondaires doivent être traitées selon les indications. Un agent antiviral connu sous le nom de tecovirimat, qui a été conçu pour la variole, a été homologué par l’Agence européenne des médicaments (EMA) pour la variole du singe en 2022 sur la base de données venant des études menées sur les animaux et les humains. Il n’est pas encore largement disponible.
S’il est utilisé pour soigner les patients, le tecovirimat devrait idéalement faire l’objet d’une surveillance dans un contexte de recherche clinique assortie d’une collecte de données prospectives.
[…]

Prévention
La principale stratégie de prévention de la variole du singe consiste à sensibiliser les populations aux facteurs de risque et à les éduquer aux mesures à prendre pour réduire l’exposition au virus. Des études scientifiques sont en cours pour évaluer la faisabilité et la pertinence de la vaccination à des fins de lutte contre la variole du singe. Certains pays ont élaboré des politiques visant à proposer un vaccin aux personnes susceptibles d’être à risque, comme le personnel de laboratoire, les équipes d’intervention rapide et les agents de santé, ou ils sont en train de le faire.

https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/monkeypox

Les questions que vous vous posez, les réponses du Ministère de la santé : Monkeypox / variole du singe : QUESTIONS-RÉPONSES (25/07/22, mise à jour du 11/08/22)

- Qu’est-ce que l’infection à Monkeypox virus ?

L’infection à Monkeypox virus est une maladie infectieuse due à un orthopoxvirus.
Il s’agit d’une maladie zoonotique, habituellement transmise à l’Homme dans les zones forestières d’Afrique du Centre et de l’Ouest par des rongeurs sauvages ou des primates, mais une transmission interhumaine est également possible, en particulier au sein du foyer familial ou en milieu de soin.

- Quels sont les symptômes de la maladie ?

Après une période d’incubation pouvant aller de 5 à 21 jours, la maladie peut provoquer une éruption cutanée, de la fièvre, des ganglions volumineux (sous la mâchoire, sur le cou, ou au pli de l’aine…), des maux de tête, des douleurs musculaires et une forte fatigue. La personne est contagieuse à partir de l’apparition des premiers symptômes.
L’éruption cutanée, concerne le plus souvent les organes génitaux et la zone anale, mais aussi le visage, la bouche, les paumes des mains, les plantes des pieds et le reste du corps. Les autres muqueuses (ORL, conjonctives) peuvent également être concernées…
L’atteinte cutanée survient en une seule poussée.
Les lésions passent par différents stades successifs (macule, papule, vésicule, pustule puis croûte), et évoluent de façon simultanée. Lorsque les croûtes tombent, les personnes ne sont plus contagieuses. Cependant, il est possible que le virus soit présent dans le sperme, la personne infectée demeure ainsi contagieuse plus longtemps. Par conséquent, le Haut Conseil de la Santé Publique recommande l’utilisation du préservatif pendant 8 semaines après la fin des symptômes.

- Quelle est la durée de la maladie ?

L’incubation de la maladie peut aller de 5 à 21 jours. La maladie guérit le plus souvent spontanément, au bout de deux à trois semaines.

- Comment se transmet la maladie ?

Le virus se transmet entre personnes, en particulier la famille et les proches, par :

  • Un contact physique rapproché, notamment lors d’un rapport sexuel, par le contact de la peau ou des muqueuses avec les boutons ou les croûtes

  •  Le partage de linge (vêtements, draps, serviettes, …), ustensiles de toilette (brosses à dents, rasoirs, …), vaisselle, sextoys, matériel d’injection, …

  •  Un long face-à-face, par les gouttelettes (postillons, éternument,…)

Les rapports sexuels, avec ou sans pénétration, réunissent les conditions pour une potentielle contamination, en raison de contacts cutanés ou avec un environnement contaminé, ou d’expositions rapprochées et prolongées à des gouttelettes.
Plus généralement, quiconque a un contact physique étroit avec une personne infectée risque de contracter la maladie.
Il est donc important que les malades respectent un isolement pendant toute la durée de la maladie (jusqu’à disparition des dernières croûtes, le plus souvent trois semaines), évitent les contacts et respectent les mesures barrières.
La transmission est également possible de l’Homme aux animaux domestiques (chats, chiens…) via le contact de la peau ou des muqueuses avec les boutons ou les croûtes ou via les gouttelettes (postillons, éternuement, …). Il est recommandé aux personnes contaminées ayant des animaux de compagnie d’éviter d’avoir des contacts avec ces derniers pendant toute la période de l’isolement.

