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Samedi 25 janvier 2020

Pour les anciens, le désir présente un caractère redoutable. Par sa puissance, sa démesure, son caractère déraisonnable, il exerce une véritable tyrannie sur l’âme et constitue un obstacle à la vie bonne. La sagesse exige la tempérance, elle impose un art de vivre et des techniques de soi afin de maîtriser des désirs impétueux et illimités. Si le désir doit être contrôlé c’est aussi parce qu’il peut être un trouble à l’ordre social. Chaque civilisation institue des normes, des dispositifs répressifs et disciplinaires afin de contenir l’énergie des pulsions et des désirs. L’évolution des mœurs et l’individualisme ont pu apparaître comme une libération du désir. Mais de nouveaux mécanismes de pouvoir, de nouveaux modes de régulation ont émergé, parfois en instrumentalisant la force du désir pour soutenir la consommation ou guider les comportements des agents économiques. Si les neurosciences ont permis des progrès considérables dans la connaissance des processus neurobiologiques liés aux désirs, elles constituent un savoir et un pouvoir qui, au-delà de leurs finalités thérapeutiques, peuvent aussi être exploités à des fins commerciales ou managériales. Alors que faire de nos désirs ? La question ne relève désormais plus seulement d’une éthique eudémoniste mais présente un enjeu économique, social et politique.

Avec Martine Cador, neurobiologiste, Institut de neurosciences cognitives et intégratives d’Aquitaine, CNRS, Université de Bordeaux ; Philippe Danino professeur agrégé de philosophie, membre associé au Centre d’Histoire des Philosophies Modernes de la Sorbonne, Université Paris 1–Panthéon-Sorbonne et Benoit Heilbrunn, sémiologue, professeur de marketing à l’ESCP-EAP, consultant en stratégies de marques. Modération : Catherine Portevin, chef de la rubrique Livres de Philosophie Magazine.