- L’infection à Monkeypox virus est-elle grave ?

L’infection à Monkeypox virus semble être une maladie bénigne dans la majorité des cas.
Les personnes immuno-déprimées, les femmes enceintes et les jeunes enfants seraient plus à risque de développer une forme grave de la maladie.

La maladie peut, dans certains cas, se compliquer de surinfection des lésions cutanées ou d’atteintes respiratoires, digestives, ophtalmologiques ou neurologiques. Elle peut aussi provoquer de vives douleurs, en cas de lésions ano- rectales.
Aucun décès n’a été signalé à ce jour en France.

- Comment se protéger ?

L’information et la réduction des risques sont les outils majeurs de lutte contre ce virus émergent. Cela passe notamment par :

  • une meilleure connaissance des symptômes et des modes de transmission.
    - Les symptômes ne sont pas systématiques et varient d’une personne à l’autre. Il n’y a parfois pas de fièvre, parfois très peu de boutons. Il est ainsi important d’inciter à prendre soin de soi et des autres en vérifiant régulièrement son état cutané (y compris zone génitale) et d’être réactif en cas de symptômes, en particulier si on fait partie d’un groupe dit à risque (nombreux partenaires sexuels)
    - Des informations et de nombreux supports de prévention sont produits par les associations et les autorités. Par exemple, sur le site sexosafe.fr de Santé publique France.
    - Enfin, une ligne téléphonique, "Monkeypox Info Service", est mise en place par Santé Publique France au 0 801 90 80 69, 7 jours sur 7, de 8h à 23h, pour répondre aux interrogations des personnes potentiellement exposées.

  •  le safe sex : lavage des sextoys, autoexamen avant un rapport sexuel…

  •  en l’état actuel de nos connaissances, le préservatif demeure un moyen important de protection, notamment contre des co-infections sexuellement transmissibles, mais en ce qui concerne le virus Monkeypox, il ne peut garantir à lui seul une protection suffisante.

  •  un respect des mesures barrière, comme un lavage des mains régulier.

  •  la vaccination à titre préventif ouverte notamment aux hommes, rapportant des partenaires sexuels multiples, ayant des relations sexuelles avec des hommes.

- Est-ce une maladie sexuellement transmissible ?

Au sens strict, l’infection à virus Monkeypox n’est pas une infection sexuellement transmissible (IST), car il n’est pas encore établi qu’une transmission par le sperme ou d’autres liquides biologiques est possible.
Toutefois, les rapports sexuels, avec ou sans pénétration, réunissent les conditions pour une potentielle contamination, en raison de contacts intimes ou avec un environnement contaminé, ou d’expositions rapprochées et prolongées à des gouttelettes. Son tableau peut dans ce contexte s’apparenter à celui d’une IST avec des lésions cutanées ou muqueuses, notamment dans les zones génitales, anales ou oropharyngées.

- Comment diagnostique-t-on la variole du singe ?

L’infection à virus Monkeypox est suspectée selon le contexte épidémiologique et après avoir écarté les diagnostics différentiels : autres maladies à éruption cutanée comme la varicelle, la rougeole, les infections bactériennes cutanées, la gale, la syphilis et les allergies médicamenteuses.
La confirmation diagnostique de variole simienne est biologique par l’identification du virus par RT-PCR (prélèvements cutané ou oro-pharyngé en cas de poussée éruptive dans la bouche ou la gorge).
La confirmation peut également être clinique c’est-à-dire sur la base des symptômes.

- Existe-t-il un traitement ?

Le traitement de l’infection à Monkeypox virus vise essentiellement à soulager les symptômes (en particulier la douleur) et à prévenir ou traiter les complications (surinfection et cicatrices inesthétiques)..
Le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) a émis le 24 mai 2022 (actualisé le 9 juin), un avis concernant les différentes thérapeutiques disponibles (antiviraux, immunoglobulines spécifiques, plasmas hyper-immuns) contre l’infection chez l’homme au virus Monkeypox.
Pour les patients atteints d’une forme grave de la maladie (après discussion collégiale, en fonction de la symptomatologie, des complications et du terrain du patient), le Tecovirimat est le traitement à utiliser en première intention.
Le Tecovirimat est un médicament utilisé dans le traitement des infections aux orthopoxvirus, la famille des virus de la variole, dont l’infection par le virus Monkeypox.
C’est un médicament antiviral qui va empêcher le virus de se propager dans l’organisme.
Le tecovirimat est disponible sous forme de gélules à 200 mg.  
[…]

https://solidarites-sante.gouv.fr/soins-et-maladies/maladies/maladies-infectieuses/monkeypox/article/monkeypox-variole-du-singe-questions-reponses
 

VACCINATION ET MONKEYPOX

L’OMS explique l’intérêt de la vaccination contre le Monkeypox (19/05/22).

Vaccination
Plusieurs études observationnelles ont démontré que la vaccination préalable contre la variole était efficace à environ 85 % pour prévenir la variole du singe et qu’elle permettait d’atténuer les symptômes de la maladie
. La présence d’une cicatrice sur le haut d’un des bras est généralement la preuve que l’on a été vacciné contre la variole. À l’heure actuelle, les vaccins antivarioliques originaux (de première génération) ne sont plus disponibles pour le grand public. Il est possible que certains membres du personnel de laboratoire ou agents de santé aient reçu un vaccin antivariolique plus récent pour les protéger en cas d’exposition aux orthopoxvirus sur leur lieu de travail. Un vaccin encore plus récent basé sur un virus de la vaccine atténué modifié (souche Ankara) a été approuvé pour la prévention de la variole du singe en 2019. Il s’agit d’un vaccin administré en deux doses et dont la disponibilité reste limitée. La mise au point des vaccins antivarioliques et contre la variole du singe se fait à partir du virus de la vaccine, dans la mesure où la réponse immunitaire ainsi obtenue garantit une protection croisée contre les orthopoxvirus.

https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/monkeypox

Les réponses du Ministère de la santé au sujet de la vaccination (11/08/22).
- A quoi sert la vaccination ?

La vaccination consiste à protéger un individu contre une maladie en stimulant son système immunitaire. Les vaccins contre la variole permettent de prévenir l’apparition de la maladie ou de limiter sa sévérité.
L’utilisation des vaccins antivarioliques est recommandée par la Haute autorité de santé (HAS)  dans la mesure où les vaccins contre la variole ont une efficacité contre les orthopoxvirus dont le virus Monkeypox.

- Qui peut être vacciné ?

Les personnes adultes contacts à risque élevé de variole du singe tels que définis par Santé publique France peuvent être vaccinées, incluant les professionnels de santé exposés sans mesure de protection individuelle. Il s’agit d’une vaccination postexposition, dans une stratégie réactive autour d’un cas confirmé de variole du singe (voir l'avis du 20 mai 2022). Dans l’idéal, le vaccin doit être administré dans les 4 jours après le contact à risque et au maximum 14 jours.
Le 8 juillet, la HAS a recommandé d’élargir la vaccination, à l’instar d’autres pays, et de proposer aux populations cibles suivantes une vaccination en préexposition :

  • Les hommes multipartenaires ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH) et les personnes trans rapportant des partenaires sexuels multiples ;

  • Les personnes en situation de prostitution ;

  • Les professionnels des lieux de consommation sexuelle, quel que soit le statut de ces lieux.

Concernant la vaccination des enfants exposés au virus et susceptibles de développer une forme sévère de la maladie, la HAS a précisé le 16 juin 2022 qu’elle puisse être envisagée au cas par cas, par les seuls spécialistes après une évaluation stricte des bénéfices et des risques et avec le consentement des parents (ou du représentant légal de l’enfant).
 […]

- La vaccination contre le Monkeypox : comment ça marche ?

Le schéma vaccinal comprend 2 doses (ou 1 dose unique pour les personnes ayant déjà été vaccinées contre la variole, et 3 doses pour les personnes immunodéprimées). La vaccination pourra être réalisée par un médecin ou par un autre professionnel de santé sur prescription médicale.

Un arrêté pris par le Ministre de la Santé le 26 juillet a élargi la liste des effecteurs de cette vaccination. Ainsi les médecins retraités, les infirmiers retraités sur prescription médicale, et les étudiants en santé en présence d’un médecin ou d’un infirmier peuvent désormais vacciner.
Les personnes volontaires et concernées peuvent accéder à la vaccination sur la base d’une auto-déclaration de leur statut de personne cible pour la vaccination, après évaluation de la balance bénéfice-risque individuelle de cette vaccination.
Les personnes rapportant un contact à risque avec une personne malade pourront également accéder de la même manière à la vaccination.
La liste des centres de vaccination est consultable sur le site sante.fr
La vaccination ne confère pas une protection immédiate, aussi il est important de continuer à éviter tout contact à risque avec une personne infectée par le virus Monkeypox ou suspectée de l’être.
Par ailleurs, il est important de rappeler que quelle que soit l’efficacité du vaccin après une ou 2 doses, celle-ci ne sera jamais de 100%. La prévention doit être combinée.
Une approche globale de réduction des risques d’infection à Monkeypox durant la période active de l’épidémie actuelle, y compris chez les personnes ayant déjà reçu la première injection est donc nécessaire.

- Suis-je protégé si je suis déjà vacciné contre la variole ?

Pour les personnes qui ont été vaccinées avant 1980, il est établi que ce vaccin contre la variole induit une réponse immunitaire contre l’ensemble des orthopoxvirus et peut protéger contre le Monkeypox. Cependant, la persistance d’un titre d’anticorps suffisant pour protéger de l’infection, au-delà de 20 ans après la primo-vaccination, n’est pas garantie.
De plus les données scientifiques sont à ce jour incomplètes sur la réactivation immunitaire face au virus a fortiori pour les personnes les plus âgées.
Si vous êtes vacciné contre la variole et avez eu un contact avec un cas d’infection à Monkeypox virus, vous devrez malgré tout respecter les mesures barrières. Dans son avis du 16 juin, la HAS recommande également l’administration d’une dose du vaccin de 3ème génération.

La population des moins de 45 ans n'étant pas vaccinée contre la variole, appelez-vous à la vaccination ?

Une vaccination en population générale n’est à ce stade pas nécessaire.
La HAS recommande de vacciner en postexposition les personnes contacts autour d’un cas probable ou confirmé de variole du singe et en préexposition les populations suivantes :

  •  Les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH) rapportant des partenaires sexuels multiples ainsi que les personnes trans rapportant des partenaires sexuels multiples ;

  •  Les personnes en situation de prostitution ;

  •  Les professionnels des lieux de consommation sexuelle, quel que soit le statut de ces lieux.

Cette vaccination est recommandée sans critère d’âge. Si la personne est dans la cible (pré et postexposition), elle pourra être vaccinée avec un vaccin de 3e génération. Le fait d’avoir antérieurement été vacciné contre la variole modifiera le nombre de doses de vaccin nécessaire : 1 dose seulement pour les personnes antérieurement vaccinées contre la variole. 2 si elles ne l’ont pas été. 3 s’il s’agit d’une personne immunodéprimée.

https://solidarites-sante.gouv.fr/soins-et-maladies/maladies/maladies-infectieuses/monkeypox/article/monkeypox-variole-du-singe-questions-reponses

Vaccination-info-service, site conçu sous l’égide de Santé publique France, propose un dossier sur les vaccins disponibles pour lutter contre la variole du singe (22/07/22, mise à jour du 01/08/22) :
Deux vaccins sont actuellement disponibles contre l'infection à Monkeypox :
Imvanex®
Jynneos®
https://vaccination-info-service.fr/Les-maladies-et-leurs-vaccins/Variole-du-singe-Monkeypox

Sante.fr liste les Centres de vaccination dans toute la France
https://www.sante.fr/recherche/trouver/vaccination%20variole%20du%20singe
 

QUELLE POPULATION EST PARTICULIEREMENT TOUCHEE PAR LE MONKEYPOX ?

Le Ministère de la santé explique : Qui est concerné par la maladie ? (11/08/22)

Actuellement, l’épidémie touche essentiellement des hommes, en particulier des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, multipartenaires.
Toutefois, le risque de contracter la variole du singe ne se limite pas aux hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes. Quiconque a un contact physique étroit avec une personne infectieuse risque de contracter la maladie.
C’est davantage la proximité entre les personnes et le nombre de contacts étroits qui favorisent la transmission.
Dans la situation épidémiologique actuelle, le risque de contamination en population générale est évalué comme faible par les experts de l’OMS et de l’Union Européenne (ECDC – European Center for Disease prévention and Control). 

https://solidarites-sante.gouv.fr/soins-et-maladies/maladies/maladies-infectieuses/monkeypox/article/monkeypox-variole-du-singe-questions-reponses

Sexosafe, site géré par Santé publique France, explique :

Pourquoi ce virus contamine les gays ?


La plupart des cas rapportés actuellement en Europe concerne des hommes gays ou bisexuels.
Pourquoi ? La variole du singe n’est pas une « maladie gay » : tout le monde peut être infecté par cette maladie. Mais toutes les épidémies commencent quelque part, dans une population plutôt qu’une autre. De grands rassemblements européens, après deux années de Covid, ont favorisé la transmission parmi les hommes gays et bisexuels en raison du nombre de participants et de leur origine de nombreux pays.


Il n’y a pas de honte à avoir si vous êtes  malade de la variole du singe. C’est un virus comme un autre qui rend les personnes malades sans qu’elles en soient responsables.
Ce qui est important, c’est de se tenir informé, de partager l’information, de surveiller les symptômes et de suivre les conseils des médecins.

https://www.sexosafe.fr/ma-sante/prevention-et-depistage/variole-du-singe

En complément, vous trouverez également dans une vidéo du Monde, des informations sur la transmission : Variole du singe : pourquoi la maladie se transmet principalement par les rapports sexuels entre hommes ? Un infectiologue vous explique (27/07/22). A noter :

Le virus monkeypox n’est toutefois pas considéré comme une infection sexuellement transmissible (IST) car celles-ci sont caractérisées par la contamination par le biais des sécrétions sexuelles. Or, à l’heure actuelle, les recherches n’ont pas prouvé que le virus de la variole du singe était présent dans ces sécrétions.

https://www.lemonde.fr/sante/video/2022/07/27/variole-du-singe-comment-les-rapports-sexuels-entre-hommes-favorisent-la-transmission_6136341_1651302.html

SURVEILLANCE SANITAIRE

Santé publique France publie des points de situation très fréquents sur le nombre de cas de variole du singe détectés en France :
https://www.santepubliquefrance.fr/maladies-et-traumatismes/maladies-transmissibles-de-l-animal-a-l-homme/monkeypox/donnees/#tabs
 

COMMENT RESTER INFORME ?

Mercredi 13 juillet, un dispositif d’écoute est ouvert afin de répondre aux questions suscitées par la variole du singe. Subventionné par Santé publique France et portée par SIS Association1, « Monkeypox info service » est accessible tous les jours de 8h à 23h, au numéro vert 0 801 90 80 69 (appel et services gratuits, anonyme et confidentiel

https://www.santepubliquefrance.fr/presse/2022/monkeypox-info-service-un-dispositif-d-ecoute-pour-repondre-aux-questions-des-francais-sur-la-variole-du-singe
 

Date de création : 27/07/2022 ; mise à jour : 12/08/2022